Les familles Anctil en Amérique
©
Cinquième
génération
Les enfants de Jean-Marie Anctil et de
Mathilde Hudon
*
BARTHELEMIE – JOSEPH – LUCE - GEORGES – ELMIRE – PHILOMENE - JACQUES

Maison Barthélémie Anctil
et Zélie Pelletier,
Sainte-Anne-de-la-Pocatière,
photographiée vers 1900.
En 1952, le diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière acquit cette propriété pour
y loger son premier évêque.
NAISSANCE - MARIAGES - LES
ENFANTS - JEANNE - CULTIVATEUR,
CHARPENTIER ET NAVIGATEUR - PRETEUR - LA
TERRE PATERNELLE - DECES - DES
RELATIONS FAMILIALES DIFFICILES
NAISSANCE
Barthélémie est né et baptisé à Sainte-Anne le 9
mars 1832. Ses parrain et marraine sont Clément et Délima
Hudon. Il fréquente l'école primaire de sa paroisse car, en 1843,
il est inscrit au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière1.
Barthélémie se marie une première fois avec Adèle Hudon,
le 7 février 1853 à Sainte-Anne. Elle est la fille mineure de
Joseph Hudon et de feue Madeleine Cazes. Les
époux ont reçu deux dispenses, une de consanguinité du
deuxième au troisième degré et une de publication d'un ban
du vicaire-général du diocèse de Québec, monsieur
Célestin Gauvreau.
Le rituel
de l'Eglise catholique exigeait l'annonce publique de
l'intention de mariage pendant trois dimanches consécutifs afin de
permettre à toute personne ayant un motif sérieux de s'objecter
au projet d'union. C'est ce qu'on appelait la publication des bans. En
revanche, cette obligation était rachetable jusqu'à concurrence
de deux bans.
A leur
mariage, Barthélémie est
accompagné de son père, de son oncle Joseph et de sa tante Edwidge alors que Adèle est assistée de son
père et de son frère Bruno.
Ce premier
mariage dure seulement trois mois. Le 8 février 1858, Barthélémie épouse, en secondes noces,
Zélie Pelletier, sa petite-cousine. Elle est la fille de Léandre
Pelletier et de feue Eléonore Anctil de Sainte-Anne.
Cette
fois-ci, les époux ont obtenu également deux dispenses, une de
consanguinité au troisième degré et une de publication de
deux bans du Vicaire-Général.
En plus de
son père, Barthélémie est
accompagné de ses frères Georges et Joseph, de ses deux
sœurs, Luce et Elmire, d'un cousin Eusèbe
Anctil et d'un ami Charles Perreault. Zélie est assistée de son
père, de son frère Vincent et de deux autres parents. Tous, sauf
le père de l'épouse, signent les registres.
Barthélémie n'a pas d'enfant avec sa première femme. Avec sa
deuxième épouse, Zélie Pelletier, ils en ont douze.
En voici
la liste avec leurs dates de baptême (B), mariage (M), et
sépulture (S), ainsi que les noms de leurs conjoints et de leurs enfants
( + = morts en bas âge), lorsque
retrouvés:
1-
Alphonse, B. 3
décembre 1858, Sainte-Anne,
2-
3-

Alphonse
Anctil et Elisabeth Ouellet
*
M. Elisabeth
Ouellet, 7 février 1880, Sainte-Anne,
S. Alphonse, octobre 1915,
Marcelin, Saskatchewan,
S. Elisabeth,
novembre 1929, Los Angeles, Californie,
Dix enfants: Marie-Anne, Alphonsine
+, Rachel, Fernand +, Victor, Marie-Jeanne, Marie-Blanche +, Adrien, Adrienne,
Louis-Philippe.
1.
2.
1. Rachel
Anctil (1884 - 1983) et Norbert Bériault (1884
- 1920)
2. Victor
Anctil (1887 - 1976) et Déliska Hébert
(1887 - 1997)
*

Famille de Marie-Jeanne
Anctil et de Joseph Gentil-Perret
*

Adrienne Anctil (1895 -
1967) et Louis Favret (1874 - 1956)
*


Marie-Anne
Gauvreau (1885 - 1969) et
Louis-Philippe
Anctil (1896 - 1969)
*
2- Emile,
B. 2 février 1860, Sainte-Anne,
M. Eugénie
De-Sève, 1er juin 1886, Sherbrooke,

Émile Anctil et Eugénie De-Sève.
*
S. Emile,
avril 1922, Québec,
S. Eugénie, octobre
1923, Québec,
Quatre enfants: Raoul, Blanche,
Hortense et Simone.

Blanche
(1889 - 1982) et Hortense (1894 - 1987) Anctil
*
3- Rosaline, B. 11 août
1861, Sainte-Anne,
S. 15 mars 1863, Sainte-Anne.
4- Alfred, B. 10
février 1863, Sainte-Anne,
S. Alfred, 23 août
1863, Sainte-Anne.
5- Zélia,
B. 19 janvier 1865, Sainte-Anne,
M. Victor Papineau, 28
juillet 1886, Sainte-Anne,

Zélia Anctil et Victor Papineau
*
S. Zélia,
8 janvier 1919, Montréal,
Trois enfants: Marie-Louise,
Auguste-Jean, Léonie-Albanie.
6- Alexina,
B. 16 juin 1867, Sainte-Anne,
S. Alexina,
8 janvier 1896, Sainte-Anne.

Alexina Anctil (1867-1896).
*
7- Charles, B. 7 avril 1869,
Sainte-Anne,
M. Léda Dumont, 14
juin 1897, Lewiston, Maine,
Six enfants: Alphonse, Lena,
Odilon, Uldéric, Bernadette et Philippe.
8- Philippe, B. 18 janvier
1871, Sainte-Anne,

Philippe
Anctil (1871-1929)
*
M. Jennie ... date et lieu inconnus.
B. Jennie 1868.
S. Jennie, 29 décembre
1918, South Lake City, Ut.
Enfant: Gladys, née en
1914, Ut.
M. Lilian Turner, 26 novembre
1926, South Lake City, Ut.
B. Lilian, 13 mai 1891,
Virginie.
S- Philippe, 21
décembre 1929, South Lake City, Ut.
S. Lilian, inconnue.
9- Odilon, B. 10 juillet
1872,
M. Fabiola Cloutier, 8
octobre 1903, Rumford, Maine,
S. Odilon, 15 avril 1954, Southbridge, Massachusetts,
Quinze enfants: Albert, Emile, Jeannette, Lorenzo, Alberta, Daniel, Rachel,
Olivier, Robert, Gabrielle, Hector, Maurice, Hortense Constance et Elisabeth.
10- Arthur, B. 19 juin 1873,
S. 15 septembre 1873,
Sainte-Anne.
11- Jeanne, B. 29 novembre
1875, Sainte-Anne,

*
Célibataire.
S. Jeanne, 7 décembre
1926, Montréal.
12- Raoul, B. 1878,
Sainte-Anne,

