Le
sillonnage cyclosportif
Texte
: Jacques Martel
Figures
: Pierre Lesage
Entre 25 et 30 km/h, 80 % de l’énergie que vous dépensez,
sert à combattre la force de frottement de l’air. Pour améliorer votre
rendement, il vous faut donc réduire cette force de frottement. Vous pouvez, pour
ce faire, réduire votre coefficient de frottement (être plus aérodynamique) en
diminuant l’emprise du vent (pneus étroits, pas de garde-boue, pas de vêtements
qui battent au vent etc.) et en prenant une position aérodynamique ; mains
en bas du guidon et coudes légèrement repliés. On peut aussi réduire le
frottement de l’air
en roulant dans le sillon d’un autre cycliste ou mieux,
dans le sillon produit par plusieurs cyclistes (un peloton).
C’est ce qu’on appelle faire du
sillonnage.
Le présent article fait l’étude des règles que nous
devrions normalement respecter lorsque l’on pratique cette technique de
sillonnage. Plusieurs livres ou revues traitent ce sujet, mais ces articles
s’adressent presque toujours à des cyclistes qui font ou qui ont
l’intention de faire de la compétition. Le contexte ici est très différent
; des cyclistes qui roulent en groupe et qui s’entraident en utilisant entre
autres cette technique de sillonnage. On parle alors de «sillonnage
cyclosportif».
1- L’efficacité du sillonnage
Le
graphique
ci-contre donne la vitesse d’un cycliste en fonction de la
puissance qu’il fournit. Chacune des trois courbes
correspond à une situation
particulière :
Courbe A : Valable pour un cycliste qui roule
seul en position standard c’est-à-dire avec les mains sur le haut du guidon
et avec les bras tendus.
Courbe B : Le cycliste roule seul, en position
aérodynamique optimale, les mains en bas du guidon et les
coudes légèrement
repliés.
Courbe C : Le cycliste est en
position aérodynamique
et roule dans le sillon d’un autre cycliste.
Un cycliste en bonne forme physique peut
maintenir une
puissance d’environ 150 watts pendant 2 à 3 heures. En position standard,
sa vitesse moyenne serait de 26 km/h et en position aérodynamique (durant tout
le trajet) sa moyenne serait de 28 km/h. Le même cycliste avec le même effort
aurait une moyenne de 35 km/h s’il faisait tout le parcours protégé derrière
un autre (sans prendre de relais !) Un gain de 9 km/h soit 34% plus rapide en
sillonnage qu’en position standard. Cet écart est d’autant plus grand que
la puissance fournie est grande. À 250 watts, le gain serait de 11 km/h (42%).
2-
Le sillonnage cyclosportif
versus le sillonnage compétitif.
Plusieurs cyclistes font l’erreur de penser que le
sillonnage est une activité réservée au monde de la compétition. D’autres
ne font aucune différence entre le sillonnage de compétition et le sillonnage
utilisé durant une sortie cyclosportive. En réalité, les
compétiteurs et les
cyclosportifs utilisent des techniques semblables de sillonnage, mais leur
comportement peut être différent dans plusieurs situations particulières. Ces
différences sont dues aux buts visés par le sillonnage.
En compétition le sillonnage est utilisé afin de réduire
l’effort. On veut garder ses forces pour «clencher» l’autre au bon moment.
Le cycliste arrière est «profiteur» et celui d’en avant fait profiter de
lui. L’entraide est involontaire.
Le contexte d’une sortie cyclosportive est très différent.
L’ensemble des cyclistes forme une équipe
sportive qui s’entraide le mieux possible afin de combattre un ennemi
commun : le frottement de l’air. Les cyclosportifs font un travail d’équipe
tandis que les compétiteurs sont individualistes. De plus, le cyclosportif ne
recherche pas une bonne vitesse pour gagner, mais pour le plaisir de «vivre»
cette vitesse c’est-à-dire pour le plaisir purement sportif de rouler vite.
