Le parapluie de ma tante

Bonne fête, Ti-Cul...! Bonne fête, Ti-Cul...!
Ma mère prend son air de femme battue même si je ne crois pas qu'elle l'ait jamais
été. Elle ne supporte tout simplement pas d'entendre le surnom que m'a donné mon
frère. Mais la voix juvénile et enthousiaste de Serge submerge facilement la sienne.
Pire: pour la fin de la chanson, mon père abandonne son silence quasiment perpétuel
en même temps que mon vrai prénom et décide de joindre sa voix à la partie la plus
tonitruante du choeur:
Bonne fête, bonne fê-ê-ê-te, bonne fête, Ti-Cul!
Je ne serais pas étonné que ma mère lui ait lancé sous la table un coup de pied dans
le tibia, parce qu'il la regarde avec son il souffreteux. Mes parents jouent souvent,
tous les deux, à celui qui aura l'air le plus malheureux. Et j'aurais bien du mal
à décider lequel mérite le titre de Martyr suprême de la famille Bazinet.
De toute façon, ça m'est égal qu'on m'appelle Ti-Cul ou Normand. Alors, je dis:
-- Ça me dérange pas.
Par-dessus le marché, ce n'est même pas mon anniversaire aujourd'hui. C'est vendredi
prochain. Mais mon grand-père et ma grand-mère paternels sont très malades, et ma
mère, hier, a suggéré: Y a bien des chances qu'il y en ait un qui meure cette semaine,
ça fait qu'on devrait fêter le petit dimanche, sans ça peut-être qu'on pourra pas le
fêter après.
Je souffle les bougies. Je les éteins toutes d'un seul coup.
-- T'as-tu fait un v u? demande Serge.
-- Non.
-- Trop tard.
-- Ça me dérange pas.
Le téléphone sonne au moment où ma mère entreprend de découper le gâteau. Elle m'a
dit qu'elle en avait acheté un à l'épicerie parce qu'on avait changé le jour de ma
fête et qu'à cause de ça elle n'avait pas eu le temps d'en faire un elle-même. Mais
l'an dernier aussi, c'était un gâteau de magasin. Comme l'année d'avant. De toute façon,
j'aime bien ceux-là. Plus que ceux faits à la maison? Je ne me souviens pas d'avoir
eu l'occasion de comparer.
C'est mon père qui répond. Normalement, le téléphone, c'est l'affaire de ma mère.
Mais ce sont ses parents à lui qui sont à l'hôpital. Depuis quelques jours, c'est
donc toujours lui qui se lève quand le téléphone sonne. Il prend son temps, dans
l'espoir que quelqu'un d'autre y arrivera avant. Personne ne bouge.
-- Ça doit être l'hôpital, prédit ma mère.
Elle ne se risque pas à deviner lequel. Ses beaux-parents sont dans deux hôpitaux
différents. Il est évident que l'hôpital qui téléphone est celui du plus mourant.
-- Allô?
Mon père écoute quelques instants en silence.
-- On va y aller.
Ma mère l'interroge du regard tandis qu'il raccroche.
-- C'est ma mère. Ils disent que ça commence à achever.
-- Pour combien de temps elle en a?
-- Ils ont juste dit qu'elle en a plus pour longtemps.
Maman pousse un profond soupir.
-- Dieu soit loué!
Il me semble que c'est la première fois qu'elle dit ça. Chez nous, on n'a jamais eu
tellement l'occasion de louer le Seigneur. Même cette fois-ci, je ne comprends pas
très bien pourquoi nous rendrions grâce à Dieu.
-- Elle est à la chambre 313, précise mon père. Ils l'ont transférée.
-- Tu vas-tu t'en rappeler? m'ordonne ma mère.
Pas de danger que je l'oublie. Je suis la mémoire officielle de la famille. Chez nous,
quand je suis là, on ne note jamais une date ou un numéro de téléphone. On me dit
seulement: Tu vas-tu t'en rappeler? Et je m'en souviens.