Raoul
Anctil
*
M.
Délia Villeneuve, 2 septembre 1900. Berlin, New Hampshire,
Douze
enfants: Philippe, Alice, André, Jeanne, Béatrice, Germaine,
Albertine, Léo Mary Louise, Raoul et Joyce.
De nos
jours, plusieurs descendants de Barthélémie
et de Zélie se trouvent aux Etats-Unis,
d'autres dans les provinces de l'Ouest et certains dans la région de
Québec.
Parmi les
enfants de Barthélémie et de
Zélie, soulignons Jeanne qui fut la première directrice de
l'École ménagère provinciale de Montréal, de 1906
jusqu'à son décès en 19262 .
Auparavant, elle avait étudiée l'art ménager pendant deux
ans en France et en Suisse. En 1915, elle publia, chez H.F. Lauzon à
Montréal, un livre intitulé 350 recettes de cuisine.
L'École
ménagère provinciale de Montréal, affiliée plus
tard à l'Université de Montréal, fut précurseur de
l'école des sciences domestiques de cette institution universitaire.
A son
décès, les journaux écriront: Mademoiselle Anctil a su
(...) montrer la véritable noblesse (...) de la vie domestique (...) et
indiquer à nombre de jeunes filles des directions sensées3.
CULTIVATEUR, CHARPENTIER ET NAVIGATEUR
Barthélémie est cultivateur à Sainte-Anne. Il est établi
sur une terre située en bordure du fleuve Saint-Laurent. En fait, il
s'agit d'un bien que lui a donné ses parents, Jean-Marie et Mathilde, en
18654. La terre mesure deux arpents de large par quarante-deux de
profondeur et s'étend du fleuve Saint-Laurent jusqu'au deuxième
rang.
La donation comprend aussi
une maison, des bâtiments de ferme, des animaux, des instruments
aratoires ainsi que des droits de chasse et de pêche sur la grève.
Jean-Marie et Mathilde
avaient acquis cette terre de Louis Pelletier quelques années auparavant.
En retour, Barthélémie s'engage
à leur verser une rente annuelle et viagère d'environ 40$.
Pour augmenter ses revenus, Barthélémie loue des emplacements sur la
partie de sa terre longeant le long du chemin des Côtes, aujourd'hui
l'avenue Painchaud. Par exemple, en 1879 il loue un
terrain à Ophélie Caron pour cinq ans à 5$ par
année5.
Selon une tradition
familiale, Barthélémie aurait
été charpentier et possiblement navigateur. Il aurait construit
des goélettes dont une nommée "
A l'époque, plusieurs
de ces embarcations, véritables chefs d'oeuvre artisanaux, qu'on appellera
plus tard "voitures d'eau", faisaient du cabotage le long du fleuve
Saint-Laurent entre Québec,
Tout comme
son père, Barthélémie a
suffisamment d'argent, du moins à un certain moment de sa vie, pour se
faire prêteur. A cet effet, nous avons trouvé quelques mentions de
prêts notamment à Charles Potvin en 18587, à
Rémi et à E.D. Ouellet en 18608, et à Louis
Collins en 18669.
Cette
dernière année, Barthélémie
se joint à son père et à son frère Georges pour
donner une procuration à son frère Joseph, notaire qui pourra
prêter de l'argent en leurs noms10.
La
période de prospérité permettant à Barthélémie de faire des prêts semble
avoir été de courte durée. Lorsqu'il touche
l'héritage de son père, à la fin de 1879, il cède
sa terre, quelques semaines plus tard, à son fils Alphonse. Ce dernier
doit, en retour, acquitter ses dettes auprès de ses frères Georges
et Joseph et de sa mère Mathilde11. On se rappelle que cette
terre venait de ses parents, Jean-Marie et Mathilde qui lui avaient
donnée en 1865.
La
créance envers Joseph se terminera par une poursuite en justice12.
Aussi entre 1880 et 1889, on assiste à une série de transactions
entre Barthélémie et ses fils Alphonse
et Emile concernant la terre paternelle13.
Cette
terre sera éventuellement vendue par Alphonse à Omer Dufour en
1906 pour la somme de 4,000$14. La moitié de cette somme sera
payable un an après le décès de Barthélémie,
le père de Alphonse. Entre temps, l'intérêt de 6% de ce
montant servira à payer la rente viagère due à ce dernier.
L'enregistrement de la vente ne se fera que onze ans plus tard, Barthélémie décédant en 191615.
Alphonse
avait gardé l'usage de deux pièces de la maison vendue à
Dufour afin de loger son épouse, trois de ses enfants et son
beau-père, jusqu'à l'automne suivant. Celle-ci avait aussi le
droit de se rendre dans la cuisine pour faire son ordinaire.
Entre
temps, Alphonse pouvait se rendre dans l'Ouest choisir un lieu d'établissement
et faire venir le reste de sa famille vers la fin de l'année.
En vendant
sa terre, Alphonse et sa famille quittaient le Québec pour aller
s'établir dans l'Ouest canadien, plus précisément dans le
nord de
Auparavant,
dans les années 1880, Alphonse avait tenté sa chance au Montana,
où plusieurs de ses compatriotes s'étaient établis.
D'ailleurs, son frère Philippe y demeurera plusieurs années.
La plaque
funéraire de Marie-Jeanne, fille de Alphonse et de Elisabeht
Ouellet, dans le cimetière de Duck Lake en
Saskatchewan, rappelle ses origines pocatoises.
En 1951,
la corporation du nouveau diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière se portera acquéreur de l'ancienne
terre de Barthélémie17. La maison, qui a servi
brièvement de siège épiscopal, abrite maintenant des
bureaux diocésains. Ce bâtiment datant du siècle dernier, a
peut être été construit par Barthélémie.
Après
avoir habité quelques temps chez ses enfants aux Etats-Unis,
puis chez son fils Emile à Québec, Barthélémie entre à l'Hospice des
Soeurs de
DES
RELATIONS FAMILIALES
DIFFICILES
Il semble
bien que les relations entre Barthélémie
et, du moins certains de ses enfants, auraient été plutôt
difficiles. Quelques années après sa mort, une brève
échange de lettres datant de 1919-1920 entre son fils Philippe, de
passage à Montréal après une absence de trente-deux ans du
Québec, sa fille Jeanne et le notaire Bérubé de
Sainte-Anne, nous apprenait qu'il avait dû s'adresser aux tribunaux pour
obliger ses enfants à subvenir à ses besoins18.
La
réponse de Philippe au notaire Bérubé ne portait
guère à confusion sur le souvenir qu'il avait gardé de sa
famille, quittée vers 1887 pour les Etats-Unis
: "...j'ai parti de chez nous...il y a plus que 32 ans...pour pas avoir de
trouble avec personne...je ne signe pas aucun papier..." Rappelons
qu’en 1920, Philippe était veuf et demeurait avec sa fille Gladys,
âgée de 6 ans, chez son frère Odilon à Rumford,
Maine. Il travaillait comme mécanicien dans un moulin à papier.
Six ans plus tard, il demeurait à South Lake City au Utah où il a
épousé une veuve, Lillian Turner. Il est
décédé au même endroit, le 21 décembre 1929.
*
JOSEPH (1833-1895)
NAISSANCE - LES ETUDES - LA PRATIQUE DU NOTARIAT - LA COLONISATION AU
LAC-SAINT-JEAN - LA
POLITIQUE - MARIAGE
ET FAMILLE - LIEU
DE RESIDENCE - TESTAMENT,
DECES ET SUCCESSION

Eugénie
Michaud, épouse de Joseph Anctil et
sa
petite-fille Rachel Trépanier
*
Joseph est
né et baptisé le 11 mai 1833 à Sainte-Anne. Ses parrain et
marraine sont Joseph Anctil et Julie Grondin. Contrairement à ses trois
frères qui seront cultivateurs, il sera notaire.
Joseph
fait ses études classiques au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière dans les années 18501. A
la fin de son cours, l'abbé François Pilote, supérieur du
Collège, écrira: "Je certifie que Mr Joseph Anctil a suivi
avec succès dans ce Collège le cours ordinaire des études
classiques comprenant les Belles Lettres,
En plus,
Joseph était doué pour la musique, notamment le piano et
l'harmonium. Avant de s'orienter vers le notariat, Joseph avait jonglé
avec l'idée de devenir prêtre.
En 1854,
il prend la soutane. Il est en charge de la classe de philosophie au
Collège. Dans une échange de lettres avec l'archevêque de
Québec, l'abbé Pilote écrit que Joseph est:
"...très capable...Il paraît avoir une bonne vocation pour
l'enseignement. A part une grande amour pour l'étude, il a d'autres
qualités qui en feront je pense un homme de Collège."3
Pour l'encourager
dans cette voie, ses parents promettent de lui verser une rente viagère
de 2,400$ à partir du sous-diaconat.4
Joseph en
décide autrement. À la suite du cours classique, il s'engage en
1861 comme clerc chez le notaire François-Luc Moreau de Sainte-Anne5.
La durée de l'apprentissage est de quatre ans.
Durant
cette période, le notaire Moreau s'oblige à lui
"...enseigner la profession de notaire..." et, en retour, Joseph
promet "...d'apprendre de son mieux...obéir en tout ce qu'il lui
commandera de licite et honnête...faire son profit, éviter son
dommage et l'en avertir s'il vient à sa connaissance, garder le secret
sur les affaires...être assidu à l'office...et s'en absenter
qu'avec permission et se comporter à tous égard de manière
à parvenir à la dite profession de notaire..."
Joseph
termine son apprentissage chez le notaire Hébert de Québec en
18646. Il poursuit en même temps des cours de droit à
l'Université Laval. D'ailleurs, son cousin Jean-Laughlin
Anctil de Sainte-Anne, aussi futur notaire, sera apprenti dans le même
bureau7.
Joseph
pratiquera la profession de notaire de 1865 jusqu'à sa mort en 1895,
avec une interruption d'environ six ans.
De 1865
à 1870, il est associé à son ancien maître dans
l'étude Hébert & Anctil, située sur la rue
Saint-Joseph dans la haute-ville de Québec8.
De la fin de 1870 jusqu'à 1876, il interrompt sa pratique pour
travailler au Bureau du recensement à Ottawa9. Par la suite,
il établit sa pratique de notariat dans sa place natale, Sainte-Anne-de-la-Pocatière.
Son
greffe, déposé au Palais de Justice de Rivière-du-Loup,
comprend 1,514 actes. Le premier tiers découle de sa pratique à
Québec et la balance de son bureau à
Durant son
séjour à Québec, Joseph agit comme procureur pour son
père Jean-Marie et ses frères Barthélémie
et Georges10. Il négocie et signe en leurs noms,
principalement pour son père, des contrats de prêts d'argent.
Certains emprunteurs viennent d'aussi loin que les Cantons-de-l'Est,
Il agit
aussi comme fondé de pouvoir pour d'autres personnes. En 1868, il arrive
à une entente avec son ancienne alma mater, le Collège de
Sainte-Anne-de-la-Pocatière, au nom de
l'abbé N.A. Leclerc11. Ce dernier avait prêté de
l'argent et, par la suite, avait quitté en froid cette institution.
L'année
suivante, il représente Caroline Déry dans une transaction avec
Eusèbe Anctil, devant son confrère Florent de Guise.12
A son
retour d'Ottawa en 1875, Joseph vient s'établir à Sainte-Anne.
Une bonne partie de sa clientèle sont des membres de sa famille. Aussi,
il continue de signer plusieurs actes de prêts d'argent et de location de
terrains pour son père, puis sa mère et ses frères,
principalement Georges.
On doit
quand même noter que Joseph n'a pas le monopole des transactions
légales des membres de sa famille immédiate. Ceux-ci continent de
s'adresser à d'autres notaires des environs, dont les notaires Polydor Langlois de Kamouraska et
Luc-François Moreau de Sainte-Anne. Aussi, ni son père, ni sa
mère lui confieront leurs testaments et le règlement de leurs
successions.
En plus,
on retrouve dans le greffe de Joseph des contrats de mariage, des testaments,
des actes de vente de propriétés, des inventaires après
décès, des quittances.
En 1880, Alphonse
Anctil et Elisabeth Ouellet passent leur contrat de
mariage chez Joseph13. Trois ans plus tôt, Malvina Schinck, épouse de son cousin Jean-Norbert Anctil
également notaire, lui avait confié son testament14.
Suite à son décès quelques années plus tard, Joseph
préside à l'inventaire de la communauté de biens15.
Selon une
tradition familiale, Joseph aurait été un des fondateurs d'Hébertville au Lac-Saint-Jean.
Au cours
de ces années, des sociétés de colonisation ont
été mises sur pied afin d'encourager le peuplement de nouvelles
régions du Québec. On voulait inciter les jeunes des vieilles
paroisses, situées dans le corridor du fleuve Saint-Laurent, à
s'établir sur de nouvelles terres au lieu de s'expatrier aux Etats-Unis.
Hébertville, fondé dans les années 1850, est l'oeuvre de
Le
curé Nicolas-Tolentin Hébert, ancien
curé de Saint-Pascal de Kamouraska, est en
charge d'un groupe de colons-agriculteurs venant des paroisses de L'Islet et de Kamouraska pour aller
défricher puis fonder Hébertville.
Il est peu
probable que Joseph ait joué une part active dans la fondation d'Hébertville. Tout au plus a-t-il assisté, en
tant qu'étudiant au Collège de Sainte-Anne dans les années
1850, à la mise sur pied par le supérieur François Pilote,
de
Cependant,
Joseph a su profiter, quelques années plus tard, au développement
de la partie nord-ouest du lac Saint-Jean. Lorsqu'il décède en 1895,
il est propriétaire de plusieurs lots de colonisation dans les cantons
de Demeules et de Parent où seront
fondées Saint-Félicien et Saint-Méthode17.
Joseph a
été maire à Sainte-Anne-de-la-Pocatière
pendant deux ans, de 1868 à 187021.
Aux
premières élections fédérales et provinciales qui
suivirent
L'affiliation
politique de Joseph au candidat libéral ne devait pas faire plaisir
à son père, Jean-Marie, qui lui était un ami du candidat
conservateur et Père de
La
violence atteignit un tel point, lors de cette campagne électorale de
1867, que le comté de Kamouraska perdit son
droit de représentation, tant au niveau fédéral que
provincial, pour une période de dix-huit mois.
Joseph
épouse Eugénie Michaud le 11 novembre 1885 à Sainte-Anne.
Elle est la fille de Vincent Michaud et de Estelle Bouchard. Il a
cinquante-deux ans, elle en a vingt-quatre.
On se
rappelle que Eugénie avait été la "servante" de
sa mère Mathilde Hudon18. Celle-ci lui avait laissé,
à sa mort, un montant d'argent et des meubles.
Deux ans
plus tôt, Joseph, sa mère Mathilde et Eugénie Michaud
habitaient en pension chez la famille François Richard19.
Après
avoir eu un premier enfant décédé à la naissance le
24 mai 1885, Joseph et Eugénie auront deux filles dont l'une meurt
quelques mois après sa naissance:
2- Rachel,
B. 4 mai 1887, Sainte-Anne,
S. 23
septembre 1887, Sainte-Anne.
3-
Amélia, B. 18 septembre 1888, Sainte-Anne,
M.
François-Xavier Trépanier, (N. 1879,
Matane) 16 septembre 1913, Sainte-Anne,

