BAVIII

II. DÉFINITION: C'est l'interruption complète de la conduction auriculo-ventriculaire

II. EXPLICATION ÉLECTROMÉCANIQUE:

Le BAV III est lié à une interruption complète de la conduction soit au niveau de la région nodo-hissienne, soit au niveau du tronc du faisceau de His, soit surtout au niveau de ses branches.

Il peut correspondre à des perturbations biologiques transitoires, responsables d'un blocage des ondes d'activation par une période réfractaire permanente. Mais le plus souvent, il correspond à une destruction complète du tronc du faisceau de His ou de ses 2 branches empêchant de façon définitive toute propagation de l'onde d'activation.

    

  
  
        Siège des blocages au niveau A-V

III. ÉTIOLOGIES:

Par ordre d'importance:

  1. BAV complet (BAVC) idiopathique secondaire à une dégénérescence fibreuse des 2 branches
    du faisceau de His.

  2. BAVC de la phase aiguë de l'infarctus du myocarde.

  3. BAVC congénital. Il est permanent.

  4. BAVC postopératoire.

  5. BAVC des cardiopathies hypertensives et des valvulopathies.

  6. De multiples causes peuvent être responsables: endocardite bactérienne, tumeur maligne du
    cœur, etc.

 IV. LES ÉLÉMENTS CLÉS À ANALYSER:
  1. Onde P:                    Présente.
                                    Il y a plus d'ondes P que le complexe QRS.

  2. Intervalle PR:             N'existe pas ou non significatif.
                                     PR sont tous inégaux. P ne conduit pas QRS.

  3. Complexe QRS:        Dépend du siège du nœud ectopique qui prend la relève.
                                   - Si le foyer ectopique se trouve suite après le nœud AV, le complexe QRS
                                     est fin.
                                   - Si le complexe QRS se trouve au niveau ventriculaire, il est plus élargi.

  4. Fréquence:               - Si QRS est fin: fréquence du rythme nodal: 40 à 60/ min.
                                   - Si QRS est élargi: fréquence du rythme ventriculaire: 30 à 40/ min.

  5. Conduction A-V:       Aucune conduction. Le blocage est complet.

  6. Rythme:                   - Les intervalles PP sont égaux entre eux.
                                    - Les
    complexes QRS sont égaux entre eux aussi.  

 
            L'intervalle PP sont égaux.
            Les intervalles PR sont variables. La 2eme PR est de 0,60 sec. Donc, l'onde P ne conduit pas le QRS
            L'intervalle entre les QRS sont égaux. Donc, la dépolarisation des ventricules provient d'un foyer dans
            le ventricule.
            La fréquence est très lente. Ce qui confirme que le rythme ventriculaire est d'origine ventriculaire.
            Donc, il s'agit d'un bloc A-V complet.

         

V. SIGNES CLINIQUES:

  1. Si la fréquence cardiaque est environ 40 à 50/ min(pas de point d'abréviation pour minute), le
    patient ne ressent pas de symptôme.

  2. Si la fréquence cardiaque est plus lent que 40/ min, le débit cardiaque diminue et, par
    conséquence, il y a risque de syncope.

  3. D'autres signes pourront aussi être observés: étourdissement,

VI. SOINS INFIRMIERS:

  1. Identifier l'arythmie et l'enregistrer.

  2. Aviser immédiatement le médecin s'il s'agit de la première constatation.

  3. Examiner le patient.

  4. Préparer:
    -
    S'assurer qu'il y a une veine ouverte.
    - Garder l'Isuprel et le pace maker externe à la portée.

  5. Surveiller étroitement le patient ainsi que l'évolution de l'arythmie.

  6. Si Stokes Adams, le traitement est la même que pour un arrêt ventriculaire.

   VII. TRAITEMENT:

  1. Perfusion d'Isuprel

  2. Pace maker externe temporaire.

BLOC A-V DE HAUT DEGRÉ

  1. On appelle BAV de haut degré ou BAV avancé  lorsque le nombre d'ondes P non conduites est
    supérieur aux
    ondes P conduites.
    La conduction AV peut se produire à des intervalles réguliers: 3:1, 4:1, 5:1,… ou irréguliers.

Habituellement dans le BAV de haut degré, on observe des échappements jonctionnels ou ventriculaires,
soit isolés, soit en série, entraînant un aspect de dissociation AV passagère.
Lorsque l'activité du centre d'échappement devient prépondérante, la dissociation AV est presque permanente,
et ce n'est que de temps à autre qu'une transmission auriculo ventriculaire vient confirmer qu'on a à faire
à un BAV II et non à un BAV III.

   2.   On parle aussi de bloc de haut degré lorsqu'on est dans l'impossibilité de distinguer le type de bloc auquel
         on a à faire, c'est-à-dire lorsque l'espace PR est constant, mais que le rapport est fixe 3:1, 4:1, …
         Encore, dans ce cas, est-il quelquefois difficile de déterminer avec précision:

Un long tracé est nécessaire pour vérifier l'exactitude des rapports entre les auriculogrammes et les
ventriculogrammes, car, sur un tracé trop court, un BAVC peut en imposer pour un BAV de haut degré
si la fréquence auriculaire est un multiple presque
exact de la fréquence d'échappement ventriculaire.