Les poches de travers 
N’avait pas les yeux perçants
Des héros d’ Harlequin
N’avait pas beaucoup d’argent
Et cherchait son chemin
Il avait quitté l’école
Et faisait des cabrioles
Pour épater la galerie
Il voulait qu’on pleure ou qu’on rie
Alors j’ l’ai bien regardé
Qui marchait sur les mains
Et je lui ai demandé
S’il était un pantin
À vouloir ainsi monter
Toujours les jambes en l’air
Y m’dit qu’c’était son métier
De voir tout à l’envers
Ainsi l’on peut mieux scruter
La vie et ses quelques revers
Et l’on ne peut rien garder
Quand on a les poches de travers
En souriant, j’ai bien compris
Qu’on deviendrait vite copains
Qu’il serait l’homme de ma vie
L’homme de mon quotidien
Il s’rait mon clown, mon bohémien
Mon baladin, mon troubadour
Mon petit réveille-matin
Mon guide de tous les jours
Avec lui je peux mieux scruter
La vie et ses quelques revers
Et l’on ne veut rien garder
Car on a les poches de travers
Maint’nant y m’chante des chansons
Jouant d’un vieil harmonica
Il meuble toute la maison
Du jeu de ses dix doigts
Des peintures, des sculptures
J’en ai sur tous les murs
Elles trônent dans le salon
Sur le balcon, dans l’cabanon
Ainsi il veut mieux scruter
La vie et ses quelques revers
Et il ne peut rien garder
Car il a les poches de travers
Je peux affronter le pire
Avec mon cascadeur
Il sait toujours me faire rire
Plus jamais je n’ai peur
Ses yeux quand ils roulent sur moi
Des feux envahissent mes joies
Mes hanches et je veux bien de lui
J’me penche éprise dans son lit
Y m’dit viens avec moi scruter
La vie et ses quelques mystères
Mamie, tu pourras tout garder
Car ce sera notre univers
L’antihéros d’Harlequin
C’est mon héros clandestin
Paroles et musique:
Denise Dallaire
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