L’Ancêtre André BERGERON

fleur_de_lys


Saint-Saturnin du Bois.

En France, une quinzaine de localités ont été dédiées à Saint-Saturnin ou Surnin, premier évêque de Toulouse dans les Gaules. Il subit son martyre durant la persécution de Dèce, entre 249 et 251.

L’essentiel de ce que l'on sait à propos des origines d’André Bergeron est qu'il fut baptisé à Saint-Saturnin-du-Bois, le 2 février 1642. Cette commune est située au nord-est du canton de Surgères, arrondissement de Rochefort, aux confins de la Charente-Maritime, autrefois province de l'Aunis en France.

France-aunis

carte de l'Aunis (petite échelle)

carte de l'Aunis (grande échelle)


Il était le fils de Pierre Bergeron et de Catherine Marchand. Les registres de cette paroisse font état de la naissance de quatre autres enfants, Suzanne l'aînée de la famille en 1640, Catherine en 1643, François en 1645 et Anne en 1647. On présume que Catherine Marchand est décédée vers 1665 et peut-être plus tôt puisque, en 1666, son mari et son fils André vivent dans la haute ville de Québec chez le colon et marchand Eustache Lambert.

église de St-Saturnin
 L'église du village datant du XIIIéme siècle et fortifiée au XVème pendant les guerres de religion, est toujours entourée du cimetière où subsistent de vieilles tombes.

Le fait que Saint-Saturnin-du-Bois ne soit pas très éloigné de La Rochelle et que Lambert s'y soit rendu plus d'une fois dans le but de réaliser des affaires et de recruter des compatriotes, permet de croire que les Bergeron père et fils ont pu être recrutés vers 1665. Au recensement effectué en 1667, Pierre Bergeron et son fils André sont toujours au service d'Eustache Lambert. Cette fois, ils sont établis " À la ferme du sieur Lambert ", désignée à l'époque sous le nom d'habitation de sainte Marie. L'énumération des employés de Lambert prête à confusion. S'y trouvent en effet, " Pierre Bergeron 78 ans, André Bergeron 22, Gabriel 20, Abraham 26, Étienne 22 ". Cette énumération de prénoms a fait croire à certains qu'il s'agissait là des quatre fils du vieux Pierre. D'une part, ceci n'a pas été démontré et, d'autre part, nulle part ailleurs il n'est question de ces Gabriel, Abraham et Étienne Bergeron. Même Pierre, qui se donnait 60 ans l'année précédente, ne figure pas aux registres du pays après cette date. Il a pu mourir ici vers 1675 ou être retourné en France à la fin de son contrat d'engagement, ce qui est chose improbable...


L'Installation.

Au mois de mai 1670, André s'associe à Philippe Guyon (Dion) pour prendre à bail la terre de Marie Laurence, femme d'Eustache Lambert. Le 10 décembre suivant, Claude Bermen de la Martinière concède une terre à Bergeron. Deux ans plus tard, le 25 novembre 1672, le censitaire de la seigneurie de Lauzon augmente son patrimoine par une nouvelle concession de terre. Devenu colon après un engagement qui paraît avoir été de cinq ans, le jeune homme songe à se marier. Il choisit Marguerite Dumets (Dumais ou Demers), fille de Jean et de Jeanne Védix (Voidy ou Védier), née à Montréal en 1659. Le contrat de mariage est signé le jeudi après-midi, 9 juillet 1673, devant le notaire Gilles Rageot. Les témoins du fiancé sont Pierre Lelat et sa cousine Françoise Crespeau ainsi que Jean-Paul Maheu. Les témoins de Marguerite sont Étienne Dumets, son oncle, Eustache de Launé, Jean Migneron et Georges Cadoret. Détails inusité et rare, à la dot des parents, qui se chiffre à trois cents livres payables en trois versements égaux, s'ajoutent des présents en argent. Étienne Dumets offre à sa nièce cent livres qui lui appartiendront en propre pendant que Jean-Paul Maheu donne 20 livres aux époux en contemplation du dit mariage, somme qu'il versera après les épouzailles. Le lieu exact du mariage n'est pas connue.


Saint-Nicolas.

