Fondation: les premiers pas
Pour retracer l’histoire de la fondation du service bénévole d’entraide de Vimont-Auteuil, il faut obligatoirement reculer dans le temps pour nous retrouver au début de 1986.
Nous voici donc au 2314, rue des Abeilles, dans la communauté chrétienne de Saint-Bruno, à Vimont, l’un des quartiers de l’est de Laval. C’est ici qu’a réellement germé et éclot l’idée d’un service d’entraide aux personnes vieillissantes.
Cette année-là, le couple Anne Boisvert et Bernard Villemure, à l’aube de leur retraite, décide de suivre des cours de «retraite active» du collège Marie-Victorin de Montréal-Nord, avec d’autres couples de leurs connaissances et amis. Les cours ont été donnés au «centre communautaire de Saint-Bruno» et se sont échelonnés sur une période de deux ans.
Disons tout de suite qu’Anne et Bernard sont des personnes très actives dans leur milieu paroissial ; ils sont pour ainsi dire les proches collaborateurs du curé, l’abbé André Michaud, auparavant aumônier de la pastorale à la Régionale des Mille-Îles.
Le couple Villemure est également responsable du mouvement Cursillo pour le secteur Est lavallois et leur engagement caritatif s’effectue sur le terrain dans leur environnement immédiat : la communauté paroissiale de Saint-Bruno. Le «bénévolat» est devenu une seconde nature chez eux. C’est leur façon de vivre.
Le geste gratuit pour venir en aide, la générosité pour dépanner même si les revenus sont modestes, le conseil gratuit pour éclairer devient leur manière de faire, non pas pour s’ingérer dans la vie privée des individus, mais pour les accompagner et leur venir en aide selon l’enseignement évangélique.
Dans sa tête et depuis un certain temps, Anne caresse un projet humanitaire d’envergure dont le but est de venir en aide aux personnes dans le besoin. Elle voit vieillir des gens autour d’elle et constate que ces personnes de son entourage immédiat perdent peu à peu de leur autonomie, et elle réalise que cette population-là aura besoin d’aide de toutes sortes pour continuer à vivre chez eux le plus longtemps possible. Bernard partage les mêmes nobles sentiments. Il y est sensibilisé et connaît bien la situation puisque son gagne- pain l’a amené auprès des assistés sociaux de Montréal pendant de nombreuses années.
Anne et Bernard échangent souvent sur la pertinence de faire quelque chose pour les gens du «troisième âge». Ils se rendent vite compte qu’ils ne sont pas les seuls à faire ce constat ; d’autres partagent également la nécessité de «faire quelque chose de concret» pour la population vieillissante. Mais, quoi faire ? Et par où commencer ?
Des réunions d’échange sur le sujet les amènent à s’inscrire au cours de «Retraite active» du collège Marie-Victorin de Montréal-Nord, à la session de janvier 1986.
Ainsi donc, le «rêve» du couple Boisvert Villemure devient un projet collectif avec la formation d’un «comité provisoire» parmi les élèves qui suivent le cours. Ce comité aura pour tâche l’organisation matérielle d’un service d’entraide pour la population vieillissante du coin. Il est formé de :
Jeannine Prud’homme-Charest
Marcelle Bélanger Desroches
Jacques Desroches
Yolande Roy Simard
Bernard Villemure
Anne Boisvert Villemure
Raymond Mayer
Le 16 janvier 1986, une première réunion les regroupe tous au domicile du couple Villemure, à Vimont.
Munis de la documentation apportée par Raymond Mayer, les membres du comité abordent la question : comment constituer une corporation à but non lucratif ? On prend tout le temps qu’il faut pour étudier et approfondir le sujet.
Le comité d’organisation se penche sur l’opportunité de «l’incorporation immédiate» à la demande de Yolande Roy Simard. La question soulevée donne lieu à de sérieuses réflexions. Finalement, à la proposition soumise par Jacques Desroches, et appuyée pas Jeannine Prud’homme-Charest, la réponse s’avère unanimement positive. Ainsi donc, le comité pourra aller de l’avant avec son projet de «bénévolat» qu’il faut maintenant identifier. Chacun apporte sa suggestion, mais on retiendra : Service bénévole d’entraide Vimont- Auteuil, tel qu’on le connaît encore de nos jours.
