Les Descendants.
fleur_de_lys                      fleur_de_lys


Au 18e siècle


Comme nous l’avons vu précédemment les enfants d’André et de Marguerite sont forts nombreux. Chacun a sa manière a vécu une histoire sûrement intéressante. Mais écrire l’histoire de tous et chacun est une tâche quasi impossible. C’est pour cela que seulement quelque uns de ses descendants se retrouvent ici.

Ma lignée à partir de l’ancêtre André passe par son 2e fils Jean. Comme nous l’avons vu au chapitre précédent il s’est marié trois fois et a eu un total de neuf enfants. Cinq du premier lit et les quatre autres du deuxième.

La première épouse de Jean, Marguerite Grenon se noya en allant à la messe le jour de la Pentecôte 1709. Elle n’était âgée que de 27 ans. La barque où elle prenait place chavira. Suzanne Mesny une voisine périt en même temps qu'elle. Cette dernière venait de se marier à peine deux semaines auparavant. Toute une tragédie. Marguerite fut la mère de Marie-Catherine (1701-1701), Jean-Baptiste (1702), Marie-Louise (1704), Charles\Charles-François (1706) et Angélique (1708).

En 1711, après deux ans de veuvage, Jean alors âgé de 34 ans et ayant quatre enfants sur les bras de 2½ ans à 9 ans, rencontre une jeune veuve, Marie-Madeleine Frelan\ Ferland. Il en fait sa femme, elle a 24 ans. Cette deuxième épouse est déjà mère d’une fillette de 2½ ans, fruit de son précédent mariage avec Mathieu Blouard. Elle décède après six années de vie commune. Sa sépulture se fait à Saint-Antoine de Tilly. Comme précédemment avec Marguerite, Jean se retrouve avec un bébé à s’occuper. Il a donc maintenant neuf bouches à nourrir, de quatre mois a 15 ans. Marie-Madeleine est la mère de Jean-Baptiste (1712),Jacques (1714), Pierre (1716) et Charlotte (1717).

En mai 1719, après encore presque deux ans de veuvage, Jean fait son troisième et dernier mariage avec Madeleine Bourassa. Madeleine de trois ans l’aînée de son «futur» est la veuve de Jean-François Dussault dit Lafleur. Ce petit-fils de l’explorateur Jean Nicolet vient à peine de décéder. Quatre nouveaux enfants se greffent par le fait même à la famille Bergeron existante. Heureusement les aînés des enfants Bergeron du 1er lit et les Dussault ne tarderont pas à voler de leurs propres ailes, allégeant le fardeau de la nouvelle mère de famille! Les relations entre les différents enfants semblent cordiales. D’ailleurs Marie-Louise Bergeron issue de l’union entre Jean et Marguerite Grenon unira sa destinée avec François Dussault en 1729. Il est le fils de Madeleine Bourassa. De plus la sœur de François, Marguerite la précédée en 1722, c’est elle qui est relaté au chapitre précédent comme épouse de Joseph Bergeron, le propre frère de Jean.

Colonisateur ou « habitant » comme on le disait à l’époque Jean avait obtenu une terre par séparation d’avec celle de son père le 11 janvier 1708. Le 19 octobre 1738, Jean fait donation à son fils Jacques Bergeron (greffe Choret). De Jacques, la terre ancestrale passa de père en fils jusqu'à Charles Bergeron qui en était possesseur en 1909. De nos jours une partie de cette terre ancestrale sert de fondation à l'autoroute menant au pont Pierre Laporte qui traverse le fleuve Saint-Laurent dans sa partie la plus étroite. Jean s’est éteint en 1753 à Saint-Antoine de Tilly à l’âge de 77 ans. Madeleine Bourassa l’avait précédée en 1742.

C’est par le 2e fils de Jean et de Marguerite Grenon, Charles-François que mon lignage se continue.

Charles-François né en 1706 à Saint-Antoine de Tilly et marié en 1733 avec Marie-Louise Huard est lui aussi un habitant. Lors de son mariage il habite Sainte-Croix de Lotbinière. Ce que nous savons sur lui et sa descendance directe c’est qu’il eut au moins 11 enfants dont 10 se marièrent: Jean-Charles (1734), Josephte (1736), Marie-Françoise (1737), Marie-Angélique (1739), Jean-Marie (1742), Pierre-Marie (1744), Marie-Louise (1748-1748), Geneviève (1749), François de Salles (1751), Antoine (1752), et Marie-Louise (1755).

Charles-François, Marie-Louise et la famille connurent les affres de la guerre de Sept Ans. En 1759 durant la Conquête un détachement de 1200 hommes des armées Britanniques sous les ordres du général Murray incendièrent le village de Sainte-Croix et les fermes le long du fleuve, forçant les habitants à se terrer à l’intérieur des terres. Charles-François quitta ce bas monde en mai 1775 suivi de son épouse en décembre 1781.

