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Le mercredi 14 mars 2001

La neige étourdit le blanc de l’hiver
C’est un matin morose et sans soleil
La chaleur électrique entre les murs se perd
Et me garde dans un mi-sommeil

Je pense à ma petite Afrik-aime
Partie là-bas affronter l’harmattan
Donner sa goutte d’eau, ses poèmes
À tous ces petits innocents
Dans sa lettre, elle m’écrit qu’elle découvre
Qu’une goutte est bien vite séchée
Dans ces pays où  malheur se trouve
La poésie n’est pas la liberté

Je lis à la une que l’Europe
A abattu bien des petits moutons
Avant eux tant de bêtes sont mortes
Immolées pour l’argent des faucons
Un homme dans ses mains prend sa tête
Ses yeux sont figés page trois
Son garçon a chuté de huit mètres
Cerné de flics, il veut savoir pourquoi

Hier, c’était jour de funérailles
Victimes des nuits algériennes
En photo, mes sœurs voilées qui braillent
À mon tour, je me sens Afrik-aime
Plus bas j’apprends que Jérusalem
Pour lutter contre l’intifada
Boucle les terres palestiniennes
Cisjordanie et Bande de Gaza

Plus près de chez nous une lettre
Dénonce qu’effondré, sans le sou
Un jeune homme a demandé de l’aide
On l’a laissé partir malgré tout
La chronique «nature» parle de saccage
De forêts, de rivières détournées
De milliers d’espèces qu’on ravage
De milieux naturels dénaturés

Si je vous chante ma chanson
C’est pour ne plus jamais oublier
Le mercredi 14 mars 2001
Une journée comme d’autres journées
Une journée comme d’autres journées

Paroles et musique: Denise Dallaire



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