Dieudonné Guillaume-L’Écossais.

 

 

« Vous, qui ne vous souciez pas de la façon dont on prononce les noms, vous êtes chi-ant, si-an william scott » - Voltaire.

 

 

Deux n.

 

            Septième d’une famille de sept enfants, en fait, son père et sa mère avaient tous deux trois enfants avant de se marier, Seann est le petit dernier de la famille et il admet avoir été gâté, pourri.

 

            Une rumeur veut que son prénom ait été choisi par sa mère parce qu’il aurait signifié ‘don de dieu’, en gaélique. Il est difficile de vérifier s’il est, dès le départ, épelé avec deux n, ou s’il n’aurait acquis un second n qu’avec le temps. Certaines sources d’information existent pour les deux théories. Ce n’est pas tant que notre don-de-dieu est né dans une période si lointaine que les informations sont difficiles à extirper des ruines d’anciennes civilisations, non, mais en cette période de l’information, un des problèmes est qu’il n’est pas toujours possible de bien juger de la validité de ces informations. Ainsi, il a deux dates de naissance, sur Internet, celle du 12 Juillet 1977 et celle du 3 Octobre 1976.  Cette dernière est légèrement plus souvent retenue, mais il n’y a pas d’explication pour ce doublet. Par contre, et aujourd’hui avec Internet, une recherche nous indique que Seann, deux n, existe bien, techniquement, c’est le prénom d’un poète irlandais du XVIIIe et c’est aussi une forme de l’adjectif  gaélique ‘vieux’. Puisqu’on a le choix entre deux histoires, personnellement, je préfère garder celle qui aurait été guidé par l’intention, plutôt que celle que nous fourni la technique, factuelle, appliquée à postériori trente ans plus tard. De plus, pourquoi pas, pour moi, Seann, en don de dieu, devient indirectement une référence à une bière que j’apprécie, la Don De Dieu brassée par Unibroue, de même qu’au bateau de Samuel de Champlain, fondateur de la ville de Québec. En français, une possible traduction qui convient au sens original peut ainsi devenir Dieudonné. À vous l’honneur de décoder le reste du titre.

 

D’une famille modeste, en banlieue éloignée de Minneapolis-St Paul, plus précisément à Cottage Grove, au Minnesota, je suspecte qu’il s’agit d’une famille irlandaise dans laquelle la religion conservait une influence indéniable. Jeune, Seann aurait fréquenté les offices religieux jusqu’à trois fois par semaine. Si cette pratique semble avoir diminuée, voire disparue, il n’en demeure pas moins que le sentiment religieux semble toujours bien présent chez lui, car Dieu, et l’Amérique, sont maintes fois cités dans ses remercîments, ainsi que dans certaines de ses dédicaces. Jeune, Seann était également un peu obèse, atteignant les 185 livres.

 

Seann nous raconte qu’il aurait été témoin du tournage d’un film, près de chez lui, ce qui lui aurait fait prendre conscience que de vivre d’un travail dans l’industrie du film pouvait être, après tout, une possibilité bien réelle. Mais le cinéma, c’était son option B, bien avant que The Rock ne lui propose des options. Son premier choix était plutôt de devenir un sportif professionnel. Des sports qu’il préfère, il mentionne le football (américain), le basketball et le baseball. On note que ce sont des sports d’équipe.

 

Au ‘secondaire’ et au ‘GEPEG’ (ou ce qui, aux USA, correspondrait à ces niveaux d’études), il aurait été un élève brillant (finissant son apprentissage scolaire avant les autres ; une de ses matières préférés est l’histoire américaine), tout en s’occupant activement de sports, allant même jusqu’à aider les élèves moins avancés, dans leur pratique des sports. Il a également déjà la réputation d’être un type bien, qui cherche à plaire, il se mérite de nombreux surnoms, incluant l’étrange surnom de « Shark », ou requin, en français. Bien sûr, ce n’est pas dans le sens requin de finance, mais bien dû à des « sautes d’humeur » imprévisibles, un peu comme un requin qui semble placide et qui, tout d’un coup, est touché d’une irritabilité soudaine et qui attaque le plongeur, sans vraiment donner de signes avant-coureur. De là à dire que Seann était quelques fois sujet à de fortes et brusques colères, je ne pense pas, il s’agirait plutôt de perte de convivialité que de colère en soi. Même s’il y a peu de matériel de disponible quant à un possible aspect violent de sa personnalité, il y a quelques rumeurs qui peuvent être instructives, même si, je le rappelle, elles sont douteuses.

 

En fait, il n’y a peu de rumeurs que je connais et qui nous laisse suggérer un Seann ‘violent’. La dernière, en ordre chronologique, se situe peu après avoir été la victime d’une ‘agression’ par un gang de rue à Los Angeles (on y reviendra plus tard). Pour tout de suite, mentionnons que peu de temps après son agression, il aurait troué un mur de son appartement, d’un coup de poing. N’essayez pas cela chez vous, mais il s’agit probablement d’un mur de colombages de poutrelles de bois verticales espacées à au plus deux pieds, sur lesquelles poutrelles sont fixées, en finition, des panneaux de gypse (placoplâtre). Pour faire un trou d’un coup de poing, dans une telle construction, même à supposer que le poing ne se heurte pas sur une des poutrelles de bois, ni sur une entremise horizontale assurant le parallélisme des verticales, même si le poing est juste entre tous ces possibles obstacles, percer le panneau de gypse, d’un coup de poing, demande quand même une certaine force. Et à moins de savoir exactement où sont les poutrelles de bois, ce qu’on ne prend pas le temps de faire lorsque soumis à un sentiment vif, cela demande d’être dans un certain état d’esprit définitivement hors de la simple colère ordinaire, puisque le danger de s’infliger une blessure à long terme est quand même présent. Quoiqu’il en soit, toujours selon la rumeur, le jour suivant, quand un ami lui aurait rendu visite, Seann lui montre le trou dans le mur et aurait déclaré que c’était bien lui qui l’avait fait, d’un coup de poing (et non, par exemple, dû à un objet, tel une patère, qui, en tombant, se serait fracassé contre le mur et aurait, alors, fait le dit trou ; ou d’un trou de coup de marteau ayant passé à coté de sa cible, un clou devant supporter quelque cadre que ce soit).

 

Si on se souvient du « Shark », il semble qu’on se souvient encore mieux du type bien qui cherche à plaire. C’est à mettre dans le contexte où Seann mentionne ne pas se tenir particulièrement dans les soirées, de n’avoir pris une boisson alcoolisée pour la première fois que lors de ses 21 ans (ou 18 ans). Par contre, il laisse penser qu’il ait perdu sa virginité vers les 19 ans (ou 16 ans). Même si il est réservé sur les détails personnels, il admet, candidement, n’avoir eu que peu de relations sérieuses avec des filles (et, selon ce qu’on peut entendre, la durée de chaque relation n’est que de quelques mois). Il explique avoir de la difficulté à parler aux filles, et ses premiers succès au cinéma, dans « American Pie », n’arrangeront pas les choses, au contraire. Cependant, la sexualité est loin d'être un sujet tabou: à grande heure de télédiffusion, il n'hésite pas à apporter de juteux commentaires, avec une désarmante franchise.

 

Pour ce qui est des relations avec sa famille, il mentionne qu’étant le cadet, il a été affreusement gâté par ses frères et sœurs. Il y aurait un grand-père qui, alors, vivait avec la famille. On sait qu’il ne sait pas nager, ni Seann, ni le père de Seann, et que tous trois auraient faillit se noyer (à des moments différents, pas au cours d’un même incident ; dans le cas de Seann, c’est lors du tournage de « The Rundown », lors de l’explosion imprévue, dans la fausse caverne reproduite en studio, où il est projeté accidentellement dans le plan d’eau). On sait également qu’il y a la mère et le père. La mère est, comme toutes les mères, en admiration envers son fils qui connaît un succès débordant le cadre familial, et d’ailleurs, Seann reporte plusieurs anecdotes impliquant sa mère, incluant le jour où il a bougé les meubles de la cuisine, et répandu du sel ( ?)  sur le plancher, pour mieux glisser, en dansant. Eh bien, Seann rapporte que c’est sa mère qui aurait ‘finalement’ bien rie de ce gâchis.. du moins, quelques années plus tard, le voyant danser dans « American Wedding », où Seann a reçu le MTV Award 2004 pour la meilleure danse. Par contre, il parle peu de son père. Ses parents se dont divorcés en 2001 et son père est décédé en 2007. Suite à ce décès qui a fortement marqué Seann, il a ajouté des tatouages symbolisant l'arbre de la vie (familial) sur ses avant-bras. Donc, en résumé, il a été gâté, par ses frères et sœurs ce qui, pour un jeune en bas âge, constitue un environnement qui peut avoir ainsi créé une prédisposition remarquable envers les groupes, au dépend de l’individualisme.