Amélia
Anctil (1888-1960)
*
S. François-Xavier,
Montréal (décédé 1951),
S. Amélia, 22 juillet
1960, Montréal,
Cinq enfants: Rachel,
Thérèse, Estelle, Monique et Madeleine.
Quelques
mois après son mariage, le 31 mai 1886, Joseph se porte acquéreur
d'une terre plus un terrain à Sainte-Anne pour la somme de 4,120$20.
La terre s'étend du nord du chemin des Côtes jusqu'à la
petite rivière Saint-Jean.
La maison
et ses dépendances sont situées sur cette dernière route,
aujourd'hui l'avenue Painchaud. Il s'agit de
l'ancienne résidence de l'avocat et député à
Dans les
années 1990, l'ancienne maison de Joseph et Eugénie fut déménagé
dans le rang de
TESTAMENT, DECES ET SUCCESSION
Joseph
meurt à
Quatre ans
plus tôt, il avait rédigé son testament devant son
confrère Louis-Joseph Bérubé de Sainte-Anne23.
Il donne et lègue d'abord à son épouse Eugénie
Michaud, puis à sa fille Amélia, la jouissance et l'usufruit de
tous ses biens. Seule cette dernière pourra disposer par testament
seulement de la pleine et entière propriété de ses biens
en faveur de ses enfants à naître. Elle pourra quand même
disposer à son gré d'un montant de 4,000$.
Au cas
où sa fille ne peut accéder à sa succession, Joseph laisse
la pleine et entière propriété de tous ses biens au
couvent des Dames religieuses de
Joseph
croyait, sans doute, aux vertus du travail car il ajoute dans son testament les
commentaires suivants:
Le travail
étant un bienfait pour l'homme dans les conditions actuelles de son
existence et le meilleur moyen d'assurer la meilleure somme de bonheur ici-bas.
Je veux que ma dite fille Marie-Emilia Anctil, apprenne à travailler et
travaille toute sa vie suivant ses forces et capacités. (J'entends le
travail de son état et condition) et faute de suivre cette disposition
de mon présent testament je veux qu'elle soit exclue de tous les
avantages de mon présent testament."
Il nomme
comme exécuteurs testamentaires le curé de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Mgr Charles Poiré ou son
successeur, son beau-frère Alexis Fortin et son fils Herman, ces deux
derniers de Kankakee, Illinois. Il leur demande d'avoir recours à son
épouse et à sa fille dans la gestion de sa succession
"...suivant leurs aptitudes et capacités".
Enfin, il
demande que son corps soit inhumé dans le nouveau cimetière de
Sainte-Anne et qu'une épitaphe convenable en marbre soit
érigé sur un lot familial.
Suite au
décès de son mari en janvier 1895, Eugénie Michaud fait la
liste des biens de sa succession24. En plus de ses
propriétés de Sainte-Anne, la succession comprend de nombreux
lots de colonisation au Lac-Saint-Jean, des actions dans les banques Nationale
et Union du Canada et dans une compagnie minière.
Eugénie
accepte le testament de son mari et le legs à elle faite de la
jouissance et de l'usufruit de ses biens.
La veuve
notaire, comme les gens de Sainte-Anne appelait Eugénie, vivra dans sa
maison du chemin des Côtes jusque dans les années 1920. Elle
mourra le 26 novembre 1929, à l'hôpital des soeurs de
*
LUCE (1835-1918)


Luce Ancti et Alexandre Dionne
*
Luce est
née et baptisée le 7 mars 1835 à Sainte-Anne. Ses parrain
et marraine sont Georges Miville et
Hélène Manning.
Comme ses
deux soeurs, elle a fréquenté le couvent, probablement celui des
Dames de
Elle
épouse Alexandre Dionne, le 27 juillet 1858 à Sainte-Anne. Il est
originaire de Rivière-Ouelle.
Luce et
son époux s'établissent sur une terre à Saint-Patrice de
Rivière-du-Loup.
Ils ont au
moins deux enfants: Tancrède et Alexandra.
On se
rappelle que Luce avait accueilli sa mère, Mathilde Hudon, sur ses
derniers jours. Aussi, cette dernière avait nommé son gendre,
Alexandre Dionne, pour exécuter son testamentaire1.
Luce est
décédée le 11 août 1918 et fut inhumée
à Rivière-du-Loup. Elle avait 83 ans. Son mari l'avait
précédé le 5 novembre 1906, à l'âge de 86
ans.
*
GEORGES (1840-1916)
NAISSANCE - PREMIER MARIAGE - LES ENFANTS DU PREMIER MARIAGE - DEUXIEME MARIAGE - LES ENFANTS DU DEUXIEME MARIAGE - CULTIVATEUR A SAINTE-ANNE - VENTE AVEC FACULTE DE REMERE - UN BAIL A FERME - LA CONSTRUCTION D'UNE NOUVELLE
MAISON - HOMME D'AFFAIRES - LA DONATION DE 1904 - LES DERNIERES VOLONTES - DECES ET PARTAGE - LA CONTINUITE

