GABRIEL ROGER ET MARIE DE LACOUR

Notre premier ancêtre canadien est originaire du Poitou. Le Poitou est une ancienne province de France, située sur l'océan Atlantique et bornée au nord par la Bretagne et l'Anjou, au sud par la Saintonge et l'Aunis.

C'est dans cette province, dans un bourg qui portait un nom bien sympathique, le bourg de Ste-Verge, Bressuire, évêché de Poitiers, qu'est né notre premier ancêtre canadien, Gabriel Roger, en l'an 1639, du mariage de René Roger et de Jeanne Augéarde.

Il est intéressant de noter qu’au moins trois ancêtres canadiens sont originaires du petit bourg de Ste-Verge comptant à peine 210 feux (foyers, domiciles) en 1750 : Jean Julien, né vers 1639, Jean Boucher, dit Belleville, né vers 1659, et Gabriel Roger. Qu’est-ce qui a incité ces braves gens à quitter leur mère-patrie pour affronter les défis du Nouveau Monde?

Au début de 1661, Louis XIV assume le pouvoir véritable et charge son ministre Jean-Baptiste Colbert de réorganiser la Nouvelle-France. En 1663, la population de la Nouvelle –France se situe à 2 500 personnes alors que la Nouvelle-Angleterre en compte 80 000. Jean Talon, l’homme de confiance de Colbert, est nommé le premier intendant de la colonie. Plusieurs mesures sont prises pour donner sécurité et postérité à la colonie :

C’est dans ce contexte que Gabriel Roger prend la route pour l’Amérique. On devrait plutôt dire prend le bateau pour l’Amérique… Nous n'avons pas de date précise à laquelle Gabriel, alors orphelin, émigra au Canada. Louis-Philippe Turcotte dans son Histoire de l'Île d'Orléans mentionne que Gabriel Royer (Roger; il s'agit évidemment d'une erreur) se fixa dans l'Île d'Orléans en 1667.

Il est possible qu'il soit arrivé au Canada quelques années plus tôt s'il faisait partie du Régiment de Carignan-Salières. Les dates semblent concorder et le fait que Gabriel soit orphelin vient soutenir cette hypothèse. De plus, nous avons noté la présence d’un officier du régiment de Carignan au mariage de Gabriel, selon le contrat de mariage. Nous n’avons pu étayer notre hypothèse d’aucune preuve formelle. Nous continuons notre recherche dans ce sens.

Gabriel obtint en 1667 une concession de Mgr de Laval. Une copie de cette concession apparaît à l’annexe 1. Les Archives de Québec nous fournissent les informations suivantes quant à la terre No 21, Nos de cadastres 41 et 42, et la terre No 23, Nos de cadastre 46, 49 et 50:

* Le 2 juin 1667, concession de Mgr de Laval à Gabriel Roger (1639-99), 3 arpents.

Gabriel n'est pas porté sur les listes du recensement des années 1666 et 1667. D'autre part, nous constatons son mariage au mois d'octobre 1669, alors qu'il est rapporté comme habitant de l'Île d'Orléans.

Les premières traces qu'on trouve de notre premier ancêtre dans les archives de ce pays sont les minutes du notaire Becquet en date du 14 octobre 1669, et dans les registres de l'église de Notre-Dame de Québec, en date du 30 octobre de la même année; ce sont son contrat de mariage et son acte de mariage. Ces deux documents sont inclus à l'annexe 2 et 3 respectivement. Ce sont des documents bien précieux pour la famille Roger. Ce contrat notarié, vieux aujourd'hui de plus de 335 ans, est l'acte solennel par lequel Gabriel Roger brisait les liens qui l'attachaient à sa famille et au bourg de Ste-Verge, et se fixait définitivement dans une nouvelle patrie. Il créait ainsi une nouvelle famille de Roger en Amérique dont il serait le chef et le fondateur.