 

 

Exit Cottage Groove, Los Angeles, nous voici.

 

Étudiant doué, progressant nettement plus rapidement que la moyenne, un de ses quatre tatous permanent, l’éclair sur la cuisse (ou mollet ? ), serait précisément pour souligner, à son vingtième anniversaire de naissance, sa progression rapide aux études (il aurait gradué à 16 ans!), il aurait pu se libérer de Cottage Groove pour aller à Los Angeles. Simple opportunité de le faire, ou autre, je ne pourrais dire, mais le voici, pour voir ce qu’il y a là, à Los Angeles. Il se trouve quelques boulots, voire même deux travails en même temps, du genre commis à un magasin de bricoleurs Home Depot (section plomberie); dans un centre de conditionnement physique ; dans un zoo, s’occupant des animaux mais également comme vendeur de bouffe sur place (churro, spécialité mexicaine, mais qui pourrait correspondre, ici, à un job de vendeur de barbe-à-papa, si on se replace dans un contexte de fête foraine) ; ou comme concierge, débouchant des cuvettes de salle de toilettes, dans un bureau d’avocat ; ou vendeur de bâtonnets « glow-in-the-dark » .

 

Seann mentionne qu’il était pratiquement impossible de le trouver, au travail, chez Home Depot, parce qu’il s’enfermait dans une douche (ou autre bidule, clos, du genre de ceux en démonstration sur le plancher, j’imagine) pas pour se masturber, non, c’est lui-même qui apporte la possibilité de cette activité, en s’excusant, la seconde d’après, espérant ne pas avoir été trop grossier ; mais bien pour lire ou apprendre les rôles de pièces. Bien sûr, aujourd’hui, il n’en est pas très fier, mais notons qu’il n’hésite pas à le mentionner quand même (« Stark Raving Mad », commentaires). Même si cela peut le faire paraître mal. Cette candeur naïve est un autre de ses traits caractéristiques, encore jeune.

 

C’est bien d’être à Los Angeles si on veut faire du cinéma, mais on commence par où ? Quels sont les contacts ?  À quelles portes frapper ? Dans le cas de Seann, je ne saurais dire avec précision la démarche exacte qu’il a parcourue, si ce n’est qu’il fut « découvert » à une compétition de ABC pour découvrir des talents (1995 IMTA Convention). Il y aurait « gagné », en autres, un cours pour parfaire son apprentissage d’acteur et en serait ressorti avec plus d’assurance.

 

J’ignore si les auditions, pour les rôles de télévision ou de cinéma, sont affichées à quelque part, ou si il a passé plus passivement par un agent qui débroussaille ces recherches à sa place, quoiqu’il en soit, le processus implique plusieurs auditions au cours desquelles il se serait motivé et prit de plus en plus d’assurance. En effet, il semble qu’il existe une rétroaction, après l’audition, permettant de vous situer, un peu comme si on vous disait que vous êtes le second, ou le dixième. Bien sûr, savoir être dixième ne donne pas d’assurance, car il faut que les neuf autres se désistent pour que vous ayez le job, mais si, dans le temps, vous passez de dixième à troisième, cela aide à construire une assurance, et permet de poursuivre votre effort. Ce genre de rétroaction, qui ne coûte pratiquement rien, semble bien bénin, vu de loin, mais les conséquences de ce simple ‘geste’ peuvent fournir, pour un débutant, un incitatif à la poursuite de l’effort, alors que l’absence de ce genre de communication peut mener au découragement et à l’abandon d’une carrière.

 

Persévérance, ou acculé au mur et manque d’alternatives, on fonce ? Peut-être un peu des deux, car il y a sûrement eu des creux. Ainsi, en route pour une audition pour « Baywatch » (série télévisée), il se trompe d’autobus (comment est-ce possible ?), et se retrouve dans un quartier mal famé de Los Angeles, où un gang de rue lui prend son chandail, ses espadrilles, et le (seul) billet de un dollar qu’il a en poche. Se laisse-t-il abattre ? Jugez, il persiste et finit par se présenter au local où a lieu l’audition. C’est peut-être pas exactement ce que j’aurais fait, moi, à ce moment là, m’enfin. Faut dire que l’histoire ne dit pas si il est repassé par son appartement, ni si il a pu contacter un ami, car autrement, à pied… Quoiqu’il en soit, malheureusement, les auditions étaient alors terminées, à cause du petit retard quoi.  Mais cela répond à notre question « Persévérance, ou manque d’alternatives ? »  Même dans l’adversité, il ne perd pas de vue le but fixé, et retarde les apitoiements sur son sort tant qu’il existe une possibilité d’agir. C’est certainement la démonstration de plusieurs traits, dont le sens des priorités et de la ténacité, traits qui relèvent de la persévérance. L’exemple peut même aider à mettre une image sur ce concept, un peu flou, en général.

 

Il faut également mentionner que Seann semble posséder un esprit d’analyse hors pair et qu’il n’hésite pas à se voir comme le responsable de ses erreurs, ou qu’il considère avoir quelques responsabilités quand l’environnement lui est contraire ! En fait, plutôt que de dire avoir des responsabilités dans les contrariétés qui lui arrivent, ce serait préférable que je dise qu’il semble être de ceux qui imaginent qu’ils peuvent modifier la situation pour la tourner à son avantage. Et ce dont on est réellement tenu comme entièrement responsable c’est de vouloir et effectivement d’oser agir.

 

Reste à savoir à trouver comment agir. Dans son cas, une de ses méthodes est basée sur une question relativement simple : «  Que puis-je ajouter ? »  Ainsi, dans une scène où il ne parle pas, quel mouvement peut-il ajouter, quelle expression faciale peut-il afficher, sans nuire à l’action principale. Par exemple, dans Road Trip, lorsque nos gambadeurs, dans leur autobus, sont arrêtés par un policier, son rôle, à ce moment, est secondaire, mais son jeu ajoute à la crédibilité de la scène. Pareillement, dans une scène où il aura un rôle prédominant, encore, il cherchera à ajouter au script, tout en restant dans l’esprit du script. Ici, l’exemple peut aisément provenir d’« American Wedding », de la scène du miaulement alors qu’il mime la traite d’une vache. Oui, l’idée de base lui fût suggérée, mais les détails seraient de sa création.

 

Et en plus, toujours son esprit d’équipe qui n’est jamais loin, une seconde question semble faire partie de sa méthode. Immédiatement après la première question, ou en même temps, il semble appliquer: « Que peut-on ajouter ? »  Ainsi, dans une scène de « Dude, Where Is My Car », nous avons Jesse (Ashton Kutcher) qui ouvre la petite porte d’une mini clôture de pelouse, mais la clôture elle-même, est écroulée, seule la porte tenait encore debout : comique par absurde, Jesse aurait bien pu passer là où la clôture ne faisait plus obstacle… pourquoi se donner la peine d’ouvrir la porte de la clôture ?  Et bien, selon les commentaires sur le DVD, ce petit détail comique n’est pas dans le script, c’est un détail ajouté, sur le champ, par un des acteurs. Bien sûr Ashton prétend que l’idée vient de lui, mais aussitôt, et lui et le directeur et Seann se mettent à rire, tout en nous laissant dans un contexte nous permettant d’attribuer effectivement l’idée de ce menu détail à Seann. Car aider le groupe implique ne pas nécessairement de s’attribuer ostensiblement tout le crédit auquel on aurait peut-être droit. Il est vrai que le détail ajouté, ici, est mineur et ne fera rire que les spectateurs attentifs et imaginatifs tout à la fois, mais c’est là que réside bien souvent le génie, dans le détail, et dans le petit plus, qui fait que vous devancez la compétition. En effet, « ajouter », dans ce contexte, n’implique pas tout refaire, mais bien, de s’insérer dans le sens initialement désiré, et de faire un petit peu plus, imperceptiblement, délicatement, plus souvent qu’autrement. Ces menus ajouts sont alors mieux acceptés, par le reste du groupe, alors que tout refaire serait potentiellement perçu négativement comme du tirage de couverte vers soi. L’esprit de groupe ne signifie pas nécessairement qu’il faille complètement s’effacer, par contre, mais bien, d’abord, de produire, collectivement, le meilleur effet.