Ces différences dans les buts visés ont des conséquences sur le
comportement de ces cyclistes.
Il faut toutefois admettre qu’en plusieurs cyclosportifs
sommeille (surtout chez les plus rapides) un petit compétiteur. Durant les étapes «plus
chaudes» d’une sortie cyclosportive, il arrive parfois que plusieurs
ressentent, en même temps, le besoin de se comparer. Qu’à cela ne tienne, le
plaisir étant la première règle de ces regroupements, on ne peut faire
autrement que d’accepter qu’un sous-groupe d’adultes consentants puisse
occasionnellement basculer du type cyclosportif à compétitif.
3- Le sillonnage est une activité qui comporte ses risques.
Mouvement et risque sont des notions indissociables.
Le risque
«
zéro » n’est possible qu’assis dans son salon avec
casque et «jack-strap» et entouré de tous les types de détecteurs possibles.
Pour faire une activité, il faut accepter les risques qui lui sont associés.
Oui, le sillonnage est une activité qui comporte des risques, mais moins que de
rouler en auto sur le Métropolitain durant les heures de pointe ou de fumer un
paquet de cigarettes par jour ou de faire de la descente en ski alpin etc.…
L’important n’est pas que de faire des activités à risque «zéro», mais
de limiter au maximum les risques inhérents à une activité qu’on aime
faire. Le sillonnage bien fait est peut-être dix fois moins dangereux que du
sillonnage mal fait. Les sillonneurs expérimentés et prudents savent ce
qu’il faut faire pour réduire les risques. Bien sûr, le danger de chute
n’est pas pour autant complètement éliminé, mais la probabilité qu’elle
se produise peut être ramenée à un niveau très acceptable.
La section qui suit vous explique les comportements à
avoir pour réduire le plus possible les risques d’accidents en sillonnage.
Lisez-les attentivement et discutez-en au besoin avec d’autres cyclistes. Évidemment,
la théorie ne remplacera jamais la pratique ; l’expérience ne s’acquiert
qu’en expérimentant.
4- La technique du sillonnage
Il n’est pas toujours nécessaire, lorsqu’on roule en
groupe, d’appliquer l’ensemble des règles décrites ci-dessous.
Durant la période de réchauffement ou à un moment où le groupe
ralentit pour reprendre son souffle, chaque cycliste a le réflexe de se donner
une distance de manœuvre suffisante autour de lui afin de pouvoir rouler plus décontracté.
Au fur et à mesure que la vitesse augmente, le peloton se ressert. Plus la
vitesse est grande, plus les cyclistes se rapprochent les uns des autres, plus
il faut être vigilant et respectueux des règles de base du sillonnage.
4 - a)
La régularité ; règle
maîtresse du sillonnage.
1-
Maintenez constante la distance entre
vous et le cycliste qui vous précède.
Si vous laissez celui qui vous précède prendre de
l’avance, il vous faudra ensuite accélérer pour le rejoindre. Ceux qui
sont derrière vous devront aussi accélérer pour réussir à vous suivre.
Évitez le plus possible d’utiliser les freins. En cas
d’urgence, il est préférable de briser la file et de se placer à côté
de la personne qui nous précède.
2- Ayez
un coup de pédale régulier. N’arrêtez pas inutilement de pédaler.
Cesser de pédaler est pour celui qui vous suit le premier
signe d’un éventuel ralentissement. Vous lui imposez ainsi un «garde à vous»
inutile qui peut même devenir stressant à haute vitesse. Si vous vous arrêtez
souvent de pédaler vous lui enlevez alors un indicateur important.
3-
Maintenez votre vélo sur une ligne
droite, la plus régulière possible.
Un bon rouleur se reconnaît à la régularité de sa ligne de
roulement. Il est beaucoup plus agréable de suivre un cycliste qui respecte
cette règle. Elle n’est évidemment pas facile à respecter avec le nombre
astronomique de trous que l’on retrouve sur nos chaussées québécoises.