Élisa
Lizotte et Georges Anctil
*
Georges
est né à Sainte-Anne-de-la-Pocatière
le 8 juillet 1840 et baptisé le lendemain. Ses parrain et marraine sont
Joseph Martin et Marcelline Dionne. Comme ses frères et soeurs, il a
fréquenté l'école du village. En 1855, il est inscrit au
Collège du même endroit1.
Georges se
marie une première fois le 10 juin 1861 avec Délia Potvin.
Née le 9 décembre 1838, elle était la fille de Hyacinthe
Potvin, cultivateur à Sainte-Anne et de Elisabeth Bois. Ses parents
habitent à Saint-Denis, vraisemblablement chez son frère
curé de cette paroisse, lors de son mariage qui a lieu quand même
dans sa paroisse natale.
A leur
mariage, Délia a 22 ans et Georges 20 ans. Il lui manque moins d'un mois
pour être majeur. Aussi, doit-il se faire représenter par son
père Jean-Marie, lors de la signature du contrat de mariage, le 8 juin
devant les notaires Florent de Guise et François-Luc Moreau de
Sainte-Anne2.
Quant
à la future épouse, même si elle est majeure, elle est
représentée par son père. Les mères des futurs
époux sont également présentes et consentantes, lors de la
rédaction du contrat.
Dérogeant
à la coutume de l'époque, les biens actuels ou à venir
acquis par succession, donation ou autrement ne feront pas partie de la
communauté de biens des futurs époux. Seulement les acquêts
et conquêts, meubles et immeubles faits pendant leur mariage en feront
partie. Les futurs époux ne sont pas responsables des dettes contractés
avant mariage par l'un et l'autre.
Le contrat
de mariage est signé par plusieurs personnes dont les futurs
époux, Georges et Délia, leurs pères, la mère et la
soeur de cette dernière, les deux soeurs de Georges, Philomène et
Elmire, son oncle Joseph et sa tante Edwidge Miville, ainsi que les
deux notaires. Ces personnes se sont réunies dans la maison d'un voisin,
Onésime Ouellet, où a lieu la rédaction du document.
Trois
jours après la signature du contrat, soit le 10 juin 1861, Georges et
Délia se marient en l'église de Sainte-Anne. Ils ont reçu
de la part du vicaire général de l'archidiocèse de
Québec, Célestin Gaudreau, des dispenses de consanguinité
au troisième degré et de publication de deux bans.
La
bénédiction nuptiale est donnée par le curé Bourret de la paroisse et celui de Saint-Denis, Hyacinthe
Potvin, frère de l'épouse. Les témoins sont pour Georges,
son frère Barthélémie et pour
Délia, son père Hyacinthe Potvin.
Ce premier
mariage dura moins de cinq ans. Délia Potvin décède le 8
mars 1866. Elle est inhumée deux jours plus tard à Sainte-Anne.
Son service funèbre est présidé par son frère,
celui-là qui avait concélébré son mariage. Elle
était âgée de 27 ans seulement! Nous ignorons la cause du
décès.
LES ENFANTS DU PREMIER MARIAGE
Deux
enfants sont nés de l'union de Georges et de Délia Potvin. En
voici la liste avec leurs dates de baptême (B), mariage (M), et
sépulture (S), ainsi que les noms de leurs conjoints et de leurs
enfants:
1-
François, B. 18 juin 1862, Sainte-Anne,
S. 17
août 1863, Sainte-Anne.
2- Clorinthe, B. 10 avril 1865, Sainte-Anne,
S. 5
octobre 1880, Sainte-Anne.
Après
treize mois de veuvage, Georges épouse Elisa Lizotte le 29 avril 1867 à Saint-Roch-des-Aulnaies.
Née le 30 octobre 1842, elle était la fille majeure de
Célestin Lizotte, navigateur et de feue
Priscille Pinelle dit Lafrance.
Seuls
l'époux, son témoin, en occurrence son oncle maternelle,
Eusèbe Pelletier et le curé Têtu signent le certificat de
mariage. Les époux ont obtenu une dispense de publication de deux bans.
Quatre
jours plus tôt, les futurs époux avaient dicté un contrat
de mariage à Saint-Roch, devant le notaire Luc-François Moreau3.
Georges n'était accompagné ni de témoin, ni de parents. En
revanche, Elisa était assistée de Antoine Lizotte,
navigateur, probablement son frère et accompagnée de quelques
parents, Béatrice, Délima et Joseph Lizotte.
Contrairement
au premier mariage de Georges, les futurs époux se marient en
communauté de biens mais seulement pour les biens à venir.
Cependant, chacun est responsable des dettes contractés avant leur
union.
Si
l'époux décède le premier, l'épouse aura, durant la
durée de sa vie, la jouissance et l'usufruit de tous les biens
laissés par son mari. Si l'épouse meurt la première,
l'époux héritera de tous les biens apportés en mariage par
celle-ci, en autant que des enfants ne soient pas nés de leur union.
LES ENFANTS
DU DEUXIEME MARIAGE
Douze enfants sont nés
de l'union de Georges et de Elisa Lizotte.
En voici la liste avec leurs dates de baptême (B), mariage (M), et
sépulture (S), ainsi que les noms de leurs conjoints et de leurs enfants
( +: morts en bas âge):
1- Emma, B. 6 juin 1868,
Sainte-Anne,
S. 19 février 1927
(décédée le 17 à Québec), Sainte-Anne.
2- Georges-Pantaléon, B. 29 juin 1869 (né le 28),
Sainte-Anne,
M. 1er mai 1892, Rose Goulet,
S. Georges-Pantaléon, novembre 1939
(décédé le 4), Sainte-Anne,
B. Rose, 1864, Sainte-Marie
de Beauce,
S. Rose, mai 1951
(décédée le 12), Sainte-Anne,
Cinq enfants: Edgar +,
Anne-Marie, Blanche, Florida, Marie-Rose.
3- Alexina,
B. 9 août 1870, Sainte-Anne,
M. Joseph Gagnon, 8 mars
1886, Sainte-Anne,
Enfants: Joséphine,
Lara, Clara, Gustave.
M. André Gagnon, 31
mars 1898, Sainte-Anne,
S. Alexina,
31 mars 1899, Sainte-Anne,
4- Tibérius,
B. 3 septembre 1871 (né le 3), Sainte-Anne,
M. 23 novembre 1894, Amanda
Toussaint, Saint-Jean-Port-Joli,
S. Tibérius,
1912, Sainte-Anne,
B. Amanda, 1873,
Saint-Jean-Port-Joli,
S. Amanda, 1954, Sainte-Anne,
Sept enfants: Albert, Emilia,
Arthur, Emile, Omer, Jeanne, Alfred.
5- Béatrice, B. 17 mai
1874, Sainte-Anne,
M. 3 février 1891,
Georges-Armand Potvin, Sainte-Anne,
Enfants:
Georges-Napoléon-Armand, Adrienne.
6- Armand, B. 2 septembre
1875 (né le 1er), Sainte-Anne,
M. 9 août 1900,
Marie-Louise Dufour, Saint-Philippe-de-Néri,


Armand
Anctil et Marie-Louise Dufour
*
S. Armand, 1932, Sainte-Anne,
B. Marie-Louise, 1878,
S. Marie-Louise, 1951,
Sainte-Anne,
Dix enfants: Joseph,
Marie-Anne, Wilfrid, Sylvio, Gérard, Géraldine, Edgar, Hormidas, Clorinthe, Jean-Marie.

Clorinthe Anctil (1916 -1942) et Georges Blouin (1913 -1941)
*
7- Laura, B. 24 septembre
1877, Sainte-Anne,
S. 8 décembre 1885,
Sainte-Anne.
8- Charles, B. 1879,
Sainte-Anne,
S. 1888, Sainte-Anne.
9- Horace, B. 28 avril 1880
(né le 27), Sainte-Anne,

Famille
d'Horace Anctil et de Marie Soucy
*
M. 21 janvier 1907, Alexina Pelletier, Lawrence, Massachusetts,
M. 19 février 1917,
Marie Soucy, Saint-Onésime de Kamouraska,
S. Horace, juin 1961
(décédé le 12 à Mont-Joli), Sainte-Anne,
B. Alexina,
1890,
S. Alexina,
août 1916 (décédée le 15), Sainte-Anne,
B. Marie, 12 juin 1888,
Saint-Onésime,
S. Marie, mars 1965
(décédée le 8), Sainte-Anne,
Six enfants du premier
mariage: Régina, Albert +, Yvonne +, Olivier +, Marthe, Marie-Ange +.
Cinq enfants du
deuxième mariage: Roland, Robert, Adélianne,
Adrienne +, Roger.

Famille
de Roland Anctil (1917-2001) et de Cécile de Courcy
(1914-2009)
*

Famille
de Robert Anctil (1919-2003)et d'Orianna
Emond (1920-2006)
*
10- Jean-Baptiste, B. 29
septembre 1881, Sainte-Anne,


Jean-Baptiste
Anctil et Marie Laboisonnière (à
gauche)
M. 6 mars 1905, Marie Laboisonnière, Saint-Pacôme,
S. Jean-Baptiste, août
1956 (décédé le 25), Sainte-Anne,
B. Marie, 26 juin 1880,
S. Marie, 1961, Sainte-Anne,
Sept enfants: Gérard, Camil, Raymond+, Géraldine+, Géraldine,
Jean-Marie+, Germaine.

