Marc Savard

 L'auteur

 

Ballade Moto au Costa Rica!
1,600 kilomètres en 6 jours sur KTM 950 Adventure LC8

Motorcycle ride in Costa Rica!
1,600 kilometres in 6 days on a KTM 950 Adventure LC8


Cet article fut publié dans l'édition Octobre 2008 du magazine Québécois Motomag

Arrivés à San Jose lundi 24 mars 2008 en après-midi, nous laissons les sacs à l'hôtel et allons faire une petite virée au centre, histoire de se familiariser avec la chaleur (et les Chicas...)

Bob et moi sommes debout tôt mardi et nous présentons chez Costarican Tours à 8:00 comme prévu. Ernan nous attends avec les deux machines prêtes. J'ai réservé une KTM Adventure 950 LC8; Bob chevauchera une Aprilia 650 Pegaso. Nous avons vite fait d'attacher les bagages et commençons ce périple avec une petite boucle au sommet du volcan Irazu qui culmine à 11,300 pieds. Par la suite, nous nous dirigeons vers le sud-est sur la trans-Americana. Une visite dans la vallée au village de San Gerardo s'impose, ne serait-ce que pour nous pratiquer à manoeuvrer sur chemins très abrupts avec virages style "piste de go-kart" à flanc de montagne. Le Cierro de la Muerte a plus de 11,000 pieds, est dans les nuages. Nous enfilons les habits de pluie près de San Isidro de General. Nous arrivons en après-midi à Buenos Aires. Nous nous y arrêtons sagement et patienterons grâce à quelques "cerveza" locale avec Bibi au bar Oasis.

Mercredi matin, nous entamons une aventure que j'attendais depuis longtemps. En effet, je veux voir combien profondément nous pourrons pousser dans la cordillère de Talamanca. En fait, si on avais des petites machines enduro, je crois bien que l'on tenterait la traversée entière. (Il s'avère que celà exigerait plus que seulement conduire...) La montée vers la réserve Durika nous permet des paysages à couper le souffle. Les montagnes sont devant nous, le gros gravier ne nous rends pas la tâche trop difficile en montée. Ainsi, on ne risque pas trop de se retrouver dans le fossé à 300 mètres plus bas.

En approchant de la base de la réserve écologique, Cristina (travailleuse du centre) tente en vain de m'empêcher de monter le "crux". Si j'avais sû, je ne m'y serait pas engagé. La KTM LC8 pleine d'essence et chargée pèse aux alentours de 250 kg. J'effectue tout de même sans encombre un passage digne de ma DRZ 400! Celà prouve une chose: la meilleure moto double-usage, c'est toujours une moto louée... Rouler en KTM me rappelle beaucoup ma V65 Sabre 1100, surtout la saison que je ne l'avais pas plaqué, et roulais seulement en sentier. En effet, la 950 Adventure est haute, longue et lourde, avec un centre de gravité haut. De plus, ces caractéristiques sont exacerbées par les bagages. La descente est périlleuse. Avant de repartir, Cristina nous sert un déjeuner constitué de fruits frais, à l'étage d'une maison rustique toute en bois.

Bob me fait remarquer que nous avons parcouru 46 kilomètres pendant tout l'avant-midi, et on en a eu plein les bras! Prochaine étape: Péninsule de Osa. Nous arriverons tard en soirée à Puerto Jiménez.

Prochaine étape: Péninsule de Osa. Nous arriverons tard en soirée à Puerto Jiménez.

Jeudi nous atteignons Carate, le bout de la route (de gravier, mal entretenue) sur la péninsule. Nous traversons plusieurs rivières. Heureusement, le mois de mars étant le plus sec, on ne se mouille pas trop. Nous devrons rebrousser chemin car on ne peut pas boucler la péninsule. De Dominical à Quepos sur le bord du Pacifique, la route est en construction et le traffic lourd est intense. C'est la plus déplaisante section de tout notre voyage. Une pierre coupe les fils du contacteur de la béquille du Aprilia Pegaso de Bob. On réussit quand même à atteindre Quepos comme prévu.

Vendredi nous longeons le Pacifique en passant par Jaco et Puntarenas. La température est de 37 degrés. Ensuite nous entrons de nouveau en montagne sur un chemin très mauvais, vers Monteverde. (J'aurais dû m'abstenir de le mentionner à Ernan quand on a rapporté les motos...) Au village, Miguel offre de nous guider au sommet de la montagne des tours de communication pour assister au coucher de soleil. Il s'agit d'un autre sentier qui me permet d'affirmer qu'une moto louée, ça passe partout!