Attention toutefois, sachez qu’il est plus sécuritaire, lorsqu’on
roule en peloton, de passer dans les petits trous que de systématiquement
essayer de les éviter. Autrement dit, en peloton il faut être moins tatillon
sur les trous que lorsqu’on roule seul.
Par
vent de travers avec bourrasques, il est pratiquement impossible de maintenir
une ligne droite. Essayez tout de même de faire de votre mieux.
4-
Restez sur la ligne de roulement du
cycliste qui vous précède.
Le cycliste qui vous précède vous cache une partie de la
chaussée. Vous aurez peut-être le réflexe de zigzaguer de part et d’autre
afin de continuellement vérifier l’état de la chaussée qui se présente à
vous. Cette façon de faire est épuisante pour vous et stressante pour celui
qui vous suit. Vous risquez, en
plus, d’avoir une très mauvaise surprise en passant dans un trou qui a été
frôlé par celui qui vous précède. Dites-vous que si celui qui vous précède
passe, il n’y a pas de raison pour que vous ne passiez pas vous aussi.
4 - b) La conduite du vélo.
5- Ne regardez pas
directement la roue du cycliste qui vous précède.
Un joueur de hockey ne doit pas regarder la rondelle
directement et lorsqu’on dactylographie un texte on ne doit pas regarder le
clavier. De la même façon, en vélo, on n’a pas à regarder directement la
roue du cycliste qui nous précède. On sait à quelle distance on est de sa
roue, mais c’est notre vision périphérique qui nous transmet cette
information.
6- La distance
entre votre roue et celle du cycliste qui vous précède doit être d’au moins
10 à 15 centimètres et d’au plus une longueur et demie de roue (± 1 m).
Les dix à quinze centimètres vous donnent tout juste le temps
de réagir si une variation de vitesse survient. Se maintenir aussi près de
l’autre demande beaucoup de concentration et ne peut être pratiqué que par
ceux qui ont de bons réflexes et plusieurs kilomètres d’expérience en
sillonnage. À plus d’un mètre de distance (une roue et demie), l’effet de
sillonnage est diminué de beaucoup ; à une longueur de vélo, il n’y a
pratiquement plus de sillon.
7- Ne roulez jamais
dans la zone critique du cycliste qui vous précède.
Nous avons parfois le réflexe, surtout sur les chaussées très
accidentées, de rouler légèrement à côté de la ligne de roulement du
cycliste qui nous précède de façon à voir les trous et crevasses qu’il y a
dans l’asphalte. Cette façon de faire n’est pas mauvaise en soit, sauf
qu’elle peut nous amener à rouler avec notre roue avant juste à côté de la
roue arrière de celui qui nous précède. Nous sommes alors dans la zone de
roulement la plus dangereuse ; c’est ce qu’on appelle la zone critique.
Cette zone critique est représentée
en rouge sur la figure ci-contre. On voit sur cette figure, qu’elle est deux fois plus
large que longue. Il
faut en effet comprendre que le cycliste qui nous précède peut beaucoup plus
facilement faire un déplacement brusque latéral que longitudinal.
Si vous vous donnez un minimum de 10 cm de jeu derrière la
roue d’un cycliste, il faut vous accorder au moins 20 cm de côté lorsque
votre roue chevauche la sienne.
8-
Tous les cyclistes d’un groupe doivent
indiquer de la main toutes les manœuvres
de virage ou d’arrêt.
Habituellement, c’est le cycliste en tête qui indique en
premier un virage ou un arrêt. Pour éviter toute confusion, il est souhaitable
que tous les cyclistes du groupe
indiquent également de la main, la manœuvre à venir. Il est en effet
rassurant de savoir que tous les cyclistes du groupe savent qu’il va falloir
tourner ou s’arrêter.
9- Il est préférable de se
tenir à environ 50 à 75 cm du bord de la route.