Ensuite ça se poursuit par Jean-Marie Bergeron, né à Sainte-Croix de Lotbinière, il est le deuxième des garçons du couple de Charles-François et de Marie-Louise. Il unira sa destiné avec Louise Houde, une fille de Sainte-Croix à la fin de l’année 1762. Ils auront quatorze enfants: Jean-Marie (1765-1765), Louise-Amable (1766-1766), Jean-Germain 1768), Marie-Louise 1770), Jean-Marie (1771), Joseph (1773), François de Salles (1174-1775), Victoire (1777), Rosalie (1777), Archange (1779), Marguerite (1781), Augustin (1785), Pélagie (1787) et Dorothée. La famille s'est probablement installée à Saint-Jean Deschaillons (auj, Deschaillons-sur-Saint-Laurent) car c’est à ce dernier endroit que Jean-Marie sera porté en terre pour son dernier repos à l'âge de 60 ans en 1802.


Première moitié du 19e siècle


En 1795, Jean-Marie Bergeron, fils du précédent Jean-Marie et de Louise Houde est alors âgé de 24 ans. Il prend pour épouse une résidente de Deschaillons,Angélique Roireau\Roiroux dit Laliberté. Angélique par sa mère est une Bergeron. Marie-Angèle\Angélique Bergeron est la seconde épouse de Michel Roireau dit Laliberté. Elle se trouve être la petite-fille d’André Bergeron et de Marie Grenon par leur fils Claude-Marie Bergeron et de son épouse Thérèse Rognon. Sur l’acte de mariage Jean-Marie se déclare laboureur. Le couple s’installe à Deschaillons endroit ou naissent leurs enfants; Jean-Marie (1796) suivi de Joseph (1797), Augustin (1799), Charles (1801), Marie-Geneviève (1803), Anonyme (1804-1804), Isaïe (1805), Grégoire (vers 1807), Marie (vers 1809), Angèle (1810), Archange (1812),Adélaïde (1813) et Léon (1815). Après avoir vécu plus de vingt ans à cet endroit, toute la famille déménage. Ils prennent la direction de la seigneurie de Beauharnois. Les registres de la paroisse de Saint-Clément-de-Beauharnois débutent en 1818. On ignore la raison qui poussa Jean-Marie de la région de Lotbinière à celle de la rive sud de Montréal. Quoi qu’il en soit il s’établit sur l’une des concessions du «townships» d’Annstown plus précisément sur le lot 34 de la côte Saint-Georges. Son fils Joseph qui est maintenant un homme s’installe sur la terre voisine (le lot 33). La colonisation de ces deux terres sera ainsi plus facile. Selon les relevés de mariage de Beauharnois, la plupart des enfants de Jean-Marie et d’Angélique unirent leurs destinées respectives à ce dernier endroit. Cependant, il est très possible que Jean-Marie termina sa vie à Ste-Martine-de-Châteauguay. Si on se fie à la tradition de l'époque, le mariage d'une future épouse se déroule dans la paroisse de résidence des parents. Archange sa dernière fille «encore libre» s'y maria justement en 1837.

Le 18 septembre 1820 nous apprenons que Joseph Bergeron, fils de Jean-Marie et d’Angélique Roireau, donc arrière-arrière-arrière petit-fils de l’ancêtre André, se maria à Châteauguay avec Marie Beaudin, puis devenu veuf après quelques années, il se remarie à Beauharnois le 26 août 1831 avec Angélique Gendron. Il engendra six enfants avec Marie et quatorze avec Angélique pour un total de vingt. Ce qui en fait l’un des plus prolifiques des Bergeron. Cependant la plupart décédèrent en bas âge. Joseph (1821-1821), Adélaïde (1822-1842), Joseph (1823-1823), Angèle (1825), Moïse (1827-1839), Anonyme (1829-1829), Narcisse (1832), Hélène (1833-1836), Zoé (1835-1836), Émélina (1837), Eulalie (1839), Octavie (1841), Joseph (1843), Adèle (1845), Marcelin (1846), Stanislas (1848), les jumeaux Octave et Gilbert (1850), Tréfflé (1853-1855) et Éloïse (1856-1857). Durant la période de son 1er mariage Joseph est journalier. Pour qui travaillait-il ?? Il semble avoir mené de front le développement de sa terre avec d’autres emplois.

Une anecdote en passant, Marie Parent, veuve d’Isidore Beaudin et mère de Marie Beaudin, se remarie le 30 août 1831 avec Joachim Gendron le propre père d’Angélique qui est lui-même veuf. De ce fait sauf durant quatre jours Joseph ne change pas de belle-mère.

Il y’a exactement 363 jours entre le décès de Marie Beaudin et le remariage de Joseph avec Angélique Gendron. De plus le 1er enfant du nouveau couple, Narcisse naît le 29 janvier 1832, soit cinq mois après le mariage de ses parents. Joseph jeune veuf fringant de 33 ans avec trois jeunes enfants sur les bras a pour ainsi dire peut-être séduit Angélique qui a 22 ans à l’époque du mariage.

