Une grosse prise
À Montréal puis à Québec, ils peuvent bien nous traiter de morues: quand on s'accroche à quelque part, on ne veut pas lâcher. Ça me fait penser à la grosse qu'on avait pris, une fois.
On était partis pour la pêche, avec le père chez nous et un gars de Matane. Nous avons jeté l'ancre au large. Ça faisait plus d'une heure que nous pêchions et on en prenait beaucoup.
À un moment donné, le père en a accroché une si grosse qu'il croyait avoir attrapé le fond. Mais non! Il tirait et ça venait sans trop d'efforts. C'est alors que l'on aperçut cette énorme morue à la surface de l'eau. Lorsqu'on voulut l'embarquer, la ligne se rompit et notre monstre était de nouveau en liberté. Elle était partie avec tout son gréement.
Environ une demie-heure après, je sentis qu'il y avait quelque chose au bout de ma ligne... Et bien, croyez-le ou non, c'était la morue que le père avait perdue. Elle avait encore tout le gréement dans la gueule, et elle pesait 123 livres et quart. Je n'ai jamais revu une morue comme celle-là.
Texte recueilli par Allens Meunier, Michel Levasseur et Gilbert Boucher.