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Bestiaire
médiéval fantastique

La Vouivre (France)
Autres noms : Wivre, vuivre.
Description : La Vouivre, un être fabuleux, se
présente sous deux formes principales :
- celle dun
dragon ou dun grand serpent de feu. A la différence
des dragons qui sont des quadrupèdes ailés, les
vouivres sont des bipèdes ailés . Elles vivent
généralement dans les régions montagneuses
et se nourissent de la chair des humains qui tombent entre leurs
griffes .
- celle dune
créature mi-femme, mi-serpent. Traditionnellement la vouivre
na quun il, un diamant parfois, plus souvent
une escarboucle dun prix inestimable, sans laquelle elle
meurt et que les hommes tentent de lui dérober au seul
moment où la vouivre la quitte : lorsquelle se baigne.
Elle est une
fée de la terre, la Vouivre est censée représenter
les courants de force qui se roulent et se tordent dans le sous-sol.
Et dont, selon les Druides, tout autant que les Bénédictins
par après, tenaient compte pour l'érection de leurs
monuments culturels. Et comment dit-on "rouler", en
latin? Volvere, qui a donné "Vouivre"...
Représentée
dans plusieurs armoiries, notamment celle de l'Ajoie, la vouivre,
animal mythique, occupe une place de choix dans la mémoire
populaire jurassienne. Mi-serpent, mi-oiseau, cet être
fabuleux, vit dans les anfractuosités rocheuses des coteaux
forestiers. La nuit, elle sort pour chasser et surtout s'abreuver.
Pour
ce faire, la vouivre doit enlever son oeil afin qu'il ne tombe
pas dans l'eau. Cet organe est constitué d'une pierre
précieuse aux pouvoirs surnaturels. Elle donne richesse
et santé au mortel qui peut s'en empare. Une vieille légende
fait le récit d'un chasseur d'oeil de vouivre. Animal
vicieux, agressif et venimeux, la vouivre fait payer chèrement
sa peau...
Un chasseur, valet de ferme, usa d'un stratagème ingénieux
afin d'atteindre son but. Placé à l'affût
à l'endroit où la bête s'abreuvait, il se
glissa à l'intérieur d'un tonneau hérissé
de pointes d'acier et pourvu d'une petite porte qui lui permettait
de passer la main. Ainsi protégé, il attendit la
bête. Seul avec son angoisse, il vit poindre dans cette
nuit sans lune, l'éclat inquiétant de l'oeil de
la vouivre. Sa vie défila en un court instant dans son
esprit, le temps pour la bête de se laisser glisser du
sommet de l'épicéa où elle s'était
jusqu'au bord de la mare glauque.
Il se rappela pourquoi il était là, et pourquoi
il risquait sa vie et son âme dans cette chasse diabolique.
Valet de ferme sans fortune et sans éducation, il avait
obtenu la considération et l'affection de son patron.
Cet homme affable mais seul dans la vie, en avait fait son légataire
universel au même titre que s'il avait été
son propre fils. Les heures et malheurs, avaient réduit
ce bon paysan à l'état d'invalide. Malgré
les "secrets" divers, rien ne soulagea ce brave homme
de sa peine. Il fallait agir car la mort approchait. Que restait-il
comme alternative sinon l'oeil de vouivre afin de soulager son
bienfaiteur et père de coeur. C'est ainsi qu'après
moultes réflexions sur la stratégie à adopter,
le valet opta pour cette solution.
La bête, posée sur la berge, confiante dans sa puissance,
ôta son fameux oeil et le déposa à côté
d'elle. Se penchant pour s'abreuver, aveugle, elle ne put remarquer
la petite porte du tonneau entrebâillée. Le valet
empocha prestement l'objet de sa quête et s'enferma aussitôt
dans sa petite fortification. Rendue folle furieuse par la perte
de son précieux organe, la vouivre voulu s'attaquer à
son voleur. Le stratagème du valet se révéla
d'une redoutable efficacité. La bête, enlaçant
le tonneau à la manière d'un serpent, déchira
sa
peau sur les pointes d'acier. Elle s'enfuit en hurlant sa rage
après une nuit de cauchemar passée à chercher
une faille dans la petite place forte.
Moulu de fatigue, mais fier et heureux, le valet se précipita
au chevet de son bienfaiteur dans cette aube froide et brumeuse.
Arrivé à son chevet, il soigna ce dernier à
l'aide de cette pierre brûlante, luisante de son inquiétant
éclat. Par une sorte de miracle, le paysan retrouva l'usage
de ses jambes. Une période de prospérité
s'ensuivit pour les deux compères et ils connurent de
longues années fastes. Au village, on sut qu'ils étaient
possesseurs de l'oeil magique. Leur richesse augmentait de façon
si considérable, que le miracle de la guérison
fit des gorges chaudes. Ils devinrent des notables connus chez
qui l'on se rendait souvent car ils ne manquaient jamais de faire
preuve de générosité pour leurs semblables.
Un jour qu'une délégation villageoise venait présenter
ses doléances, quelle ne fut pas leur surprise de ne voir
personne s'activer, comme à l'accoutumée, autour
de la ferme. Le plus hardi de ces commensaux, après avoir
donné de la voix, se décida à entrer. Il
découvrit une bien sombre scène. Les corps des
deux compères étaient étendus, sans vie,
sur le sol. Les visages cyanosés, les corps écrasés
comme par les anneaux d'un terrifiant serpent. Une bataille terrible
semblait avoir eu lieu. Les villageois recherchèrent en
vain dans toute la maison le fameux oeil. Il demeura introuvable.
La vouivre était venue récupérer son bien.
Elle avait fait payer le prix fort à ses voleurs. Aujourd'hui,
en pleine possession de ses moyens, elle continue de hanter les
cimes des épicéas et les berges de sa mare glauque.
Les villageois la craignent et il n'est plus venu à 'idée
d'aucun d'entre eux de la chasser pour son oeil.
En hébreu,
vouivre signifie à la fois vie et serpent, et vouivre
se rapproche de vivre. La vouivre est un animal fabuleux que
l'on rencontre dans certaines régions de France, et que
l'on reconnaît à son apparence de serpent portant
au front un diamant extrêmement brillant en guise d'oeil.
Il est dit que si on arrive à lui dérober ce diamant,
l'on sera riche à jamais et le serpent lui sera aveugle
(Bourgogne, Doubs, Jura).
Héraldie

Légende
la Vouivre
( légende de France )
La
Vouivre (
CDRP de Franche Compté )
Production ©
2002, Claude Laurent
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