Il est possible que les fréquentations des beaux-parents aient eu une influence sur leur progéniture respective…


Wotton


Durant la première moitié du 19e siècle un fort courant de colonisation pousse de nombreuses personnes à s’établir à l’extérieur de la vallée du Saint-Laurent qui devient surpeuplée. D’autres considérations doivent aussi être envisagées. Les guerres entre les Américains et les Britanniques. L’apparition des épidémies dans la région de Montréal avec l’arrivée des immigrants d’Europe. D’autres troubles plus localisés à Beauharnois même, comme la révolte des patriotes de 1838 et le soulèvement des Irlandais qui travaillent à la construction du canal de Beauharnois en juin 1843. Insurrections qui seront matées par la troupe.

Les Bergeron de la région n’échappent pas à ce mouvement. Joseph part à la recherche de terre où s’établir et aboutit dans le canton de Wotton, comté de Wolfe (à l’époque comté de Drummond) dans les Cantons de L’Est, l’un des nouveaux «townships» ouvert à tous ceux qui comme leurs lointains ancêtres n’avaient pas peur de la sueur et de l’huile de coude. Il fallait un courage certain pour que Joseph maintenant quinquagénaire quitte la civilisation et s’enfonce en plein bois loin de tout.

Est-ce que Joseph a commencé l’installation seul ? La réponse est NON. L’Histoire orale familiale dit que trois frères Bergeron vinrent à Wotton. Joseph fut accompagné par son jeune frère Léon. Ce dernier épousa à Saint-Timothée-de-Beauharnois Lucie\Lucille Leduc le 9 février 1847. Pour ce qui est du troisième frère c’est ici que ça se complique. On ignore lequel. Ce frère dont on ignore le prénom rebroussa chemin après quelque temps pour une raison inconnue. Grégoire et Isaïe se sont mariés à Beauharnois et d’après ce que l’on sait y sont demeurés. Il reste Augustin, mais nous n’avons aucun renseignement sur lui et ce qu’il est devenu. Un autre frère non identifié peut-être ? Nous l’ignorons encore. Une autre version de L’Histoire orale familiale dit qu’il émigra aux USA et qu’il revint au pays amputé d’une jambe, une blessure de guerre comme participant à la guerre de Sécession.

Angélique Gendron et les enfants ont-ils suivis immédiatement ? Difficile de répondre. Les derniers enfants de Joseph et aussi à naître à Beauharnois sont les jumeaux Octave et Gilbert à la fin d’octobre 1850. Les deux suivants qui incidemment seront les derniers de la famille naîtront à Wotton; Tréfflé en avril 1853 et Éloïse en 1856.

Léon et Lucille ont déjà deux enfants en bas âge Marie-Olivie née en 1849 et Léandre au printemps 1851. Lors du recensement canadien de 1851, les familles de Joseph et de Léon sont inscrites comme résidents de Beauharnois. Ce qui est certain c’est qu’Émélina Bergeron, une fille de Joseph et alors âgée de 16 ans se marie le 2 janvier 1853 à Wotton. Il serait assez surprenant que le voyage se soit effectué en hiver a cette époque avec de jeunes enfants et Angélique enceinte de Tréfflé. Ce qui implique que les familles ont probablement aménagées entre le printemps et l’automne 1852.

C’est sur deux lots contigus de 50 âcres chacun des rangs IV et V (le grand chemin Wotton Asbestos d’aujourd’hui, la route 255) que les familles s’installèrent. Puis après quelques années leurs enfants s’établissent à leur tour. C’est les rangs VI et VII de Wotton qui devinrent le berceau de cette nouvelle colonie. Sur une carte datant de 1863 (Map of the District of St-Francis, Canada East by Putnam and Gray) on peut voir inscrit sur le lot 44 du rang VII, J. Bergeron.

Est-ce que tous les enfants de Joseph vinrent à Wotton ? Des six enfants du premier lit, tous sauf Angèle sont décédés avant le départ de Beauharnois présumé en 1852. Angèle était assez âgée (27 ans) pour ne pas suivre tout comme son demi-frère Narcisse (20 ans). On ne trouve trace d’eux nulle part. Par ailleurs parmi les plus jeunes du deuxième lit la même chose se produit pour Adèle (qui serait alors âgée de 7 ans) et Marcelin (6 ans). Sont-ils décédés sans laissés de trace ? Pour ce qui est de Tréfflé et d’Éloïse il n’y a pas de doute, ils sont nés et décédés à Wotton, ne vivant que quelque mois. Les autres firent souches.


Deuxième moitié du 19e siècle


Joseph Bergeron le fils est né le 24 mars 1843 et est l’époux d’Henriette Frenette. Il exerce la profession de cordonnier à Wotton. Je reviens ici à notre amputé cité auparavant. Le métier de cordonnier a presque toujours été confié à une personne à qui il manquait une jambe. La guerre de Sécession fit rage de 1861 à 1865 et il avait l’âge requis. Ce pourrait-il que ce soit lui ? C’est plausible. De plus il est le seul des enfants qui sait écrire. Pourquoi ?

