Jeanne Mance

Sur les traces des Pionniers - Chapitre 3| Interview intégrale

Découvrez ici l'entrevue intégrale avec Annabel Loyola, cinéaste indépendante, elle a réalisé un film sur Jeanne Mance. Elle répond aux questions des jeunes de la paroisse Saint Jean Baptiste de Montréal..


Jeanne Mance
Co-fondatrice de Montréal
Fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal
Reconnue 'Vénérable'
par le pape François le 7 novembre 2014
Fête liturgique 18 juin
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"Je sais que Dieu me veut en Canada, mais je ne sais ni où,
ni pour quelle mission, je m'abandonne entièrement à sa volonté."
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Brève biographie de Jeanne Mance
Jeanne Mance est née le 12 novembre 1606 à Langres en Haute-Marne en France et baptisée le même jour en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul.
Elle est issue d'une famille bourgeoise aisée.
Ses parents se sont mariés en 1602 et eurent six garçons et six filles. Jeanne est la deuxième de la famille.
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Son père, Charles Mance, était procureur du roi de France à Langres.
Il est décédé vers 1635.
Sa mère, Catherine Émonnot, en plus de son rôle de mère de famille désirait se consacrer aux soins des malades de la "Guerre de Trente Ans" et aux malades de la peste.
Cependant, elle est décédée prématurément en 1626.

Les familles Mance et Émonnot appartenaient à la bourgeoisie de robe.

Jeanne a fait ses premières études chez les Ursulines venues s'installer à Langres en 1613.
Enfant, Jeanne fait le vœu de chasteté et ressent très jeune un appel à donner sa vie à Dieu et à devenir missionnaire.
A 20 ans Jeanne perdit sa mère et devint avec sa sœur aînée le soutien de son père
et veilla à l'éducation des ses frères et sœurs.
Jeanne connut les misères de la "Guerre de Trente Ans (1618-1648)". En plus de son rôle famillial et à l'exemple de sa mère, elle consacre sa vie comme infirmière aux soins des victimes de cette guerre et de la peste.

PRÉLIMINAIRES POUR UNE GRANDE MISSION
En 1640, lors d'une visite chez son oncle Simon, Jeanne fait la conversation avec son cousin Nicolas Dolebeau, chapelain de la "Sainte-Chapelle" à Paris.

Nicolas l'entretient sur la Nouvelle-France, car son frère cadet Jean, vient de s'embarquer avec les Jésuites pour les missions de la colonie.
Nicolas annonça en outre à Jeanne que non seulement de courageux hommes de Dieu se hâtaient vers ces contrées, mais que depuis l'été de 1639, des femmes du monde et des religieuses y abordaient aussi, témoignant du même élan de foi et de la même intrépidité que leurs compagnons missionnaires.

Quelques jours se passèrent.
Jeanne était bouleversée, réfléchissait, priait et désirait ardemment partir en mission.
Le temps de la Pentecôte approchait.
Elle se décida de consulter son directeur spirituel sur son intention de partir pour l'Amérique.
Son directeur l'engagea à mettre sous le regard de l'Esprit-Saint toutes ses aspirations.
Enfin, le religieux finit par lui permettre de s'embarquer pour le Canada.
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Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière, est né en Anjou,
à La Flèche, le 18 mars 1597 et décédé le 6 novembre 1659.
En 1636, il fonde la congrégation des
"Religieuses hospitalières de Saint-Josep"' de La Flèche
et devint l'instigateur de la fondation de Ville-Marie,
la future Montréal.

Le Royer affirme avoir eu un appel en 1635, lors d'une méditation à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Il décide dès 1635 de mettre sur pied le projet de Ville-Marie et cherche des associés parmi les gens les plus dévots.
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En 1640, Le Royer et Jean Jacques Olier (fondateur des Sulpiciens) fondent la
" Société Notre-Dame de Montréal".
Le but de cette société est la conversion des Amérindiens de la Nouvelle France.
Elle est constituée de personnes chrétiennes, de nobles, de bourgeois et de gens de condition plus modeste.
Mrs. Le Royer et Olier se font concéder l'île de Montréal.
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Alors que la congrégation des Hospitalières de Saint-Joseph fortifie ses racines en France, monsieur Le Royer prépare l'établissement d'une œuvre de colonisation et d'évangélisation dans l'île de Montréal.

Jérôme Le Royer et ses associés font donc l'acquisition de l'île de Montréal et choisissent Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, qui, après la lecture des Relations des Jésuites, souhaite devenir missionnaire en Nouvelle-France.

Mr. Le Royer choisit de Maisonneuve comme gouverneur de "Ville Marie", nom donné par les associés le 27 février 1642 alors qu'ils sont réunis en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Au mois de juin 1641, Le Royer et de Maisonneuve réunissent à La Rochelle le premier groupe, composé de 37 hommes, destiné à la fondation de Ville-Marie.
À ce premier groupe de colons se joint Jeanne Mance, une jeune infirmière de Langres
qui a reçu le soutien financier d'une dame de la Cour, notamment Madame de Bullion.
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VOCATION MISSIONNAIRE DE JEANNE MANCE
ET DE
PAUL DE CHOMEDEY, SIEUR DE MAISONNEUVE

À La Rochelle, le 19 mai 1641, ils s'embarquent sur deux vaisseaux;
M. de Maisonneuve monta dans l'un avec une partie du groupe,
Jeanne Mance et 12 hommes embarquent dans le second.