Famille
Géraldine Anctil (1911-2001) et Lucien Dubé (1911-1994)
*

Mariage
de Germaine Anctil et Armand Courcy13 oct. 1945
*
11- Marie-Louise, B. 19 avril
1884, Sainte-Anne,
M. 25 février 1903, Charles-Arthur
Sirois, Sainte-Anne,
Huit enfants: Yvonne,
Eugène, Albert, Georges, Marguerite, Simone, Rose, Marcel.
S. Charles-Arthur, 1
février 1960, Farnhamm
Sé Marie-Louise, 24 novembre 1962, Farnham.
12- Anonyme, 7 avril 1886,
Sainte-Anne.
CULTIVATEUR A SAINTE-ANNE
Tout comme
ses ancêtres avant lui, Georges est cultivateur à Sainte-Anne. Il
est établi en très grande partie sur des terres données,
en 1865 puis en 1879, par ses parents, Jean-Marie et Mathilde Hudon.
Rappelons-en les grandes lignes.
La
donation de 1865 comprend deux terres de dimensions différentes4.
La première est située entre le chemin des Côtes et le
deuxième rang, face aux propriétés du Collège. Elle
mesure environ un arpent de large sur plus de vingt de long.
Elle
comprend certains emplacements, situés le long du chemin des
Côtes, loués par bail emphytéotique. Cependant, les parents
de Georges s'étaient réservés les loyers de ces terrains
pour la durée de leur vie.
Cette
terre faisait partie d'un plus grand étendu de terrain que le
père de Georges, Jean-Marie, avait reçu de ses parents,
François et Victoire Martin en 1826.
La
deuxième terre accordée à Georges en 1865, est
située au coeur du faubourg naissant, à l'est de l'église.
Elle mesure un arpent de large sur quarante-deux de long. Elle va du fleuve
Saint-Laurent jusqu'au deuxième rang. Elle comprend des bâtiments.
Cependant,
ses parents gardent la propriété de la partie située entre
le chemin des Côtes et le rocher, allant vers le nord. Il s'agit
d'emplacements loués.
Cette
terre, en réalité la moitié d'une terre, venait des
parents de Mathilde, Germain et Victoire Hudon. Georges l'habite probablement
depuis son mariage, quatre ans plus tôt.
En 1879,
Georges reçoit, quelques jours avant le décès de son
père Jean-Marie, les terrains que lui et son épouse
s'étaient gardés entre le chemin des Côtes et le rocher9.
Il s'agit d'une partie de la terre que Mathilde avait eu de ses parents, les
Hudon.
Ces
donations, contrairement à l'habitude, ne comportaient aucune obligation
de rente viagère. Par contre, ces terres devaient être transmises
éventuellement à un ou plusieurs des enfants de Georges.
En plus de
ces terres reçues par donation de ses parents, Georges fera deux
acquisitions en 1881, puis en 1900.
Le 24
août 1881, Georges acquiert la moitié ouest de la terre venant de
ses grands-parents Hudon10. Une première partie venait de sa
mère qu'elle avait eue de ses parents tandis que l'autre partie
était allée à sa soeur, Adélaïde épouse
de Eusèbe Pelletier de Saint-Roch-des-Aulnaies.
En 1881,
Georges achète donc la deuxième moitié de la terre de son
oncle Pelletier, veuf de sa tante Adélaïde et rentier, vivant alors
à Kamouraska. Celle-ci mesure environ un
arpent de large sur quarante-deux de long, allant du fleuve Saint-Laurent au
chemin du deuxième rang.
Cette
acquisition comprend une maison et plusieurs emplacements loués,
probablement des deux côtés du chemin des Côtes. Georges
promet de respecter les baux consentis à Pierre, Onésime et
Adolphe Ouellet, à David Lavergne, à Georges
Deschène, à Louison Courcy
et aux Soeurs de
Trois ans
plus tard, Georges vendra un emplacement à son oncle Eusèbe
Pelletier qui décide de revenir vivre à Sainte-Anne11.
Le terrain vendu 148$ faisait partie de la terre achetée en 1881.
Le 30
juillet 1900, Georges achète une terre de Elisabeth
Ouellet, épouse de son neveu Alphonse Anctil, fils de
Barthélémie12. Cette terre est située à
l'est du village de Sainte-Anne. Il en revendra une partie à son fils
Georges-P, six ans plus tard13.
VENTE AVEC FACULTE DE REMERE
En 1867,
Georges vend à son frère Barthélémie
les deux terres reçues de ses parents deux ans plus tôt. Le montant
de la transaction est 3,200$5. Il continue d'y demeurer et se garde
un privilège de rachat d'une durée dix ans.
Ce type de
transaction, disparue depuis longtemps, s'appelait une vente avec
faculté de réméré. C'était l'ancienne
façon d'emprunter de l'argent avant la généralisation des
prêts garantis par des hypothèques.
Certaines
personnes, dont Barthélémie,
préféraient avoir recours à cette procédure
tombée en désuétude malgré l'apparition des
hypothèques, depuis la création des bureaux d'enregistrement dans
les années 1830.
En plus
des terres et des bâtiments, la vente comprenait:
...tous
ses meubles, effets mobiliers, batterie de cuisine, linges, provisions,
voitures, harnais, outils et instruments d'agriculture & autres, animaux de
toutes espèces, bois, grains, foins & légumes... et tel que
le tout se trouve dans les bâtisses & sur les terrains sus
décrits, sans aucune exception...
Georges
exerce son droit de rachat en novembre 18746. Il paie un surplus de
200$, une balance d'intérêt sur la montant empruntée.
En mars
1873, Georges signe un bail à ferme d'une durée de cinq ans avec
Etienne Lévesque de Saint-Onésime7. Par ce contrat, il
s'assure le travail d'un employé de ferme et de sa famille pour l'aider
à cultiver sa terre de Sainte-Anne.
En
général, un bail à ferme, hérité de la
coutume française et prévu dans
Selon le
bail signé par Georges, sa terre mesure quatre arpents de large sur
quarante de long pour trois arpents et trente-deux pour un arpent, depuis le
fleuve. Toutes ces mesures étant approximatives.
Selon les
termes du contrat, Lévesque ou le preneur s'engage aux obligations
suivantes:
"...de
fumer, engraisser, labourer, cultiver et ensemencer la dite terre par sols et
saisons ...déchaumer sans la désoler ni la désaisonner,
tenir les prairies nettes, ...faire et entretenir pendant la durée de ce
bail les clôtures et fossés que besoin sera sur la dite terre...
De plus,
il se chargera de répondre aux charges de voiries rurales et
municipales, soit l'entretien de chemins et de fossés, paiera la
moitié des cotisations municipales et scolaires en effets ou en argent,
gardera les bâtiments en bon état, coupera et préparera
annuellement cent pieux et autant de piquets de cèdre.
Il pourra
utiliser le four à pain selon ses besoins et la cheminée du
fournil au printemps et à l'automne ainsi que cultiver son propre
jardin.
A la fin
du bail, qu'il ne pourra pas céder sans l'autorisation de Georges, il
rendra "... le tout... en aussi bon état qu'il l'aura reçu,
sauf l'usage et les dépérissements ordinaires."
De son
côté, Georges ou le bailleur se garde l'exclusivité de la
maison et du fournil, d'un terrain comprenant un verger et un jardin à
patates et d'un arpent de grève. Il se garde des espaces dans la grange
et dans l'étable, une partie des pacages et la moitié des engrais
(fumier).
Georges
s'engage à construire une maison de vingt pieds sur dix-huit pour
Lévesque. Il lui laissera quatre vaches à lait et douze moutons
et, pour les deux premières années seulement un cheval pour le
travail de la ferme. Lévesque sera obligé de les nourrir et de
les soigner comme les siens.
Georges et
Lévesque se partageront les récoltes en grains battus, les
animaux à naître sauf les cochons et les chevaux après la
deuxième année. Le fourrage récolté servira
seulement à nourrir les animaux. Chacun fournira la moitié des
grains de semence. Georges aura le droit à vingt-cinq livres de beurre
chaque automne et ce pour chaque vache se trouvant sur la ferme.
Par les
termes du contrat, il est évident que Georges met seulement une partie
de sa terre, de ses animaux et de ses bâtiments dans l'entente avec
Lévesque. Il s'en garde une partie pour sa propre exploitation, ce qui
ne devait pas toujours être facile à gérer en
parallèle avec le bail à ferme.
Nous
ignorons si Georges a renouvelé l'expérience du bail à
ferme pour obtenir de l'aide ou s'il a préféré, le cas
échéant, s'en remettre à l'embauche direct
d'employés de ferme pour le seconder dans ses travaux.
En 1879,
le cultivateur Firmin Proulx se plaint au curé de la paroisse, monsieur
Poiré, de son voisin Georges Anctil8. Il lui reproche de ne
pas se préoccuper suffisamment de la lutte contre les insectes à
patates, tout comme les mauvaises herbes, qui infestent ses champs.