Pendant que mon frère et moi nous remettons nos habits du dimanche, le téléphone sonne
encore.
-- Ça doit être ton frère, dit maman qui s'efforce toujours de deviner qui téléphone
et y réussit souvent.
Mon père, qui ne s'est pas éloigné de l'appareil, décroche encore.
-- Oui? Ah bon! Oui.
Il peut passer des heures au téléphone, à condition qu'à l'autre bout du fil on se
contente de l'entendre grogner des oui et des ah bon! et des ouais.
-- Ouais. Je vas y aller cet après-midi.
Il raccroche, semble épuisé d'avoir prononcé au téléphone une phrase si longue.
-- C'est l'Hôtel-Dieu de Sorel. Lui aussi, il achève. Ils sont pas sûrs qu'il va passer
la nuit.
Ma mère soupire encore plus profondément que la première fois, mais sans louer Dieu,
père ou fils.
-- On dirait qu'ils font exciprès.
-- Je vas à Sorel avec Serge, décide mon père. Amène le petit voir la vieille.
Les larmes me montent aux yeux. Pour commencer, je n'ai pas envie de prendre l'autobus
jusqu'au centre-ville alors qu'eux vont à Sorel dans la vieille Chevrolet familiale.
Et puis je n'ai jamais beaucoup aimé ma grand-mère. Elle passe son temps à se plaindre de son mari même s'ils ne vivent plus ensemble depuis bien avant ma naissance.
Mon grand-père, lui, ne parle jamais contre sa femme. Il me donne -- me donnait --
du chocolat ou de l'argent pour en acheter. Il nous a emmenés à la pêche une fois,
Serge et moi. Même que c'est moi qui ai pris la plus grosse perchaude et gagné la pièce de vingt-cinq
cents qui faisait office de trophée.
-- C'est toi qu'elle aime le mieux, dit mon père qui a remarqué ma tristesse subite.
Puis je pense que je vas aller vous reconduire. On dirait qu'il va pleuvoir.
J'achève de mettre mon habit de première communion. Une culotte courte et un veston
croisé, tous deux taillés dans une serge (oui, comme mon frère, ce qui est une raison
supplémentaire de détester et Serge et le costume) de si bonne qualité que je suis
encore capable de les porter trois ans plus tard, grâce à la complicité de mon corps
qui refuse de grandir depuis qu'il a avalé celui du petit Jésus.

***
Il nous laisse à la porte de l'Hôtel-Dieu de Montréal -- celle à côté de la statue
d'une dénommée Jeanne Mance dont je lis le nom sur le piédestal. Nous entrons. Ma
mère s'adresse à un comptoir, dit qu'elle cherche la chambre 313 après m'avoir demandé
laquelle c'était déjà. Nous prenons un ascenseur. Un monsieur, plutôt vieux et à peine
moins petit que moi, tire la grille accordéon pour nous y laisser entrer et actionne
un levier pour le faire monter. Je me demande si moi aussi, parce que je suis petit,
je vais être obligé de gagner ma vie comme garçon d'ascenseur. Je n'en ai pas très envie.
Le monsieur crie: Troisième! Nous sortons de l'ascenseur et ma mère me demande encore
le numéro de la chambre et s'enquiert encore d'où c'est. Nous suivons un long corridor
jusqu'à une autre aile de l'hôpital, plus neuve celle-là. Enfin la chambre 313. Nous entrons. Il n'y a personne. Seulement deux grands lits vides, recouverts de draps
blancs.
-- C'est fini, dit ma mère.
Elle n'a pas l'air très triste. Elle a même l'air pas triste du tout. C'est vrai que
ce n'était pas sa mère à elle.
-- Vous cherchez quelqu'un?
Une infirmière avec une coiffe blanche a surgi derrière nous et nous regarde comme
si nous avions l'intention de voler les draps.
-- Mme Bazinet, c'est fini? demande maman.
-- Mme Bazinet?
