Pour un amendement à la Charte canadienne
17 mars 2006
Ma réaction face au reportage sur la polygamie diffusé à Radio-Canada au
Point,
jeudi 16 mars, se résume à ceci: j’enrage.
J’enrage de voir ces mormons polygames et criminels qui agissent
en toute impunité. J’enrage de voir que des gouvernements
de mollassons, tel qu’en Colombie-Britannique dans ce cas,
s’abstenir de traîner ces fornicateurs de masse devant les
tribunaux parce qu’ils ont peur que la Cour suprême
approuve les agissements de la communauté mormone en invoquant
un «accommodement [dé]raisonnable». Quand on dit
accommodement, cela signifie une conciliation. Revenez sur Terre! Les
groupes religieux comme les sikhs sont complètement
fermés d’esprit pour céder quoique ce soit.
Désormais la majorité devra-t-elle toujours tout
céder à des communautés qui refusent de se
soumettre aux normes fondamentales de notre société?
À quand des hommes d’État, et non des lavettes?
À ma connaissance, aucun politicien ne s’est levé
debout pour dénoncer le jugement sur le port du kirpan. Si
Trudeau nous a amené cette
Charte,
c’est aussi lui qui a dit d’avoir recours à la
clause dérogatoire quand un jugement est irrecevable. Je ne
blâme pas directement les juges, car ils ne font que le travail
qui leur a été lâchement
délégué par les élus.
La Cour a déclaré en 2001: «La possession de
pornographie juvénile est une forme d'expression
protégée par l'alinéa 2b) de la
Charte»
Ce phénomène de «politiques judiciaires» me
semble bien loin de s’essouffler, et puisque nos
législateurs sont
toujours réfractaires quant à user de la clause dérogatoire, et que le pouvoir de la
Charte
conféré aux tribunaux est démesuré et
anti-démocratique, un correctif systémique s’impose.
Ma suggestion: amender la
Charte
selon quoi tout jugement relatif à la religion et à
l’expression (article 2. a) et b)) n’aurait pas force de
loi et ne constituerait qu’un avis soumis aux gouvernants et
à la société afin de mieux saisir la dimension
juridique du problème. C’est ainsi que la Cour
procède pour régler tout autre problème
constitutionnel entre gouvernements; nous apprécions ces avis,
mais ils demeurent largement dépourvus de force de loi et nos
institutions demeurent dépendantes de la volonté
populaire.
Il n’en tiendrait qu’aux gouvernements de donner suite ou
non aux solutions préconisées par la Cour. Y aurait-il
une violation des droits et libertés fondamentaux? Ce
n’est pas à la Cour, mais à la
société de décider si les comportements en
question sont acceptables ou non! Un débat sur toute chose
n’est forcément pas mauvais. Si une violation est
considérée comme apparente par la population, alors les
politiciens n’auront qu’à agir en conséquence
s’ils ne veulent pas subir un opprobre électoral.
Pour l’instant, voici un conseil. M.
Charest,
votre cote de popularité est une catastrophe. La population du
Québec est fortement contre ce jugement de la Cour. Usez de la
clause nonobstant sur le jugement au sujet du port du kirpan. Des
broutilles comme les 85 hectares du Mont Orford seraient rapidement
oubliées face à un acte aussi courageux et rassembleur.
À vous d’appliquer l’équation gagnante.
Philippe Baril Lecavalier
étudiant en science politique, 1er cycle
Concordia University, Montréal