En effet, le 30 octobre 1669, Gabriel convole en juste noce avec Marie de Lacour, fille de Guillaume de Lacour et de Marguerite Birra de Saint-Germain d’Auxerre, appelée la comète. La famille de Marie était originaire de Paris où Guillaume exerçait le métier de maître-menuisier en la paroisse de St-Germain l'Auxerrois. Lors de sa venue au Canada, Marie était orpheline, et était sous la protection de Madame Anne Gasnier, veuve de maître Jean Bourdon, lequel avait été écuyer, Seigneur de St-Jean et de St-François, et procureur général au Conseil Souverain.

Le contrat de mariage fut rédigé par le Notaire Becquet le 14 octobre 1669 selon « l’advis et consentement de leur amys communs pour ce assemblés a cavoir : » Monsieur Maistre Jacques de Cailhault de la Tesserie, conseiller du roi au Conseil Souverain de ce pays, avec sa future épouse Éléonore de Grandmaison, Dame Anne Gasnier, veuve de feu Maistre Jean Bourdon, Seigneur de St-Jean et de Saint fran., Procureur général au Conseil Souverain, et Valentin Frappier, sieur de Beauregard, lieutenant d’une compagnie d’infanterie au régiment de Carignan.

La Société des Filles du roi et des soldats du Carignan, Inc. (SFRSC) nous apprend sur son site internet que Marie faisaient partie des « Filles du roi ». La liste alphabétique des Filles du roi selon ce site nous fournit l’information suivante :
“De Lacour, Marie, m. Roger, Gabriel, 12 oct., 1669, (450 livres de dot) (Références: Landry, Yves: Les Filles du roi au xvii'ème siècle (Leméac, 1992); Jetté, René: Dictionnaire généologique des Familles du Québec (Les Presses de l'Univ. de Montréal, 1983).”

Peu après leur mariage, Gabriel et sa jeune épouse s'établissent sur la ferme de Gabriel située à Ste-Famille de l'Île d'Orléans, seule paroisse desservant alors l'île. C'est dans cette paroisse que nous retrouvons les actes de baptême de tous leurs enfants, sauf le premier, Jean-Baptiste, né le 7 septembre, 1670, lequel fut baptisé à l'église de Notre-Dame de Québec. Il est intéressant de noter que l'intendant Jean Talon fut le parrain de ce premier enfant, ce qui démontre que la famille Roger entretenait d'étroites relations avec les meilleures familles du pays.

Marie donna aussi naissance à quatre autres garçons, soit :

Il est intéressant de noter qu’en 1672, La Nouvelle-France comptait 6 700 habitants alors que la Nouvelle-Angleterre en comptait 120 000. En la même année, Louis Buade de Frontenac devient gouverneur général de la Nouvelle-France.

Gabriel avait du caractère et ne s’en laissait pas imposer. Il comparaît devant le Conseil Souverain le 17 avril 1673 pour un différend avec son voisin Jacques Bidet. Ils doivent régler ce différend devant monsieur le curé Duplein. L’histoire ne dit pas de quelle façon le différend fut réglé…

Le 3 octobre 1674, Gabriel achète une terre de Gervais Rocheron à St-Jean de l’Île d’Orléans, à condition qu’il abatte deux arpents de bois sur sa terre de Sainte-Famille. L’enregistrement dans les Archives de Québec suit :

Le site Internet « Purfest Genealogy » nous apprend que Marie de Lacour fut la marraine de Marie Brochu qui est née dans la paroisse St-Jean de l’Île d’Orléans le 13 juillet 1675. Marie Brochu a épousé Jean Tanguay le 24 janvier 1692. Les Brochu était les voisins des Roger du côté ouest.

Gabriel eut la douleur de perdre son épouse Marie le 19 octobre 1677. Or, elle avait donné naissance à Louis, son cinquième garçon, le 9 octobre 1677, soit dix jours avant son décès. Il est donc très probable qu’elle soit décédée des suites de son accouchement. Nous n’avons pu retracer son acte de sépulture.

