ORSOLA RIVATA - Mère SCHOLASTIQUE

Connaître Mère M. Scholastique Rivata et
les Sœurs Disciples de Jésus Maître

INTRODUCTION (cliquez ici)

LA PAUVRETÉ POSITIVE (7)

Tous les débuts ont des nécessités, et ici, nous ne parlons pas seulement des débuts de la Famille des Sœurs Disciples mais de ceux de la Société Saint-Paul aussi. La foi du Fondateur a certainement opéré des miracles, mais nous n'oublions pas le proverbe : Aide-toi, et le ciel t'aidera! Le Théologien ne laissait passer aucune occasion d'avoir la possibilité de compléter l'œuvre de la Providence. Il a trouvé chez les Sœurs Disciples un levier puissant pour la compléter. Il s'est servi de leur supérieure qui ne reculait jamais, comme instrument efficace, pour lancer l'œuvre de la bienfaisance à travers la propagande.

Encouragées par leur supérieure, voilà que les Sœurs Disciples, éclairées par leurs sœurs, les Filles de Saint-Paul, sont lancées sur les routes du Piémont, puis, de l'Italie à l'extérieur de l'Italie pour accomplir de bonnes œuvres en diffusant, par la propagande, les produits de leur confection ou ceux de leurs coopérateurs. Cet apostolat leur apportait des sous pour le développement et le soutien de l'œuvre que le Théologien désirait tant. On parle peut être trop superficiellement de ce premier pas des Sœurs Disciples, mais ceux qui l'ont vécu et qui ont eu connaissance du début, ceux qui ont du y collaborer n'ont que de l'admiration, du respect et des éloges.

Je me souviens des deux Sœurs Disciples qui, avec la seule bénédiction du Fondateur et l'encouragement de leur supérieure, arrivent à Paris, sans argent et ignorant tout de la langue française. Elles apportent un message du Théologien qui me dit : Charge-toi de les acheminer vers un peu de bienfaisance et d'apostolat. Quelle difficulté pour leur trouver un gîte, ne fût-il qu'à l'image de celui de la Sainte Famille! Un agent du commissariat de police me dit, il faut trouver un endroit plus convenable pour ces deux sœurs et il s'en chargea. C'était une période où trouver un logement était comme trouver une aiguille dans une meule de paille. Restait la nécessité d'un peu d'enseignement de la langue ainsi que d'une formation inhérente à la moralité de la vie parisienne.

À chaque jour, j'allais faire mon adoration à l'église où je voyais une demoiselle assidue à sa prière. Je l'approchai et lui racontai l'histoire des deux Sœurs Disciples et je l'invitai à leur servir un peu d'éducatrice sur tous les points inhérents à la langue et à la moralité de la grande ville. Elle me répondit : bien volontiers, mais avec beaucoup de prudence parce que j'appartiens à une famille juive, je me suis convertie contre la volonté de mes parents. En dehors de mon travail, il me surveille en tout parce que je leur ai laissé entendre que je désirais me consacrer au Seigneur dans la congrégation de Notre Dame de Sion. Quoiqu'il en soit, les deux premières Sœurs Disciples doivent un grand merci à cette brave demoiselle.

Ne pensons pas que Mère Scholastique oubliait ses filles disséminées dans le monde pour porter le message du Christ. Elle les accompagnait de ses écrits fréquents et, lorsque la nécessité ou l'opportunité convenait, elle voyageait pour leur apporter une bonne parole d'encouragement. Elle était toujours satisfaite de leur accueil; de leur côté, les soeurs étaient heureuses de pouvoir lui remettre ce que la Providence les avait aidées à recueillir, sachant qu'elle le désirait pour les nécessités de la maison mère.

L'ESPRIT

Ces rencontres ne se limitaient pas à des choses superficielles ou matérielles. On ne peut nier son désir de pouvoir apporter un peu d'argent à la maison, mais ce qu'elle avait le plus à cœur c'était de pouvoir constater et alimenter la flamme spirituelle. J'étais un peu le refuge de tout et quand les sœurs me disaient que Mère Scholastique venait, je mettais immédiatement à mon programme du temps pour la récollection mensuelle, même si je devais l'anticiper. Son attitude lorsqu'elle me le demandait ne me donnait pas la possibilité d'échappatoire. C'était pour elle les moments les plus importants et elle y tenait. Quand ce n'était pas la récollection mensuelle, c'était les Exercices spirituels. Une fois, le Fondateur m'a écrit que Mère Scholastique était très contente des Exercices spirituels; elle m'a dit de te recommander d'être fidèle à leur donner la récollection mensuelle. Le Théologien ajoute que je dois essayer, une fois par semaine, d'aller pour l'heure d'Adoration et pour leur donner la bénédiction avec le Saint-Sacrement. C'était l'époque où les sœurs ne pouvaient pas toucher àl'Eucharistie!