-- Mme Léo Bazinet.
-- Quelle chambre?
-- 313.
C'est moi qui viens de répondre.
-- LeRoyer ou DeBullion? demande alors l'infirmière.
-- Je sais pas.
-- Ça doit être au pavillon LeRoyer, parce qu'on n'a pas de Mme Bazinet ici.
-- Ah bon!
Nous repartons. Nous passons dans une autre aile de l'hôpital, pas plus neuve mais
plus belle que la dernière. Les corridors sont plus larges. Toutes les chambres que
j'observe du coin de l' il contiennent un seul lit. Cela ressemble plus à un hôtel
qu'à un hôpital, me semble-t-il à moi qui ne suis jamais entré dans un hôtel. Un hôpital
pour riches, sûrement. Dans un solarium en face du poste des infirmières, il y a
justement quelques dames en robe de chambre, soigneusement coiffées, qui parlent
à des visiteurs élégamment vêtus.
Enfin la chambre 313. Maman pousse la porte entrouverte.
Il y a quelqu'un là, couché dans un lit, avec des tubes dans le nez et dans les bras,
qui râle, et moi qui n'ai jamais entendu râler un mourant, je comprends que c'est
ça. Et ce doit être ma grand-mère même si je ne la reconnais pas. Les gens doivent
cesser de se ressembler quand ils commencent à mourir.
Quelqu'un est assis sur une chaise dans un coin. C'est mon oncle Edmond. Il se lève,
embrasse ma mère qui s'approche ensuite du lit et me soulève pour que ma grand-mère
me voie. Je soupçonne qu'on a insisté pour me traîner là parce que ma grand-mère
en a de collé , comme dit Serge qui, à dix-huit ans, a des besoins d'argent infiniment
plus grands que les miens. Étant donné que je suis bien plus mignon que mon adolescent
de frère, c'est sur moi qu'on compte pour qu'elle glisse à son notaire un bon mot
au sujet de son fils aîné et de sa belle petite famille, si ce n'est pas déjà trop tard.

Non seulement ma grand-mère n'appelle pas son notaire en m'apercevant, mais elle n'ouvre
même pas les yeux pour me voir. Ma mère me garde là, à bout de bras, au-dessus de
la source des râlements, et j'ai envie de lui crier de me redescendre par terre.
-- Comment ça va? demande-t-elle.
-- Pas fort fort, répond mon oncle même si la question s'adressait à la malade.
-- J'ai amené le petit, Normand, continue ma mère comme si sa belle-mère pouvait nous
entendre.
Elle se résigne à me remettre sur mes pieds. Nous nous asseyons, en silence, sur des
chaises droites. Ma mère n'aime pas mon oncle Edmond. Pourtant, il lui adresse de
beaux sourires et essaie de retenir sa main dans les siennes. Maman la retire pour
se moucher. Ou se mouche pour la retirer.
Mes deux tantes arrivent. Elles sont jumelles et vivent ensemble. Elles sont vieilles
filles et apparemment heureuses de le rester. Je vais avec mon oncle chercher d'autres
chaises tandis qu'elles déposent leurs parapluies trempés dans un coin de la chambre, à côté de celui de ma mère qui est sec parce que nous sommes venus en voiture.
Nous sommes tous assis, à l'étroit, entre la porte et le lit.
-- Tu vas-tu à l'école? me demande mon oncle Edmond.
Je fais oui de la tête, comme toutes les fois qu'il m'a posé cette question depuis
trois ans.
-- Tu dois être le plus petit, suppose-t-il.
-- Non, y a un nain.
J'ai répondu sans me rendre compte que j'étais drôle.
Mon oncle Edmond rit -- fort, et pendant des heures, me semble-t-il. Mes tantes Viviane
et Valentine rient aussi, quoique moins fort et beaucoup moins longtemps. Maman ne
rit pas du tout.
-- Je suis pas le plus petit, y a un nain. Elle est bonne, celle-là! répète à plusieurs
reprises mon oncle Edmond.
