Julien Fortin
titre Lignée directe de Julien à Thomas
L'ancêtre Julien

 

Julien Fortin dit Bellefontaine

C'est à St-Cosme-de-Vair, le 9 février 1621, en bordure du Perche, France, que fut baptisé l'ancêtre Fortin. Julien avait une soeur, Hélène, et trois frères.

Il était le demi-frère de huit autres enfants par Julienne Guillemin. Son père, de même prénom, Julien, fils de Simon, exerçait le métier de boucher. Notre ancêtre perdit sa mère, Marie Lavye, à l'âge de 7 ans, le 24 novembre 1628. Marie Lavye, fille de Gervais, s'était mariée à Julien, père, le 26 novembre 1618, paroisse Notre-Dame.

 

Son Arrivée au Canada

Robert Giffard, médecin, maintenant propriétaire de la seigneurie de Beauport en Nouvelle-France, avait visité en 1634 l'auberge célèbre du Cheval-Blanc possédée par le grand-père maternel de Julien, Gervais Lavye. Le futur colon Fortin avait alors environ 13 ans, mais peut-être futil frappé par les arguments percutants du seigneur Giffard. En 1650, Robert revint au pays natal. Plusieurs citoyens de l'endroit, dont Julien, décidèrent de venir au Canada en compagnie du colonisateur.

Julien, 29 ans, se rend au port maritime de Dieppe, en Normandie, passe trois longs mois en mer à cause des vents contraires, sur un vaisseau qui à la fin de l'été 1650 accoste au quai de Québec. Avec Julien, mettaient pied en terre d'Amérique les passagers Simon Rocheron et sa soeur, Marie; Rouillard, charpentier; Claude Bouchard, tailleur d'habits; Simon Lereau, l'ancêtre des L'Heureux, et plusieurs autres émigrants. Certains auteurs situent plutôt l'arrivée de ces colons entre 1648 et 1650.

 

Colon actif et prospère

Arrivé depuis deux mois à peine au pays, Julien Fortin dit Bellefontaine, peut-être parce qu'il possède des économies rondelettes où il peut puiser, achète le 26 décembre 1650 une terre de 5 arpents de front à Ste-Annede-Beaupré. Il la revendra à Robert Caron, le 27 mars 1654, pour la somme de 500 livres.

Le 23 août 1657, Julien devient en partie possesseur de la seigneurie de Beaupré et de l'île d'Orléans. Le vendeur était Charles de Lauzon-Charny, lieutenant de la NouvelleFrance, .fils de Jean et de Louise Giffard. Devant Rouer de Villeray, Julien achête cette part pour 700 livres tournois payées "en nature de castor... Le Il février 1662, il la revendit à Mgr de Laval pour 750 livres.

Le 4 juin 1659, le prospère colon se fait concéder une terre de 6 arpents de front par une lieue et demie de profondeur au Cap Tourmente. Ce territoire est appelé aujourd'hui "Côteau-Fortin". Les recensements de 1666, 1667 et 1681 indiquent qu'il y demeure. En 1667, deux domestiques: Léonard et François Jarivet étaient à son service. Il avait 8 arpents de terre en valeur et 7 bestiaux à l'étable. Julien demeura à St-Joachim jusqu'à sa mort.

Julien posséda également le lot 149, 12 arpents de largeur par une lieue et demie de profondeur, à la PetiteRivière dans Charlevoix, lot acquis à la date du 12 mars 1685.

 

Citoyen engagé

Le 2 février 1660, jour de la Purification de Marie, Julien reçoit le sacrement de confirmation de Mgr de Laval, à Château-Richer.

Le 6 octobre de la même année, entre les mains du père François Le Mercier et des marguilliers François Bélanger et Joseph Macé-Gravel, Julien fait don à l'église de N.-D.de-la-Visitation. Château-Richer, de la somme de cinquante livres et aussi d'un petit bâtiment en bois.

L'année suivante, 6 octobre 1661. il témoigne devant la Justice pour déposer au sujet des ravages accomplis par les Iroquois: saccages des fermes de Jean Le Picard, de la veuve Caron, de Claude Bouchard et massacre de 6 des nôtres dont Louis Guimond.

Dans le registre des recettes et dépenses de l'église Sainte-Anne,
deux dons ont été consignés:

27 janvier 1665, "dud par Bellefontaine, 20 S", c'est-à-dire une livre;
"receu de bellefontaine deux minots de bled", au début de 1665.

Par acte notarié, 18 août 1680, Julien

"donne à Pierre Voyer, Guillaume Boucher et Félix Auber, marguilliers de Château-Richer pour l'église de Château-Richer et de l'Eglise de Ste-Anne une maison sise au Château-Richer proche de l'église, avec un fournil au bout, bornée d'un côté Thomas (mot illisible) pour les deux églises également...

La ditte donnation faites aux dittes églises à cause de la grande dévotion qu'il a en icelles."

L'ancêtre Fortin nous apparaît comme un homme de foi généreux et aussi d'attachement sincère à Marie et à sainte Anne.

 

Père d'une famille nombreuse

Julien, Il novembre 1652, avait épousé Geneviève Gamache âgée de 17 ans environ, fille de Nicolas Gamache dit Lamarre et de Jacqueline Cadot, de St-Illiers, diocèse de Chartes, en Beauce, A la cérémonie, furent présents le père de Genevière, Nicolas Gamache, Sieur Le Tardif, Louis Gagné et Claude Auber, notaire. Le père Ragueneau, s.j., bénit le mariage au Cap Tourmente, alors dans les limites de Ste-Anne, probablement à la maison de Louis Gagné. Le contrat de mariage avait été passé chez Toussaint, au même endroit, le 22 août 1652, devant le notaire Claude Auber.