Si vous roulez trop près de la bordure de la route, vous vous
enlevez une marge de manœuvre transversale qui peut, devant un imprévu
quelconque, être essentielle. De plus, si vous ne prenez pas assez de place sur
la chaussée, les automobilistes auront le réflexe (surtout durant la rencontre
de deux autos) de vous tasser sur la bordure. Finalement, avec ce jeu du côté
droit de la file, vous pourrez, surtout s’il y a du trafic, faire vos relais
à droite.
10-
Ne dépassez pas vos limites.
Le peloton roule de plus en plus vite. Au début, cette
augmentation graduelle de la vitesse est stimulante. On pousse un peu plus fort
sur les pédales. On tient bien la roue de celui qui nous précède. La
concentration est maximale. Le cœur bat de plus en plus vite. On sent qu’on
pousse ses propres limites. On retire un plaisir qui ne peut pas se décrire
facilement (certains prétendent que c’est chimique). Le groupe insiste.
Les plus forts vont peut-être même lancer un sprint.
Le cœur bat vite, trop vite. Il faut coller au maximum la roue de celui
qui nous précède si on veut suivre…
Stop.
Il y a une limite qu’il ne faut pas dépasser, une limite
au-delà de laquelle vous roulez à tombeau ouvert. Sachez reconnaître ce point
critique et si vous l’atteignez, n’hésitez pas à décrocher. Votre
potentiel de risque est peut-être plus élevé durant ces quelques minutes que
durant tout le reste de l’été. Le sillonnage demande une grande
concentration et il est difficile, voire impossible, de la maintenir lorsqu’on
a dépassé ses limites. Attention, cette règle ne s’adresse pas qu’aux
plus rapides.
Tout le monde a des limites, c’est juste qu’elles ne sont pas à la même
vitesse pour tout le monde.
11-
En effort, ne vous laissez pas distraire et ne distrayez pas les autres
cyclistes.
Pour maintenir votre vitesse de pointe lorsque vous roulez
seul, vous devez déployer tout ce que vous avez comme force musculaire. En
peloton, vous devrez en plus utiliser toute votre concentration. Plus vous
roulez vite plus le sillonnage est important et plus vous devrez vous concentrer
sur votre sillonnage. Évitez alors
tout ce qui peut vous distraire : «pitonner» sur son cyclomètre, vérifier
la position de la chaîne sur les pignons, discuter avec un autre, chercher de
la main sa bouteille d’eau, fouiller dans sa poche pour trouver une barre
tendre, observer la beauté d’un corps de l’autre sexe (ou du sien, c’est
selon) etc. …
4
- c) Les relais.
Le premier cycliste en tête de peloton a nécessairement un
effort plus grand à faire que ceux derrière lui. Normalement, chaque cycliste
d’un groupe occupe cette position à tour de rôle. Lorsqu’un cycliste
laisse sa place en tête de peloton et qu’il rétrograde vers l’arrière du
peloton, on dit qu’il exécute un relais. Nous verrons à la section suivante,
qu’il y a trois façons différentes de former un peloton (file indienne,
lignes parallèles ou en éventail) mais dans tous les cas les relais se font
approximativement de la même façon. Cette section vous explique comment il
faut procéder pour faire des relais sécuritaires et efficaces.
12- Lorsque vous
prenez le relais ce n’est pas à vous d’accélérer, mais c’est à celui
qui vous précède de ralentir.
Lorsque vous prenez le relais, c’est-à-dire lorsque celui
qui est devant vous se tasse pour vous laisser prendre la tête du peloton, il y
a de grosses chances, surtout si vous n’avez pas beaucoup d’expérience, que
vous soyez porté à accélérer de quelques km/h. Une file de cyclistes se
comportant comme un
ressort
ou un accordéon, le dernier à la queue aura à produire une accélération plusieurs fois plus
grande que la vôtre. Vous risquez alors de produire un larguage
involontaire.
