 
La
chanson de Roland
La
légende
( Franc - France )
L'empereur
Charlemagne régnait glorieusement depuis plusieurs années
en France et combattait maintenant avec succès les Sarrasins
en Espagne. Il avait ainsi déjà conquis de nombreuses
villes espagnoles, mais à Saragosse le roi sarrasin Marsile
se maintenait fermement. L'empreur avait tenu un long siège
devant la ville, mais sans résultat. Et il fut bien soulagé
quand enfin Marsile lui-même proposa de conclure la paix,
promettant de se soumettre en définitive aux Français.
heureux de la tournure des événements, Charlemagne
lui envoya alors son conseiller Ganelon, pour discuter et régler
les conditions de paix. L'empreur promit alors de retirer ses
troupes devant Saragosse et de retourner en France.
Mais. Marsile était
fourbe, et Ganelon avide de richesses. Pour sept cents chameaux
chargés d'or et d'argent, Ganelon trahit Charlemagne et
lui conseilla de laisser une arrière-garde, quand il quitterait
l'Espagne pour couvrir sa retraite vers la France. Composée
des plus vaillantes troupes de Charlemagne, lcelle-ci devait
emprunter un étroit défilé dans les Pyrénées,
et c'est là au col de Roncevaux que les Sarrasins tendirent
leur embuscade afin d'exterminer les dernieres troupes de Charlemagne.
Privé ainsi ses meilleurs soldats et chevaliers, l'empereur
pourrait difficilement revenir en Espagne et entreprendre de
nouvelles campagnes contre les Sarrasins.
Charlemagne suivi donc
le conseil de Ganelon, et retournant dans son pays, il laissa
derrière lui, vingt mille de ses meilleurs combattants
pour couvrir sa retraite, en tête desquels se trouvait
son propre neveu, le valeureux Roland, avec son ami Olivier et
l'archevêque Turpin.
Et il arriva ce que
le roi Marsile avait comploté avec le traître Ganelon.
Une très nombreuse armée de Sarrasins assaillit
l'arrière-garde des Français à l'improviste.
Les Sarrasins supérieurs en nombre, car Marsile avait
reçu des renforts de l'empereur Boligant lui-même,
ainsi que des soldats de Jéricho, d'Afrique, de la terre
Turque, des Perses et des Huns. Certains étaient hirsutes
comme des porcs, d'autres avaient la tête plantée
directement sur les épaules. D'autres encore avaient la
peau si dure qu'ils n'avaient besoin ni de cuirasse ni de bouclier.
Et parmi ces hommes-là il y en avait de si forts qu'ils
pouvaient, à mains nues, briser une lance, broyer un bouclier
ou fendre le crâne d'un ennemi.
«Roland, fais
sonner ton olifant»,
conseilla Olivier à son ami. «Le roi nous entendra,
et il reviendra à notre secours»
Mais Roland répondit
:
«Le roi nous
a laissés ici avec vingt mille hommes, et parmi nous il
n'y a pas un seul peureux. Nous soutiendrons la lutte seuls.»
Mais le sage Olivier
mit encore Roland en garde :
«L'ennemi est
très nombreux. Sa supériorité en nombre
est incalculable. Sonne de ton olifant!»
Mais Roland refusa
encore, et il refusa d'accéder à une troisième
prière d'Olivier. Ainsi eut lieu la terrible bataille
du défilé de Roncevaux, dans les Pyrénées.
Les Français se battaient avec un très grand courage.
Roland, Olivier et Turpin avaient déjà asséné
des milliers de coups. Les ennemis tombaient de leur monture,
celui qui ne pouvait fuir ne trouvait point de pitié.
Mais qu'était-ce que la valeur des Français contre
tant et tant d'ennemis! Pour un de tombé, il s'en levait
dix autres, pour dix fuyards accouraient cent cavaliers de la
réserve païenne.
Maintenant, Roland
veut bien sonner du cor.
«Trop tard», dit d'une voix désabusée
le fidèle Olivier.
«Quand je
t'ai dit de sonner, il était encore temps. Le roi aurait
pu être déjà ici, et nous ne devrions pas
mourir aussi inutilement, tous jusqu'au dernier!»
Mais l'archevêque
Turpin s'écria :
«Messire Roland et vous, Messire Olivier,
cessez donc ces querelles! Que Roland sonne de l'olifant. Certes
l'empreur ne pourra nous venir en aide, mais il pourra nous venger
et ensevelir nos corps en terre chrétienne.»
Ce fut ainsi que Roland
fit enfin résonner son olifant, dans le défilé
de Roncevaux.
L'empreur Charlemagne
entendit l'appel de l'olifant dans le lointain, par-delà
les montagnes. Il comprit alors que son arrière-garde
était attaquée, et il devina aussitôt la
trahison de Ganelon. L'armée française, fit immédiatement
demi-tour vers les Pyrénées. Charlemagne chevauchait
en tête, les cavaliers lançaient l'anathème
contre l'ennemi félon, et aucun d'eux ne put cacher ses
larmes, devant le spectacle de tant de braves héros dont
les cadavres jonchaient le champ de bataille.
Quand l'empereur arriva à Roncevaux,
le combat était déjà fini. Sur l'herbe verte,
gisaient les vingt,' mille preux de France. Charlemagne et son
armée découvrirent en premier les corps d'Olivier
et de Turpin, puis ils trouvèrent celui de Roland, la
tête tournée vers l'ennemi, pour bien montrer qu'il
n'avait point fui : son épée Durandal et son olifant
sous son corps, afin de les protéger de la profanation.
