ENFOUI
Enfoui en elle
dans l’indémaillable tricot
de son sang
enfoui dans l’insondable mer de ses haltes-refuges
enfoui vainqueur dans la maternité de son amour
enfoui haletant au sol originel du désir expurgé
enfoui volontaire à sa source désaltérante qui l’ensorcelle
enfoui dans le balancement du temple longuement érigé
enfoui sans peur dans le dépaysement des routes à redresser
enfoui dans son âme pour le rêve éternel
heureux tel un navire revenant au quai
tel un oiseau blessé qui retrouve l’ivresse de vivre
enfoui dans le sel assoiffé de ses marées
enfoui heureux et à jamais...
©Nicole Descôteaux
in L’UniVers des Mots, 2002
Écume
Trois lignes parallèles d’écume
où je n’écrirai ni la fatigue
qui engourdit
ni la paresse qui accumule l’inutile
Au loin la croisière progresse
on se dévisage
sans rien voir
des secrets que l’on porte
Chuchotis de la vague
qui humecte les mots
Ils s’espacent sous le roulement
des humeurs
Trois lignes
parallèles
déjà déformées
Écume rieuse de nos vagues à l’âme
©Nicole Descôteaux
in Verbum silentii, 2006
QUAND LES HOMMES
Quand les homme vivront d’amour
il l’a chanté,
nous étions sourds...
Et nous sommes là
ahuris
dispersés
non-voyants
cherchant la clé
du redressement
des routes sans détours
espérant
le mot allégé
imprimé sur des ailes de soie
pour la beauté
au-delà des toits des gratte-ciels
dans l’univers des fous
Nous rions de nos coups de théâtre
traçons nos vies sur des parchemins craquelés
interprétons sans y croire
nos vies amnésiques
sur des panneaux publicitaires
au goût de porto
et de portières de l’année
Nous traversons la solitude
embarqués pour la même croisière
nous formons des associations contradictoires d’idées
nos cris se piétinent
s’étranglent dans les cocktails d’illusions
L’amour a perdu le pouvoir
de sa trop belle vérité
©Nicole Descôteaux
in Instants d’infini, 2004