Le recensement général de 1681 nous fournit les renseignements suivants :

Dans la généalogie des Brochu, on mentionne que le 17 octobre 1684, Jean Brochu et Jacques Bidet prennent à ferme (céder jouissance d’un domaine agricole contre redevance) pour cinq ans la terre de Gabriel Roger, leur voisin commun. Chacun des deux voisins cultive sa nouvelle moitié. Est-ce à dire que Gabriel s’installe avec ses enfants sur la Terre No 23 acheté de monsieur Rocheron?… ou qu’il entreprend de la défricher?…

Gabriel était de nature généreuse. Suite à quelques semaines d’hospitalisation, et en reconnaissance pour des soins reçus, il promet le 7 mars 1687 de verser aux pauvres de l’Hôtel Dieu de Québec, la somme de 10 livres pendant cinq années consécutives. Le 24 mai suivant, alors qu’il était toujours hospitalisé, il devait pourtant la somme de 52 livres à Claude Dubreuil.

Gabriel fait procéder à l’inventaire de ses biens par le notaire Étienne Jacob le 15 novembre 1687. Ses biens meubles sont évalués à 653 livres. Il possède deux terres dont une de six arpents en valeur (Terre No 23?) et l’autre de dix-huit arpents en valeur (Terre No 21?). Il possède une maison de vingt-deux pieds par dix-huit pieds.

Le 17 novembre 1687, Gabriel épouse en seconde noces Marie-Louise Beaupère (Bolper), 36 ans, en l'Église de St-François. Marie-Louise est née en 1651, du mariage de Gilles Beaupère et de Nicole Richer. Elle était native de Pont-Tanchefetu, France, où demeurait son père Gilles. Aucun enfant ne naît de cette union.

Marie-Louise faisait aussi partie des « Filles du roi ». Elle avait reçu une dot de 350 livres lors de son premier mariage le 12 octobre 1671 avec François Marceau alors qu’elle était une orpheline âgée de vingt ans.

Gabriel fut nommé tuteur des cinq enfants issus du premier mariage de Marie-Louise, soit Jacques-François, né le 7 septembre, 1672, Reine ou Marie-Reine, née le 5 mars, 1676, Louis, né en avril, 1678, et Suzanne, née le 28 décembre, 1680. Les enfants de Gabriel et de Marie-Louise vécurent tous sous le même toit.

L’histoire nous dit que Gabriel avait fait affaires avec François Marceau, le père de Marie-Louise, et que les deux étaient très liés. Lors du décès de François, celui-ci devait 65 livres à Gabriel pour l’achat de diverses fournitures. Le fait que Gabriel et François venaient tous les deux du Poitou, tous les deux Poitevins, (Ste-Verge pour Gabriel et Thiré pour François) pourrait être à l’origine de leur solide amitié, amitié qui s’est soldée par deux mariages entre les deux familles : Gabriel a marié la veuve de François, et… le fils de Gabriel, Joseph, a épousé Marie-Reine Marceau, fille issue du premier mariage de Marie-Louise et de François. Ainsi, Gabriel était le beau-père de l’épouse de Joseph à deux comptes…

Le site de généalogie (Internet) des Marceau (http://pages.infinit.net/fidele/hmarceau2.htm) mentionne que Marie-Louise Bolper était une « personne attachante » et que Gabriel, son second mari, était « un homme instruit et délicat… (et) qu’il était un grand ami de la famille (Marceau) ». Il était Poitevin comme l’aïeul François Marceau.

Le Dictionnaire biographique des ancêtres québéçois (1608-1700) de Michel Langlois nous apprend les faits suivants :

La propriété (Terre 21) de Gabriel apparaît à la carte Villeneuve issue en 1689, dans la paroisse St-Jean, sous le numéro 15. Par contre la propriété acquise de Monsieur Rocheron n’apparaît pas sur la carte. Les Archives de Québec contiennent l’enregistrement suivant :

« Terre No 23, de Gervais Rocheron, de 3 arpents

1689, carte de Villeneuve, p. 170, cette terre de Gabriel Roger a été omise »

Toujours en 1689, la population de la Nouvelle-France se chiffre à 15 000 habitants alors que celle de la Nouvelle Angleterre s’élève à 200 000.

