Le Devoir
ÉDITORIAL, lundi 15 mars 2004, p. A6

Lettres: La «passion» de militer

Philippe Baril Lecavalier

Lorsque quelqu'un adhère à un parti politique, on informe le nouveau membre des activités partisanes courantes et on le sollicite régulièrement afin d'assurer une mobilisation intéressante, visible et rentable (tant pour la publicité que pour la caisse électorale) de l'effectif local.

Il s'agit en fait de suppositions logiques que j'ose émettre à propos de toute organisation partisane, qui a nécessairement une fonction militante. Je crains hélas que ce ne soit pas le cas dans tous les partis. Certains accusent le gouvernement libéral d'arrogance, moi, j'appliquerais plutôt ce qualificatif au Parti libéral du Canada.

J'en suis membre depuis quelques années et j'ai reçu un appel téléphone va-vite avant les vacances estivales de la part de la responsable locale me jurant de me recontacter plus tard. [...]

À chaque fois que je recontacte les organisateurs et administrateurs locaux du parti, on s'exclame en me disant: «Comment monsieur? Êtes-vous réellement membre? Êtes-vous bien certain qu'il s'agit du Parti libéral du Canada?» Ainsi est né mon goût pour le militantisme.

Lors des dernières élections fédérales, j'avais envoyé un courrier au NPD pour qu'ils m'envoient une copie imprimée de leur programme, par simple désir d'information. Depuis, je ne cesse de recevoir du courrier de leur part surtout sur des informations concernant le parti (et je n'en suis pas membre), mais peu de publicité pour leur faire des dons (ils ont compris qu'on ne va pas chercher grand-monde comme ça). Oui je suis intéressé par ces actualités, mais pas au point de devenir membre. Ce qui est quand même étonnant si on compare.

Au PLC, je ne reçois à peu près jamais quoi que ce soit sur le parti, sauf des tonnes de lettres pour solliciter des dons... qui restent indubitablement sans réponse. Surtout qu'il n'écrivent même pas mon nom correctement et qu'ils n'ont jamais compris cela.

J'ai reçu la semaine dernière un appel de la part d'un organisateur du NPD, pour confirmer ma présence à l'assemblée d'investiture dans Chambly pour les élections à venir. Wow! Je ne suis pas membre, et on m'invite! La dernière fois que j'ai reçu un tel appel du PLC, c'était quand j'avais écris un courriel au parti, pour obtenir un billet pour assister au débat Copps-Martin-Manley à Saint-Hyacinthe. Ah, et ce n'est même pas le PLC qui m'a téléphoné, mais un organisateur de la campagne de Paul Martin! Je m'adresse à Dieu pour qu'ensuite le Diable me réponde.

Pour tirer une conclusion sur ce chef-d'oeuvre d'organisation partisane qui m'impressionne visiblement, je suis certain que je devrais attendre deux mois après l'expiration de mon adhésion pour qu'on me signale ce fait, dans leur évidente volonté de faire croître ce parti. C'est ce qui me fait penser à la carte avec la photo de Paul Martin et sa femme qui souhaitaient «joyeux Noël!», que j'ai reçue... fin janvier!

Philippe Baril Lecavalier : Chambly, 5 mars 2004