De maigres renseignements nous apprennent qu'André Bergeron et Marguerite Demers ont quitté leur terre de la seigneurie pour aller vivre à Saint-Nicolas. Au recensement de 1681, la famille Bergeron vit près de la rivière La Chaudière. La tradition, s'appuyant sur les registres de cette dernière paroisse, veut que ce soit dans la maison du couple que les missionnaires se soient arrêtés à chacun de leurs séjours, pour y célébrer la messe et baptiser les nouveau-nés. C'est dans cette paroisse qu'André Bergeron a été inhumé, le 21 février 1712. Huit ans plus tard, le 4 août 1720, Marguerite Demers rédigeait son testament, elle vivait encore en septembre 1722. Puis, ce fut le silence au sujet d'une des vénérables fondatrices de notre patrie. Les registres nous apprennent qu'elle est décédée au mariage de son fils Nicolas le 25 juin 1725.

Entre 1675 et 1701, André, Jean, Pierre, Jacques, Marie-Françoise, Marguerite, Marie-Anne, Eustache, Geneviève, Nicolas, Joseph et Marie-Louise forment la deuxième génération issue d’André et de Marguerite. Pierre et Marie-Anne décédèrent à l’âge de 21 ans. Eustache avait 15 ans lorsqu’il laissa les siens. Les 9 autres Bergeron se marièrent et firent souche.


Les enfants.

Le missionnaire Thomas Morel baptisa l’aîné André, le 28 janvier 1675, devant son parrain et sa marraine; François Miville et Jeanne Voidy, sa grand-mère. André eut comme première femme Marie Grenon; comme deuxième, Marie-Charlotte Danet, fille de Charles et de Marie-Anne Faye; comme troisième, Geneviève Duguay, dit Laframboise; enfin, d’un quatrième mariage, à Tilly, le 16 février 1733, avec Charlotte-Françoise Roberge, il engendra 2 filles pour compléter sa petite famille de 18 enfants!

Jean Bergeron filleul de son grand-père Jean Demers, né le 21 novembre 1676, à la Côste de Lauzon embrassa l’état du mariage le 9 novembre 1699, à Pointe aux Trembles (Neuville), en donnant sa main à Marguerite Grenon. Père de cinq enfants, donc 4 orphelins survivants, il convola en deuxièmes noces le 25 juillet 1711, à Saint-Pierre de l’Île d’Orléans, avec Marie-Madeleine Ferland. Devenu veuf une seconde fois, responsable de 4 rejetons Ferland-Bergeron, il récidiva en un troisième mariage avec Madeleine Bourassa, le 18 mai 1719, à Lévis.

Joseph unit sa vie avec Marguerite Dussault, à Tilly, le 6 septembre 1722, et fut père d’une dizaine de rejetons. Il convola de nouveau avec Marie-Catherine Bordeleau, le 30 octobre 1745.

Nicolas Bergeron se permit 2 mariages féconds: Le premier, à Saint-Nicolas, avec Marie-Élisabeth Fréchet: 6 marmots; le second, avec Gertrude Robin: 1 fille.

Jacques s’est lui aussi marié 2 fois, d’abord avec Marie-Agnès Grenon et ensuite avec Marie- Anne Dubois. Il devint ainsi responsable de 16 enfants.

Les 5 garçons firent ensemble la noce 13 fois: Un record!

Pour ce qui est des filles, Marie-Françoise, Marguerite, Geneviève et Marie-Louise épousèrent respectivement Étienne Garnier dit Pellerin, François Fréchet, Bernard Vaillancourt et Jean-François Dupont.

Trois des cinq frères; André, Jean et Jacques courtisèrent et marièrent trois soeurs Grenon. Marie, Marguerite et Marie-Agnès. Elles étaient les filles de Pierre Grenon et de Marie De Lavoye. Pierre Grenon était originaire de Marsais, petite localité voisine de St-Saturnin-du-Bois. Presque du même âge que l’ancêtre André, et arrivé à la même époque, il est probable que les deux hommes se connaissaient déjà avant la traversée de l’Atlantique. Détail qui a probablement facilité le rapprochement entre leurs enfants respectifs.


La bergerie.

Les Bergeron canadiens ne descendent pas tous d’André et de Marguerite Demers, mais ils sont nombreux. Le dénombrement des petits-enfants de la troisième génération révèle la somme impressionnante de 102 habitants Bergeron. Quelle bergerie.





fleur_de_lys           André_Bergeron            fleur_de_lys

Gravure représentant André Bergeron

main indicatrice

Valid HTML 4.01 Transitional