Permettez-moi de me considérer: je suis idépendantiste,
fédéraliste, et modérement nationaliste. Contradictions?
Absolument pas!
On peut très bien être en faveur d'une rupture du lien fédéral
tel qu'il existe actuellement, donc indépendantiste, tout en prônant
un réel fédéralisme fondé sur l'égalité
des peuples et non pas l'égalité des provinces. Si le Canada
anglais acceptait le fait qu'il n'y a rien de tel qu'un "peuple canadien",
ou la "Canadian Nation" à la Chrétien, mais bien
trois peuples fondateurs (Amérindiens, Français et Anglais)
autour desquels se greffent toutes les communautés culturelles qui
viennet enrichir le Canada, eh bien, il n'y en aurait pas de problème.
Il n'y aurait pas eu le référendum de '80, ou celui sur Charlotown
en '92, il n'y aurait pas eu non plus de Lac Meech, pas plus que de "nuit
des longs couteaux" ou de Crise d'octobre. Tout ce que les Québécois
espèrent, et ce depuis deux bons siècles, c'est d'être
reconnu comme peuple. C'est pourtant pas compliqué.
C'est dans le concept de souveraineté-association que l'on retrouve
l'essence du fédéralisme moderne comme il se construit en
Europe. En ce sens, il me semble que plusieurs, de part et d'autre, font
preuve de mauvaise foi en refusant de considérer sur un pied d'égalité
les peuples Autochtones, Canadiens et Québécois.
A la bonne vôtre,
--Alain Derome