• Acceuil

Évangile & homélie du dimanche 08 novembre 2009  homelie.fr

1 R 17, 10-16
Le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l'entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l'appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d'eau pour que je boive ? » Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain. » Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n'ai pas de pain. J'ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d'huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons. » Élie lui dit alors : « N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d'abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël : Jarre de farine point ne s'épuisera, vase d'huile point ne se videra, jusqu'au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. »
La femme alla faire ce qu'Élie lui avait demandé, et longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. Et la jarre de farine ne s'épuisa pas, et le vase d'huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l'avait annoncé par la bouche d'Élie.

Ps 145 (146), 5-6a, 6c-7ab, 8bc-9a, 9b.10
Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob,
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
lui qui a fait le ciel et la terre.

Il garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain.

Le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l'étranger.

Il soutient la veuve et l'orphelin,
D'âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

He 9, 24-28
Le Christ n'est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, qui ne peut être qu'une copie du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n'a pas à recommencer plusieurs fois son sacrifice, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n'était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis le commencement du monde. Mais c'est une fois pour toutes, au temps de l'accomplissement, qu'il s'est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois, puis de comparaître pour le jugement, ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l'attendent.

Mc 12, 38-44
Dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à sortir en robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques, les premiers rangs dans les synagogues, et les places d'honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement : ils seront d'autant plus sévèrement condamnés. »
Jésus s'était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s'avança et déposa deux piécettes. Jésus s'adressa à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. »

Homélie

La première lecture de ce dimanche nous raconte l’épisode du prophète Elie et de la veuve de Sarepta. Cette femme, qui en tant que veuve a déjà bien peu, n’hésite pas à sacrifier la seule nourriture qui lui reste, à elle et à son fils, pour Elie, confiante dans la Parole du Seigneur qui lui est parvenue par la bouche de son prophète : « N’aie pas peur… car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. »
L’évangile met devant nos yeux une autre veuve, venue déposer dans le trésor du Temple deux piécettes, tout ce qu’elle possède. Seul Jésus remarque le geste discret de cette femme et déclare à son sujet : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris de leur superflu, mais, elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».
Ces deux veuves nous enseignent que le don s’affranchit des limites du raisonnable. La pauvre veuve de l’évangile aurait fort bien pu « partager » avec Dieu, c'est-à-dire lui offrir une piécette et garder l’autre pour elle. Vu la précarité de sa condition, c’eût déjà été bien davantage que « donner de son superflu ». Pourtant, tel n’est pas son choix : « Elle donne tout, tout ce qu’elle a pour vivre ».
Donner c’est s’abandonner totalement, faire confiance sans même penser que l’on recevra quelque chose en retour. Donner, ce n’est pas marchander pour retirer de la satisfaction ou de la reconnaissance. Voilà pourquoi le vrai don s’accompagne de la discrétion, j’irai même jusqu’à dire du silence. Donner c’est en fin de compte entrer dans le mouvement de la gratuité de la charité divine telle que nous la voyons manifestée dans la vie de notre Seigneur Jésus Christ jusque dans sa mort sur la croix.
La radicalité du geste de ces deux veuves peut nous paraître excessif. Peut-être parce que nous ne nous sentons pas capables d’en faire autant. Mais en attendant de pouvoir tout donner, si nous commencions par partager notre nécessaire avec nos frères et avec Dieu.
Le partage de notre nécessaire ne concerne d’ailleurs pas seulement ce qui touche au domaine matériel. Par exemple, nous pouvons nous interroger : Savons-nous offrir à Dieu les moments de notre journée les plus féconds ? Normalement, Dieu ne devrait-il pas être le premier et le mieux servi ? De la même façon par rapport à nos frères et sœurs. Savons-nous à tout instant du jour nous tenir dans une véritable disponibilité de cœur pour répondre à celui ou celle qui viendra solliciter notre écoute ou notre attention ?
Au cours des premiers siècles de l’Eglise, le partage des biens avec les plus démunis était un devoir prioritaire pour les baptisés qui témoignaient par là de leur foi vivante par la charité. Les textes de ce dimanche sont sans doute l’occasion de réveiller en nous la conscience que le partage est une dimension essentielle de notre vie chrétienne parce qu’il atteste de la crédibilité de ce que nous confessons et parce qu’il est le lieu où l’amour sauveur de Dieu révélé dans le don de Jésus sur la Croix peut continuer à se répandre en nous et autour de nous.
Ce dernier point est très important. Notre générosité ne sera une vraie générosité que si elle émane de la générosité même de notre Seigneur. Générosité de Jésus qui s’est offert une fois pour toutes en sacrifice de rédemption pour tous les hommes, comme nous le rappelle la deuxième lecture. Générosité de Jésus dont personne n’est exclu. Générosité de Jésus qui, comme grand prêtre, continue dans sa condition glorieuse d’intercéder pour chacun de nous. Générosité de Jésus qui viendra à la fin des temps comme sauveur qui a détruit le péché et a instauré la vie nouvelle.

« Seigneur, nous nous sentons bien peu capables de générosité. Mais nous voulons prendre appui sur ta propre générosité qui a triomphé une fois pour toutes du péché. C’est elle que nous voulons avec l’assistance de ton Esprit de charité laisser transparaître en chacune de nos paroles, en chacun de nos actes. Alors tous pourront découvrir combien tu les aimes et combien ton amour les comble au-delà de tout ce qu’ils pourraient espérer ou même imaginer. »

Frère Elie