Il est possible que le temps aidant l’Histoire orale se soit confondu entre générations. Joseph le fils s’est marié à Holyoke, Massachusetts, USA le 23 juin 1867 à l’âge de 24 ans. Sur le relevé de mariage on peut lire qu’il exerce la profession de «shoemaker» et qu’il est résident de Tailleford au Connecticut. A cette époque le milieu industriel de la Nouvelle-Angleterre est en plein développement. Le bois, le papier et le textile sont à l’honneur. Il a peut-être appris à écrire outre frontière ou lors de son apprentissage de cordonnier. Au moins quatre de leurs enfants sont nés à Wotton. Azarie (1873), Anna-Exilia (1875), Charles (1876) et Honorine (1877).

Stanislas Bergeron né le 27 novembre 1848 prit pour épouse à l’âge de 24 ans Azilda\Exilda Petit le 21 avril 1873 à Wotton. Elle était la fille de Rodolphe\Adolphe Petit et de Zoé Boutillette. De ce mariage trois filles et quatre garçons naquirent. Flavien (1874), Stanislas (1876), Philias (1879), Rébecca (1880), Orpha (1883) , Arinda (1885) et Nelson (1887).

Gilbert Bergeron né à Beauharnois en 1850 un 30 avril, fut le fondateur de l’autre branche des Bergeron du 6 en épousant le même jour que son frère Stanislas, Marguerite Petit, la sœur d’Azilda, il fut le père de douze enfants. Athanase (1874), Albert (1876), Diana (1878), Odilas\Odilon (1880), Hector (1882), Florida (1884), Albertine (1886), Alice (1888), Louise-Anna (1890), Constant (1894), Origène (1898), et Yvonne.

Octave Bergeron frère jumeau de Gilbert épouse Adéline Côté en mai 1873 à Holyoke, Massachusetts, USA. Il est probable qu’Octave tout comme son frère aîné Joseph ai voulu tenter sa chance outre frontière. Et tout comme lui, il a trouvé là, l’âme sœur. Il se déclare «farmer» sur le registre de mariage. Le couple revient au Canada car nous retrouvons la trace d’au moins deux enfants qui naissent à Wotton. Octave (1875) et Julienne (1877).

On remarque que trois des frères se marièrent la même année (1873). Pour ce qui est des filles du couple de Joseph et d’Angélique; les sœurs Bergeron se marièrent évidemment à Wotton. C’est le 2 janvier 1853, quelques mois après son arrivée qu’ Émélina Bergeron se marie avec Joseph Proulx. Après le décès de ce dernier elle se remarie avec Israël Ravanelle dit Lalime en mai 1882, veuf lui aussi, et toujours à Wotton. En 1862, le 3 mars Eulalie Bergeron épouse Louis Geoffrion. Et enfin Octavie Bergeron s’unit avec Élie Poisson le 25 avril 1864.

Les trois couples formés par les sœurs et leurs maris vont résider à Wotton, mais pour un temps seulement.


L'attrait américain


Comme on a pu le lire précédemment, les «shop» de la Nouvelle-Angleterre exercèrent un attrait sur les Bergeron. Probablement destiné à ce faire du capital, cet exil volontaire fut de courte duré. En plus des deux frères Joseph et Octave, leurs sœurs avec maris et enfants aménagèrent aux USA a tour de rôle durant une période d'environ 1½ - 2 ans. Vers 1867 pour Octavie, de 1868 à 1870 pour Eulalie et en 1873 pour Mélina. C'est l'enregistrement des naissances de leurs enfants aux USA lors du recensement Canadien de 1881 qui nous apprend ces faits. Est-ce que cet ensemble de beaux-frères résida au même endroit outre frontière ?? Holyoke, Massachusetts semble être une très forte possibilité. En comparant les dates de résidence, un constat apparaît Joseph fils et la famille de sa sœur Octavie en 1867, ainsi que la famille de Mélina avec son frère Octave en 1873. Joseph Proulx, l’époux de Mélina n’est pas enterré à Wotton, peut-être au USA??

Joseph fils et Henriette Frenette quittèrent définitivement Wotton, probablement au printemps 1878. En septembre de cette même année, une fille prénommée Virginie s’ajoute à la famille. Elle est baptisée à Cookshire à l’âge de 1 mois. Le recensement Canadien de 1881 nous informe que la famille habite alors Eaton Corner. Ce hameau de prédominance anglophone est desservi par l’église catholique francophone de Cookshire. Deux enfants de plus sont inscrits au recensement. Dora alors âgée de 2 ans et Pierre qui a 1 an (né en mars 1880). De plus une fille, Ida âgée de 3 ans y est inscrite. Son âge entre en conflit avec celui de Virginie. Cette dernière tout comme son frère aîné Azarie ne sont pas inscrits au recensement. Pourquoi ?? La famille déménage de nouveau. Une dizaine d’années plus tard nous retrouvons les mariages de trois des filles aux USA,plus précisément à Fall River, Massachusetts dans les paroisses de Sainte-Anne et de Saint-Matthew. Anna une 1er fois en 1893 et une 2e fois en 1923. Ensuite c’est le mariage de Hattie Bergeron en 1899 à Sainte-Anne. D’où vient le prénom Hattie ?? Est-ce Honorine qui a anglicisé son nom ?? Peut-être. On y apprend aussi que lors de ce mariage Henriette Frenette est veuve. On ignore pour l’instant l’endroit et la date du décès de son mari Joseph. Enfin Dora prend époux en 1904.