Cependant autour des
corps des leurs gisaient encore plus nombreux, les corps de leurs
ennemis. Et sur les Sarrasins, l'empreur et son armée
se jetèrent avec tant de rage que dans cette nouvelle
bataille tomba le traître roi sarrasin Marsile et le fils
de l'empereur Boligant. Ce dernier contemplait avec stupéfaction
et désespoir la déroute de sa si grande armée.
Charlemagne repoussa
ce jour les Sarrasins jusqu'à Saragosse : il fit détruire
les portes et s'empara de la fière cité.
Les héros de Roncevaux, Roland,
Olivier, l'archevêque Turpin et les vingt mille combattants
furent enterrés solennellement. Leur sacrifice n'avait
pas été vain. L'orgueilleuse et forte Saragosse
avait enfin été vaincue, et la puissance des Sarrasins
en Espagne avait subi un coup très rude.
Le traître Ganelon,
lui non plus, n'échappa pas à un châtiment
juste et mérité. Tout près de Paris, dans
un pré, il fut écartelé et mis en pièces
par quatre forts chevaux.
Origine
de la légende
La Chanson de Roland
est la plus ancienne et la plus célèbre chanson
de geste française. Très connue au Moyen Âge,
elle tomba dans l'oubli et ne fut publiée qu'en 1837,
d'après un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne
d'Oxford. Elle a sans doute été composée
à la fin du XIe siècle en Normandie.
Il est tout aussi difficile d'attribuer
la Chanson de Roland à un auteur. Le dernier vers de l'épopée
semble apporter une indication: «Ci falt la geste que Turoldus
declinet.» Mais nul n'a su, en dépit de nombreuses
thèses (Turoldus est-il l'auteur, le récitant ou
le copiste de l'uvre?), exactement expliquer la présence
de ce nom.
La Chanson de Roland est composée
de 4 002 vers décasyllabiques groupés en laisses
assonancées (strophe composée sur la même
voyelle d'appui). C'est l'histoire de la mort du paladin légendaire
Roland, neveu de Charlemagne, et des douze pairs surpris à
l'arrière-garde de l'armée, en revenant d'une expédition
en Espagne. Par la trahison de Ganelon, Roland et les siens sont
surpris dans un défilé des Pyrénées
par les Sarrasins de Marsile. Les Francs mettent deux armées
en fuite, mais succombent à une troisième, en manifestant
leur courage par des prodiges de valeur. Roland refuse longtemps
de sonner de son olifant d'ivoire pour appeler Charlemagne à
l'aide. Les douze pairs, dont Olivier et l'archevêque Turpin,
sont morts. Resté seul, Roland cache Durandal (son épée),
sonne du cor et meurt, tendant son gant à Dieu. Mais Charlemagne
a entendu l'appel et revient venger son neveu. Marsile est tué.
Les Sarrasins sont décimés, et le traître
Ganelon mis à mort. La fiancée de Roland, la belle
Aude, meurt de chagrin en apprenant la fin du paladin.
L'histoire (778)
Un fait historique est
à l'origine de ce premier chef-d'uvre de la littérature
française. À la demande d'un chef sarrasin en révolte
contre l'émir de Cordoue, Charlemagne avait organisé
une expédition en Espagne en 778. Une révolte des
Saxons contraignit l'empereur à rentrer précipitamment
en France. Alors qu'il repassait les Pyrénées,
son arrière-garde est surprise par les Basques dans le vallon de Roncevaux.
C'est là que Roland, préfet des Marches de Bretagne,
aurait péri, selon un texte postérieur à
l'événement, la Vita Karoli d'Eginhard (vers 830).
C'est moins le rappel infidèle
du fait historique que sa signification qui a commandé
l'épopée. Le récit devient ainsi le poème
du sacrifice héroïque magnifiant l'esprit de croisade.
En inventant le personnage de Roland, ou plus exactement en le
réinventant, pour illustrer le thème fondamental
du chevalier qui meurt conscient de sa double allégeance,
à son suzerain et à Dieu, l'auteur a créé
l'une des plus belles «figures» du Moyen Âge
et de la littérature. Le poème, qui fait une grande
part au merveilleux chrétien, est tout pénétré
du sens de l'honneur et de l'amour du preux pour «la douce
France»..
L'épée
de Roland - Durandal
La légende mentionne
que Roland aurait tenté de casser sur un rocher son épée
Durandal pour qu'elle
ne tombe pas aux mains des Sarrasins, mais c'est le rocher qui
se brisa.
Ne réussissant pas à
briser son épée Roland pria l'archange Saint Michel
de l'aider à la soustraire aux infidèles. Ainsi
il la lança de toutes ses forces vers la vallée
mais traversant les airs sur des kilomètres, Durandal
vint se planter dans le rocher du sanctuaire de Rocamadour.
Ainsi elle y est encore, vieille
et rouillée , fichée au dessus de la porte de la
chapelle Notre Dame.
Liens
La
Chanson de Roland
La chanson
de Rolland (Wikipedia)
Charlemagne
ABU : la Bibliothèque
Universelle (texte de
la Chanson de Roland)
L'épée
de Roland à Rocamadour

Production © 2007, Bowen
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