Pour éviter d’avoir ce comportement vous pouvez, lorsque vous êtes en deuxième
place dans la file, vérifier sur votre cyclomètre la vitesse à laquelle vous
roulez. Lorsque vous prenez le relais, gardez d’abord cette vitesse constante
(ce n’est pas vous qui devez accélérer, mais celui qui vous passe le relais
qui doit ralentir) tout en évaluant le niveau d’effort physique nécessaire
pour la maintenir. Si, par la suite, il y a une montée ou une descente, c’est
en principe le niveau d’effort physique qu’il faut essayer de maintenir
approximativement
constant.
13 -
Lorsque vous passez le relais :
· Jetez d’abord un coup
d’œil en arrière.
· Indiquez clairement votre
intention de passer le relais à celui qui vous suit.
· Écartez-vous très
doucement de votre ligne de roulement.
· Déplacez-vous de votre
ligne, que d’environ un guidon et demi.
· Rétrogradez le peloton en
frôlant les équipiers.
Pour faire votre relais, choisissez sur la route un endroit où
il n’y a pas de manœuvre particulière à exécuter (un intersection, un
stop, une lumière ou un chaussée particulièrement en mauvais état). Avant de
faire un relais, il est prudent de jeter un coup d’œil en arrière, du côté
où vous avez l’intention de vous déplacer afin de vous assurer qu’il n’y
a pas un cycliste ou une auto qui limiterait votre champ d’action. Vous pouvez
ensuite dire «relais» à celui qui vous suit ou l’annoncer d’un geste
clair de la main, vous écarter doucement de votre ligne de roulement et
finalement ralentir légèrement de façon à rétrograder le peloton..
Lorsqu’il y a peu de vent ou lorsqu’il est de face, il est préférable de
se déplacer vers le centre de la route. Il peut toutefois en être autrement
lorsque le vent est de côté. Nous
discuterons de ce cas particulier à la section F : « La formation en
éventail ».
Il est important de ne pas quitter brusquement sa ligne de
roulement. Certains utilisent cette façon de faire afin d’indiquer clairement
qu’ils laissent la tête du peloton. Vous risquez de surprendre les troisième
et quatrième cyclistes de la file qui ne vous avaient pas initialement dans
leur champ de vision. En vous voyant vous déplacer de façon brusque, ces
cyclistes peuvent avoir l’impression qu’un obstacle majeur se trouve devant
eux, ce qui peut provoquer un ralentissement soudain de tout le peloton.
Pendant que vous descendez vers l’arrière du peloton, vous
devez rester relativement serré sur lui. Votre propre sillon sert alors à tour
de rôle à tous les cyclistes du groupe et dès le début de la descente, vis-à-vis
le 2e ou 3e cycliste, vous commencez vous aussi à
utiliser la partie latérale de leur sillon.
14 -
Si vous ne voulez pas faire les relais :
· Vous devez rester derrière
le groupe afin de ne pas monter dans la file jusqu’à sa
tête
· Si vous n’êtes pas à la
queue d’une file, il est préférable de vous rendre à la tête de la file et
de faire un relais très court de 20 à 30 sec.
Si vous trouvez que le groupe roule trop vite pour vous, vous devez éviter de
prendre les relais. Pour ne pas avoir à faire de relais, il ne faut pas que
vous montiez vers l’avant de la ligne. Il vous faut donc rester derrière le
groupe.
Pour ce, lorsque celui qui
vient de faire le relais descend le groupe,
vous devez laisser devant vous un trou afin qu’il puisse s’insérer
dans la ligne. Il est possible, s’il ne connaît pas vos intentions, que vous
ayez besoin de lui dire de se placer devant vous.

Évitez de vous rendre jusqu’en deuxième position de la file
et de refuser de faire le relais en demandant à celui qui vous suit de le
prendre à votre place. Cette façon de faire crée une confusion dans le groupe
et brise inévitablement le rythme. Dans cette situation, faites plutôt un
relais très court (20 à 30 secondes) et restez ensuite à la fin de la file.