À cette première réunion, on procède aussi à l’élection d’un premier conseil d’administration dit «provisoire» et dont voici les noms :
Président : Raymond Mayer
Vice-président : Jacques Desroches
Secrétaire : Anne Boisvert Villemure
Trésorière : Jeannine Prud’homme-Charest
Directeurs : Marcelle Bélanger Desroches
Yolande Roy Simard
Bernard Villemure
Réjane et Émile Duperron
Dès lors, le conseil d’administration nouvellement formé se penche sur le côté monétaire de l’organisation du service. On a besoin de fonds pour fonctionner. Où aller chercher l’argent nécessaire ? Bernard suggère qu’une demande provisionnelle de deux cents dollars (200 $) soit faite au directeur du collège Marie-Victorin.
On ne perd rien à tenter sa chance de ce côté-là ; en effet, il faut monter un secrétariat et on a besoin de papier, d’enveloppes, de timbres, d’un livre de comptabilité, d’un registre pour compte-rendu des assemblées, d’une filière, d’un dactylographe, etc. Ainsi, il fut fait ! Une demande en ce sens est adressée à monsieur René Diotte, directeur des cours de retraite active, dans l’attente d’une réponse favorable.
EN MARCHE
Le comité provisoire nouvellement formé projette d’expliquer son projet au grand public. Avec l’assentiment du curé Michaud, une invitation sera lancée au prône des dimanches du mois de mai afin de sensibiliser la population à ce projet qui sera élaboré plus en détail à l’assemblée générale du Service qui se tiendra ici même au Centre communautaire le 9 juin prochain.
Pour cette occasion, un repas communautaire, préparé par les membres de C.A. sera partagé avec les membres de l’assemblée.
Entre-temps, les interrogations se continuent. Ainsi, à l’assemblée régulière du 20 février 1987, chez monsieur Mayer, les échanges portent sur la grille de services qui pourraient être offerts dans le Service Bénévole.
L’entretien des articles ménagers
Le gardiennage-répit
Le transport vers les cliniques ou hôpitaux
L’aide technique pour remplir les déclarations de revenus
L’écoute active des personnes âgées
Les visites amicales
L’Aide a la famille d’alcooliques
La coiffure à domicile
La tenue d’un comptoir de vêtements usagés
Les repas livrés à domicile (popote roulante)
Le support moral dans la mortalité
Cet échantillonnage démontre sans équivoque une connaissance aiguë de la situation dans laquelle se retrouvent les personnes en perte d’autonomie.
Les discussions vont bon train, chacun s’exprime librement. Mais, pour l’instant, on s’attarde à deux items : la popote roulante et le comptoir vestimentaire.
Pour éviter l’éparpillement des énergies, le comité directeur tente de préciser le rôle réparti à chacun des membres du comité provisoire, ainsi donc :
Le président : préside les assemblées, est le porte-parole du service, prépare l’ordre du jour des assemblées avec la secrétaire et convoque les assemblées, signe les procès-verbaux et les documents officiels.
Le vice-président : remplace le président en son absence et le seconde dans toutes ses tâches.
Le secrétaire : est le dépositaire et le gardien des dossiers, il signe et contresigne les procès-verbaux, il prépare avec le président l’ordre du jour des assemblées, il effectue le suivi de la correspondance du Service en étroite collaboration avec la trésorerie.
Le directeur : assiste aux réunions, prend part aux délibérations, il peut accepter des responsabilités et il a le droit de vote.
L’assemblée régulière d’avril se tient au 345, rue Joly, chez Yolande Roy Simard.
Heureuse nouvelle ! Monsieur René Diotte du Collège Marie-Victorin fait parvenir un chèque de cinq cents dollars pour aider à monter le «secrétariat» temporairement localisé chez Anne et Bernard.
Une chaîne téléphonique est mise en place pour inviter les membres des clubs de l’Âge d’Or, ceux du Cursillo et d’autres organismes de Saint-Bruno à venir entendre mesdames Lise Montagnes et Andrée Boisvert Pellerin parler du bénévolat.
L’événement sera publicisé dans les journaux locaux et des dépliants portant sur les objectifs du Service Bénévole seront distribués à la sortie des messes du dimanche des paroisses voisines.
1986 Au 2314 rue des Abeilles, germination et éclosion de l’idée de créer un service d’entraide dans le quartier.
16 janvier 1986 Première réunion des élèves du cours «Retraite Active» qui deviendront les premiers membres d’un comité provisoire. Demande de subvention auprès du Collège Marie- Victorin. Élection du premier conseil d’administration.
Mai 1986 Présentation du projet à la population à travers les messes du dimanche.
9 juin 1986 Première assemblée générale : 30 personnes présentes. Premier C.A. permanent.