Le 16 octobre 1690, Les Anglais tentent de prendre Québec. L’assaut se fait sous les ordres de Sir William Phipps. Un émissaire vient sommer le gouverneur Frontenac de se rendre. Frontenac lui fait cette célèbre réponse : « Je n’ai pas de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons… » Les anglais bombardent Québec pendant deux jours, mais leurs coups demeurent vains. Les Anglais lèvent l’ancre.

Par contre, les récoltes sont particulièrement mauvaises en 1690, et il existe une extrême misère dans la colonie l’année suivante. En 1692, la perte de nombreux navires vient ajouter à la misère. L’anguille devient la « manne de l’Habitant ».

Le 12 août 1994, Joseph, le quatrième fils de Gabriel, épouse Marie Reine Marceau.

Gabriel est décédé le 24 juillet 1699, et fut inhumé le jour suivant à St-Jean, Île d'Orléans. Il avait soixante ans.

Le 3 février 1701, Marie-Louise épouse en troisième noces Antoine-Olivier Quinniart, dit Duplessis, sergent de la marine.

Des cinq fils de Gabriel, deux seulement ont survécu à leur père, soit Gabriel et Joseph. En effet, les Archives de Québec font état des faits suivants:

1702, août 1702, partage entre Gabriel Roger (fils), chirurgien, de la Rochelle, de passage à Québec, et Joseph Roger (1676-1738), son frère, fils de feu Gabriel Roger (1639-99) et de feue Marie de Lacour ( - 1677), chacun héritier pour une moitié franche, par la mort de Louis, Jean (Jean-Baptiste) et Nicolas Roger, leurs frères, décédés après leur mère, mais avant leur père. Cette terre revient à :

Roger, Gabriel, fils (1672-1710), chirurgien (de La Rochelle), 3 arpents

1707, 10 février, vente de Gabriel Roger, chirurgien, de La Rochelle, de passage à Québec, à :

Fortier, Jean-Baptiste (1681-1739), de St-Laurent, 3 arpents. »

Cette vente de 3 arpents de terre de Gabriel Roger (fils) à Jean-Batiste Fortier est tout à fait inattendue et surprenante pour nous. Gabriel (fils) est le frère de notre ancêtre paternel Joseph (fils de Gabriel) alors que Jean-Baptiste Fortier est le frère de notre ancêtre maternel Pierre-Noel Fortier. En effet, ma mère se nomme Marie Jeanne Fortier et son premier ancêtre Fortier arrivé au Canada est Antoine Fortier, le père de Jean-Baptiste Fortier.

« Terre No 23, de Gervais Rocheron, de 3 arpents

1699, 5 novembre, inventaire de feu

Roger, Gabriel, décédé il y a 3 mois (veuf de Marie de la Cour, remarié à Marie-Louise Bolper, veuve de François Marceau); et partage le lendemain

1702, 2 août, partage entre Gabriel Roger (fils), chirurgien, de la Rochelle, de passage à Québec, et Joseph Roger (1676-1738), son frère, fils de feu Gabriel Roger (1639-99) et de feue Marie de Lacour ( - 1677), chacun héritier pour une moitié franche, par la mort de Louis, Jean (Jean-Baptiste) et Nicolas Roger, leurs frères, décédés après leur mère, mais avant leur père. Cette terre revient à :

Roger, Joseph (1676-1738), 3 arpents 1709, carte de Catalogne »

Nous n’avons pu retracer les faits entourant « l’inventaire de feu » de la Terre No 23. Cet inventaire eut lieu en novembre 1699 alors que Gabriel est décédé en juillet de la même année. Nous n’avons pu établir non plus les dates et causes de décès des trois enfants de Gabriel (père), soit Jean-Baptiste, Nicolas et Louis. Nous ignorons s’il y a une relation causale entre la mort de Gabriel père et ses trois fils et l’incendie.

Ainsi donc, deux des fils de Gabriel ont survécu à leur père, soit Gabriel (fils) et Joseph. Gabriel rentra en France et exerça la profession de chirurgien à La Rochelle. Quant à Joseph, il demeura à l'Île d'Orléans, et fut donc l'ancêtre de tous les Roger en Amérique.