Pour ce qui est d’Octave et de sa famille, nous perdons leurs traces. Le recensement de 1881 est muet sur eux à Wotton. A-il fait comme son frère Joseph ??

Gilbert et son épouse Marguerite Petit s’installent eux aussi comme colonisateurs. Ils prennent possession en 1873 du lot 41 du rang VI et ils obtiennent la Lettre-patente le 28 août 1874. Après la naissance d’Origène en 1898 Gilbert déménage avec sa famille à Magog l’année suivante. Les enfants vont travailler aux usines de textiles. Déménagement de la famille, à nouveau, deux ans plus tard pour « les États » à Burlington au Vermont. En avril 1903, la famille avec les enfants non mariés sont de retour à Wotton. Gilbert fait l’acquisition de la terre de Jean Bissonette, toujours sur le 6e rang.

Stanislas et Azilda sont les seuls qui ne succombent pas à cet attrait outre frontière.


À l’aube du 20e siècle


Pour ce qui est des patriarches, ils finirent paisiblement leurs jours à cet endroit auxquels ils contribuèrent en tant que fondateurs. Joseph s’éteignit âgé de 82 ans en 1879 et Angélique quatre ans plus tard chez son fils Gilbert à l’âge de 74 ans.

Léon le jeune frère de Joseph est devenu veuf et se remarie en 1868 à Saint-Louis-de-Gonzague-de-Beauharnois avec Josephte Leduc, elle-même veuve de Jean-François Xavier Gégoux\Gegout. Trois des enfants du 1er mariage de Léon se sont mariés à Beauharnois et à Valleyfield, un seul à Wotton. Léon serait-il retourné dans son village natal? Lucie Leduc n’est pas enterré à Wotton, on ignore la date de son décès. La famille se serait-elle scindée après le 2e mariage ? Il y a beaucoup d’incertitude dans son cas. Le recensement de 1881 indique que Léon et Josephte habitent Wotton. Quoiqu’il en soit, Léon décède à Wotton en 1888 à l’âge de 72 ans. Josephte Leduc sera inhumé à Sherbrooke 13 mois plus tard.


Une nouvelle génération


C’est au tour des fils de Gilbert et de Marguerite Petit à s’établir à Wotton. Albert Bergeron reçut en don la terre de son grand-père Rodolphe Petit en juin 1897. Il la céda à son frère aîné Athanase en mai 1899, qui lui-même la rétrocéda à son grand-père le 13 octobre 1899. Le pourquoi de tout ce mouvement, considération économique ?? Peut-être. Quoi qu’il en soit, les enfants de Gilbert suivent leurs parents à Magog a partir de cette date.

En avril 1908, Hector Bergeron le troisième fils de Gilbert et de Marguerite se marie à Émilia Lemay de Valleyfield. Hector achète de son père leur ferme de Wotton juin 1909. Son épouse y décède en donnant naissance à leur fils Edmond en avril 1910. Hector se marie une seconde fois, le 31 janvier 1912, à Saint-Camille-de-Wolfe. Son épouse, Zorilla Boutin, décède en août 1914 trois mois après la naissance d’un enfant mort-né. Hector se remarie pour une troisième et dernière fois avec Mélanie Brevet de Saint-Adrien-de-Ham le 17 août 1916, elle est native du village de Maumusson en Loire-Atlantique (Bretagne), France.

De cette union naissent 11 enfants : Jeanne (1917-1917), Émilia (1918), Origène (1920), Zorilla (1921), Maurice et Euchariste (1922-1922), Marguerite (1923), Roger (1926), Marie-Thérèse et Marie-Reine (1929-1929) ainsi que Bruno (1930).

C’est à Hector et à sa descendance que nous devons le fait que le patronyme Bergeron soit encore présent de nos jours à Wotton.


La suite de ma lignée


Stanislas Bergeron et Azilda Petit s’installèrent comme défricheur sur le lot 37 du rang VII de Wotton. Cette concession de 50 âcres des Terres de la Couronne fut payée trente piastres. La Lettre-patente date du 16 mai 1884. Cette terre fut mise en valeur par l’abattage du bois, la culture et l’élevage. En avril 1899 Stanislas acquiert le lot voisin (lot 38 du rang VII), et de ce fait double la superficie de sa terre. Stanislas érigea en 1903, là solide maison familiale qui est encore debout de nos jours en remplacement de la première cabane de colon. Cette demeure fut dressée à partir de plans dessinés par son épouse Azilda.