Maison de
Georges Anctil
*
En 1866,
Georges et sa première épouse Délia se font construire une
nouvelle maison à Sainte-Anne. Celle-ci sera située au centre de
la terre reçue de ses parents l'année précédente,
sur le chemin des Côtes, au coeur du faubourg naissant de Sainte-Anne.
Elle remplacera une ancienne maison, probablement celle de ses grands-parents
Hudon.
Le contrat
de construction est signé avec Rémi et Stanistlas
Danjou de Saint-Pacôme14. Ceux-ci
s'engagent à démolir la vieille maison habitée par Georges
et sa famille et d'en récupérer le bon bois pour la nouvelle
construction.
La
nouvelle maison mesurera quarante-cinq pieds sur trente, le solage sera en
pierre et le carré aura douze pieds de hauteur surmonté d'un
comble construit en bois neuf. Un cordon en madriers de trois pouces
démarquera le solage du carré de la maison.
Celle-ci
comprendra dix grandes fenêtres au rez-de-chaussée, cinq dans les
combles et quatre au sous-sol. Il y aura trois portes; une au sud, une
comprenant un portique et une galerie sans colonnes au nord et une double pour
l'entrée du sous-sol. Les portes et les fenêtres seront peintes,
mastiquées et boisées tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur.
La maison
sera calfeutrée avec de l'étoupe, lambrissée en planches
de pin posées à la verticale et munie de renvois d'eau en
madriers. Le toit sera recouvert en bardeaux.
A
l'intérieur, une cheminée sera construite sur les entrais des
mansardes, deux escaliers conduiront une à l'étage et l'autre au
sous-sol, le plafond, le plancher et les plaintes seront
complétées et une seule cloison percée d'une porte
divisera la maison sur toute sa longueur.
En plus,
les Danjou s'engagent à construire un fournil
relié par un tambour à la maison. Mesurant dix-huit pieds
carrés, percée de deux fenêtres, de même facture que
la maison, il comprendra un four et une cheminée.
Georges
fournira les clous, l'étoupe, la peinture, la chaux et la brique pour
les cheminées. Il paiera la somme de 500$ payable en différents
paiements étalés jusqu'à
Les deux
partis s'acquittent de leurs obligations car Georges reçoit quittance
des Danjou en décembre 186715.
Entre temps, sa première épouse est décédée
et il s'est remarié avec Elisa Lizotte.
Cette
maison, incendiée en partie en 1941, existe encore mais
transformée. Elle est toujours la propriété des
descendants de Georges et de Elisa.
Comme son
père Jean-Marie et son grand-père François, en plus de
gagner sa vie en cultivant la terre, Georges fait de l'argent en prêtant
à ses concitoyens. En revanche, on remarque que les sommes sont moins
importantes et que les créanciers sont de la région de
Basée
sur l'information disponible, Georges prête régulièrement
aux cours des années 1860, 1870 et 1880. Dans les premiers temps, il
prête des montants de 100$ portant intérêt à 8%, pour
des durées variables. Pour l'époque, cette somme est non
négligeable, si on se rappelle qu'une maison et un fournil lui ont
coûté 500$.
Dès
1863, alors qu'il est âgé seulement de 23 ans, il prête
à Prospère L'Italien, cultivateur à Sainte-Anne16.
L'année suivante, il avance de l'argent à Clovis Miville, à Clément Dubé et à
Etienne Cazes, tous cultivateurs à Sainte-Anne17.
En 1866,
Georges se joint à son père et à son frère Barthélémie pour remettre une procuration
à son frère Joseph, notaire à Québec18.
Celui-ci est autorisé à prêter de l'argent en leurs noms.
L'année suivante, Georges vend à Joseph les quatre prêts
déjà mentionnées19.
En 1869,
Georges prête à Magloire Sirois, en 1870
et en 1871 à Jean Bois, en 1873 à Louis Collin, en 1876 à
David Thiboutot et à Augustin Ouellet, en 1878
à Charles Soucy et en 1879 à
André Bérubé20. Tous ses créanciers sont
cultivateurs à Sainte-Anne, sauf Soucy qui est
de Saint-Onésime.
Parfois
Georges prête de plus gros montants. A la fin de 1879, quelques jours
après avoir partagé une première fois dans la succession
de son père, il avance 350$ à Adélaïde Ouellet, veuve
de Isaïe Michaud et une deuxième somme, 300$ cette fois-ci,
à André Bérubé21.
En 1880,
il prête 200$ à Charles Tremblay, menuisier à Kamouraska, 100$ à Siméon Pelletier, 250$
à Amable Bernier, cultivateur à
Sainte-Anne, 300$ à François-Xavier Lizotte
et 620$ à Damase Rossignol de Kamouraska22. En 1882, Georges
cède à profit à Jules Tardif de Saint-André un
prêt de 600$ consenti antérieurement à Joseph Sirois23.
Par la
suite et jusqu'à son décès en 1916, tout indique que
Georges a poursuivi ses activités de prêteur.
En plus de
prêter de l'argent, Georges diversifie ses activités
financières en louant des terrains. A l'époque, on trouvait plus
profitable louer que vendre. C'était une façon de s'assurer des
revenus annuels réguliers alors que la valeur de l'argent était
relativement stable. D'autant plus qu'il n'était pas possible, sinon
difficile, d'aliéner des terres données en ligne directe.
Georges
profite du développement immobilier autour de la nouvelle gare de chemin
de fer - le rang de
Il loue
donc des emplacements en bordure et à proximité de la gare ainsi
que du chemin des Côtes, axe principal de développement du nouveau
faubourg.
A titre
d'exemple, en 1871, Georges loue un terrain d'environ quatre-vingts pieds sur
quatre-vingts à Octave Marchand, employé du Grand-Tronc24.
Cet emplacement est situé sur le chemin du deuxième rang au bout
de ses terres, à proximité de la gare.
La
durée du bail est de dix-neuf ans, non renouvelable aux mêmes
conditions, non transférable, pour un montant de 8$ par année. Le
locataire devra se clôturer à ses frais et répondre aux
voisins quant aux travaux mitoyens. A la fin du bail, il pourra enlever ses
bâtiments et devra remettre le terrain en bonnes conditions.
En 1872,
le bedeau de Sainte-Anne, Thomas Gagné, loue un emplacement de soixante
pieds sur cent sur le chemin des Côtes25. Le bail est d'une
durée de vingt-neuf ans et le loyer annuel est de 12$. Il devra occuper
le terrain "en bon père de famille".
Le 28
octobre 1882, Georges loue deux emplacements sur le chemin des Côtes
à Charles Bérubé et à Alexandre Gueret
pour une durée de quarante-cinq ans, à raison de 8$ par
année26. Les conditions d'occupation des terrains sont
semblables au bail signé par Marchand.
En 1884,
Georges loue des terrains sur le chemin des Côtes au marchand Charles
Dionne pour trente-cinq ans, à raison de 22$ par année; au journalier
Michel Lemieux pour vingt-cinq ans, à raison de 8$ par année et
à Joseph Pelletier pour trente-cinq ans, à raison de 12$ par
année27.
A son
décès en 1916, les héritiers de Georges se partageront pas
moins de trente-cinq terrains en location.
En 1904,
Georges et son épouse Elisa sont dans la soixante. Au déclin de
la vie, ils prennent les moyens pour assurer leur vieillesse. Tout comme leurs
ancêtres, Jean-Marie en 1865, François en 1826, Jean-Baptiste en
1800 et en 1808 et Jean en 1765 et en 1772, ils donnent leurs avoirs à
leurs enfants moyennant en retour certains biens et services et une pension
viagère.
Georges et
son épouse divisent le bien paternel entre deux de leurs fils,
Jean-Baptiste et Horace (Augure)28. Ils se gardent la
propriété de nombreux terrains leur garantissant un revenu
annuel. Ces derniers emplacements sont situés principalement en bordure
et à proximité du chemin des Côtes. Ils en feront la
distribution plus tard.
La
donation de 1904 comprend donc les terres venant de Jean-Marie situées
d'une part en face du Collège et d'autre part au milieu du village,
moins les emplacements loués. Cette dernière terre comprend
notamment une maison, un fournil, une grange-étable, d'autres petits
bâtiments dont un poulailler ainsi que leur contenu en meubles,
instruments aratoires, outils et animaux.
A
Jean-Baptiste, ils donnent la partie est de la terre du village sur laquelle
sont construits la maison paternelle et les bâtiments de ferme. Elle
s'étend du fleuve Saint-Laurent jusqu'au chemin de la station, sur la
largeur d'un arpent. A Horace, ils donnent la partie ouest de la même
terre.
Ils
séparent en deux la terre située en face du Collège, moins
toujours les emplacements loués, et donnent la partie est à
Jean-Baptiste et la partie ouest à Horace.
Ils
incluent aussi tous les droits de passage, et parfois les ruelles, leur donnant
accès au chemin public.
A
Jean-Baptiste, ils donnent les parties sud-ouest de la maison et du fournil et
les parties nord-est de la grange-étable ainsi que les autres petits
bâtiments. A Horace, ils donnent la partie nord-est de la maison et du
fournil et les parties sud-ouest de la grange-étable.
Georges et
Elisa se gardent, leur vie durant, le droit d'habiter toute la partie sud-ouest
de la maison, de circuler librement par les portes actuelles, d'avoir
accès à la laiterie située dans le tambour entre la maison
et le fournil et de garder l'usage d'un jardin à patates, incluant un
petit bâtiment.
Ils se
réservent aussi une partie de la grange-étable appelé
"la petite étable" pour y emmagasiner des grains et du
fourrage et y vaquer. Ils gardent aussi les piquets et les perches de
clôture se trouvant sur les terrains données.
En retour
de cette donation, les deux fils Jean-Baptiste et Horace s'engagent à
payer les rentes seigneuriales, les taxes municipales et scolaires; à
entretenir les bâtiments et les fontaines d'eau; à chauffer
convenablement leurs parents ou leur livrer annuellement dix cordes de bois; à
pacager et entretenir une vache et un cheval, ce dernier seulement durant la
vie de leur père; de nourrir et soigner les chevaux des visiteurs de
leurs parents.
Si leur
mère survit à leur père, ils devront la promener, à
sa demande, avec une voiture convenable sauf durant la période des récoltes.
Les deux
fils ne seront pas tenus de fournir des aliments et des vêtements
à leurs parents mais devront payer l'eau de l'aqueduc. Ils n'auront pas
à fournir le bois de chauffage tant et aussi longtemps que l'un des fils
habitent avec eux.
Tant les
parents que les fils auront le droit de circuler librement autour des
bâtiments pour vaquer à leurs occupations, pour prendre de l'eau
de l'aqueduc à la même chantepleure de la maison et au même
puits et à la même pompe pour les animaux.
Ils
devront garder les biens immobiliers donnés pour les remettre
éventuellement à un ou plusieurs de leurs fils.
Dans
l'éventualité d'un deuxième mariage, Elisa perd tous les
avantages prévus à cette donation, incluant le droit de
résider dans la partie sud-ouest de la maison.
Jean-Baptiste
et Horace devront payer solidairement une rente annuelle de 150$, payable
à moitié par chacun au cours du mois de novembre. S'il y a
négligence de la part de l'un des deux frères, la donation sera
nulle à moins que l'autre acquitte la partie manquante. Dans une telle
éventualité, celui-ci bénéficie de tous les
avantages accordées à son frère négligeant tout en
assumant sa part des obligations.
En
incluant cette dernière clause dans la donation, Georges et Elisa
prenaient, sans doute, certaines précautions. Aussi, quelques
années plus tard, on apprend que Horace n'a pas payé sa part de
la rente annuelle. En 1911, il reconnaît sa négligence et
cède tous ses droits à son frère Jean-Baptiste29.
Ce dernier
devient donc le principal héritier du bien paternel venant de ses
parents, de ses grands-parents et en partie de ses arrières-grands-parents.
LES
DERNIERES VOLONTES
En 1916,
quelques jours avant son décès, Georges complète la
distribution de ses biens, notamment les emplacements loués; de
l'argent, que lui et son épouse ont amassé durant leur vie et
prend les mesures d'usage quant à la subsistance de cette
dernière et de leur fille malade et célibataire.
Devant le
notaire Louis-Joseph Bérubé de Sainte-Anne, il signe, entre le 16
juin et le 8 juillet, veille de sa mort, quatre documents dont trois testaments
et une donation. Seul le testament du 4 juillet sera révoqué.
Dans le
premier document, son testament du 19 juin, Georges donne une
"pièce de terrain" à son fils Horace30. Il
lui laisse aussi des petits bâtiments, dont un poulailler, qu'il pourra y
transporter en autant que sa mère ne veuille pas le garder pour
élever des poules. En retour, Horace devra cultiver, pour le
bénéfice de sa mère, une partie de ce terrain qui servait,
vraisemblablement de potager.
Son
frère Jean-Baptiste pourra circuler seulement le long du terrain afin
d'entretenir ses bâtiments. Enfin, Horace ne pourra aliéner ce
terrain qu'en faveur de ses enfants ou de l'un d'eux.
La
donation prévoit le partage entre trois des fils de Georges: Georges-P,
Armand et Horace une partie de ses emplacements loués. Ceux-ci sont
concentrés sur la moitié est de la terre située au centre
du faubourg et celle en face du Collège. Ils venaient de la donation de
son père Jean-Marie de 1865.
Ces
terrains ne faisant pas partie de la communauté de biens avec sa
deuxième épouse, Elisa Lizotte, il n'était pas nécessaire qu'elle
soit solidaire de leur donation.
Georges
donne les articles de ménage, les meubles et les animaux qu'il possèdent
à son épouse Elisa. Elle pourra en disposer à son
gré.
Enfin, il
nomme son fils Georges-P exécuteur testamentaire. Celui-ci est
cultivateur à Sainte-Anne mais résidant temporairement à
Lawrence, Massachussetts. Dans le document, on mentionne également que
Horace et Armand sont journaliers résidants à Sainte-Anne.
Donat Lizotte, charretier et Alphonse Maurais
fils, commis-marchand, agissent comme témoins au testament signé
par Georges et le notaire Bérubé.
Dans le
deuxième document, la donation du 7 juillet, signé deux jours
avant son décès, Georges et son épouse Elisa,
complètent d'abord la donation de leurs biens immobiliers31.
Il s'agit essentiellement de la balance des emplacements loués: une
partie ayant déjà été distribuée par le
testament de Georges du 16 juin précédent.
On se
rappelle que lors de la donation de 1904, Georges et Elisa s'étaient
gardés ces emplacements. Ce qui leur permettait d'en retirer un revenu
annuel leur assurant d'écouler une vieillesse à l'abri de tracas
financiers.
Ces
terrains étaient de dimensions différentes, louées pour
des durées variables et rapportant des loyers annuels de quelques
dollars. Ils étaient situés en bordure ou à
proximité du chemin des Côtes, soit en face des
propriétés du Collège, soit au milieu du faubourg,
à l'est de l'église.
Les
terrains restants sont donc répartis entre trois des fils: Georges-P,
Armand, Horace et, pour une moindre part, Amanda Toussaint, veuve de Tibérius. De plus, cette dernière n'aura que
l'usufruit des terrains donnés qui devront revenir éventuellement
à ses enfants.
La
donation comprend aussi des legs monétaires. Georges et son
épouse distribuent 9,200$ à leurs enfants: 2,000$ chacun à
Georges-P, Armand, Horace; à Amanda Toussaint, veuve de Tibérius, de son vivant cultivateur à
Sainte-Anne; 1,000$ à leur fille Marie-Louise, et 200$ à
Jean-Baptiste.
Leur bru
ne pourra retirer que les intérêts du capital qui reviendra
éventuellement à ses enfants. Aussi, le montant donné
à leur fille ne pourra d'aucune façon entrer dans la communauté
de biens avec son mari, Arthur Sirois, cultivateur de
Kamouraska.
La
donation comprend une clause levant l'obligation pour Jean-Baptiste de donner
les biens qu'il a reçus en 1904 en ligne directe, sauf qu'il doit
appliquer les montants de leurs ventes à l'achat d'autres biens
immobiliers.
En retour
de ces différents legs, les héritiers devront verser
proportionnellement une rente viagère annuelle de 200$ à leur
mère, sa vie durant, incluant la pension alimentaire pour leur soeur
Emma. Seule Marie-Louise sera exempte de cotisation tandis que Jean-Baptiste
sera tenu d'en payer 75$.
Dans
l'éventualité où leur mère deviendrait incapable,
ils devront s'occuper de leur soeur, lui trouver une personne "capable
d'en avoir bien soin", et contribuer financièrement à son
maintien. Si leur mère décède avant leur soeur, ils
devront payer une pension annuelle de 125$ à Emma, sa vie durant.
On sait
que, après la mort de sa mère survenu en 1920, Emma habitera chez
son frère Horace jusqu'en 1926. Elle mourra l'année suivante,
quelques mois après son admission dans un hôpital de la
région de Québec.
Dans leur
donation, Georges et Elisa demandent qu'un montant de 200$ chacun soit
consacré à leurs frais funéraires, services et messes.
Georges-P
est chargé d'exécuter les clauses de cette donation. Aussi, il
est prévu un dédommagement, jusqu'à concurrence de 50$,
pour ses frais de transport qui devra être prélevé sur la
part consentie à sa soeur Marie-Louise.
En plus de
Georges et du notaire Bérubé, son épouse Elisa déclarant ne pas pouvoir s'exécuter, le
document est signé par les fils Georges-P, Armand et Jean-Baptiste et le
témoin Alphonse Maurais fils, commis-marchand.
Dans le
dernier document, son testament du 8 juillet, signé la veille de sa
mort, Georges ratifie la donation faite la journée
précédente sauf qu'il abaisse le legs monétaire en faveur
de Jean-Baptiste de moitié; il révoque son testament du 4
juillet; il nomme ses trois fils Georges-P, Armand, Horace et sa bru Amanda
Toussaint légataires universels du résidu de sa succession et il
confirme son fils Georges-P dans sa fonction d'exécuteur testamentaire32.
Les
témoins sont cette fois-ci, Joseph Bébubé,
fils d'Amable cultivateur à Sainte-Anne et
Alphonse Maurais fils, commis-marchand qui signent
avec Georges et le notaire Bérubé.
Georges
décède le 9 juillet 1916 dans sa maison du chemin des Côtes
à Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Il est
inhumé dans le cimetière des Pins trois jours plus tard.
L'acte de
décès lui donne soixante-dix-huit ans et quatre mois! En fait, il
est âgé exactement de 76 ans si on compte son âge, comme la
tradition catholique le voulait, à partir de la journée de son
baptême le 9 juillet 1840, étant né la veille.
Aussi,
à cette époque si peu lointaine, on était peu soucieux,
même dans des documents officiels, de l'exactitude de l'âge des
gens.
Tous les
fils du défunt et le gendre Charles-Arthur Sirois
signent l'acte de décès, Albert représente son père
défunt Tibérius. Il n'était pas
l'usage pour les femmes, si elles étaient présentes aux
funérailles, de signer un tel document.
Le 15
juillet suivant, soit trois jours après les funérailles, quatre
des héritiers, Georges-P, Armand, Horace et Amanda Toussaint se
rencontrent chez le notaire Bérubé afin de se partager les
emplacements que leur ont laissés leur père33.
Si on
exclut leur mère, les deux autres héritiers, Jean-Baptiste leur
frère et Marie-Louise leur soeur ne sont pas présents,
n'étant pas concernés par ce partage.
De ce
partage, Georges-P recevra onze emplacements, Armand sept, Horace quatorze et
leur belle-soeur quatre. Afin de se conformer aux dernières
volontés de leur père, les fils recevront chacun des terrains
représentants une valeur de loyers annuels d'environ 122$ et la bru de
50$.
Compte
tenu du nombre important de documents rédigés par le notaire
Bérubé dans la succession de Georges, le notaire recevra comme
paiement un emplacement sur le chemin des Côtes où il se fera
construire une résidence34.
Nulle part
dans les documents précédents sa succession, Georges ne mentionne
ses deux filles, Amanda et Eugénie, nées de son premier mariage
avec Délia Potvin. On peut présumer que celui-ci leur a
versé la part de leur mère à l'occasion de leur mariage.
Le
même jour, Georges-P, l'exécuteur testamentaire, dresse un bilan
de la succession35. On peut ainsi établir que
l'héritage de Georges et de son épouse se montre à plus de
20,000$.
Ce chiffre
comprend la valeur des emplacements donnés, de quelques biens
matériels laissés et les montants d'argent distribués. En
revanche, il ne comptabilise pas le bien paternel - terre, maison,
bâtiments et leur contenu - laissé à leur fils
Jean-Baptiste par la donation de 1904.
Elisa,
l'épouse de Georges, lui survivra quatre ans. Elle décède le
27 août 1820 et est inhumée, trois jours plus tard, auprès
de son mari. Elle est âgée de soixante-dix-sept ans et dix mois.
Ses quatre fils signent l'acte de décès.
Georges a
passé sa vie à Sainte-Anne-de-la-Pocatière,
lieu d'établissement de ses pères depuis le premier, Jean au
XV111e siècle. Il a vécu des fruits de la terre, a fait
fructifié son bien, qu'il a transmis par la suite à ses fils. Eux
aussi ont vécu et sont morts à Sainte-Anne.
Des
enfants de Jean-Marie et de Mathilde Hudon, Georges est celui dont plusieurs
descendants sont toujours présents à
*
ELMIRE (1844- 1907)

