Ce que j'avais décidé de faire à ma retraite.

 

Prendre sa retraite à cinquante-cinq ans, ça peut sembler la belle vie. Ne plus avoir à passer de une à deux heures et demie dans la circulation pour te rendre au travail, perdre le même temps le soir pour revenir à la maison.

Ne plus avoir de patrons sur le dos, qui te disent quoi faire, comment le faire. les:

«Tu peux faire mieux . . .»

Ne plus avoir à faire des courbettes devant tes clients, avoir à être gentil avec eux, pouvoir être à la maison à l'heure pour le souper, avoir le temps de voir ta femme et tes enfants.

Mais il est peut-être trop tard...

Tes enfants vont quitter la maison un par un  et tu te retrouves seul avec ton épouse, si tu n'as pas divorcé, (heureusement nous sommes toujours mariés,) pouvoir jouer au golf quand tu veux. Aller à la pêche, à la chasse, enfin faire tout ce que  tu désires.

Mais ça ne prend pas beaucoup de temps avant de t'apercevoir qu'il te faut faire autre chose. Heureusement, j'avais un peu préparé notre retraite. Dix ans plutôt, j'avais acheté une ferme de cent-cinquante acres avec maison et batiments, à environ cent milles de Montréal. Nous voyagions entre la maison et la ferme chaque fin de semaine et y passions presque toutes nos vacances. Lorsque j'ai pris ma retraite, j'en ai eu assez de voyager. Nous avons vendu la maison "EN VILLE" et nous sommes déménagés à la campagne.

Notre maison retapée

et les milliers de fleurs de Françoise en été.

Et en hiver.

 

Photo prise le 16 novembre 1999, alors qu'il est tombé plus de 15 pouces de neige...

J'ai retapée cette maison avec beaucoup d'huile de coude et d'argent.

J'y ai même ajouté une rallonge de vingt pieds par quarante, soit un grand salon, une grande chambre à coucher et j'ai tout construit moi-même, presque sans aide.

Ça m'a prit un an, mais je suis fier de mon travail, j'ai assez bien réussi.

Avant que mon épouse ne soit malade, nous avions l'habitude d'aller pêcher et chasser à un endroit où j'avais une cabane en bois rond, ma foi assez confortable, sur un terrain loué du gouvernement.

L'été, nous y allions à la pêche.

L'automne venu, c'était la chasse à l'orignal. Nous y restions de deux à trois semaines.

Mais nous étions à trois heures de voiture de l'hopital le plus près, soit celui de La Tuque et quand mon épouse a fait son infarctus, il est devenu évident que nous ne pouvions pas prendre de chance. Les soins médicaux étaient vraiment trop éloignés en cas de rechute.

Elle aurait eu le temps d'y passer avant de pouvoir recevoir des soins.

J'ai donc vendu ce camp.

J'ai employé l'argent pour faire creuser un lac, ici à la ferme.

Assez grand, environ 400 pieds par 200 et 20 pieds de profondeur au plus creux.

J'y ai ensemencé de la truite. Nous pouvions donc y pêcher directement dans notre cour.

Des gens m'ont alors demandé s'ils pouvaient pêcher dans mon lac.

On m'offrait même de payer.

Malheureusement, je ne pouvais pas leur demander d'argent, car je n'avais pas de permis et mes moyens financiers ne me permettaient pas de les laisser pêcher gratuitement.

J'ai alors décidé d'aller chercher les permis nécessaires.

Ca m'a pris presque un an pour les obtenir. Il m'a fallu négocier avec différents ministères pour obtenir tous les permis obligatoires.

N'oublions pas que l'on est au Québec et que tout y est règlementé.

"L'État est omniprésent dans tout et partout"

C'est une des raisons pour laquelle on est si taxé et que la province est si endettée.

Faire observer toutes ces lois et tous ces règlements, payer tous ces fonctionnaires, coûte des sous, beaucoup de sous.

Plus tard, j'ai fait creuser trois autre lacs, où j'élèvais mes truites.

Deux de mes lacs et notre maison

J'y ai opèré commerciallement des lacs de pêche

(ils étaient trop grands pour être appelés des étangs.)

J'ai commencé sous la raison sociale de

LES TRUITES DE GASTON.

J'ai finalement changé pour:

"LES TRUITES DE MONSIEUR GASTON."

La raison en est très simple.

Les enfants, (car chez nous, c'était un endroit fantastique pour amener des enfants pêcher,) m'appelaient tout simplement

"MONSIEUR GASTON."

Pourquoi ne pas en faire ma raison sociale.

C'était aussi un endroit extraordinaire pour les gens plus âgés.

Pas de marche, pas de portage.

Ils peuvaient pêcher du bord de l'eau à environ cinquante pas de leur auto.

Beaucoup de ceux qui ne pouvaient plus se déplacer en forêt, pouvaient chez nous pratiquer leur sport favori, sans avoir à aller trop loin, ce à un coût des plus abordables. On pouvait y pêcher de la truite mouchetée et arc-en-ciel de 8 à 12 pouces

Notre truite à chair rosée était reconnue pour son goût exquis et l'eau de nos lacs y était pure et non poluée.

Il était des plus facile d'y pêcher son repas en peu de temps.

Et il n'y avait pas de limite de prises.

Il n'était pas nécessaire non plus d'avoir un permis de pêche individuel, car nous détenions un permis pour faire pêcher les gens.

On pouvait donc chez nous, se récréer sur un site magnifique, dans un paysage enchanteur.

Mais j'ai décidé de prendre une deuxième retraite nous avons vendus notre domaine et nous sommes déménagés plus près de nos enfants, ce qui nous permet de les voir plus souvent.