![]()
Louis Pinard a fourni une carrière fort active, et il semblait être un homme entreprenant et ambitieux, si on en juge par les quelques brides de documents oû il est question de lui. Ainsi s'exprime l'historien Raymond Douville au sujet de Louis Pinard, l'ancêtre non seulement de ceux qui portent toujours son nom, mais aussi des Beauchemin, des Lauzière et de beaucoup de Fleurent ou Florent.
Premier séjour en Nouvelle-France
Louis Pinard fut baptisé à
La Rochelle en la paroisse de Sainte-Marguerite le 12 juillet 1634. Il
est le quatrième enfant du marchand bourgeois Jean Pinard et
de son épouse Marguerite Gaigneur et petit fils de Louis
Pinard et de Gabrielle Mesnard de Cognac en Saintonge. Louis Pinard est
venu faire un premier séjour en Nouvelle-France vers 1648 en
qualité de donné des Jésuites et il
est retourné en France en 1650 en compagnie du chirurgien
François Gendron afin d'y parfaire ses études.


A cette époque, il est assez coutumier que les Jésuites se fassent accompagner d'adolescents dans leurs pérégrinations à l'intérieur des terres, chez les peuplades amérindiennes. En retour de petits services, les religieux veillent à leur éducation. Les cours donnés entre deux troncs d'arbre, pimentés par l'esprit d'initiative et de débrouillardise que les maîtres de la brousse savent inculquer à leurs élèves, valent bien la savante doctrine vociférée entre quatre murs..
Cette première expérience en territoire canadien vaudra à Louis l'honneur de compter parmi les fondateur de la mission de Sainte-Marie au pays des Hurons. Ses patrons, ayant probablement décelé chez lui un talent naturel pour la médecine et la chirurgie, l'auraient tout bonnement retourné en France, à l'âge de seize ans, afin qu'il apprenne toutes les règles de l'art.
Maître chirurgien
De retour au Canada vers 1656, Louis Pinard se donne déjà toute la compétence du maître chirurgien. Toujours selon Douville, Pinard compte parmi les meilleurs chirurgiens qu'ait eus la ville alors naissante de Trois-Rivières.
Son contrat de mariage le 11 juin 1657, nous apprend que la future épouse Marie-Madeleine Hertel, fille de feu Jacques Hertel et de Marie Marguerie n'a pas encore douze ans; c'est probablement ce qui explique que Louis doive attendre au 29 octobre 1658 pour se présenter à la cérémonie nuptiale, dans la chapelle de Trois-Rivières. A titre de chirurgien de la garnison, il est en mesure de faire vivre convenablement femme et enfants. D'ailleurs, il veillera toujours avec grand soin au bien-être des siens, dut-il pour atteindre ses fins saigner à blanc quelques clients.
Dur en affaires
De ce fait il aura certaine difficultés avec les habitants de Trois-Rivières et du Cap de la Madeleine. Âpre au gain, Pinard n'hésite pas à faire appel à la justice quand ses intérêts sont en jeu. Les registres des cours civiles et criminelle de 1660 à 1665 le démontrent éloquemment. S'il est dur en affaires, les Trifluviens mettent cependant en lui leur confiance en l'élisant tour à tour syndic, marguillier et procureur de l'église.
Comme la plupart des gens de son temps, Louis Pinard a cultivé la terre. En 1661 il acquiert une concession de deux arpents de front sur le fleuve, sur vingt-cinq de profondeur sise au Cap de la Madeleine, puis une autre concéder par les Jésuites en 1662 toujours au Cap, de plus il possède aussi un emplacement dans le bourg de Trois-Rivières. En 1669, l'ancêtre Pinard achètera une propriété dans la seigneurie de Champlain dont il deviendra procureur fiscal. Après plusieurs échange de terrain, il s'établira a cet endroit en 1681. L'année précédente en effet Louis s'y s'est remarié avec une jeune veuve, Marie-Ursule Pépin. Marie-Madeleine Hertel décédée en 1679 lui aura donné cinq enfants. Sa deuxième épouse lui en donnera six.
Après 1670, Louis Pinard s'intéresse à la traite des fourrures. En 1685, il fait partie de l'expédition à la Baie d'Hudson, mais il est de retour chez lui dès l'année suivante. En 1692, il est chirurgien-major de Trois-Rivières. Cette année là, sa dernière fille, Marie-Ursule, est baptisée à Champlain. En 1694, son benjamin, Jean-Baptiste sera baptisé à Batiscan. Louis file alors son dernier écheveau puisque, le 12 janvier 1695, on le porte en terre dans le petit cimetière de sa dernière terre d'adoption : Batiscan.
Plusieurs surnoms
Deux
rejetons de Louis Pinard se sont parés de surnoms : Louis,
marié à Madeleine Renou, ajoute à son
nom celui de Lauzier ou Lauzière; Guillaume,
marié à Marguerite Leclerc, y appose celui de
Beauchemin. Leurs descendants, dans bien des cas, laisseront tomber le
nom de l'ancêtre pour ne conserver que le sobriquet.
![]()