Famille
d'Elmire Anctil et d'Alexis Fortin
*
Elmire,
nommée Arthémise à la naissance,
est née et baptisée le 2 octobre 1844. Ses parrain et marraine
sont Louis Pelletier et Thècle Ouellet.
Comme ses
deux autres soeurs, elle a fréquenté le couvent des Dames de
Elmire
épouse Alexis Fortin, le 26 janvier 1869 à Sainte-Anne. À
son mariage, Alexis déclare être cultivateur à Kankakee,
dans l'état de l'Illinois. Elmire et Alexis
eurent six enfants: Herman, Arthur, Alexandre, Laura, Marie-Paule et Victor.
Selon la
tradition familiale transmise par Jeanne Murphy, épouse de David Paul
Fortin, petit-fils d'Herman, quatre des frères Fortin, dont Alexis et
Timothée, auraient fait fortune dans les années 1840 lors de la
ruée vers l'or en Californie. Tous étaient de Kankakee. Leurs
parents, Timothée et Elisabeth Cloutier, mariés à
Iberville, au Québec, en 1831, sont inhumés à Kankakee. La
famille Fortin était de la région de Cap Saint-Ignace, au
Québec.
Le fils d'Elmire, Herman, était gérant de banque
à Salix, Iowa. Il fut ruiné lors de
Plusieurs
Canadiens français ont émigré vers les états du Mid-West des États-Unis au cours du XIXème
siècle1. Nombreux sont les départs depuis les
paroisses du Québec en quête de terres agricoles dans le
Wisconsin, le Minnesota, l'Ohio et l'Illinois. Les parents d'Alexis,
Timothée Fortin et Elisabeth Cloutier sont de ceux-là.
Aussi, il
existait une communauté francophone importante dans ce qu'on appelait
alors "le pays des Illinois", autour de Bourbonnais et de Kankakee,
où habitaient les Fortin. Aujourd'hui, il existe un site historique
appelé "le petit Canada" qui rappelle l'histoire des premiers
Canadiens français qui se sont établis dans cette région
durant les années 1840.
Dans le
cimetière de Kamouraska, une pierre tombale
rappelle le souvenir d'un prêtre ayant fait du ministère au
"pays des Illinois". Originaire de

Mausolée
de la famille d'Elmire Anctil et d'Alexix Fortin
*
Elmire,
décédée en 1907, est inhumée dans un
mausolée au Mont. Calvary Cemetary
de Kankakee. En plus de son mari, Alexis, on y retrouve plusieurs descendants,
dont ses filles Laura et Amélia, toutes deux ayant
épousées Georges Granger. La dernière personne à y
être enterrée fut sa petite-fille, Jeannette Lecour,
décédée à l'âge de 101 ans en 1999.
*
PHILOMENE (1847- 1916)
Philomène
est née le 19 juillet 1847 et baptisée le lendemain à
Sainte-Anne. Ses parrain et marraine sont Frédéric Roy et
Scholastique Miville. Son père Jean-Marie est
présent au baptême, ce qui était inhabituelle à
l'époque.
Comme ses
deux soeurs, elle a fréquenté le couvent, probablement celui des
Dames de