 

Enfin, en plus de sa persistance et de sa méthode, il faut aussi noter que, en plein succès, Seann mentionne qu’il ne voit pas pourquoi il renierait Dieu, maintenant que tout va bien pour lui, puisque Dieu l’a aidé, lorsque Seann était dans une situation plus précaire. Au-delà du sentiment de reconnaissance, ce qui n’est pas peu, il y a la mention que Seann a effectivement trouvé un réconfort, non négligeable, dans la religion, probablement à ses débuts, à Los Angeles. Il est difficile de jauger les parts relatives attribuables à sa persévérance, à son intelligence, et à sa foi, dans le succès de son cheminement, et je pense que nous ne saurons jamais les détails entre Seann et son Dieu, à moins que Seann décide de lui-même de se confier, publiquement, sur cet aspect. Ignorant les détails, et étant moi-même athée, je ne sais pas si l’expérience de foi qui a aidé Seann, vers son succès, peut être, ou non, transposable, ou instructive, pour un non croyant, voire même, pour un autre croyant. Ce que l’on sait, par contre, de la relation entre Seann et son Dieu, c’est que ce dernier ne lui demande pas de détourner un avion pour le faire s’écraser dans une tour. Non, tout au contraire, il semble que ce Dieu là, c’est un bon copain, du genre de ceux qu’on invite à une fête, avec qui on a du plaisir et avec qui on peut rire, même faire de farces un peu osées… et qui consent à vous donner un bon coup de pouce, pour que vous propagiez ce coté rigolo de Dieu, comme si le rire était aussi à Son image ! Avec plus de fois où cet exemple de foi nous était compté, qui sais si ce monde serait différent ?

 

American Pie.

 

Les tous débuts de Seann ne sont pas fulgurants, on peut même dire qu’il y a du piétinement. Lorsqu’on a à peine 20 ans, toute lenteur peut devenir des plus pénibles pour le moral.  Quelques apparitions dans des séries télévisées, dans « Unhappily Ever After » et au moins un épisode de « Beach Party » et des auditions où il est quand même conscient de progresser à chaque fois. On note également sa participation dans le clip vidéo d’Aerosmith « A Hole In My Soul ». Il lui arrive enfin que se présente une audition pour « American Pie » (le premier de la série). Il se pense être désavantagé par son âge, presque 23 à la sortie du film, se jugeant un peu trop vieux, déjà, pour le rôle, mais il est confiant de sa progression dans les auditions qu’il a derrière lui et pense qu’en ajoutant un peu à ce qui est écrit dans la portion du script couverte par l’audition, il peut avoir le rôle. Sa prestation, au cours de cette audition, est disponible sur le DVD de « American Wedding », dans la section des bonus. Faut voir son air espiègle, imberbe (il porte généralement une barbe tricolore : blond, roux, châtain…), et d’une candeur, magique. Sa performance est remarquée et il est immédiatement retenu pour le rôle de Stiffler. En plus de sa méthode du « que puis-je ajouter » dont nous avons déjà parlé, le fait qu’il travaillait dans un Home Depot, lui aurait permis de décrocher le rôle, sur le coup.

 

Je ne considère pas que « American Pie », le premier de la série, soit un très grand film, personnellement. En fait, je ne suis jamais allé le voir en salle. Ce n’est tout simplement pas mon genre de film. Le rôle de Steve (ou Steven) Stiffler est relativement petit, mais c’est à bien des points de vue, un rôle de composition pour Seann. Alors que Seann est brillant (comme ses études le prouvent) et conscient des autres, c’est plutôt du « tout pour soi », pour Stiffler. Ils ont également des points en commun, tous deux sont sportifs et tous deux sont prompts à dire ce qu’ils pensent sans trop filtrer leur pensée, en toute candeur-naïve. Et je crois justement que c’est cette candeur-naïve qui fait tout le charisme de Steve Stiffler et de Seann. En fait, ce charisme transcende les apparitions de Siffler dans le film, et je veux dire en cela, par transcender, que c’est davantage une présence un peu floue, mais ressentie en arrière plan, plutôt qu’une situation, qu’un fait, qu’un geste qu’on peut pointer avec précision. Peut-on préciser une scène de Stiffler dans ce film qui fait qu’on s’en rappellera et parlera de lui à notre sortie de la salle de cinéma? Moi, je ne peux pas. Mais il est vrai que j’ai vu le film en dehors de sa séquence historique. Cependant, je me demande encore en quoi Stiffler est si marquant, car il a marqué le public qui a vu ce film ! Les gens se sont rappelés de lui, les gens ont parlé de lui, longtemps après avoir vu le film. N’est-ce pas cette candeur-naïve, toute simple, qui plaît plus, et qui adouci le message véhiculé, message parfois carrément hors du politiquement, ou socialement, correct, mais livré sur un ton franc et simple ? Est-ce qu’un monde compliqué, plein de courbette et d’accommodement ne se trouve pas désarmé par un seul individu disant simplement ce qu’il pense ? Ou est-ce aussi une certaine innocence qu’on peut encore retrouver dans certains adolescents ? Et si ce qu’il dit, sur ce ton, est politiquement un tantinet incongru, cela ne nous prédispose-t-il pas, intérieurement, à un sourire, tout simple lui aussi ? Moi, cela me rassure de penser qu’il y a encore des individus qui osent dire tout simplement ce qu’ils pensent.

 

Après le tournage de American Pie, le succès du film n’est pas encore établi et Seann retourne vendre de la malbouffe aux visiteurs du zoo… tout en s’assurant que Home Depot lui réserve sa place ‘au cas-où’ son flirt avec le monde du cinéma ne débouche pas. Il ne le sait pas encore, mais ayant le job de Home Depot, il évince un autre candidat pour le même job, candidat qu’il rencontrera, quelques années plus tard, pour le film « Stark Raving Mad » : cet autre candidat sera le directeur de la production du film ! et lui, il se souviendra avoir été tassé par Seann, pour le job. Mais sans la moindre rancune, en fait, on détectera une complicité entre eux.

 

Final Destination

 

Dans « Final Destination », Seann joue un rôle purement dramatique, ce qui est relativement rare, dans sa filmographie. Peu de commentaires sont disponibles, mais sa performance rend un personnage fort différent de Stiffler, et de façon très crédible et présente. Bel exemple de versatilité, dès le début de sa carrière.

 

Road Trip.

 

Dans Road Trip (La virée), si on ne considère que le script, sans l’acteur, on peut dire que le rôle tenu par Seann est un rôle de faire valoir : son rôle ne contribue pas vraiment ni à l’action, ni à l’histoire. Il est indéniable qu’un artiste, dans ce rôle, peut facilement passer presque inaperçu.  Ce n’est pas du tout le cas du jeu que livre Seann : il sait relever son rôle de simple faire valoir, pour se hisser parmi les autres vedettes principales du film, sans pour autant empiéter sur les compétences de ses co-équipiers.

 

Les commentaires sur DVD, contrairement au film, ne sont pas l’objet de textes appris d’avance, et ainsi, constituent, parfois, des improvisations qui peuvent livrer des informations intéressantes. Dans le cas de « Road Trip », ce n’est pas tant le commentaire qu’un genre de mini documentaire sur l’équipe lors du tournage du film qui m’intéresse. Ainsi, lorsque que Seann déclare qu’une virée semblable à celle du film ne se serait pas produite au Minnesota, parce que les routes sont encombrées de mauvais conducteurs, principalement de vieilles personnes, et que les vieilles personnes conduisent mal, on lui demande, à brûle-pourpoint, s’il a quelques ressentiments envers les vieux. Visiblement, l’interprétation qu’on vient de faire de ses propos le prend au dépourvu, il se sent un peu piégé, physiquement, il se redresse légèrement, mais sa réaction demeure candide. Il affiche un de ses sourires dont il a le secret, regarde l’interviewer, et nous lance un simple non, mais très convaincant, sans le moindre soupçon de confrontation et qui semble afficher également une confiance, désarmante, un peu semblable à celle de son audition pour American Pie. Cette expression physique, surréaliste de candeur, de la part de Seann, on ne la voie dans aucun de ses films, à ce jour, ce qui permet d’imaginer, un peu, la faible portion de son talent qu’il nous a livré, et, mieux encore, de ce qu’il a en réserve.