4
- d) En tête du peloton.
Le salaire d’un pilote d’un Boeing 747 est d’environ $100
000 par année. Il reçoit un salaire élevé en grande partie parce qu’il a
une grande responsabilité. En tête de peloton, vous pouvez vous considérer
comme un pilote de Boeing (salaire en moins).
Rouler à la tête d’un peloton est malgré les apparences
beaucoup plus exigeant que de rouler seul. Il faut être concentré, prévenant
et le plus stable possible.
15 -
En tête de peloton, vous devez :
• Maintenir une vitesse la
plus régulière possible.
• Indiquer clairement les
virages et les arrêts.
• Indiquer, en pointant du
doigt, les trous et les crevasses dangereuses.
• Devant un obstacle (piéton,
voiture stationnée, etc.) indiquer d’un mouvement
de la main
qu’il faut
s’éloigner du bord de la route.
• Ne jamais s’écarter
brusquement lorsqu’il y a un obstacle sur la route.
• Surveiller les chiens qui
pourraient avoir la tentation de venir jouer
aux quilles avec le peloton.
16 -
Pour augmenter la vitesse du peloton vous devez :
• Vous assurer que
l’ensemble des cyclistes du peloton est capable
d’absorber ce gain de
vitesse.
• L’augmenter très
graduellement, un km/h à la fois.
• Ne jamais le faire juste
après avoir pris le relais.
Comme au hockey, comme au football, comme au lit d’ailleurs,
il faut savoir faire corps avec le reste du groupe. À quoi bon augmenter la
vitesse et finalement se retrouver seul ou à deux trois en avant du peloton ?
Rappelez-vous qu’une sortie cyclosportive n’est pas une
course.
Si après avoir augmenté la vitesse durant votre relais, vous
réalisez que le groupe revient à la vitesse qu’il avait avant, c’est
probablement parce qu’il ne veut pas rouler plus vite.
4
- e) Formation en file indienne.
La formation en file indienne est celle qu’on doit utiliser
lorsqu’il y a trop de trafic pour pouvoir circuler à deux cyclistes de large.
Cette formation est la plus simple des trois formations possibles et a
l’avantage de n’utiliser qu’une bande étroite du bord de la route (un
cycliste de large en formation et deux de large durant les relais) Elle a
l’inconvénient de produire des files très longues, lorsque le nombre de
cyclistes est élevé (plus d’une dizaine). De plus, l’effet de sillonnage
est plus faible dans cette formation que dans la formation à deux lignes parallèles.
4
- f) Formation de deux lignes parallèles.
17-
Il est préférable, pour un groupe de six cyclistes ou plus, de rouler
en formation de deux lignes parallèles.
Une file de cyclistes trop
longue produit beaucoup d’effet de
ressort, ce qui peut, à la longue, devenir épuisant.
Le roulement à deux lignes est alors plus confortable et
l’effet de sillonnage est plus efficace. Cette formation a aussi l’avantage
de vous laisser côtoyer le même cycliste pendant une bonne partie du parcours.
Elle a l’inconvénient de prendre beaucoup de place sur la route puisqu’au
moment du relais, il y a quatre cyclistes de large. Lorsque les conditions le
permettent, c’est généralement ce type de formation que les cyclistes préfèrent.
Dans une formation à deux lignes, on peut faire les relais deux
par deux ou par roulement du groupe.
18 -
Relais
deux par deux.
Dans ces relais, le cycliste de gauche se déplace à
gauche et celui de droite, à droite : le
peloton passe ainsi entre les
deux cyclistes qui font le relais.

Pour faire ce type de relais il faut être
sur une route très peu achalandée puisque durant le relais il y a quatre
cyclistes de large. C’est ce
type de relais qui est le
plus utilisé.
19-
Relais par roulement.