Timothée Fortin (1833-1912)
*
Philomène
a épousé Timothée Fortin, cultivateur à Kankakee en
Illinois. Le mariage a eu lieu à Chicago, le 26 janvier 1872.
Timothée était le frère d'Alexis, époux de sa soeur Elmire.
Au
recensement de Kankakee de 1880, Philomène et Timothée inscrivent
une fille de trois ans, prénommée Rachel. Vers 1896, cette dernière
épouse Alexandre Desmarteau à Kankakee.
Rachel décède le 29 juin 1910 à Montréal et est inhumée
au cimetière Notre-Dame-des-Neiges le 2 juillet suivant. Elle
était âgée de 33 ans, 8 mois, 20 jours. Son mari est
inhumé au même endroit, le 2 avril 1928. Timothée Fortin
avait fait construire l’Hôtel Lafayette à Kankakee en 1901.
Cet établissement a été repris par ses petits-fils Desmarteau, d’abord par Charles au début des
années 1920, puis par Marc en 1929.
Les deux soeurs, Philomène et Elmire
ont donc passé leur vie aux États-Unis. Lorsque leur père
Jean-Marie décède en 1879, seuls Philomène et son mari
sont présents aux funérailles1. Au décès
de leur mère, Mathilde Hudon, quatre ans plus tard, elles ne reviennent
pas à Sainte-Anne.
Philomène
est inhumée avec son mari dans le Mont. Calvary
Cemetary de Kankakee. Seule l'année de son
décès, 1916, est inscrite sur la pierre tombale. Comme le veut la
tradition aux États-Unis, Philomène porte le nom de son mari. Son
nom de fille, Anctil, n'est pas mentionné.
*
JACQUES (1848-1924)
NAISSANCE - MARIAGES - LES ENFANTS - ETABLISSEMENT A
SAINTE-ANNE - DEPART DE SAINTE-ANNE - DESCENDANCE
Jacques
est né et baptisé le 22 juillet 1848 à Sainte-Anne. Ses
parrain et marraine sont Vallier Potvin et Anastasie Boies.
Jacques fréquente l'école du village car, en 1867, il est inscrit
au Collège du même endroit1.
Jacques se
marie à trois reprises: le 12 février 1872 à Saint-Pascal
de Kamouraska avec Exilda
Ouellet; le 10 septembre 1883 à Sainte-Anne avec Elise
Hudon, veuve de Jean-Baptiste Bois, fille de Aristobule Hudon et de Sara
Lévesque; le 12 juillet 1892 à Sainte-Luce de Rimouski avec
Célestine Tremblay, fille de Pierre et de Léocadie
Bouchard.
Le jour
précédant le premier mariage, Jacques et Exilda
Ouellet signent un contrat de mariage2. Ils se marient en
communauté de biens tant pour les biens actuels que futurs.
Les biens appartenants
à Jacques viennent tous de ses parents. Il s'agit d'une terre qu'ils lui
ont donnée à Sainte-Anne quelques jours plus tôt; d'un
montant de 800$ payable par des annuités de 100$; des animaux, du
mobilier et des articles de maison.
En plus,
Jean-Marie s'engage à construire une maison de vingt-pieds de large sur
vingt-cinq de long d'ici l'été suivant. Aussi, Jacques pourra
occuper la moitié des bâtiments de ferme de son père.
Les biens
de la future épouse consiste en un montant de 200$ payable par ses
parents au cours des huit prochaines années; des animaux, des meubles et
des articles de maison.
Jean-Marie
et Mathilde s'engagent à garder leur future bru avec eux advenant le
décès de leur fils et ce jusqu'au moment où Exilda convolera en secondes noces.
Le contrat
de mariage est signé devant le notaire Auguste Martin de Saint-Pascal,
lieu de résidence des parents de la future mariée, Thomas Ouellet
et Domithilde Dionne. Jacques est accompagné
de son père Jean-Marie, de ses frères Barthélémie,
Georges et Joseph, les deux premiers avec leurs épouses et de sa soeur
Philomène.
Exilda est
assistée de ses parents, de ses frères Joseph, François et
Thomas, les deux premiers avec leurs épouses, de ses soeurs
Eléonore, Philomène, Janes, Adèle, de l'épouse de Joseph Hudon de
Saint-Alexandre et de trois oncles.
A Jacques et à sa
première épouse, nous leur connaissons six enfants et avec sa
deuxième femme, six également.
En voici la liste, leurs
dates de baptême (B), mariage (M), et sépulture (S), ainsi que les
noms de leurs conjoints et de leurs enfants.
Enfants du premier mariage:
1- Joseph, B. 22 mars 1873
(né le 20), Sainte-Anne,
M. Florentine Langlois, 12
juillet 1892, Sainte-Luce de Rimouski,
S. Joseph, 1953,
Deux enfants: Flavie, Joseph.
2- Elise,
B. 5 mars 1875, Sainte-Anne,
S. 29 janvier 1883,
Sainte-Anne.
3- Gustave, B. 9 mai 1878,
Sainte-Anne,

Gustave
Anctil (1878 - 1967) et Emérentienne Langlois
(1878 - 1964)
*
M. Emerantienne
Langlois, 10 novembre 1901, Fall River, Mass,
S. Gustave, 1967,
Huit enfants: Leo, Henry,
Albert, Francis, Lena, Mary Ann, Lucille, Mary Jane.
4- Jean-Marie, B. 12
décembre 1879, Sainte-Anne,
S. 3 septembre 1880,
Sainte-Anne.
5- Ludger,
B. 1 février 1881, Sainte-Anne,
S. 12 octobre 1882,
Sainte-Anne.
6- Alexandre, B. 21 juillet
1882, Sainte-Anne,
S. 26 août 1882,
Sainte-Anne.
Enfants du deuxième
mariage:
1- Blanche, B. 29 juin 1884,
Sainte-Anne,
M. Adhémar
Thériault, 28 juillet 1908, Saint-Gabriel de Rimouski,
M. Ignace Lévesque, 29
mars 1921, Saint-Quentin, Nouveau-Brunswick,
S. Blanche, 2 février
1955, Berthierville, au Québec.
2- Nadyre,
B. 24 avril 1885, Sainte-Anne.
3- Emma, B. 24 octobre 1886,
Sainte-Anne.
4- Aurea,
B. 23 juin 1888, Sainte-Anne,
M. Cyprien Ouellet, 1919,
Sainte-Antoine-de-Padoue, Rimouski,
S. Auréa
(Reine), 26 février 1933, Baie-des-Sables.
5- Vivaldi, B. 26 octobre
1889, Sainte-Anne,
S. 1 novembre 1889,
Sainte-Anne.
6- Rosario, B. 26 septembre
1891, Sainte-Flavie, Rimouski,
S. 20 septembre 1891.
ETABLISSEMENT A SAINTE-ANNE
Depuis son
premier mariage en 1872 jusqu'en 1890, Jacques est cultivateur à
Sainte-Anne. A la veille de son premier mariage, avec Exilda
Ouellet, il avait reçu de ses parents un premier circuit de terre, sans
maison ni bâtiments de ferme3. Ce terrain, rappelons-le,
était situé dans le premier rang, entre le fleuve et les terres
du Collège.
Dans son
contrat de mariage, quelques jours plus tard, son père Jean-Marie
s'était engagé à construire une maison. En 1878, suite au
décès de sa première épouse, Jacques donne
quittance à son père quant à ce dernier engagement4.
Il confirme qu'il n'a aucune prétention dans les biens immobiliers de
ses parents.
En fait,
il semble bien que Jean-Marie n'ait jamais construit de maison pour Jacques.
Ainsi, lui et son épouse Mathilde cèdent à leur fils, en
1879, quelques jours avant le décès de Jean-Marie, le bien
paternel sur lequel ils ont vécu toute leur vie5. Depuis son
mariage en 1872, Jacques et sa jeune famille, aurait tout simplement
vécu avec ses parents, en attente de la donation de ce bien.
Cette terre
est située dans le premier rang, depuis le fleuve jusqu'à
l'équerre de la côte de l'Eglise. Elle
comprend maison et bâtiments de ferme. La donation ne comprend pas
cependant les biens meubles. Mathilde pourra en disposer selon ses
volontés. Aussi, elle se garde le droit d'habiter la maison et de
circuler librement sur une partie de la terre donnée.
On sait
que, par la suite, Mathilde préférera demeurer en pension chez un
voisin et ira terminer ses jours chez sa fille Luce à
Rivière-du-Loup.
DEPART DE SAINTE-ANNE
Jacques et
sa famille quittent Sainte-Anne au début des années 1890. Le 10
février 1890, il vend sa terre de la côte de l'Eglise
à Nicolas Ouellet, ferblantier et marchand à Sainte-Anne6.
Moins de quatre mois plus tard, Ouellet revend à perte la terre au
Collège de Sainte-Anne7. Il l'avait payé 2,800$ et l'a
revendu 2,375$.
Il est
possible que Ouellet ait servi d'intermédiaire entre Jacques et les
autorités du Collège, les relations entre ces deux partis
n'étant pas tellement cordiales.
Quatre ans
plus tard, le 17 mars 1894, Jacques cède son circuit de terre
situé entre le fleuve et les terres du Collège, à son fils
Joseph8. Quelques jours plus tard, ce dernier le vend aux
autorités du Collège pour la somme de 1,5009.
Cette
dernière vente avait été précédée de
démêlés quasi judiciaires entre Jacques et les
autorités du Collège10.
Jacques
quitte Sainte-Anne pour le Bas-du-Fleuve où il s'est remarié une
troisième fois, en 1892, avec Célestine Tremblay. Cette
dernière année, il habite à Sainte-Flavie, tout comme son
fils Joseph. Par la suite, il ne nous a pas été possible de
suivre ses allés et venus.
Selon une
tradition familiale, Jacques aurait terminé ses jours dans une maison
pour personnes âgés à Rivière-du-Loup. Il fut
inhumé au cimetière Saint-Patrice de cet endroit, le 4 janvier
1924.
Les deux
fils de Jacques, Joseph et Gustave, nés du premier mariage,
émigreront aux Etats-Unis au tournant du
siècle11. Les deux frères, mariés aux deux
soeurs Langlois, vivront un certain temps à Fall
River, Massachussetts. Puis, Joseph qui était sacristain et son
épouse ménagère, suivront leur curé à Tupper Lake et à Rouses
Point, New York. Ils s'établiront définitivement à ce
dernier endroit. Gustave et son épouse (voir illustration no 20) rejoindront
leurs frère et soeur à Rouses Point. Gustave travaillera comme employé de
chemin de fer.
De nos
jours, plusieurs descendants de Joseph et Gustave habitent cette région
située à une soixante de kilomètres au sud de
Montréal, dans l'état de New York.
Quant
à Blanche et Auréa, nées du
deuxième mariage de Jacques, elles ont vécu au Québec, la
première étant morte à Berthierville
en 1955 et la deuxième à Baie-des-Sables en 1933.
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