Samedi nous quittons Monteverde en route vers la lagune Arénal. Le chemin de gravier mauvais est superbe (oxymoron) On a la chance de bien voir le sommet dégagé du volcan Arénal. Nous atteignons facilement Laguna près de Zarcero, pour y passer la nuit. J'avais pris note de ce point d'entrée lors de ma visite précédente il y a deux ans.

Dimanche matin dès 6 heures, nous sommes sur la route. De Zarcero, nous entrons dans le Parc Juan Castro Blanco en passant par Bajo del Toro. Une petite route étroite, asphaltée, en pleine jungle nous permet de descendre dans la vallée. Plusieurs virages en épingle se prennent à 30 km/h maximum. Au village, un petit déjeuner (pinto, huevo y queso fresco) me redonne de l'énergie. On progresse bien et nous retrouvons du côté nord des montagnes. À San Miguel nous réentrons en montagne en route vers le volcan Poas (actif.) Les prochaines deux heures de route ressemblent à un circuit de course. En effet, les virages se négocient entre 40 et 80 km/h, inclinés au maximum d'adhérence permise par les pneus. Comme on peut dépasser partout, on ne se retarde pas à cause des "lents" en auto ou camion. Nous arrivons dans la vallée au nord de San Jose, "drogués" par une surdose d'adrénaline et de virage. (Dos locos de Québec!) On nous a dit que le volcan Turrialba est en éruption; eh bien allons-y! On traverse San Jose et quittons l'autoroute à Cartago, en route vers Pacayas.

De Pacayas, c'est très différent. La route est asphaltée mais à une seule voie qui grimpe abruptement tout en zigzaguant. Malheureusement, bien que l'asphalte se termine, on a le goût de continuer. J'imagine cette montagne de 11,000 pieds qui ferait un magnifique centre de ski, si on leur vendait notre neige! Bob et moi se questionnons comment on va redescendre. En effet, c'est presque pas possible de garder le contrôle en descente. Le petit chemin trop abrupt, pas entretenu a une surface qui s'apparente à des blocs tout cassés et tassés. Les motos sont chaussées avec des pneus de route. C'est la fin de l'après-midi, et on prend le mauvais embranchement. Dans un sens c'est bien, car on sort par erreur sur la route (asphaltée) du volcan Irazu. Je crois que c'est le destin qui nous y a conduit. On accepte donc de ne pas tenter les 17 kilomètres restant de sentier vers le Turrialba. À la place, nous arrêtons prendre un peu de courage (cerveza Imperial) au restaurant El Canada avec vue panoramique sur la vallée.

Nous rentrons à San Jose contents, saturés de paysage, de décors, de parfums naturels et d'adrénaline, se demandant si on parviendra à se rappeler d'une telle dose en si peu de temps. Lundi le 31, nous rapportons les motos après avoir parcouru 1600 kilomètres en 6 jours, à avoir roulé du matin au soir de façon intense, avec un différent "menu" quotidien.


KTM 950 LC8 Adventure

Je ne mesure pas 6 pieds, et me demande pourquoi KTM a construit un tel mastodonte. Le moteur linéaire fonctionne à merveille même à très basse vitesse en montée abrupte. La suspension facilite le pilotage sur tout type de chaussée ainsi qu'en sentier. Le danger, c'est qu'une fois en sentier, on en a plein les bras à manœuvrer et quand on aurait besoin de mettre les pieds à terre, ou pire de rattraper la moto qui tombe, c'est trop haut et très lourd!

La moto est robuste; l'autonomie est correcte. Le pilotage debout est confortable mais on ne peut pas en dire autant du siège étroit sur grande distance. La protection du vent est impressionnante compte tenu du petit format du pare-brise. La transmission et l'embrayage fonctionne à merveille. Les freins sont insuffisants pour contrôler un tel engin avec tous les bagages!

Je me demande quand un manufacturier va comprendre. Selon moi, la moto double usage parfaite pèserait aux alentour de 150 kilo, aurait un siège à 800 mm de hauteur maximum, un réservoir contenant entre 17 et 20 litres. Le moteur produirait entre 60 et 70 hp, avec une transmission 6 vitesses. Il y aurait l'option roues à rayon pour pose de pneus de type "knobby".

J'attends (espero) et je rêve je le sais. Devrai-je construire la mienne?

 

 

 

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