Alors, à quel endroit Stanislas et Azilda ont-ils vécus entre leur mariage (1873) et leur installation sur cette terre (1884)? Peut-être sur la ferme de Rodolphe Petit et de Zoé Boutillette. Cette ferme située sur le lot 18 du rang VI était voisine de celle de Joseph Bergeron et d’Angélique Gendron. Mis à part Azilda et Marguerite, les Petit ne semblent pas avoir eu d’autres enfants. Il serait logique que leur gendre ait demeuré chez eux. Nous avons lues précédemment que Rodolphe Petit reprit possession de sa terre le 13 octobre 1899. Le 19 octobre suivant, lui et son épouse Zoé font leur testament où ils désignent Stanislas comme légataire. Trois jours plus tard Zoé décède. Rodolphe demeurera dorénavant chez son gendre et sa fille Azilda jusqu'à sa propre mort le 14 mars 1902.

Pour ce qui est des enfants du couple de Stanislas et de Azilda; Stanislas fils et Philias ne connurent jamais leurs frère et sœurs cadets. En 1881 à la fin du printemps en l’espace d’un mois, les deux garçons âgés respectivement de cinq et de deux ans décédèrent ainsi que leur cousin Odilas\Odilon Bergeron (1 an) et leur cousine Aldéa Poisson (3 ans). Que s’est-il passer ? Probablement une maladie infectieuse, chose assez fréquente à l’époque.

L’aînée des filles, Rébecca deviendra institutrice mais décéda encore jeune à l’âge de 24 ans en 1906 sans s’être mariée. L’Histoire orale familiale dit qu’elle fut emportée de la tuberculose.

Orpha épousa un veuf qui était déjà père de trois enfants, soit Joseph (Joe) Bégin du rang 16 de Wotton. De cette union une fille naquit; Lila Bégin qui se maria avec Armand Vigeant du village de Wotton.

La troisième sœur, Arinda, transporta jusqu’à nos jours la réputation d’être un «sacré beau pétard» ce qui est un compliment à la fois flatteur et moqueur. Elle travailla comme modiste dans le domaine de la fourrure et elle décéda à Sainte-Foy en 1932, détentrice d’un joli petit magot qu’elle légua à une institution religieuse de Québec.

La vie de défricheur ne fut pas toujours de tout repos. Elle comportait sa part de risque. À la fin du XIXe siècle une épidémie de fièvre attaqua les troupeaux de bêtes à cornes de Wotton. Pour éviter la contagion le troupeau de Stanislas comme celui de beaucoup d’autres du être abattu en entier sur ordre des autorités. Après la période de quarantaine, un nouveau troupeau fut acheté à Valcourt et convoyé à pied sur toute la distance. Une marche forcée d’une semaine et de près de quatre-vingt dix kilomètres pour Stanislas et son fils adolescent Nelson. Cette épidémie fut peut-être aussi l’origine de l’exil de Gilbert vers Magog et les USA comme relatées dans les lignes précédentes.

La vie continua et le temps passa, toujours sur les mêmes lots du 6e rang qui prospérèrent et devinrent une belle et bonne ferme laitière. Stanislas le défricheur s’éteignit en février 1916 à l’âge de 71 ans suivis trois ans plus tard par son épouse Azilda Petit.


De père en fils et changement de prénom


Nelson le plus jeune de la famille de Stanislas continua la lignée Bergeron. Une anecdote intéressante est ici à noter. Le benjamin des Bergeron apprit un jour qu’il ne se prénommait pas vraiment Nelson. Lors de son baptême quelques années auparavant, pour une raison encore obscure de nos jours il reçut le prénom d’Élie Isidore au lieu de celui de Nelson comme il devait être. Était-ce la faute du curé ??, de son parrain et de sa marraine (Élie Poisson et Octavie Bergeron) ??, sur le registre de la paroisse il est écrit que ces derniers n’ont su signer, donc ils ne savaient ni lire ni écrire. Puisqu’il était légalement impossible de faire la correction dans les registres baptismaux, il fut décidé qu’à partir de ce jour Nelson deviendrait Isidore-Nelson Bergeron.

En 1911 Nelson pense lui aussi à s’établir comme cultivateur et en prévision d’un prochain mariage il devient propriétaire foncier en achetant avec les dépendances la terre voisine de son père Stanislas. En épousant Desneige Bibeau le 7 janvier 1914, à Saint-Georges-de-Windsor, le mariage d’Isidore-Nelson a lieu. Elle est la fille cadette de François-Xavier Bibeau et de Eugénie\Virginie Rouillard.

Isidore-Nelson accueillit chez-lui son beau-père. Ce dernier est surnommé usuellement Francis, il est veuf et demeurait alors seul sur sa terre de Saint-Georges-de-Windsor avec la plus jeune et dernière de ses filles pas encore mariée. Desneige s’occupait déjà de la maisonnée depuis quelques années, étant devenue par la force des choses maîtresse de maison en devenant orpheline de mère à l’âge de 17 ans.