Pour faire des relais par roulement, il faut que la
ligne de droite remonte lentement la ligne de gauche jusqu’à ce que le
cycliste d’en avant puisse se déplacer à gauche.

Celui qui est en arrière à
gauche se déplace alors dans la ligne de droite. Ce manège peut évidemment se répéter indéfiniment.
Le
relais par
roulement est plus difficile et demande des cyclistes un peu plus expérimentés.
Il est important que tous les cyclistes du groupe soient conscients des manœuvres
à exécuter.
20-
Faire la roue.
Faire la roue
est la façon la
plus rapide de rouler en groupe de cinq à dix cyclistes.
Cette technique ressemble au relais par
roulement, sauf qu’aussitôt qu'on a
atteint la première place de la ligne montante, on se déplace
immédiatement dans la ligne
descendante du groupe. On ne prend pas
de relais, on ne fait que passer en
tête de ligne sans y rester. De cette façon, chaque cycliste reste très peu de temps
face au vent (20 à 30 secondes) ce qui permet à tout le groupe de rouler très
rapidement. C’est la formation à utiliser, entre autres, lorsque vous êtes
un petit groupe qui veut en rejoindre un autre.
4
- g) Formation en éventail.
21-
Par vent de côté,
il est préférable de former un éventail plutôt que de rouler en file
indienne.
Si le vent vient de la gauche, le cycliste de tête se place près
du centre de la route ; s’il vient de la droite, il doit être à la bordure
de la route.

Tous les cyclistes roulent assez près les uns des autres en plaçant
leur roue avant à mi-chemin de la roue arrière de celui qui les précède.
22- En
éventail, il est important de garder une ligne de
roulement
la plus droite possible et d’éviter tous déplacements transversaux brusques.
Si vous vous déplacez transversalement, le cycliste qui vous
suit sera obligé de faire la même chose, mais avec possiblement un déplacement
un peu plus prononcé que le vôtre. Cet effet d’amplification du déplacement
peut donner des sueurs froides à ceux qui sont à la queue de l’éventail.
23-
En formation d’éventail, il faut prendre les relais du côté d’où
vient le vent.
Sinon, vous seriez obligé d’accélérer avant de faire votre
relais. (voir la figure)
24- Par vent de côté, si le groupe est trop gros pour un
éventail simple, il faut se placer en formation d’éventail double et faire
des relais en changeant d’éventail.
La
formation en éventail ne fonctionne pas bien lorsque le groupe est trop gros
(plus de 7 ou 8).

Les derniers, à la queue de l’éventail, sont alors en
bordure de route et ne peuvent pas profiter du sillon de ceux qui les précèdent.
Il
est alors préférable de faire deux éventails un derrière l’autre et de
faire des relais en changeant d’éventail.

Il est important
que tous les cyclistes du groupe soient conscients des manœuvres à exécuter.
5- Le sillonneur expérimenté
La lecture du présent texte n’a pas fait de vous un
sillonneur expérimenté. L’apprentissage de cette technique ne se fait que
sur plusieurs milliers de kilomètres de vélo en groupe. Le sillonnage est un
sport pour les cyclistes comme le hockey est un sport pour ceux qui savent
patiner. Vous pouvez être un très bon cycliste sans être un bon sillonneur.
Il n’y a que ceux qui ont passé des centaines d’heures à écouter de la
musique qui peuvent se considérer comme des vrais mélomanes. Vous pourrez, de
la même façon, vous considérer comme un vrai bon sillonneur expérimenté
lorsque vous aurez passé plusieurs heures à rouler en groupe et à découvrir
toutes les facettes du sillonnage.
Bonne randonnée,
Jacques Martel.
Aurais-je oublié quelque chose qui, selon
vous, est important ?
Êtes-vous plus ou moins d’accord avec un des éléments
du présent texte ?
Tous les commentaires qui peuvent m’aider à améliorer
cet article sont les bienvenus.
Mon adresse électronique :
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