Ils arrivent en Nouvelle-France à Québec, le 8 août 1641 et passèrent l'hiver à Sillery.
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Le 18 mai 1642, Jeanne Mance accompa- gne le premier groupe de dévots conduit par Paul de Chomedey de Maisonneuve.
Un groupe de prêtres, religieuses et colons de la "Société Notre-Dame de Montréal" arrivent sur l'île de Montréal qui s'appelait à ce moment "Hochelaga" et qui était une bourgade iroquoise.
On lui donne le nom de Ville-Marie.
Par la suite "Montréal" qui découle du nom "Mons realis" baptisé par les Iroquois ou Mont-Royal par les Français.
Le premier jour de leur arrivée, Jeanne Mance devient la première sacristine du père Vimont et l'assistera d'abord à sa première messe
Paul Chomedy de Maisonneuve est alors gouverneur civil et militaire de la ville
et Jeanne Mance est responsable de la partie économique et financière.
Elle est en quelque sorte l'Économe de la compagnie et devient alors la co-fondatrice de Ville-Marie.
Avec l'appui financier de Mme. Angélique Faure de Bullion et de la société Notre-Dame de Montréal, elle démarre la fondation d'un hôpital "l'Hôtel-Dieu".
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En 1644 elle fait construire le premier "Hôtel-Dieu" à l'angle des actuelles rues Saint-Paul et Saint-Sulpice.
Jeanne soigne les malades dans une installation précaire.

Il s'agit d'un petit dispensaire, un modeste bâtiment de 60 pieds sur 24, inauguré le 8 octobre 1645, abritant six lits pour les hommes et deux pour les femmes.
Trop petit, il sera remplacé par un nouvel édifice en 1654.
Jeanne Mance sera la seule administratrice de l'hôtel-Dieu.
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Jeanne Mance, relevant toujours de l'état laïc est secondée par les Sœurs Hospitalières.
À partir de 1659, elle continuera à en assurer la direction durant 31 ans, jusqu'à la fin de sa vie.
L'Hôtel-Dieu fut agrandi et reconstruit après trois incendies majeurs et sera le seul hôpital de Montréal jusqu'en 1822.

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Jeanne Mance seconde et soutient Marguerite Bourgeois
qui vient d'arriver à Ville-Marie en 1653 et qui prit en charge des enfants et les filles du Roi.

Au cours de sa carrière au Canada, Jeanne Mance a agi quarante et une fois comme marraine des filles de la colonie.
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A la mort de Jeanne Mance, l'administration de l'hôpital est confiée aux Sulpiciens, Seigneurs de l'île de Montréal,
puis transférée, en 1676, aux "Religieuses Hospitalières Saint-Joseph" (RHSJ) qui administreront les biens de l'Hôtel-Dieu jusqu'en 1973.

Le 18 juin 1673, Jeanne Mance meurt " en réputation de sainteté ", selon mère Juchereau de Saint-Ignace qui est alors supérieure de l'Hôtel-Dieu de Québec.
Jeanne Mance rédigera elle-même, malgré sa maladie, son testament qu'elle commence en mai 1669 et termine le 16 février 1672. Dans son testament, elle lègue son cœur aux Montréalais et demande aux Hospitalières de prendre soin de son corps. Sa dépouille est placée dans la crypte de la chapelle de l'actuel Hôtel-Dieu de Montréal, là où elle repose toujours aujourd'hui.
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Le 7 mars 2011, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, annonce avoir entamé des démarches pour que Jeanne Mance soit considérée comme
co-fondatrice de la ville.
Le 17 mai 2012, la Ville de Montréal reconnaît Jeanne Mance co-fondatrice de Montréal.
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Vers la canonisation
En 1945, les soeurs Hospitalières débutent des démarches pour la cause en béatification de Jeanne Mance. Puis, l'archevêque montréalais Joseph Charbonneau crée la Commission historique dans la cause de la Servante de Dieu, Jeanne Mance.

En 1946, le clergé québécois permet à Jeanne Mance de rejoindre les Monseigneur de Laval, Marie de l'Incarnation, Catherine de Saint-Augustin et Marguerite Bourgeoys, déjà reconnus comme fondateurs de l'Église canadienne.

La cause en béatification fut introduite en 1959 dans l'archidiocèse de Montréal,
puis transmise à la Congrégation pour les causes des saints au Vatican.
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Le 7 novembre 2014,
le pape François autorise la Congrégation pour la cause des saints à promulguer
le décret, reconnaissant les vertus héroïques de Jeanne Mance et qu'elle devienne "vénérable", qui constitue la première
des trois étapes vers la canonisation.