Ordre universel et Lois cosmiques
De tout temps, les humains ont inventé un vocabulaire approprié à ce qu'ils voulaient définir, selon la perception qu'ils avaient de certains objets et manifestations de la nature venant de leur environnement terrestre ou céleste. Ils interprétaient les faits ainsi que les événements dans un langage assez particulier, à travers un esprit imaginatif et susceptible de révéler ces faits et ces observations comme étant des réalités objectives, subjectives, voire même métaphysiques.

Encore de nos jours, on entend souvent parler de lois universelles ou d'ordre cosmique qui auraient pour fonction de régir toute manifestation, qu'elle soit du domaine du monde du vivant ou plus spécifiquement de l'organisation complexe de la matière depuis le "Bing Bang" initial. À première vue, toutes ces "lois" nous semblent se manifester dans un "ordre" bien établi et même programmé dans un but ultime. Un peu comme si la complexité de la matière était le mécanisme par lequel devrait surgir une certaine perfectibilité absolue que nous humains appelons conscience individuelle ou cosmique.

Une conscience donc ( ou un esprit ) à fois inaliénable et éternelle qui serait issue d'une organisation complexe de particules élémentaires qu'est la matière qui compose le monde du vivant. Mais s'il en était ainsi, le processus de dégradation des éléments énergétiques, telle la mort de toute espèce par exemple, soit animale soit végétale, serait inexistant. Une conscience en devenir qui aurait pour dessein un état de perfection absolue ne pourrait par conséquent subir une telle régression dans le temps et dans l'espace. Alors comment peut-on vraiment concevoir que ces "lois" ou cet "ordre" puissent réellement être définis dans le cadre d'une réalité métaphysique?

Il serait alors tout à fait justifié à mon avis de changer les mots "lois" et "ordre" par : Manifestations aléatoires du grand mouvement des particules élémentaires qui auraient pour effet de provoquer les multiples changements de processus d'activité des structures énergétiques régissant tout notre univers. Il en va évidemment d'une réalité qui se situe en dehors de toute conception qui fait appel à la sensibilité de l'observateur et à ses croyances irrationnelles. En dehors et plus pertinente sans doute car cette représentation rationnelle de la matière en activité semble beaucoup mieux ajustée à notre univers mental du troisième millénaire.

C'est bien sûr que nous sommes aussi des êtres de sensibilité et d'émotion, et qu'il est plus agréable à l'oeil de voir une fleur s'épanouir plutôt que de la voir se faner! Nous avons aussi une perception assez particulière et personnelle pour ce qui est de la beauté ou de la laideur, du bien ou du mal, du vrai ou du faux. Tous ces phénomènes sont imputables à la dimension irrationnelle et sensible de l'être humain, mais ils n'ont aucune résonnance avec le monde du réel. Tout comme l'espace et le temps ne sont que des outils de mesure inventés par l'Homme pour mieux se situer dans son environnement, infini, absolu, vérité et réalité sont aussi des notions abstraites insaisissables par les sens.

À l'échelle de l'univers par contre, la nature suit son cours et se manifeste à travers différents processus d'activité énergétique, tout simplement. Et tout s'inscrit dans le grand mouvement universel, dans un éternel brassage aléatoire, sans loi ni ordre prédéterminé. Oui, l'univers se prête au jeu du hasard et se manifeste à travers un chaos presque total, mais qui donne lieu à l'occasion à de petits îlots d'organisation de la matière dont est issu le monde du vivant, y compris nous, les humains.

Y a-t-il là de quoi se lamenter? Pas du tout puisque nous sommes nous-mêmes partie intégrante de cette énergie universelle en perpétuelle transformation. Notre corps dit matériel n'est en fait qu'une simple expression de la nature. Une masse de particules élémentaires relativement dense mais éphémère que nous appelons énergie biologique active. De par un processus complexe de transformation, cette énergie devient passive ( mort du système biologique ) lorsqu'elle cesse de s'alimenter à partir d'autres sources d'énergie.


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