Septembre 1986 Début des activités de la popote roulante et du vestiaire. Premier don de vêtement provenant de Eugène Charest et de son atelier de confection d’uniformes. Premier sac de vêtements vendus pour 160.00$
5 octobre 1986 Ouverture du vestiaire au public ; 3 jours par semaine.
20 février 1987 Proposition des 11 services qui pourraient être offerts à la population.
17 mars 1987 Première livraison à domicile de la popote roulante pour un total de 16 repas livrés.
Avril 1987 Contribution de 500.00$ du collège Marie-Victorin pour monter un secrétariat efficace.
Juin 1987 Vente de billets de tirage pour financer l’organisme : 1340.00$
Premier transport médical effectué.
2 juin 1987 Premières publicités dans les journaux locaux. Première réunion d’information pour la population sur l’organisme. Visite de Lise Montagne, fondatrice du Centre de Bénévolat de Laval.
15 juin 1987 Deuxième assemblée générale : 35 personnes présentes. Location du premier local au 295 Bellerose à 275.00$/mois.
Août 1987 Premier C.A. permanent se rencontre au chalet de J. Prud’homme Charest. Visite de Normand Plante du CLSC Ste-Rose pour organiser le service de popote roulante.
Octobre 1987 Naissance du projet de popote roulante. Sept bénéficiaires sont inscrits.
3 décembre 1987 Troisième assemblée générale.
1988 Première coordinatrice engagée à 20 heures/semaine.
25 mai 1989 Organisation de dîners communautaires.
Juillet 1990 Nouveau point de service offrant la location de siège d’auto pour enfant, nommé le projet P.O.U.S.S.I.N.
22 août 1990 Tour de ville en bus pour remercier les bénévoles actifs.
Août 1991 Réalisation des plans de construction d’un nouveau bâtiment.
12 août 1991 Demande de location de terrain auprès de la Fabrique à raison de 1.00$/an pendant 30ans.
Octobre 1991 L’archevêché approuve le projet de location du terrain.
1er juillet 1992 S.B.E.V.A. emménage au 195A Bellerose.
Janvier 1993 La construction du nouveau bâtiment est approuvée.
Février 1993 Appel collectif lancé aux ouvriers et bricoleurs.
15 avril 1993 Le chantier est mis en branle.
5 juillet 1993 Emménagement vers le nouveau local du 2287B Aladin.
24 février 1994 Ouverture officielle. Président d’honneur ; curé André Michaud.
25 août 1994 Hommage aux bénévoles ; épluchette.
3 février 1995 Série d’émission télévisée au canal 9 sur la popote roulante.
24 avril 1997 On engage une cuisinière permanente à temps partiel ; Gemma Miron.
3 octobre 1997 Inauguration d’une annexe au S.B.E.V.A., baptisée «Salle Germaine Deroy». Plusieurs activités se rajoutent depuis ce local.
Juin 1996 Fête champêtre au Centre de la Nature soulignant les dix ans du S.B.E.V.A.
Août 1996 Le S.B.E.V.A. vient en aide aux sinistrés du déluge du Saguenay.
22 octobre 1996 Entrevue télévisée avec Claudette Leboeuf, au sujet des popotes roulantes. Entrevue télévisée avec Jacques Granger et Hélène Lemieux au sujet de l’organisme et du bénévolat. Nomination d’une directrice générale ; Hélène Lemieux.
1997 On engage une coordinatrice pour le bureau d’accueil ; Édith Perreault.
1998 Le projet «Sortir à son goût» prend naissance avec Danielle Watson. Le S.B.E.V.A. soutient les sinistrés de l’ouragan Mitch en Amérique centrale par l’entremise des missions étrangères de Pont-Viau.
Février 1999 Le premier « Sortir à son goût» se tient à la Flamberie.
3 mai 1999 Conférence de Marguerite Lescop.
2 novembre 1999 Dominique Manny et Carl Mailhot nous parle de leur voyage autour du monde en voilier « La V’Limeuse».
2000 Nouvelle activité, les ateliers de peinture avec Suzanne Gallant.
Juillet 2000 Ouverture d’un nouveau point de service à Ste-Rose pour le transport et l’accompagnement médical. On engage une deuxième coordinatrice à temps partiel ; Suzanne Gallant.
Juin 2001 Premier vernissage des élèves de l’atelier de peinture. Plus de 85 visiteurs sont venus et trois tableaux vendus.
Mai 2002 Projet d’agrandissement du S.B.E.V.A.
Juillet 2002 Début des travaux d’agrandissement. Nomination d’une nouvelle directrice ; Nathalie Chartrand.
12 mars 2007 Le S.B.E.V.A. inaugure sa nouvelle friperie.