JOSEPH ROGER ET MARIE-REINE MARCEAU

Le 1er mai 1676 naquit Joseph Roger, fils de Gabriel Roger et de Marie de Lacour. Joseph fut baptisé à Ste-Famille de l'Île d'Orléans.

Le 20 avril 1694, à St-François, Joseph épouse Marie-Reine Marceau, née le 5 mars 1676 à Ste-Famille, Île d’Orléans, et fille de François Marceau et de Marie-Louise Beaupère (Bolper).

Nous avons mentionné précédemment que Gabriel, le père de Joseph, avait épousé en secondes noces Marie-Louise Beaupère (Bolper). Or, Marie-Reine Marceau était la fille issue du premier mariage de Marie-Louise Beaupère (Bolper) et de François Marceau. Marie-Louise avait eu plusieurs enfants de son premier mariage. Les deux familles avaient vécu dans la même maison et le mariage de Joseph et de Marie-Reine est une preuve de la bonne entente qui existait entre les deux familles. Qu’on en juge par l’anecdote qui suit!

Le site Internet « Bob’s Genealogy Site » relate une série d’événements assez tragiques concernant Suzanne Marceau, née le 28 décembre 1680, fille cadette de Marie-Louise Bolper et François Marceau, et donc sœur de Marie-Reine Marceau. Elle devait prendre Joseph Roger comme légitime époux et avait conclu un contrat de mariage à cet effet. Le mariage fut cassé en faveur de sa sœur Marie-Reine. Suzanne a épousé par la suite le soldat breton Jean Cojean le 7 septembre 1699. Tragiquement, Suzanne est décédée une semaine après la naissance à son premier enfant le 3 mai 1700.

Joseph et son épouse joignirent leur père Gabriel sur ses terres de l'Île d'Orléans. Gabriel décéda cinq années plus tard. La propriété de Joseph (Terre No 23) est citée sur la carte dite Catalogne datant de 1709, dans la paroisse de St-Jean de l’Île d’Orléans, sous le numéro 187.

Au cours du XVIIIe siècle, la Nouvelle-France du Saint-Laurent est de plus en plus fréquemment appelée le Canada. En 1715, la population du « Canada » se chiffre à 18 500 personnes alors que la Nouvelle-Angleterre en compte 434 000. Toujours en 1715, Louis XIV décède et c’est son arrière-petit fils, Louis XV, âgé de cinq ans, qui lui succédera sur le trône. En attendant, le duc Philippe d’Orléans assume l’intérim.

Joseph et Marie-Reine donnèrent naissance aux onze enfants suivants:

Dans le guide du sanctuaire de Ste-Anne de Beaupré, nous pouvons lire en page 169 l’annotation suivante concernant un don de reconnaissance reçu en 1716 : « Reçu de Monsieur Roger la somme de 124 livres pour une messe solennel et un tableau». Le tableau mesure 7 pieds et 9 pouces par 6 pieds et représente un bateau de guerre pris dans la glace et dérivant vers les récifs. Les marins, armés de gaffes, poussent sur les glaces pour les éloigner du bateau. Sur le pont du bateau, les passagers sont en prière alors qu’en haut du tableau, sainte Anne se manifeste comme protecteur. Ce tableau est conservé au musée de la basilique et porte le numéro 70 sur la liste des artéfacts.

J.P. Asselin, un rédacteur des Annales de Ste-Anne, fournit l’interprétation suivante : « il est probable que Monsieur Roger était le marchand qui a contribué au sanctuaire. Il s’agit de Gabriel Roger, époux de Marie-Louise Bolper, veuve de François Marceau. (Annales de Sainte Anne, 1958, page 325). Bien sûr les dates ne coïncident pas puisque Gabriel est décédé en juillet 1699. Par contre, il pourrait s’agir de Joseph, le fils de Gabriel, qui était alors âgé de 40 ans. Toutefois, il existe d’autres Roger qui sont arrivés en Amérique :

À mois qu’il ne s’agisse d’un marchand de passage momentanément à Québec vers les années 1716, il est fort probable que Joseph, fils de Gabriel, est l’auteur du don mentionné ci-haut. Il demeurait encore à l’Île d’Orléans à ce moment.