 

Dude, Where Is My Car.

 

Le manque de confidence est toujours relativement élevé, lorsqu’il décroche le rôle de Chester dans « Dude, Where Is My Car », en compagnie d’Ashton Kutcher dans le rôle de Jesse. Sa peur principale est de se faire virer du tournage. Cela s’est déjà fait, à Hollywood, en particulier, cas extrême s’il en est un, pour le premier film de Retour Vers le Futur. En fait, ces premières scènes de tournage de « Dude, Where Is My Car » correspondent à celles du début du film, où Chester et Jesse sortent de leur appartement et se demandent où est leur ‘char’, car ils ne se souviennent plus du tout de leur soirée de la veille… Il s’agit imperceptiblement des scènes où on peut sentir une certaine tension, ou un manque de souplesse, mais partout ailleurs, le film est un délire, à condition de ne pas chercher une once de sérieux. Il y a définitivement une conjonction de planètes, de franche camaraderie, de collaboration et de pur plaisir dans ce film.

 

En fait, le seul reproche que je peux faire, contre Seann, par rapport à ce film, c’est dans son commentaire, où il prononce re-nolte, car en effet, oui, le ‘char’ est une Renault 5, et Seann, même si sa prononciation est reprise, quand on lui dit qu’on prononce re-no, pas re-nolte, Seann de dire qu’il ne se soucie pas de la façon dont c’est prononcé. Hum. Ce n’est pas bien grave, mais je ne peux pas vraiment laisser passer une telle occasion, en or. Comme le disait si bien Voltaire, « Vous, qui ne vous souciez pas de la façon dont on prononce les noms, vous êtes chi-ant, si-an william scott ». OK, j’esquisse, me pousse sous la table, et je crie : « ne tirez pas! ». Ce n’est pas vraiment dans un but méchant, c’est simplement que c’est, il me semble, un brin rigolo, et dans l’esprit de Voltaire, que de faire ce genre de remarque, une remarque pointue, à propos, mais sans grand diplomatie ... J’en ai une autre, plus ‘gentille’, pour me racheter, mais en anglais, toujours sur sa façon d’écrire son prénom : « You are now watching sea-n-n live ». Pour ceux qui l’ignoreraient, CNN est l’indicatif d’une chaîne de télévision, et sea, mer en anglais, se prononce bien de la même façon de la lettre c, en anglais. D’où  seann et CNN ! M’bon, trêve de digression sur un prénom, et sa prononciation.

 

Le succès, en salle, de « Dude, Where Is My Car » est moindre que celui de « American Pie », mais quelqu’un a, temporairement, jonglé avec l’idée d’en faire une suite, du genre « Seriously Dude, Where Is My Car ». Un des problèmes est que ni Seann, ni Ashton n’étaient réellement de grandes vedettes, à l’époque, et leur cachet était en conséquence. On a ainsi demandé, aux environs de 2006, à Ashton s’il était intéressé à faire une suite au film, et ce dernier aurait été catégorique, quelque chose dans le genre : (traduction libre) « Non, absolument pas, définitivement pas, pas intéressé du tout, non, non et non. Si Seann embarque, alors oui, moi aussi, j’embarque, oui.»

 

Alors qu’il y a des politiciens qui peuvent convaincre des indécis à changer pour leur point de vue, vous m’auriez parlé de personnes capables non seulement de faire passer d’un non à un oui, mais de pouvoir faire ce tour de force déjà remarquable, sans dire un seul mot, simplement par leur présence, je ne vous aurais jamais cru.

 

De loin, on peut essayer de se faire une opinion sur quelqu’un, mais cela ne vaut pas l’opinion d’un pair qui vous connaît bien. On peut bien sûr imaginer que Ashton a confiance en Seann, c’est parce que si ce dernier est dans un projet, c’est que c’est un bon projet.  D’autres acteurs ont d’autres réactions toutes aussi positives envers Seann, après l’avoir côtoyé. Les groupes de discussion des films tels que « Train Wreck : My Life As An Idiot », « Mr. Woodcock » et « Quebec (2007) »  et blogs d’acteurs y ayant travaillé mentionnent, à maintes reprises, que Seann se mérite, par consensus, le titre de « Monsieur agréable ». Et même si, comme tout être humain, il doit avoir des journées où il est de mauvaise humeur, et bien, ces journées là, il doit rester chez lui, car personne ne semble se plaindre de l’avoir rencontré, en personne et, au contraire, ce sont même souventes fois, de éloges à son égard, pour le temps qu’il leur accorda, ou pour un geste qu’il posa, ou pour son attention. Et compte tenu qu’on est plus prompt à se plaindre, qu’à prendre le temps pour remercier, ou louanger, cela est, encore une fois, remarquable, car plusieurs les font, des dames, en général, je vous le concède, mais attention, elles signalent quelques fois qu’elles sont bien mariées !

 

Quant au film, il ne faut pas y chercher des réponses à des questions philosophiques. C’est plutôt à regarder, pour la simple détente, et se laisser surprendre, agréablement. Personnellement, je n’avais jamais vu ce film, avant d’avoir vu « The Rundown », ayant le préjugé défavorable que « Chester » représentait, sur la boîte du DVD, au club vidéo, un film d’idiots, films que ne me font pas rire du tout, en général. J’étais dans l’erreur, quant à ce film. J’ai apprécié le visionnement

 

Evolution.

 

Second film de Seann avec le directeur de « Ghostbuster », on peut même voir en Evolution, un écho de « Ghostbuster », ou encore, en un pilote pour un retour à la série des Ghostbusters. Le film « Evolution » est, en effet, basé sur une comédie sur fond pseudo-scientifique, mais aussi comique, à trois personnages (quatre si on inclut la scientifique un peu gauche pour laquelle finira par tomber un des membres du trio). Les commentaires, sur le DVD, sont, ici encore, intéressants. Il semble que l’équipe est un peu plus ‘froide’ que dans « Road Trip », quoique cela soit peut-être l’atmosphère désirée, après tout. Seann  mentionne qu’il était excité de faire ce film avec deux des acteurs qu’il admirait le plus. Et compte tenu que sa série de télévision préférée était X-File, cela n’est pas une simple flatterie.

 

 

American Pie 2

 

American Pie 2 est un meilleur succès commercial, et un meilleur film également,  que le premier de la série. Jason Biggs y est remarquable à plusieurs reprises, en particulier devant un foule assemblée pour écouter ce qu’elle croît être un virtuose de la trompette, mais le véritable virtuose est absent et le caractère de Jason doit s’exécuter, alors qu’il n’y connaît rien à la trompette. Même si il est ainsi très bien entouré, Seann, son personnage, prend de l’importance dans le film et certains iront jusqu’à dire que Seann vole l’attention dans presque toutes les scènes où il apparaît. Je n’irais pas jusque là, mais il est vrai qu’aucune des scènes où Seann jouent en serait une que je choisirais pour aller faire une pause bio. Il est simplement malheureux qu’il ne soit pas présent dans les commentaires du film, sur le DVD du film. En fait, son clip d’audition n’est pas présenté, alors que ceux des autres acteurs principaux le sont. Serait-ce qu’on a mal calculé l’accueil que fera le public à Stiffler ? Peut-être, mais quoiqu’il en soit, le public semble avoir répété son accueil des plus favorables, et les producteurs feront plus qu’amande honorable, pour le troisième film de la série.

 

 

Jay and Silent Bob Strike Back.

 

Avec « Old School », c’est un des films généralement ajouté dans la filmographie de Seann, même s’il n’y tient qu’un tout petit rôle. Il y joue pour quelques minutes le rôle d’un joueur de guitare qui accompagne d’éventuelles cambrioleuses. Mais il se fera éjecter du mini-van, encore en marche, lorsque Jay lui fera dire qu’il aime les moutons, dans le sens bestial du mot aimer.

 

Stark Raving Mad

 

« Stark Raving Mad » est un film indépendant qui n’a pas connu de distribution en salle. Il fut directement distribué sur DVD. C’est un film intéressant où on peut voir Seann dans un rôle non comique. Tourné en majeure partie à Vancouver, et à petit budget, on peut ainsi ajouter de la crédibilité à ce que Seann affirmait : ce n’est pas tant le cachet qui l’intéresse, que la qualité du script. Évidemment, je ne crois pas qu’il cracherait sur une liasse d’argent, mais ce qu’il désire, ou désirait, c’était de faire du cinéma, pour le plaisir que cela lui apporte, mais avec toute l’intensité qu’on lui sait être capable.

