L’Ancêtre GENEST dit LABARRE

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Le Patronyme.


LaBarre s'avère à la fois un titre et un surnom. Antoine Lefebvre, sieur de LaBarre. Des auteurs ont voulu y voir Jacques Genest. Erreur! Derrière ce surnom se cache peut-être Marin Marais, soldat de la compagnie de LaFouille.

Selon les uns, le patronyme Genest rappelle un arbrisseau à fleurs jaunes ou un cheval de petite taille originaire d'Espagne; selon les autres, l'un des cinq saints Genest de France, en particulier Genistus, né au village d'Ainac, éduqué dans la région de Cahors, reçu moine dans l'abbaye de Beaulieu au XIe siècle. Il fut assassiné lâchement par ses neveux et enterré dans son village natal.

Venons-en à Jacques Genest, dit Labarre.


L'Île d'Orléans.

Les descendants Genest n'ont pas la chance de posséder un ancêtre avec des origines françaises bien identifiées. Jacques Genest arriva en Nouvelle-France comme oiseau migrateur, sans nous donner son point de départ. Même les noms de ses pères et mères nous sont inconnus. La première mention de Jacques Genest indique qu'il vit à l'Île d'Orléans. C'est là, du reste qu'il passera toute sa vie canadienne. Il est orléanais.

Le 14 mars 1666, devant le notaire Paul Vachon Jacques genné taillandier dit Labarre achète de Barthélémy Tesson 2 arpents, 8 perches de terre de front sur le fleuve sainct laurent au passage du nord et scise et située en lisle dorléans en la seigneurie de lirec. Cette ferme possédait une maison, une cour, un jardin, un four à pain, une petite grange et cinq arpents de terre en valeur. Acheteur et vendeur ne savent pas signer. Le taillandier Genest était donc arrivé au pays en 1665, peut-être avant. Il possédait un métier et quelques biens sonnants. Il débutait dans une ferme en voie de développement.

La vie de premier défricheur fut difficile, parfois même pénible. La pauvreté et la solitude faisaient souvent le guet à la porte de la chaumière du XVIIe siècle. Au mois d'octobre 1669, Genest se sentait étouffé par les dettes. Il alla trouver Charles Gauthier, sieur de Boisverdun pour lui demander de l'aider à se sortir du pétrin. En échange de son aide, il lui offrit sa ferme. Ce dernier accepta.


Une fille du Roy.

À la même époque, une femme âgée d'environ 25 ans, probablement une fille du roi, Catherine Doribeau ou Doribelle, rencontra Jacques Genest et l'épousa. Leur premier enfant fut baptisé le 3 novembre 1670, à Sainte-Famille. Heureusement, le 22 février 1671, le sieur de Boisverdun, voulut se monter généreux envers les Genest. La terre qui lui avait été donné pour éponger ses dettes, il la leur remit purement et simplement. Il exigea cependant la somme de 173 livres pour avoir paye plusieurs articles de lacquit et descharge dudit genest labare. Au recensement de 1681, les Genest possèdent 1 fusil, 8 bêtes à cornes, 15 arpents de terre cultivée; 6 enfants entourent la table familiale. Le père déclare avoir 45 ans d'âge; sa femme, 36.

Le 18 août 1688, le maître taillandier prend la décision de vendre sa terre et son habitation. L'acheteur accorde au vendeur la permission de demeurer dans sa maison jusqu'au jour du voyage pour France cette présente année. Les parents Genest allèrent-ils en France accompagnés de leurs enfants? Sinon, qui s'est occupé d'eux durant l'hiver? Où logèrent-ils?

Les membres de cette famille sont au nombre de 8 : Marie, Marie-Anne, Jacques, Charles, Marie-Anne, François, Gentien et Anne. Marie-Anne, jumelle, née en novembre 1670, ne vécut que 17 jours. François, Gentien et Anne moururent très jeunes.

En 1688, Marie, aînée était déjà entrée chez les soeurs de la Congrégation Notre-Dame. Elle en est sortie en 1698. Jean-Baptiste Martin la prit comme épouse en février 1710 à Saint-Pierre de l'île. Le couple n'eut pas de postérité.

Jacques, entre 1700 et 1715 se maria 3 fois. Marie-Françoise Huot, Marie-Louise Gourault et Marie-Louise Godin lui assurèrent une progéniture de 15 enfants.

Charles vécut à Saint-Jean, Île d'Orléans, avec Marie Morier et eut une douzaine d'enfants. Sa fille Marie-Anne épousa le chirurgien Jean Mauvide et devint la seigneuresse de la moitié du territoire de l`Île d'Orléans. Aujourd'hui encore, on peut admirer son vieux manoir à Saint-Jean de l'île. Il fut restauré en 1926 par un descendant Genest. C'est pourquoi il porte le nom de manoir Mauvide Genest.

Quant à Marie-Anne, la seconde de ce prénom, elle fit sa vie avec Louis Ouimet et lui donna 14 rejetons. Ainsi, à la troisième génération, Jacques et Catherine comptaient 41 descendants, malgré les mortalités dont leur famille avait été victime.

Entre 1689 et 1706, il est bien difficile de préciser l'endroit où Jacques Genest a élu domicile. Il est permis de penser que lui et sa femme sont allés finir leurs jours chez leur fils Charles vivant à Saint-Jean. C'est là que mourut Jacques Genest le 9 décembre 1706. Il fut inhumé le lendemain. Quant à l'aïeule Catherine Doribeau, elle vivait encore le 25 février 1710. Puis, elle disparaît sans bruit derrière le rideau de l'histoire.

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