Ma mère finit par dire:
-- Il me semble qu'on l'a assez entendue.
-- Fâche-toi pas, la Lise, on a bien le droit de rire un peu.
Pour montrer qu'il est vexé qu'on l'empêche de parler, il sort de sa poche une petite
bouteille de liquide foncé.
-- T'en veux-tu, la Lise? Les jumelles?
Maman ne se donne pas la peine de répondre. Mes tantes ont un geste de refus offusqué.
Mon oncle prend quand même la peine de frotter le goulot de sa bouteille pour l'essuyer,
comme si des étrangers venaient d'y boire avant lui.
-- Maudit, je t'oubliais! s'exclame-t-il en me tendant la bouteille.
Ma mère l'intercepte d'un geste sec.
-- Ça fait grandir, soutient-il encore.
Il ne fait pas le moindre effort pour cacher sa mauvaise foi. Même moi, qui serais
disposé, pour grandir un tout petit peu, à ingurgiter de grandes quantités de n'importe
quel liquide malodorant, je ne le crois pas.
Il avale une bonne lampée, referme la bouteille et la remet dans sa poche. Il la ressort
aussitôt et prend une autre gorgée, qu'il fait rouler dans sa bouche avant de l'avaler,
comme pour vérifier que c'est du bon et non du sirop contre la toux.
Une infirmière entre. Je me lève parce que ma chaise est dans ses jambes. Je vais
de l'autre côté du lit, pour lui faire de la place. L'infirmière examine les tubes
qui pénètrent dans ma grand-mère, regarde sa montre en mettant ses doigts sur le
poignet de la malade.
-- Puis? demandent les jumelles. Elle en a-tu encore pour longtemps?
-- Le docteur va passer tout à l'heure.
-- Ah!
L'infirmière repart, déshabillée des yeux par mon oncle. Moi, je reste de l'autre
côté du lit. Je suis debout, à l'étroit, entre le lit et le mur. Mais je n'ai pas
plus envie de retourner de l'autre côté, sur la seule chaise libre, entre mon oncle
et mes tantes. Le visage de ma grand-mère est tout près du mien. Je ne l'ai jamais trouvée
agréable à regarder. N'empêche qu'elle a plus que jamais l'air d'une vieille sorcière.
Elle geint avec plus de douceur qu'auparavant, me semble-t-il, mais peut-être que
je commence à m'habituer à l'entendre râler.
-- Le tube! Il l'a enlevé! s'exclame une des jumelles.
-- Il l'a fait exciprès, dit l'autre.
-- Il y a même pas touché, proteste ma mère.
Est-ce que j'ai tiré dessus? J'en doute. Ce qui est sûr, c'est qu'un des tubes est
sorti du nez de ma grand-mère, et il coule sur sa lèvre et sur son menton un liquide
jaunâtre qui sort soit de son nez, soit du tube. Si je l'ai touché, c'est par accident.
Mais si on me demandait mon avis, je dirais qu'il est tombé tout seul. On ne me le
demande pas.
Mon oncle Edmond se précipite sur le bouton d'appel épinglé à l'oreiller. L'infirmière
accourt. Une des jumelles -- je ne sais pas si c'est Valentine ou Viviane -- à qui
on ne demandait rien non plus, dit le contraire de tout à l'heure:
-- Il a pas fait exciprès.
L'infirmière me jette un regard courroucé. Pas longtemps, parce que je n'ai pas une
tête à arracher les tubes du nez des mourants. Moi, j'ai les yeux rivés sur le liquide
qui coule des narines de ma grand-mère. Il me semble que cela sent mauvais. Une drôle d'odeur, comme celle qui sort des bouches d'égout dans la ruelle près de chez nous.
Comme de la merde surie, si ça existe. Peut-être ma grand-mère a-t-elle soulagé ses
intestins dans ses draps? Je ne sais pas si c'est l'odeur ou les gémissements ou
la vue de cette vieille peau jaune tachetée de brun, mais j'ai tout à coup envie de vomir.