Joseph eut la douleur de perdre son épouse, Marie-Reine Beaupère (Bolper) le 2 janvier 1724; elle était âgée de 47 ans. L'acte de sépulture apparaît aux registres de la paroisse de St-Nicolas.

Le 23 octobre 1724, Joseph épousa en seconde noce Marie Cauchon, née en 1685, et fille de Jacques Cauchon et de Marie Barbe Delphine le Tardif. De cette union naquit Marie-Josephte, baptisée à St-Antoine de Tilly le 10 novembre 1725, et mariée à St-Nicolas le 1er juillet 1743 à Charles Claude Paré, fils de François Paré et de Claire Lacroix.

Un dénombrement (recensement) fut fait en 1725 alors que la Terre No 23 était la propriété de Joseph. Les Archives de Québec fournissent les renseignements suivants :

Nous ignorons la date précise à laquelle Joseph déménagea à St-Nicolas. Cette date devrait se situer entre 1719 et 1724 puisque son fils Gabriel fut baptisé à Ste-Famille en 1719 et que Marie-Reine fut inhumée à St-Nicolas le 2 janvier 1724. Par contre, la Terre No 23 demeure toujours la propriété de Joseph lors du dénombrement d’août 1725. Il est probable que Joseph déménagea à St-Nicolas peu avant le décès de Marie-Reine.

En 1735, « de Québec à Montréal, sur la rive nord du Saint-Laurent, on inaugure le Chemin du roy… Désormais, on peut aller d’une ville à l’autre avec un seul cheval, en quatre jours » (Provencher, p. 71). Il est intéressant de noter que le Chemin du roy traverse la paroisse de St-Nicolas.

Marie Cauchon décéda le 7 janvier 1736 et fut inhumée à St-Nicolas.

Joseph (père) demeura à St-Nicolas. C'est dans les registres de cette paroisse qu'on trouve son acte de décès en date du 28 avril 1738. Il était alors âgé de 62 ans.

Sept des douze enfants de Joseph moururent en bas âge. Trois filles, soit Marie-Jeanne, Marie-Anne, et Marie-Josephte, et deux garçons, soit Joseph (fils) et Gabriel parvinrent à l'âge adulte et se marièrent. Une des trois filles élut résidence à St-Nicolas alors que les deux autres s’installèrent à St-Antoine de Tilly. Le deux garçons quant à eux fondèrent deux groupes de la famille Roger.

Joseph, fils aîné, alla s'établir au Sault-aux-Récollets près de Montréal, où il épousa le 22 octobre 1736, Suzanne Leblanc, née en 1716. Le couple donna naissance aux quatre garçons suivants:

Joseph (fils) fut enlevé prématurément à sa famille après 10 ans de mariage, soit le 12 mai 1747. Deux de ses fils parvinrent à l'âge adulte, se marièrent et laissèrent des enfants dont les descendants se sont multipliés jusqu'à nos jours dans cette région.

Gabriel s'établit dans le comté de Lotbinière, et ses descendants forment un autre groupe de la famille Roger. Vous appartenez à ce groupe.


GABRIEL ROGER ET MARIE CHARLOTTE BERGERON

Gabriel est né le 30 avril 1719 à Ste-Famille de l'Île d'Orléans. Il est le onzième enfant de Joseph Roger et de Marie-Reine Marceau. Gabriel suivit ses parents à St-Nicolas en 1720. Il s'installe d'abord dans cette paroisse, et déménage plus tard à St-Antoine de Tilly.

Le 18 avril 1746, il épouse, à St-Nicolas, Marie-Charlotte Boucher, née en 1726 et fille de Jean-François Boucher et de Marie-Geneviève Fréchette. Le couple donne naissance aux sept enfants suivants lesquels sont tous nés à St-Antoine de Tilly: