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TROISIEME CATHEDRALE 1825. Au mois de septembre
1822, les habitants de Montréal adressèrent à
Mgr Lartigue une requête, le priant de leur permettre de construire
un évêché et une église cathédrale
plus dignes de sa haute fonction. Cette requête fut agréée
après avis préalable de Mgr Plessis, évêque
de Québec, dont Mgr Lartigue n'était encore que l'auxiliaire.
Le terrain choisi pour le site des nouveaux édifices se trouvait
dans le faubourg Saint-Louis, au. coin de la rue Saint-Denis, entre les
rues Sainte-Catherine et Mignonne. Ce terraIn était un don de M.
Denis-Benjamin Viger.
Les travaux
furent poussés rapidement, puisque, dès le 18 septembre
1825, Mgr Lartigue bénissait la chapelle intérieure de
son évêché et y célébrait la sainte
messe, comme en témoignent les archives du temps.
Quelques
jours après, le 22 septembre, avait eu lieu la consécration
de la cathédrale, sous le titre de Saint-Jacques-le-Majeur,
et, le 4 octobre suivant, l'évêque de Québec déclarait
privilégié le maître-autel de cette église.
Mgr Lartigue
possédait enfin une véritable cathédrale et un
évêché. jusque-là, il avait résidé,
nous l'avons vu: en premier lieu, chez les MM. de Saint-Sulpice, et ensuite,
chez les religieuses de l'Hotel-Dieu.
Cette
cathédrale n'était pas un vaste temple. Ses dimensions,
du reste, peuvent être aisément appréciées;
car, à part les adjonctions faites au choeur, elle avait exactement
la même superficie que l'église actuelle de la paroisse Saint-
Jacques. On s'est servi des fondations existantes pour
réédifier ce temple après les incendies de 1852 et de 1858. Mais en 1825,
ce qui nous reporte à une époque déjà éloignée,
la cathédrale paraissait grande. Le style rappelait celui des
basiliques romanes. La nef était large, avec deux bas côtés
relativement étroits. Le choeur, de forme absidiale, ne manquait
pas de grandeur. La façade était simple et copiait, en
de plus grandes proportions naturellement, celle de l'Hôtel-Dieu.
L'église s'ouvrait, comme aujourd'hui, sur la rue Saint-Denis.
C'est le
29 septembre 1836 seulement que Mgr Lartigue fut autorisé, par
le roi Guillaume IV, à prendre officiellement le titre d'évêque
de Montréal, qu'il avait reçu de Grégoire XVI
le 13 mai précédent. La cathédrale Saint-Jacques
fut, à cette occasion, témoin d'une scène bien touchante.
On vit le pieux prélat se rendre en face de l'église, et
s'y agenouiller, dans la rue, afin de figurer son entrée au sein
de sa ville épiscopale.
Beaucoup
d’autres événements remarquables se sont aussi passés
dans cette cathédrale.
Signalons au moins la consécration du saint évêque Mgr Ignace Bourget, et le Te Deum solennel chanté pour remercier Dieu de l'avènement au trône de la reine Victoria. Les restes
de Mgr Lartigue furent déposés dans cette cathé
drale. Mais à la suite du grand incendie de 1852, on leur donna
pour asile le monastère des religieuses de l'Hôtel-Dieu,
et, en 1861, le caveau des soeurs de la Congrégation,
en attendant leur translation dans la cathédrale actuelle, où
ils furent solennellement transportés, avec ceux de Mgr Bourget,
le 13 juin 1885.
Quant à
l'évêché, c'était une construction sans
style et très simple, comme on peut voir par la vignette ci-dessous,
mais commode et d'assez grandes dimensions.
Mgr Bourget
le remplaça plus tard, en 1851, par un palais épiscopal
qui passait alors, à juste titre, pour l'un des plus beaux de
Montréal. Quatre colonnes cannelées de pur style grec
--voir la gravure -- formaient avant-corps et supportaient un fronton,
dont on retrouve le dessin dans la façade de la banque Montréal.
La porte d'entrée, à laquelle on accédait par un
large escalier, était surmontée de trois baies romanes,
qui produisaient un curieux effet, à côté des autres
ouvertures, toutes taillées dans le style du commencement de ce
siècle, toutes également rectangulaires, et correctement
encadrées d'un cordon de pierres carrées.
Au-dessus
du toit, s'élevait, comme on peut le voir, un joli belvédère,
reproduisant assez exactement la magnifique coupole de Saint-Pierre
de Rome.
Un couloir clos et couvert mettait en communication le palais et la cathédrale. Une grille
de fer forgé séparait le palais de la rue Sainte-Catherine,
sur laquelle donnait la façade principale. Les barreaux de cette
grille avaient la forme d’une crosse. Après l’incendie de 1852,
une partie en fut transportée devant l'Hôtel-Dieu, où
elle se trouve encore. L'autre partie sert actuellement à clore
la propriété de sir Donald Smith, sur la rue Dorchester.
Afin de ne
rien omettre, il faut mentionner la belle chapelle gothique que renfermait
ce palais épiscopal, et aussi une construction située
tout à fait à l’intersection des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine,
et qui servit, dans les débuts, de logement aux premiers curés
venus à l'évêché. On démolit, un
peu plus tard, ces bâtiments fort utiles à un moment donné,
mais à l'aspect rien moins qu'agréable.
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Intérieur de l'ancienne Cathédrale de Saint-JacquesDétruite par l'incendie du 8 juillet 1852, Toisième Cathédale |
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