 

Sur le plan professionnel, on peut voir que Seann n’a pas de problème à conserver l’intérêt du cinéphile, même en nous crachant un compte rendu de reportage sur PBS. Il faut également applaudir le directeur du film qui lui également, cherchait un job chez Home Depot, quelques années auparavant.

 

À la fin du tournage, il se serait fait tatouer un symbole d’infinité, sur l’intérieur du poignet (gauche).

 

Old School.

 

Son apparition, dans Old School, est fort brève, mais frappante. Il semble qu’après la première prise, lors du tournage, tous les membres de l’équipe sur le plateau ont spontanément réagi, entre eux, s’inspirant des répliques que venait de livrer Seann, dans un jeu qui, il est vrai, marque, dès le début. Je me souviens d’avoir vu Old School, en salle, ignorant qui était Seann William Scott, à cette époque. De tout le film, il m’était resté deux scènes, bien vivante en mémoire, dont celle où joue Seann. Ce n’est que bien plus tard, en effectuant des recherches, que j’ai su que Seann avait joué dans ce film, et que, eh oui, c’était bien lui, ainsi accoutré comme un hippie, qui était dans une des scènes que j’avais grandement appréciée. Ce n’est donc pas tant mon admiration, je l’avoue, un peu trop débridée, qui parle, mais mon subconscient, du moins, en ce qui a attrait à sa performance dans Old School. Et je ne semble pas être le seul, les commentaires du directeur, en dialogue avec un autre intervenant, nous apprennent également que Seann était déjà reconnu par le milieu du cinéma, à ce moment (ses succès commencent à parler pour lui). Le co-commentateur demande combien de fois on a dû prier Seann pour que ce dernier accepte de faire une apparition dans le film. Le directeur mentionne que Seann a immédiatement accepté dès la première fois. Ce manque de comportement de « prima donna » semble étonner le co-commentateur, mais le directeur en rajoute, et ne tarit pas d’éloges envers Seann, mentionnant que Seann est brillant, et qu’il (Seann) en est parfaitement conscient.

 

Bulletproof Monk.

 

« Bulletproof Monk » n’est pas principalement une comédie, mais son premier film d’action. Seann a précédemment joué un rôle non comique dans Destination Finale, mais ici, il est une des trois vedettes qui supportent le film, qui en est un d’action, principalement, et incarne le personnage de Kar. Tourné après American Pie 2 et avant The Rundown, on commence à retrouver un Seann qui se préoccupe un peu plus de son apparence physique. En fait, on lui demande expressément de perdre du poids pour Bulletproof. Seann accepte et, en fait, il démontre par ses efforts soutenus, qu’il peut outrageusement persister dans l’effort physique, extrême. Ainsi, simplement pour parfaire sa musculation, et perdre du poids, il est dit qu’il a porté des souliers dont les semelles sont alourdies au plomb de sorte que chaque pas qu’il exécute devienne un exercice physique. Il faut dire qu’un des jobs qu’il a occupé lors de son arrivée à Los Angeles était dans le conditionnement physique où il a acquis des connaissances lui permettant de devenir son propre entraîneur, en quelques sortes. En fait, Seann dira que rétrospectivement, il se trouvait gras comme un porc, dans American Pie 2, et qu’il a pris des moyens drastiques pour perdre plusieurs livres, afin de pouvoir rendre avec plus de réalisme son personnage de Kar. Cette préoccupation de poids et d’apparence semble prendre une tournure un peu obsessionnelle, du moins, jusqu’aux environs de la fin du tournage de Mr. Woodcock. (Sur certaines photos de cette époque, il a un visage qui se présente avec des similarités de celle d’un homme dans les 70 ans, hormis les rides, je veux dire dans le sens « la peau et les os », principalement au niveau du cou.) Quoiqu’il en soit, son entraînement en gymnase, semble être revenu à quelque chose du genre de une à deux heures, chaque jour (le matin, principalement, semble-t-il), et constitue une période agréable, où il se fait plaisir, à s’entraîner. Aucune rumeur de drogue, d’ailleurs, n’est-il pas vrai que les drogues aidant à augmenter la masse musculaire ne sont utiles qu’au-delà de ce régime d’entraînement, du genre 4 à 8 heures par jour ?

 

Et tant qu’à avoir abordé le domaine du comportement physique, il aurait déclaré qu’il aimait se promener en « commando », à savoir, sans sous-vêtements. J’ignore les raisons qui peuvent pousser les gens à préférer se promener de cette façon, mais il n’est pas le seul acteur à agir ainsi. Au Québec, on a Patrick Huard (Bon Cop Bad Cop) qui a déclaré avoir le même comportement, sauf les jours où il y a des cascades à effectuer…

 

Sans option contractuelle pour le troisième film de la série American Pie, qui deviendra « American Wedding », il accepte d’y participer, en autant qu’on lui accorde un bon rôle dans un film majeur, mais dans un domaine autre que celui de la comédie. Ce film, ce sera The Rundown, avec The Rock comme vedette principale. Mais pour les producteurs de The Rundown, Seann n’est pas nécessairement reconnu pour le genre de film qu’ils veulent faire. En effet, si Seann est bien coté pour les films d’ado, qu’en est-il des films d’action ? Les producteurs de The Rundown contactent donc les producteurs de Bulletproof, et ces derniers acceptent de montrer ce qu’ils sont en train de réaliser avec Seann. Je ne connais pas très bien le milieu, mais si cela est vrai, cela me semble très inhabituel, et on ne le ferait, alors, que pour des gens pour quoi on possède une très grande estime.

 

MTV Award 2003.

 

En 2003, il a l’opportunité de co-animer une soirée de remise de prix, avec Justin Timberlake. Lorsqu’on demande à Seann si il est vrai que Justin l’aurait rabroué un peu vertement avec des expressions à la limite du politiquement correct, Seann, loin d’alimenter une quelconque controverse, explique, en quelque sorte, que tous les individus n’ont pas les mêmes comportements et qu’il faut chercher à comprendre leur comportement en utilisant leurs critères, et non en utilisant les nôtres ! Je suis désarmé, même si cela tombe sous le sens, combien de fois je ne me suis pas surpris à me dire : celui-là, il est sûrement fâché, alors que, non, dans sa culture, c’est le ton habituel qu’il utilise, et si cela me semble comme le ton de quelqu’un qui est fâché, c’est seulement parce que j’utilise mes références culturelles, à moi. Utiliser, ou essayer d’utiliser, les références de celui qui émet le message semble tomber sous le sens, mais encore, faut-il en être conscient. La prédisposition de Seann à travailler en équipe semble avoir vu, dès les premiers instants, que Justin se comportait comme cela, habituellement, et Seann n’y aurait pas vu d’offense. Pas plus que la remarque de Justin : « pourquoi faut-il que tous tes personnages aient cet accent mexicain ? »  et Seann, qui venait d’imiter un personnage de la trilogie du Seigneur des Anneaux, de répondre, qu’en fait, c’est un accent irlandais, mais qu’il travaillait à s’améliorer. Personnellement, je n’entendais pas d’accent particulier, mais il semble que Seann ait eu, effectivement, au début, quelques difficultés avec ‘son accent’. Mais le point intéressant est que plutôt que de capitaliser, ou d’insister démesurément, sur l’erreur de perception de Justin, ou de justifier qu’il ait utilisé un accent, dans les circonstances, justifications logiques, mais qui auraient pu ouvrir de nouveaux fronts, élargissant le ‘champ de bataille’, il a simplement contenu le problème, sans ridiculiser l’erreur de Justin, erreur secondaire au problème, mais en mentionnant l’erreur quand même, sans diminuer son auteur, et il va même jusqu’à parer un possible résultat négatif de sa réponse, en admettant qu’il a effectivement une responsabilité, sur le fait observé, et qu’il travaille pour une solution… au problème, si tant est que Justin y trouve un problème. Cela n’est pas une réplique d’un scénario, c’est la réponse qui survient, le plus naturellement du monde, sans vraiment jauger le pour et le contre, un peu par instinct. Ce n’est pas du à-plat-ventrisme, il expose sa position, réelle, mais Seann ne cherche pas non plus, inutilement, à escalader le conflit. Justin semble momentanément surpris par la simplicité de la réponse de Seann, admettons-le, il y a un peu de quoi. Peut-être Justin a-t-il enfin perçu que sa remarque pouvait avoir un effet négatif après tout, mais la réponse de Seann, elle, a eu son petit effet, car, à partir de ce moment, les choses semblent se dérouler plutôt bien, entre eux : Seann ne voyant dans les propos de Justin que son comportement habituel, et Justin, je ne saurais dire, mais pouvait-il se plaindre ? Ils ont livré un bon spectacle, et c’est cela qui était important, dans le cadre de leur collaboration.