Je suis comme ça. En auto, mon père a beau me dire de le prévenir si j'ai envie de
vomir, cela me vient si soudainement que je n'ai jamais le temps de crier Stop!
avant que les flots surgissent de ma bouche et se répandent sur le capitonnage.
Fidèle à mes habitudes, je vomis sur les draps de ma grand-mère avant d'avoir eu le
temps de tourner la tête. Et un peu aussi sur l'uniforme de l'infirmière qui s'affaire
à replacer le tube récalcitrant.
-- T'aurais pu aller faire ça aux toilettes, grogne mon oncle.
-- C'est un accident, proteste ma mère. Il a comme une faiblesse à l'estomac.
-- C'est rien, je m'en occupe, dit l'infirmière en s'éloignant sans s'occuper de rien.
Moi, j'ai enfin la présence d'esprit de mettre ma main sur ma bouche parce que je
sens qu'une seconde explosion se prépare au fond de mon estomac. Je cours aux toilettes
dont ma mère ouvre la porte. Je me jette à genoux et je m'efforce de vider mes entrailles et ma tête de l'odeur, de la vue et des sons dégoûtants de ma grand-mère.
-- Tu vas-tu être correct? demande ma mère.
J'ai dû faire oui de la tête, parce que j'entends refermer la porte derrière moi.
Moi non plus, je ne dois pas émettre des sons et des odeurs particulièrement agréables;
et le spectacle que je présente, la tête dans la cuvette, ne doit pas être tellement
appétissant.
Je vomis tant que je peux. Je reconnais le repas que j'ai pris quelques heures plus
tôt: de la tourtière et des pommes de terre bouillies. Des petits pois aussi, plus
faciles à identifier après un bref séjour dans un estomac. Pas de gâteau -- nous n'avons
pas eu le temps de l'entamer avant de partir. Je tire la chasse d'eau à plusieurs reprises,
chaque fois que je pense que c'est fini et qu'il ne remontera plus rien du fin fond
de mes tripes. Chaque fois, je m'essuie le nez et la bouche avec du papier hygiénique. Puis ça me reprend, jusqu'au moment où je n'ai plus que des haut-le-c ur. Je
m'essuie encore. Je me relève. Je me rince les mains et le visage dans l'évier. Ça
va mieux.
J'essaie d'ouvrir la porte. Pas moyen. J'ai beau tourner la poignée, je n'y arrive
pas. Ça me reprend encore. Je retourne à la cuvette. J'ai envie de mourir. J'ai l'impression
que j'y arrive. Mais non. À court de matières premières, mon estomac finit par se calmer.
Quand je reviens à la porte, elle accepte enfin de s'ouvrir. Je m'avance dans la chambre.
Il n'y a plus personne. Je comprends pourquoi: j'ai laissé sur le plancher de terrazzo
de larges flaques de vomi. Si je n'avais pas l'estomac déjà parfaitement purgé, je me replongerais la tête dans la cuvette. Il n'y a qu'à attendre que quelqu'un
vienne nettoyer ça.
C'est alors que je tourne les yeux vers le lit.
Ma grand-mère est toujours là, bien entendu. Mais elle a la bouche grande ouverte.
Et dans sa bouche un parapluie fermé est enfoncé comme un piquet. C'est un des parapluies
des jumelles -- noir avec un manche en corne. Dans le lit à côté de sa tête se forme une mare de sang dont les premières gouttes commencent à dégouliner sur le plancher.
Je reste debout sans bouger, sans savoir quoi faire ni quoi penser. J'ai plus que
jamais envie de vomir, mais il ne me reste plus rien à rendre.
C'est la femme de ménage qui me trouve là. Elle arrive avec une vadrouille et un seau
d'eau pour ramasser mes vomissures. Elle crie:
-- Il l'a tuée! Il l'a tuée!
Dès cet instant, je comprends que ma vie va se compliquer.