Mère Scholastique n'était pas seulement attentive à la fidélité de ses sœurs aux pratiques de piété; dans l'horaire qu'elle faisait à chaque semaine pour assurer la présence continuelle à l'Adoration, son nom était toujours là comme celui de toute autre personne. Elle parlait volontiers de ce devoir; c'était pour elle l'argument de premier ordre.

Si elle avait une préoccupation, c'était que chaque personne mène une vie joyeuse, préoccupation qu'elle avait aussi pour ses frères religieux. Une fois, en parlant, elle me dit que toutes les vertus familiales fleurissent dans la joie et quand on est content d'être au service du Seigneur.

Son comportement nous porte donc à connaître la foi qui soutenait et alimentait toute sa vie en regard de l'éternité. Même si elle ne possédait pas de grandes aptitudes intellectelles, elle avait la science des enfants dont Jésus dit : Le royaume des cieux est à eux. Il convient de faire remarquer que, dans les premiers temps, les Sœurs Disciples avaient peu de temps à consacrer à l'étude. Tout le temps était dédié à la prière et au travail.

Rencontres heureuses où les Filles trouvaient l'encouragement dans la parole de leur maman et fortifiaient leur vie en persévérant dans le bien.

Par conséquent, on peut bien comprendre que son comportement stimulait à une vie généreuse de don de soi et de fidélité pour celles qui formaient avec elle le premier noyau de Sœurs Disciples.
SA VERTU REMARQUABLE : la simplicité

C'est facile de parler en général des qualités ou des vertus d'une personne, mais la perfection absolue n'existe en personne. En chacun de nous, il y a aussi des défauts sur lesquels notre jugement s'arrête facilement. Ce qui est important et utile, c'est d'enlever d'abord la poutre de notre œil pour voir la paille dans l'œil du frère.

Que Mère Scholastique ait des défauts à corriger, c'est simplement une chose naturelle. Qu'elle travaillait à devenir de plus en plus agréable au Seigneur est aussi une chose évidente, si on connaît la maîtrise qu'elle avait d'elle-même.

En ce qui me concerne, la vertu qui m'a toujours frappé en elle, c'est la simplicité, vertu toujours embellie par son sourire caractéristique.

Sa simplicité était perfectionnée par son comportement. Même si elle était supérieure, on la voyait s'adapter à tous les travaux sans peur de retrousser ses manches s'il le fallait pour aider quiconque se trouvait dans la nécessité ou à un travail plus fatiguant. Elle était toujours portée à rendre service plutôt qu'à se faire servir. Quiconque cherchait Mère M. Scholastique ne devait pas s'étonner de la trouver dans les locaux les plus variés, au travail avec ses sœurs; elle n'avait pas de préférence si ce n'était d'aider.

Cette vertu était plus particulièrement pratiquée dans les premiers temps de la fondation, alors qu'on manquait de tout et que les besoins étaient nombreux. J'ai connu sa disponibilité jusqu'à la fin de ses forces physiques. Lorsque le poids de la responsabilité ne pesait plus sur elle, elle n'a pas cessé d'aider avec le conseil, l'encouragement et le bon exemple.

Savoir agir dans la pauvreté sans se plaindre, et se donner pour la joie des autres est une prérogative des âmes généreuses, caractéristique qui est la perle précieuse pour qui la possède.

Des lèvres de M. Scholastique et de ses attitudes, on n'a jamais vu ou entendu un mot de plainte.

L'HUMILITÉ

Elle était supérieure, mais dans toutes les nécessités, elle était toujours disposée à s'adapter et à donner l'exemple dans l'acceptation des dispositions des supérieurs majeurs. Cette adaptation n'était pas facile parce que le Théologien ne gaspillait pas ses paroles; il commandait sans trop de raisonnements. Elle n'en faisait pas, la parole du Théologien lui suffisait. Qui osait dire à M. Scholastique, pourquoi ceci ou cela, sa réponse était toujours la même, c'est le Théologien qui l'a demandé et son œuvre était toujours exécutée et suivie par un groupe d'âmes généreuses. Elle ne commandait pas à ses sœurs; elle les attirait. Comme la fleur attire l'abeille et donne la joie du miel, l'humilité de Mère Scholastique attirait l'œuvre de ses Filles pour la joie de tous. Saint Paul résume toute cette vie dans la phrase " Dieu choisit celui qui n'est pas pour confondre ceux qui sont.

L'exemple de cette Mère est digne de l'admiration des Anges. Comme elle attirait ses Filles sur cette terre, qu'elle nous attire maintenant vers la gloire du ciel!

Si les Sœurs Disciples ont connu un développement si admirable, c'est parce que la plante a eu de bonnes racines et que ses racines ont été plantées dans le jardin eucharistique et cultivées avec l'esprit de foi qu'avait le Théologien Alberione.




Voix de Soeur Scholastique (italien)