Grande joie au foyer en ce 21 octobre 1654: une fille venait de naître, Barbe! Le 10 du mois suivant, le père Paul Ragueneau, de passage à la maison du dit Bellefontaine, à la Côte de Beaupré, fit les cérémonies du baptême. Le grand Sénéchal au Pays, Jean de Lauzon assistait comme parrain. Barbe Aymart, femme du Sieur Le Tardif, marraine, lui fit don de son prénom. Puis, jusqu'au 15 juin 1677, distants en moyenne de 23 mois, suivirent Charles, Eustache, major de milice au Cap-St-Ignace, Jacques,

Geneviève, Joseph, Marie-Anne, Julien, Pierre, Louis, Jean baptisé à l'église de Ste-Anne-de-Beaupré et Marguerite la cadette: 8 garçons, 4 filles.

 

Décès des enfants de Julien

Si de grandes joies attendent les familles nombreuses, il arrive aussi que des croix apparaissent. En 1687,Julien (fils) et Louis respectivement âgé de 20 et 16 ans décédèrent dans la fleur de l'âge. Quelle épreuve! Quelques mois auparavant, le 10 août, Pierre Gagnon , l'époux de Barbe, l'aînée, avait été inhumé à Ste-Anne-de-Beaupré. Ils étaient victimes des épidémies de fièvre pourpre et de rougeole qui sévissaient cette année-là dans la région. La petite vérole de 1702-1703 emportera Marie-Anne, Marguerite, Geneviève et Joseph.

 

Un miracle de sainte Anne

Le curé Thomas Morel en 1667 consigna par écrit les miracles accomplis par l'intermédiaire de Ste-Anne du petit Cap, Coste de Beaupré en Canadas. Le paragraphe suivant relate un prodige arrivé vers 1666 en faveur de la famille Fortin.

"Barbe fortin, fille de Julien fortin bellefontaine habitant de Beaupré, âgé de douze ans ou environ attaquée d'une
pleurésie et en danger de mort, ayant esté recommandée Ste Anne par ses pere et mere qui lui firent un voeu et une neuvaine receut aussytot parfaite guérison a la fin de la neuvaine.
"

 

Partez! âmes chrétiennes

Nous ne connaissons pas la date exacte de la mort de l'ancêtre Fortin. Le 18 juin 1689, Julien est parrain de sa petite-fille, Marie, fille de Geneviève et de Noël Gagnon. Puis, plus rien! Aux secondes noces de Barbe avec Pierre Lessard, 16 avril 1690, Julien ne signe pas comme témoin. Il serait décédé entre ces deux dates. La colonie avait perdu un grand homme.

Geneviève Gamache continua l'exploitation des biens de son défunt mari. Elle alla terminer ses jours chez son fils Charles, à l'Islet, non loin du fief de son frère, Nicolas Gamache dit Lamarre. Elle eut sa sépulture à N.-D.-de-Bonsecours, Islet, 5 novembre 1709.

Le 17 août 1777, un enfant issu de la 3e génération Fortin était ordonné prêtre. Jean-Marie fut curé du Sault-auRicollet, de Lotbinière, de Ste-Foy et de St-Jean, île d'Orléans. Il mourut à l'Hôpital-Général de Québec, le 9 décembre 1829. Inhumation à St-Jean, 1.0.

 

" Honneur aux ancêtres! Vive sainte Anne!"

 


Nos Ancêtres, Gérard Lebel, C.S.R.

BIBLIOGRAPHIE
Greffe Auber, 23 octobre 1652; 26 juin 1658; 6 octobre 1660; 31 octobre
1661; 13 novembre 1662; 25 juin 1663; 2 juin 1664; 6 juillet 1664: 10 février 1666; 13janvier 1670; 3 août 1670; 13janvier 1677; 18 août 1680,
Greffe Audouart, 30 septembre 1659; 6 octobre 1661 (ce contrat est perdu).
Greffe E. Jacob, 12 mars 1685: vente de Pierre Laforest dit Labranche à Julien Fortin; 24juin 1695.
Greffe Peuvret, 24 février 1658; 15 octobre 1658: 10 octobre 1659.
Greffe Rageot, 2 février 1667; 18 mars 1667.
Greffe Vachon, 16 janvier 1674; 7 janvier 1676; 27 janvier 1676.
Baillargeon. Noël, Le Séminaire de Québec sous J'Episcopat de Mgr de
Laval(1972),pp. 195, 199,206,207.
Drouin, Gabriel. Dictionnaire National des Canadiens-Français (1965), vol. 3, pp. 1564-1565.
Fortin, Cora, Premier Fortin d'Amérique, Julien Fortin. Cahier spécial F,
" Société de Généalogie de Québec ( 1974), 82 pages.
Fortin, J.-Henri, De France au Canada. Charles Fortin (manuscrit 1973), 89 pages.
Gaejépy, Raymond, Les Seigneuries de Beaupré et de J'He d'Orléans (1974),pp,25,32,51,53,60,61,81,82, 133, 144, 158, 159, 160,164.
Laberge, Lionel. Histoire du Fief de Lotinville 1652-1690 (1963). pp. 28, 109, 286,

Marquis, Charles-Eugène, Nos Fortin. dans la revue paroissiale de SainteAnne-de-Beaupré MON CLOCHER. 1964. pp. 38-40.
Archives de Sainte-Anne-de-Beaupré, p. 14, b. 1. doc. 410, XVIII. Archives du Séminaire de Québec, tablette 19,9, no 390; Saint-Joachim, 92.
Mémoires de la Société Généalogique Canadienne-Française, vol. 25, pp. 155-168.

Rapport de J'Archiviste de la Province de Québec, vol. 16, p. 6. Barbe Fortin est pensionnaire chez les Ursulines de Québec.

 


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