De l’union d’Isidore-Nelson et de Desneige Bibeau, neuf rejetons naquirent: Roger (1915), les jumelles Lila et Mélina (1916), Adrienne (1921), Gérard (1923), Marcel (1925), Antonio (1926), Gertrude (1927) et Thérèse (1929). Cette dernière ainsi que Roger, Marcel et Antonio ne vécurent que de quelques heures à quelques mois.

Après le décès de Stanislas, Isidore-Nelson devient possesseur du domaine familial d’une superficie de 150 âcres, en trois lots contigus. En 1919 quelques semaines avant le décès de sa mère il revendra la ferme acquise en 1911. En 1924, Isidore-Nelson acquiert une partie de la terre situé en face de la ferme. L’une des raisons de cet achat est le manque d’eau pour les besoins de la maisonnée et du troupeau. En 1943 il finalise l’achat de la dernière parcelle et devient propriétaire de tout ce lot. La superficie totale de la ferme revient à 150 âcres comme en 1916. En 1926 la grange et l’étable furent rebâties et agrandies avec les pièces d’autres bâtiments provenant de l’acquisition de 1924.


De père en fils encore


Gérard qui par la force des choses était fils unique tout comme son père Isidore-Nelson démontra dès son plus jeune âge des aptitudes en mécanique et le bricolage. À l’âge de 8 ou 9 ans, il fabriquait déjà ses propres jouets très élaborés et à l’adolescence il commença à fabriquer différents outillages pour la ferme ou en modifier d’autres dans le but de les rendre plus performant. Apparemment ce penchant pour « les patentes » venait du coté de ses grands-parents paternels, sa grand-mère Azilda Petit avait la réputation de prendre « les cordeaux» (les choses en main). Malgré la crise économique des années 30, Gérard compléta une 9e année scolaire et suivit divers cours par correspondance en mécanique. En 1945 il déposa même une demande de brevet pour une invention de son crû; un système d’attache rapide de moteur électrique ou à essence sur différentes machineries et outillages.

Gérard reprit le flambeau de la terre du 6 en 1946 sous les pressions du curé de la paroisse, chose assez fréquente à l’époque. Isidore-Nelson alors âgé de cinquante neuf ans voyait le poids des années qui s’accumulaient sur ses épaules. Puis en 1949 l’électricité fit son apparition dans les rangs de Wotton. Gérard fut l’un des instigateurs qui poussèrent leurs concitoyens à signer une pétition en faveur de cette modernité qui était jusqu’alors absente de la vie de tous les jours en campagne. L’année 1950 marque l’achat du premier tracteur agricole de la ferme, Un Ford 8N un petit Ford gris comme on les appelait à l’époque et ce fut le début de l’agriculture mécanisée.

De front avec l’agriculture, Gérard menait aussi une carrière d’installateur de machinerie dans la construction minière et ce depuis la fin des années quarante dans le but de se ramasser un petit magot car la carrière d’agriculture ne fait pas vivre richement son homme à cette époque. Les moulins et installation d’Asbestos, Black Lake, Stratford et Thetford Mines firent bientôt partie du quotidien de Gerry (surnom que ses collègues de la construction lui attribuèrent).

Puis le grand jour arriva pour Gérard. Le 13 août 1955, Il unit sa destinée à Lucienne Tardif, une institutrice de Richmond. Elle est la fille aînée de Télesphore Tardif et d’Agathe Marois. Les Tardif ont une famille de 16 enfants et demeurent à East Angus depuis 1949, mais leurs racines originales sont à Saint-Méthode-de-Frontenac. Cette union entre Gérard et Lucienne engendrera sept enfants dont quatre survivants; Jean-Luc (1956), Jocelyne (1957), Marc-André (1960) et Luce (1969) qui viennent compléter la 9e génération de Bergeron issue de l’ancêtre André en terre d’Amérique.


Un tragique accident


En 1959 la GRANDE FAUCHEUSE vient prendre son tribut et emporte Isidore-Nelson avec elle. Isidore-Nelson fut victime d’un accident aussi bête que stupide. Malgré le fait qu’il n’était plus fringant comme dans sa jeunesse (il est alors septuagénaire), il voulait toujours donner un coup de main sur la ferme. En faisant des travaux avec le tracteur (un 50 Massey-Harris-Ferguson) il du pour une raison quelconque descendre du tracteur mais il ne prit pas le temps d'appliquer les freins, le laissa au neutre et descendit du tracteur. Et ce qui devait arrivé, arriva, le trcteur se mit en marche et Nelson voulant corrigé son erreur essaya de remonter dessus pour l’arrêter, mal lui en pris, il trébucha et fut projeté par terre sur le dos par le tracteur dont l’une des roues arrière lui roula sur le corps lui cassant deux ou trois côtes et lui laissant sur la poitrine les marques du pneu. Il trouva la force de se traîner à la maison pour avoir de l’aide et fut promptement transporter à l’hôpital. Les médecins réussirent à le sauver mais il n’avait plus la constitution d’un jeune homme de vingt ans et il ne pu jamais reprendre le dessus. Il fut ramené alité à la maison ou il souffrit pour les derniers temps de son existence par une longue agonie avant sa mort.

Ce fut un dur coup pour Desneige qui elle-même vieillissait et qui se trouvait avec le fardeau des deux soeurs jumelles sur les bras (Lila et Mélina sont handicapées). Adrienne et son époux Jean-Paul Tremblay s’offrirent pour les garder toutes les trois dans leur maison d’Asbestos qui offrait l’avantage d’être près de l’hôpital, des docteurs et des pharmacies. Mais c’est surtout la bonté de ces nouveaux mariés qu’il est important de souligner; Adrienne avait déjà une expertise avec sa mère vieillissante et ses deux sœurs mais Jean-Paul se retrouvait du jour au lendemain avec une belle-mère et deux belles-sœurs dans son logis. Desneige y passera le reste de sa vie pour nous quitter paisiblement au printemps de 1968.


Du changement


L’année de 1961 marque le début de grand changement dans la vie de famille de Gérard et de Lucienne Tardif. Nous sommes à l’époque dit de la révolution tranquille au Québec et Gérard passera les quatre années suivantes à la construction du barrage de la Manic 5 (Daniel Johnson) sur la Côte-Nord du Québec et ne revenant à Wotton voir sa famille que trois semaines au quatre mois.

Il va s’en dire que Lucienne ne peut s’occuper de la ferme avec trois enfants en bas âge et ce même s’il y’a des engagés pour faire le travail. Le troupeau laitier est alors vendu à l’encan durant l’hiver 1961-1962. L’apport financier de cette période est investi dans l’achat de machinerie agricole plus performante, l’amélioration du fond de terre et une rénovation intérieure du premier plancher de la maison. La ferme est toujours en culture, la production étant vendue debout sur-le-champ.

En 1965 Gérard quitte la Côte-Nord, la période intensive de construction des barrages s’achevant, mais la principale raison est de se rapprocher. Il travaille toujours sur l’installation de machinerie mais de manière plus épisodique et ce jusqu’à l’été de 1967. L’automne et l’hiver suivant se passent sans que Gérard puisse se trouver de travail régulier.


Retour à la terre


Gérard est maintenant âgé de quarante-trois ans et se rend compte qu’il est peut être mieux de se fixer pour de bon. Il décide de repartir la production de la ferme en achetant un troupeau laitier avec ce qu’il lui reste d’économie au printemps de 1968. Le re-démarrage de la ferme laitière n'est pas monétairement de tout repos. Gérard se trouve de petits contrats d’installation de machinerie à temps partiels sur le marché régional ce qui aide financièrement à arrondir les fins de mois. A son tour, Lucienne décide de mettre l’épaule à la roue. Comme elle affectionne particulièrement la jeunesse, elle revient à l’enseignement des tous petits en maternelle. Elle enseigne à Saint-Georges-de-Windsor l’avant-midi et à Saint-Camille-de-Wolfe l’après-midi.

En 1970 une parcelle de la ferme située de l’autre côté de la rivière Nicolet (une quinzaine d’âcres) est vendue. Son accès ayant toujours causé des problèmes de transport. En contrepartie une autre terre (partie des lots 43, 44 et 45 rang VII) situé à environ ¾ milles (1 km) est acheté durant l‘été, portant la ferme à une superficie totale de près de 185 âcres dont les trois-quarts sont en culture. Les affaires se tassent durant les années suivantes, le troupeau laitier prend de l’expansion.

Un fait devient évident avec les années. La ferme est trop petite pour rester rentable à long terme surtout si la génération suivante s’y greffe. Le cheptel atteint maintenant près de 70 têtes de bétail. Une décision capitale est prise en 1974. Ce fut l’année de départ de la terre du rang 6 de Wotton pour un autre rang 6, à Saint-François-Xavier-de-Brompton celui-là. Cependant cette expérience s’avère malheureuse et Gérard abandonne le domaine agricole l'année suivante.

La famille s’installe dans le canton de Shipton (aujourd'hui Danville) tout près d’Asbestos, endroit ou Lucienne Tardif a dorénavant son emploi d’institutrice. Gérard qui est décidément plus à l’aise avec la mécanique que l’agriculture, ayant toujours été un pur et vrai «patenteux» se retrouve des emplois dans la construction en installation de machinerie jusqu’au moment de son retrait du travail actif en 1988. Par la suite Gérard continue à faire des bricoles et des «inventions» jusqu’à sa mort en 1995 a l’âge de 72 ans. Il est inhumé au cimetière de Wotton dans un lot pas très éloigné de celui de ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents.

Lucienne a toujours continuée l'enseignement de la maternelle et ce jusqu'à sa retraite qu'elle prend en 1989. Elle rejoindra Gérard pour son dernier repos en 2002 à l’âge de 76 ans.

fleur_de_lys

Valid HTML 4.01 Transitional