 

American Wedding.

 

            Dans « American Wedding », Stiffler prend encore plus d’importance que dans les deux premiers films de la série. Je reprends mon analyse reliée à ce film un peu plus loin.

            Dans les commentaires du DVD de ce film, pour moi, cela est pratiquement aussi intéressant que le film lui-même, on prend conscience qu’il est capable de procédés tordus-diplomatiques. Ainsi, pour la scène du ‘chocolat’, il déclare, dans les commentaires, qu’il aurait aimé qu’on élimine la scène, parce que boire de la bière qui contient du sperme, ça passe, se faire pisser dessus, ça passe encore, mais manger de la merde, il ne voulait absolument pas. (On s’entend que la bière ne contenait pas réellement de sperme, dans American Pie, que ce n’était pas de l’urine, dans American Pie 2, et que ce n’est pas de la vraie merde, dans « American Wedding », mais ce qui ne passait pas était de laisser supposer que c’en était). Le temps passe et le directeur, bien après, semble se réveiller, et lui fait la remarque qu’il ne se souvient pas qu’il ait effectivement demandé d’enlever la scène, que tout au plus, Seann avait demandé qu’on y retravaille un peu. Et bien, voilà, si Seann vous demande qu’on réécrive quelque chose, c’est peut-être qu’il veut qu’on efface carrément ce quelque chose. Bien sûr, après coup, Seann admet que c’est finalement une grande scène, simplement qu’elle aurait pu être toute quelconque et même simplement grossière. Je lui donne entièrement raison, sur tous ces points. Mais même les génies doivent parfois être provoqués, par contre.

 

On apprend également qu’il ne faudrait jamais payer de gros cachet à cet acteur ! En effet, il nie catégoriquement avoir reçu 10 millions pour « The Rundown », et donne, comme argument, que si cela avait été le cas, il ne ferait plus de cinéma. Alors, « monsieur Scott », qu’on vous tienne par la laisse, économiquement, car, nous, bien égoïstement, nous désirons vous voir faire du cinéma, encore, et pour longtemps.

           

The Rundown.

 

            Un film d’action avec The Rock, Seann se débrouille très bien au niveau comique, où il possède la majorité des répliques comiques (avec The Rock qui en possède également quelques unes, plus subtiles) et s’implique très bien dans l’action physique également. Si il se plaint, dans « Dude, Where Is My Car », de ne pas avoir passé une seule journée sans avoir eu un bleu, ici, dans « The Rundown », il semble s’être endurci, un peu. À l’inverse du cheminement des grandes vedettes, Seann (et Ashton) refuse pratiquement de sauter de quelques pieds, d’un arbre au sol, au début de sa carrière (dans « Dude, Where Is My Car »), il semble nettement intéressé à faire beaucoup plus, ici, plus tard dans sa carrière, alors qu’il est mieux établi, et sans rechigner, semble-t-il :  que ce soit à s’entraîner, suspendu tête en bas, jusqu’au point d’en perdre conscience, ou son déjeuner, ou que ce soit dans une technique de saut, mimant être projeté par le souffle d’une explosion. Peut-être se lance-t-il dans ces ‘prouesses’ parce que The Rock fait de même (quand on lui voit la face, au cours de la cascade, sans coupure du suivi par la caméra, c’est lui, pas un cascadeur pro, pas un mannequin).

 

Ce n’est pas sans possibilités d’accidents. Il en arrive notoirement deux. Le premier, alors qu’il est ligoté, la scène terminée, pour le détacher, une mauvaise manœuvre, d’un cascadeur, lui lacère le bras. Je ne sais pas ce qui s’est passé sur le plateau, à ce moment, mais un accident encore plus banal, sur le plateau de Quebec, où Seann s’est simplement foulé la cheville a eu pour effet, selon le dire des figurants présents, de immédiatement créer un chaos total, avec des gens courant en tous sens, pour une durée de plusieurs minutes. La version attribuée à Seann (mais non vérifiable) est légèrement différente de celle reporté par les commentaires de The Rock, sur le DVD, ces derniers étant plus posés, mais il semble que néanmoins, The Rock, plein d’humour, et probablement pour souligner quand même son respect, aurait fait remettre à Seann un couteau gravé des mots « Slice Him », à la fin du tournage, comme souvenir de cette mésaventure.

 

Un second accident à survenir, nettement plus sérieux, se serait produit lors de l’explosion, dans la caverne, due à l’accumulation de méthane (se dégageant des moulages reproduisant l’intérieur de la caverne, en studio) : elle n’était tout simplement PAS prévue du tout. Il y a effectivement eu ‘accumulation de méthane’ ou de gaz inflammable se dégageant des accessoires utilisés pour recréer cette grotte, en studio, ce qui fut fait compte tenu qu’aucune grotte naturelle convenable n’avait été trouvée.

 

Enfin, il m’est impossible de confirmer, ou d’infirmer, que l’affreux tatou que porte Seann sur une scène enlevée du film, mais retenue sur le DVD, scène de bagarre dans la boue, vers la fin du film, soit le quatrième tatou permanent de Seann, tatou qui devrait représenter le mot latin AMO, j’aime. Quant à son troisième tatou, il s’agit du petit cœur, près de la ceinture, tatou visible sur une photo tirée de la page titre d’un magazine et largement disponible sur Internet. Nous avons déjà mentionnés les deux autres, l’éclair et le symbole d’infini.

 

The Dukes Of Hazard.

 

            C’est probablement un des premiers films impliquant Seann qui connaît un succès mitigé. Très marketing, avant la présentation en salle, Seann déclare que c’est le meilleur film où il a participé, mais face au demi-succès auprès du public, il s’attribue presque tout le blâme. Ce blâme est injustifié, à mon avis. Le jeu de Seann y est plus que correct (seul point faible, peut-être, sa technique de perte de connaissance qui ne semble pas être beaucoup plus convaincante que celle qu’il utilise dans American Pie). En fait, je revois encore son regard « fâché », deux gros yeux noirs (en fait, bruns… utilise-t-il des lentilles cornéennes juste pour cette scène ? j’en doute) étonnamment proche de son regard « surpris » de Mr. Woodcock, mais efficacement fâché dans The Dukes, mais, aussi, effectivement étonné, dans Woodcock. Ça fonctionne, tout simplement, ça fonctionne même très bien.

 

Peut-être que Seann est tout simplement trop diplomate, lorsqu’il s’attribue le blâme. En fait, on peut encore citer un autre cas où Seann essaie de comprendre les autres, en utilisant la culture de l’autre, au lieu de la sienne, lors de quelques interactions qu’il a, sur scène, avec Johnny Knoxville, car, en effet, tous deux proviennent de cheminements différents, mais néanmoins, conciliable, après tout… et leur camaraderie ne s’en porte que mieux, depuis. D'ailleurs, avec Jessica, ils ont tout de même obtenu une nomination, aux MTV Movie Award, pour la meilleure équipe sur scène.

 

Southland Tales.

 

Il reste plusieurs films, non encore disponibles, au moment d’écrire ces lignes, je les ai ajoutés en fin d’article. Le film Trainwreck: My Life as an Idiot est passé en première au SIFF (Seattle International Film Festival) sous le nom 'Trainwreck: My Life as an Idoit" (Idiot épelé Idoit, "je le fais", mais n'est pas encore passé en salle, ni disponible en DVD).

 

Ses amours.

 

Ses amours ne semblent pas être d’une simplicité à donner en exemple. Au contraire, quand on lui demanda, sur la fin de la vingtaine, s’il avait une amie, il ne se contente pas seulement de dire que non, mais, il ajoute spontanément, qu’il n’a pas eu plus de trois ou quatre relations amoureuses sérieuses. Il prétend rechercher de jolies filles, mais principalement, il faut qu’elle ait de la sensibilité, de la compassion et de l’humour,  principalement de l’humour. Quand à la beauté, c’est important, mais moins que d’avoir les deux pieds bien sur terre.

