Spiritualité

Itinéraire des Exercices pauliniens


Du dimanche de Pâques à la solennité de la Pentecôte


"Et mettre définitivement le cœur… pour le ciel" (DF 99)


Comment se convertir de l'erreur d'avoir changé, même en partie, les moyens en fin? Le Fondateur le décrit avec une expression très concise: "mettre définitivement le cœur, les fatigues, le travail pour le ciel". Abandonner définitivement un style de vie ambigu pour établir toute la personne en Dieu. Une perspective très vaste, comme vous le voyez. Pour cette période, nous nous arrêterons seulement sur deux éléments.

Le premier élément concerne l'adverbe dé-fi-ni-ti-ve-ment. Il s'agit d'un adverbe extrêmement engageant qui signifie une fois pour toutes, sans possibilité de retour en arrière. Il revient souvent dans la prédication du Fondateur. Un exemple: "Comment notre union à Dieu s'établit-elle? Saint François de Sales disait: "Je sens que le Seigneur va me rappeler à Lui bientôt parce que mon cœur est tellement établi en Lui qu'il ne désire plus rien, et que plus rien ne m'attire ou me dérange…" Saint François de Sales était établi en Dieu. S'établir définitivement en Dieu signifie être devenus des novices du ciel. Pour établir définitivement l'âme en Dieu, il faut trois choses. Aimer le Seigneur de toute notre intelligence: sanctification de l'intelligence; aimer le Seigneur de tout notre cœur: sanctification du coeur; aimer le Seigneur de toutes nos forces: sanctification de la volonté ".

Le deuxième élément concerne le cœur. Les fatigues et le travail ne manquent pas. Mais il n'est pas surprenant que don Alberione fasse partir du cœur tout le dynamisme. C'est toujours le cœur, en tant que source de l'amour, qui meut les autres facultés à s'établir en Dieu. Au cours de la première étape, le Fondateur a indiqué la réalité du ciel vers lequel orienter notre pensée et de laquelle doit jaillir le fort désir: "La pensée du Ciel doit nous détacher de la terre et nous faire tout utiliser comme moyen, nous rendant fervents, parce que chacun recevra son salaire selon (son propre travail)" (1 Cor 3,8); nous préparer le désir du ciel, le désir d'être délié (du corps pour être avec le Christ) (cf. Ph 1,23), et ce désir devient le roi des désirs, exploitant une soif de mérites, de perfection, d'âmes" (DF 24-25). Nous savons que, étymologiquement, le terme désir est lié à la parole étoile qui indique nostalgie, manque. Orienter notre regard vers le ciel signifie cueillir le de plus de l'amour qui se révèle déjà dans la réalité que nous vivons. Au fond, le désir est l'attente de bien que nous sommes et qui trouve son dynamisme et son accomplissement total dans l'aujourd'hui. D'où la nécessité de vivre intégralement le quotidien.

Le Fondateur recommande de donner tout l'être à Dieu et d'établir - verbe vraiment très cher à don Alberione et qui revient dans son lexique - le cœur en Dieu: "Donc, tout quitter, se détacher de tout constitue la première partie, le premier devoir de la vie religieuse. La deuxième partie, c'est l'attachement authentique à Dieu, l'amour de Jésus, mettre tout le cœur en Dieu. C'est le signe le plus sûr et infaillible du salut. C'est déjà porter le salut dans le cœur. Cependant, il faut faire en sorte que Jésus soit vraiment le maître de notre cœur, de notre corps, de nos sens, de nos volontés, de tout notre être". La même invitation est adressée aux Sœurs Disciples: "Nous devons considérer… la partie positive, c'est-à-dire voir si nous avons établi le règne de Jésus Christ en nous, le règne de son amour… Le culte envers l'amour infini consisterait substantiellement à concentrer tout le cœur en Dieu. Pour y arriver, il faut des renoncements et des conquêtes…".

Par conséquent, l'orientation pour vivre les exercices "pauliniens" en cette période pourrait être:

¢ Nous valoriserons ce temps fort, appelé aussi cinquantaine pascale, pour confirmer l'option fondamentale déjà mûrie depuis un certain temps: déposer de nouveau toute notre personne, à commencer par le cœur - sentiments, affections et désirs - en Dieu. Chaque jour, nous renouvellerons au moins personnellement, la prière du Pacte, en soulignant les mots: "De notre côté, nous promettons et nous engageons à chercher en toute chose et de tout cœur, dans la vie et dans l'apostolat, toujours et seulement la gloire de Dieu et la paix des hommes…".

"Pour obéir à Dieu, nous devons désobéir à nous-mêmes. Pour accueillir en profondeur notre propre vocation et vivre notre mission, il faut mourir à nous-mêmes, vaincre l'égoïsme et les peurs pour nous laisser porter au large par le "Dieu de grand amour" qui désire pour nous la liberté, la joie, l'accomplissement. Il importe donc de nous ouvrir à la confiance et à l'abandon total à Dieu".

Je vous souhaite de plonger totalement dans l'amour de Dieu pour goûter la plénitude de la joie pascale.

En communion profonde, don Guido