Spiritualité

Itinéraire des Exercices pauliniens


du 1er dimanche de l'Avent 2019 au Baptême de Jésus

"La sainte communion est l'union avec Jésus Christ, Dieu et homme" (DF 73)

 


Après la présentation du sacrement de la réconciliation (dénommé plus communément "confession" du temps d'Alberione, le Fondateur nous invite au banquet de la sainte Communion. Nous avons déjà eu l'occasion d'affirmer d'autres fois qu'il traite séparément Messe et Communion pour des motifs historiques connus. Aujourd'hui, nous verrons ces deux moments unifiés dans le sacrement de l'Eucharistie.

Quoi qu'il en soit, c'est bien utile d'arrêter notre attention et considération sur les pistes précieuses qu'il nous offre.

Sainte Communion (DF 74)


1. La sainte Communion est l'union avec Jésus Christ, Dieu et homme, union non commune mais sacramentelle. Elle opère l'adhésion à Jésus Christ avec l'intelligence, le cœur, la volonté.


2. Jésus Christ est vérité: c'est donc utile de vouloir absorber et nous nourrir des vérités qui sont le pain de l'âme, de manière à remplacer notre intelligence par celle de Jésus Christ. Jésus Christ est voie. C'est la perfection même en chaque mouvement, pas et vertu. Donc, vouloir acquérir son cœur, pour le Père, son cœur pour les hommes, sa haine du péché, son humilité intérieure, sa pauvreté, pureté. Jésus Christ est vie, c.-à-d. toute grâce de guérison, d'action, d'élévation, de sainteté, ordinaire et héroïque; donc, vouloir être sanctifié, pénétré de cette réalité divine.


3. La préparation concerne l'intelligence qui rejette toute doctrine non conforme à Jésus Christ et fait des actes de foi, qui a des désirs de foi. Elle concerne la volonté qui déteste le mal, l'imperfection, les mauvaises habitudes et fait des actes de désirs et des résolutions de vertu. Elle concerne le cœur qui veut être guéri et sanctifié de même que les résolutions. C'est donc une préparation complète. Le remerciement uniforme.

Comme nous pouvons noter, ce que notre Fondateur a le plus à cœur, c'est de remarquer dans la sainte Communion, l'union de nos trois facultés, intelligence-volonté-cœur, avec Jésus dans l'eucharistie. Le parcours de l'union est graduel mais le but, très clair, c'est de remplacer l'intelligence par celle de Jésus, la volonté par celle de Jésus, le cœur par le cœur de Jésus! Le Fondateur a insisté sans arrêt sur ce concept: la communion "produit une union intime et une amitié intime de l'âme avec Jésus Christ… L'amour de Dieu n'est pas oisif: quand il existe, il opère de grandes choses. Donc, en vertu de ce Sacrement, non seulement la grâce et la sainteté sont données en abondance mais nous sommes aussi poussés à l'action… L'âme se transforme en Jésus Christ: c'est l'élément inférieur qui est transformé en élément supérieur, comme le pain est transformé en chair et en sang".

Le Fondateur veut souligner la préparation complète de la personne à la rencontre de Jésus dans la Communion: non seulement des élans du cœur (dans l'amour envers Jésus-Vie) mais l'implication de l'intelligence (assimiler la mentalité de Jésus-Vérité) et de la volonté (détester le mal et permettre à Jésus-Voie de revivre ses vertus en nous).

En plus de l'union personnelle avec Jésus, c'est une consolation de rappeler qu'à travers la Communion, nous devenons davantage unis entre nous, membre des membres, unis à la Tête, Jésus Christ. La parole de saint Paul se réalise vraiment: "Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain" (1 Co 10,17).

Par conséquent, l'orientation pour vivre les exercices "pauliniens" en cette période pourrait être:

¢ Nous souvenant que le mandat de Jésus lors de son dernier repas: "Faites ceci en mémoire de moi", comporte l'action de rompre le pain du pardon et de l'amour, du partage et de l'unité. En ce temps d'Avent-Noël, je m'applique à vivre plus intensément la communion sacramentelle de manière à ce que l'union avec Jésus me porte à mieux vivre la charité réciproque. Le Christ qui vient à moi au moment où il m'unit à Lui, m'unit à mes frères et sœurs. Je serai donc plus attentive et plus consciente de soigner l'esprit d'accueil du frère/sœur qui est proche de moi, et je ne manquerai pas de trouver les modalités concrètes d'un service humble.

"La relation avec Dieu ne nous épargne pas la fatigue; elle exige de nous tout le courage d'affronter personnellement et avec une grande sollicitude les défis que la vie nous propose et impose. Du point de vue sémantique, la racine de cette parole précieuse est directement liée au cœur, cor habeo. Comme hommes et femmes, nous sommes appelés à vivre avec courage, c.-à-d. avec fidélité à notre cœur, sans nous perdre en craintes inutiles, même pas celles de perdre quelque chose de nous-mêmes. Le courage est vraiment dans le fait de faire chaque chose "avec coeur". […] De temps en temps, il faut aller fouiller dans le tiroir des choix déjà faits pour redonner une saveur d'humanité à nos geste afin qu'ils ne soient jamais mécaniques ou faits une fois pour toutes, mais courageux jusqu'à l'audace. Une des plus belles choses de la vie consiste à ne jamais arrêter de nous tromper, c'est ainsi que nous pouvons toujours oser faire mieux".

Faire chaque chose avec le cœur habité par le Christ; c'est Lui qui nous donne le courage nécessaire de construire une vie fraternelle authentiquement humaine parce qu'habitée par le divin.

Un souhait du cœur accompagné par la prière!

En communion profonde, don Guido.