 

 Son premier baiser aurait été pour une Laura qui l’aurait laissé tombé après… un jour. Il l’aurait salué lors d’un MTV Movie Award (pour le prix du meilleur baiser).  

 

Il explique qu’il a des problèmes à parler aux filles. Aux États-Unis, on le reconnaît facilement, et même si on l’admire pour son rôle de Stiffler, on l’associe un peu trop à ce personnage et on le pense un peu bizarre, à moins qu’on ne lui demande de leur faire la danse qu’il a exécuté dans « American Wedding » (et qui a pris au moins une journée à tourner). Il a effectué un voyage, en Australie, où il aurait sorti quelques temps avec le mannequin Jacqui Smith. D’ailleurs, pour quelques temps, il songe même à déménager en Australie et considère que l’Australie est le plus beau pays… ah, l’amour. Mais cela ne semble pas durer. Ailleurs, en Europe, où il est moins connu, comme en Espagne, il ne semble pas avoir plus de succès. Il trouve l’atmosphère fantastique, trouve que là-bas, tout le monde affiche un sourire, mais quand une fille lui demande son métier, il répond qu’il est acteur. Ce à quoi la fille hésite et lui dit qu’en bout de compte, elle ne le croît pas. Acteur, oui, mais pas assez bon pour faire croire qu’il l’est ! C’est lui-même qui rapporte l’incident. Il en rit, bien sûr, mais demeure qu’il a toujours des problèmes à trouver l’âme sœur. Il ne sait pas s’il va se marier, ou non, mais il semble vouloir des enfants, car il aime se neveux et nièces comme s’ils étaient ses propres enfants. Il est également vrai qu’il ne met pas beaucoup de son temps dans les rencontres sociales, en dehors de celles dictées par son travail. Et même là, il arrive qu’il ne soit pas présent lors de premières en dehors des USA. Ainsi, il n’était pas à Cannes lors de la présentation de Southland Tales.

 

Seann est plutôt discret sur sa vie amoureuse, mais il semble qu’aux environs de la fin du tournage de « The Dukes Of Hazard », il se serait attaché au mannequin Deanna Mueller, pour une période qu’on peut estimer entre 6 mois et un an. Ce qui pourrait expliquer, en partie, pourquoi il n’aurait pas remarqué que Jessica semblait avoir un petit béguin pour lui. Seann songe même sérieusement à déménager de Los Angeles à New York, (le fit-il demeure incertain). Il dit vouloir déménager parce que Los Angeles ne lui plaît plus, mais, aussi, on sait de Deanna est à New York… ah, l’amour…  Ce qui explique également pourquoi, dès que le tournage de Quebec le permet,  Seann quitte Chicago, lieu du tournage de Quebec, pour aller à New York. Malheureusement, toujours selon les rumeurs non vérifiables, il semble que Deanna serait retournée avec son ex-copain, et Seann aurait fêté ses 30 ans à plusieurs endroits, mais,  semble-t-il, sans Deanna (quoiqu’une belle inconnue aurait été vu avec lui, sur la fin de la soirée). Pour corroborer cette mauvaise tournure d’événements, on remarque que sur les photos de cette époque, peu avant ses 30 ans, Seann y apparaît systématiquement avec les traits excessivement tirés, typique de quelqu’un qui manque sérieusement de sommeil, ainsi que dans des poses statiques, seul, avec un sourire mécanique, pour la caméra, beaucoup moins chaleureux que d’habitude. Mais, comme trop souvent, il faut savoir se méfier de ces horribles rumeurs, même quand votre serviteur les rapporte, ici. Je ne peux tout simplement pas les vérifier.

 

Toujours en 2006, alors que Seann est en tournage, à Chicago, pour le film Québec (2007), une nouvelle paraît, dans un journal à potins, et prétend que Seann serait le « candy boy » d’un milliardaire américain. Ce milliardaire se serait, selon la nouvelle, attiré les faveurs sexuelles de Seann, contre un financement pour des films que Seann pourrait désirer tourner. Heureusement, cette nouvelle contient au moins une erreur, en mentionnant que Seann aurait été vu, en compagnie du dit milliardaire, dans un établissement de Los Angeles, qui n’y existe pas.  En dépit de cela, le milieu homosexuel semble convaincu que Seann est des leurs, même si, pour cela, leur argumentation ira jusqu’à dire qu’il en est ainsi puisqu’il a embrassé Ashton Kutcher, dans Dude, Where Is My Car, et Jason Bigg, dans American Pie 2 (oubliant, par le même raisonnement, cela ferait également de Ashton Kutcher et Jason Biggs, des homosexuels). Personnellement, je ne pense pas que Seann soit homosexuel. Bien que je ne le connaisse pas, The Rock, qui a travaillé avec Seann, déclare, dans les commentaires de « The Rundown », « I know Seann is heterosexual. »  Ce n’est pas un ‘je pense’, c’est bien une affirmation des plus positives, de sa part, comme on peut le constater par soi-même, en se repassant le DVD, bande son commentaires, aux environs de 00:18:50. Non, même si, en fin de compte, son orientation sexuelle ne m’intéresse pas principalement, de prime abord, il me plaît de penser qu’il est hétéro. D’ailleurs, il dit être hétéro, et, comme le dit si bien Christian Tétrault, pourquoi mettrai-je de l’énergie à douter de ce qu’on me dit, si je n’ai pas de raison de croire le contraire ? Non, en fait, je n’ai rien à gagner à douter. Par contre, je pense que son problème, de conserver ses amies, et pures spéculations de ma part, c’est tout d’abord un problème de trop grande bouche… dans le sens verbomoteur. En fait, faible indice qui m’a aiguillonné, c’est une photo où on le voit commenter certains attributs féminins, de nature évidente, sans que je n’aie à préciser davantage, je pense bien. (seanscott.net, image 6818162E07B2) 

 

J’ai eu un patron qui faisait un peu la même chose : belles jambes, belle taille, belle poitrine, et tout cela, à plusieurs reprises, tellement qu’il a dû avoir quelques poursuites pour harcèlement… pour commentaires verbaux. Mais on s’entend, dans le cas de mon patron, jamais il n’aurait trompé sa femme. Il ne serait même jamais entré dans un bar de danseuses, considérant que cela était équivalent à tromper sa douce moitié (voyant mal que elle, elle entre dans un bar de danseurs). Mais qu’il voit une jolie femme, et nous revoici reparti pour plusieurs commentaires sur la beauté féminine. Ce ne sont pas toutes les femmes, qui comprennent, ou consentent, que leur copain ait ce genre de comportement, qui de plus est, en leur compagnie, car elles sont promptes à devenir jalouses envers… de pures inconnues, qui passaient, et à juger ces propos, artistiques, comme de l’infidélité, en pensée. « Il ne cesse de regarder les autres », disent-elles. Et bien, oui, mais ce n’est pas de l’infidélité, croyez moi. J’ai même eu un chum qui aimait commenter sur les filles et, principalement quand elles étaient en groupe, il ajoutait même laquelle, du groupe, il préférait. Cela mettait son amie de cœur dans une certaine fureur, on peut imaginer, surtout quand mon chum s’avérait incapable de ne pas émettre moins de trois ou quatre de ces commentaires, par soir. Jusqu’à ce que je m’aperçoive d’un point essentiel : non seulement il disait laquelle, du groupe, il préférait, mais également, en reprenant un élément physique, que ce soit la couleur de ses cheveux, de sa taille, de sa robe… c’était immanquablement ou la même couleur, ou la même taille, ou le même style de robe que ce que portait son amie. Je lui ai aussitôt fait la remarque, à son amie :   c’est son subconscient qui parle et qui te dit que c’est toi, en fait, dans ce groupe, qu’il préfère, et cela est arrivé pour chacun des groupes de filles qu’on a vu ce soir, et c’est toi qui a et les cheveux, et qui possède la taille, et qui porte la robe, tout en même temps. S’il te faisait un compliment, expressément, tu pourrais douter de son absolue sincérité, mais là, c’est son subconscient qui te complimente, alors tu peux être encore plus certaine que c’est toi, qui l’habite, au plus profond de lui. Il ne peut pas être infidèle, car c’est, au plus, avec toi-même qu’il l’est, avec l’image que son subconscient se souvient de toi.

