
De ce Jacques Bernier dit Petit-Pré, Mgr
Cyprien Tanguay n'en parle point. Ni
d'ailleurs le père Archange Godbout dans «Nos Ancêtres du
17è siècle». René Jetté, dans son «Dictionnaire généalogique des Familles du
Québec» l'ignore également.
Il y a une explication très plausible et logique. Jacques
Bernier ne s'est pas marié au Canada, de sorte qu'aucun acte officiel n'a pu
l'enregistrer dans les registres d'état civil.
Comme les deux autres BERNIER qui vont suivre, c'est
Marcel Fournier, dans son «Dictionnaire des Bretons en Nouvelle-France
1600-1765» qui mentionne trois BERNIER provenant de la Bretagne; Jacques
Bernier dit Petit-Pré, François Bernier dit Saint-François et encore Jacques
Bernier dit Laplante. Comme ils sont réellement venus mourir en
Nouvelle-France, même s'ils n'y ont point laissé de descendance, il est
convenable et de bonne guerre de les considérer dans une oeuvre historique
et généalogique comme celle-ci.
Jacques Bernier dit Petit-Pré est né en 1662. Il signe
Benier. A sa sépulture, on le dit né en 1662 ou 1665, de la paroisse
Saint-Germain, ville de Rennes, en Bretagne. Il avait 57 ans environ.
Le 1er mars 1715, il est hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de
Québec pour une période de trente jours. Il décède à l'hôpital le 17 mai
1719. Dans la chronologie séquentielle des registres de l'Hôtel- Dieu, il
porte le numéro 891. (L'Ancêtre, vol. 1, page 307).
Au sujet des Bretons qui sont venus en Nouvelle-France,
selon Roland-J. Auger, dans la préface du volume de Marcel Fournier, référé
ci-dessus, il loue l'auteur d'un travail aussi magistral. «Grâce à lui, la
Bretagne a maintenant son répertoire des Bretons venus au Canada». Et comme
l'écrit Marcel Fournier, «Les premiers Français qui touchèrent les côtes de
l'Amérique du nord furent des pêcheurs bretons. Déjà, en 1504, leurs navires
de pêche sillonnaient les côtes de Terre- Neuve pour y pêcher la morue.
Depuis Saint-Malo, Brest et Saint-Nazaire, ces hardis bretons venaient à
chaque année tirer leur subsistance de ces eaux».
Et l'auteur ajoute: «Malgré tout, quatre ports de
Bretagne ont joué un rôle non négligeable dans la colonisation de la
Nouvelle-France. Saint-Malo a vu le départ de Jacques- Cartier pour y
découvrir le Canada en 1534: plusieurs bateaux de pêche faisaient la navette
entre les deux continents. De Saint-Nazaire est partie la Recrue de 1653
pour Montréal, et de Nantes,d'autres vaisseaux marchands ont été affrétés pour
l'Amérique. Enfin, c'est du port de Brest que se fit entre 1755 et 1758,
l'embarquement des troupes françaises venues défendre le Canada contre
l'envahissement des Anglais».
«En voilà suffisamment pour montrer l'importance de la
Bretagne pour le Canada. On a souvent pensé que les Bretons ne
représentaient qu'une infime proportion d'émigrants chez nous, quelques
centaines tout au plus. Or, l'étude de Monsieur Fournier montre au contraire
que près de seize cents Bretons sont venus en Nouvelle-France sous le régime
français».
Jacques Bernier dit Petit-Pré serait venu comme pêcheur
ou avec un régiment de soldats en Nouvelle-France. Il a voulu sans doute
s'établir ici après son service maritime ou militaire. Par blessure ou
maladie, sa santé ne lui a pas permis ses espérances de laisser une
descendance dans ce
nouveau pays.

Par Cyril Bernier
Saint-Eustache, mai 2003
Dernière modification :
31 octobre 2011

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