 

Alors messieurs, s’il vous arrive de porter un commentaire sur un attribut féminin, alors que vous êtes au bras d’une autre jolie fille, sachez ajouter un « parce que » approprié, et cela pourrait bien faire encore plus que seulement vous sortir du pétrin...

 

En définitive, les rumeurs d’homosexualité, selon ce que j’ai vu, sont bien souvent, pas toujours, mais bien souvent, colportées par des homosexuels qui aimeraient que, qui ‘pensent’ que, mais qui s’expriment en ne précisant pas cette subtile nuance, et affirment directement comme un fait, ce qui est un de leur fantasme, surtout lorsque le sujet de la rumeur est un sex-symbol. Quant au sex-symbol lui-même, il a des problèmes à conserver ses amies, qui n’a jamais eu ce problème, sans pourtant être homosexuel pour autant.

 

 

Manager.

 

            Un fait un peu moins bien connu est que Seann semble aussi intéressé à produire des films. En fait, il s’était même parti une compagnie, Identity Film, dont un des objectifs était d’explorer ce qui se faisait comme film, en dehors des USA (rumeurs d’un remake du film français « Gregoire Moulin vs Humanity »). On peut même noter que certains des films où il joue, incluant « American Wedding », « Stark Raving Mad », voire même « Evolution », entre autres, il semble très intéressé aux détails de la production du film, en tournage,  un peu comme s’il était une sorte d’assistant producteur. Dans les commentaires de « Stark Raving Mad », il utilise même le pronom « nous » sur des sujets qui ne toucheraient pas, en théorie, le simple acteur ne tenant qu’un rôle, comme dans le cas où il mentionne que des acteurs rappellent, pour faire des films « Monet ne nous a pas rappelé. Jason (Biggs, d’American Pie) nous a rappelé, d’autres nous ont rappelé, mais pas Monet. » Il faut dire qu’au moment où les commentaires ont lieu, Seann semble avoir un béguin, sentimental, pour Monet, et que cela peut bien lui faire oublier qu’il ne devrait peut-être pas utiliser le « nous », comme dans « nous, producteurs », s’il ne tient pas à être identifié, plus tard, comme producteur.

 

            Évidemment, on peut avoir un film où une très grosse vedette demande le quart du budget de tout le film, sinon plus. Un tel film doit être difficile à gérer, lorsque le cachet est ainsi connu, publiquement. Pourquoi « lui » a-t-il autant, alors que moi, qui travaille sur le même film, pratiquement aussi fort, avec moins de caprice même, ne reçoit que des peanuts ? Une des solutions qui semble avoir court, dans le milieu, pour certaines productions à tout le moins, où on désire minimiser ce genre de friction vraiment improductive, serait de réduire le cachet, mais de conserver l’attrait, pour la vedette, en trouvant d’autres sources de revenus, légales, quoique sans le problème d’apparente injustice mentionnée. Très faisable, ainsi, le producteur peut avoir une compagnie qui fournit les fleurs, pour le tournage. Donc, si le cachet du producteur est initialement moindre, son bénéfice total, en bout de ligne, est le même, de par son contrat de fournisseur, voire même avec plus de prestige humain, car, pour les autres membres de la compagnie qui fournit les fleurs, s’il en est, il est le contact à privilégier et à chouchouter. Pour obtenir qu’un bon acteur accepte votre offre, avec un cachet relativement bas, vous pouvez, par exemple, lui acheter le scénario du film ! Non, bien sûr, ce n’est pas l’acteur qui a écrit le scénario, bien sûr que non, mais rien n’interdise qu’il l’ait acheté, qu’il ajoute sa marge de bénéfices comme intermédiaire, et ait revendu le scénario à la compagnie qui produit le film et qui l’engagera comme acteur. Cette transaction n’est pas nécessairement publique et, en tout cas, même si elle le devient, elle n’est pas un « cachet » et crée beaucoup moins de friction que si la même rémunération avait entièrement été puisée sur le cachet officiel que l’artiste reçoit. On peut également ajouter des titres officieux, en autant qu’une activité semble justifier le cachet supplémentaire. En absence d’injustice criante, l’esprit d’équipe plus facile à maintenir, de par ce genre d’artifices. Il va de soi que pour attirer des producteurs américains, à faire des films en dehors des USA, les accommodements raisonnables ne sont pas nécessairement que purement techniques : une équipe qui se tient et qui est heureuse de coopérer ensemble pour le bien commun, du projet, le film, est nettement avantagée, pour le succès du projet, du film.

 

Hilarant.

 

            J’ai mentionné plusieurs des traits de caractères de Seann, mais aurais-je oublié de mentionner qu’il est rigolo ? Pantoute, je n’ai pas oublié. Il semble qu’il a toujours cherché à plaire et qu’un de ses trucs pour y parvenir est d’être rigolo.

 

            Si vous ne lui connaissez pas cet aspect, je suis surpris que vous me lisiez encore, mais alors là, je vous suggérerais de vous louer « American Wedding », le troisième film de la série American Pie. OK, il faut différencier ce qui provient du script et ce qui provient de l’acteur. Par exemple, une bonne farce ne nécessite pas un bon conteur pour produire son effet. Par contre, il y a des situations qui, pour être comiques, nécessitent un artiste plus accompli que monsieur tout le monde. Dans « American Wedding », il y a deux scènes, en particulier, qui me reviennent à l’esprit, en ce sens qu’elles nécessitent du talent de la part de l’acteur. Bien sûr, se faire arroser de ‘champagne’, comme dans « American Pie 2 », cela peut faire rire, mais ne nécessite pas de talent particulier.

 

La première scène de « American Wedding » est celle du chocolat. Dans l’action du film, la mère de la mariée croît qu’il s’agit d’un chocolat fin, alors que Steve sait qu’il s’agit d’une crotte de chien. Or Steve tient le ‘chocolat’ dans la main, et la mère de la mariée veut manger le dit ‘chocolat’. Steve ne peut pas la laisser faire, et décide donc de manger lui-même ce ‘chocolat’. En quoi un talentueux acteur est-il requis ? eh bien, il doit, à nous, spectateurs, faire croire que c’est de la merde qu’il a en bouche, mais il ne peut pas faire … eurk…, car il doit faire croire à la mère de la mariée que c’est du chocolat. Mais si il fait … hum-hum… la mère de la marié va croire que c’est du chocolat, mais pour nous, on ne marchera pas car c’est sensé être de la merde, et faire …hum-hum… comme si c’est simplement du chocolat, pour nous, ça ne passera tout simplement pas. Il y a donc deux expressions opposées qui doivent être rendues, de façon réaliste, et drôle, et il faut qu’on y croie. Ce n’est pas une simple farce qu’on n’a qu’à déclamer, c’est simplement difficile, et, dans ce cas, rendu de façon magistralement hilarante. Vous, comment feriez-vous ? En fait, l’interprétation que donne Seann est tellement convaincante que certains spectateurs demeurent avec la ferme conviction que Seann mange vraiment… de la merde de chien… en faisant croire que c’est du chocolat. Faut le faire, non ?

 

La seconde scène n’est pas dans le film, trop… osée… probablement, pour 13 ans et plus, mais elle est dans les scènes qui furent retranchées, sur le DVD. La description de la scène est toute simple : courtiser une poupée gonflable, pendant deux-trois minutes, tout en étant drôle. Ok, si vous n’aimez pas ce genre d’humour, s’abstenir, mais autrement, il faut regarder. Personnellement, je doute que le script ne soit guère plus détaillé que cela, « courtiser la poupée gonflable ». Il faut être drôle, là, pour deux-trois minutes, vous, vous faites quoi ?  eh bien, probablement, tous les éléments que vous trouverez en regardant la scène seraient du cru, de la création, de l’artiste.

 

Pourquoi quelqu’un cherche-t-il à être rigolo? Quelqu’un qui s’y essaie est certainement à l’écoute des autres, pour savoir ce qui fait rire et ce qui ne le fait pas. Un bon comique doit certainement, à quelque part, avoir une bonne dose d’observation de ce qui l’entoure, tant les choses que les gens et leur interaction. Au début de sa carrière, Seann ne voulait pas vraiment aller vers le comique, c’était, dit-il, le genre qu’il possédait le moins bien. Il a quand même accepté un tel rôle comme premier rôle majeur, et l’effet fut celui qu’on connaît. Les génies, il faut parfois les bousculer un peu.

 

Le directeur de Evolution émet le commentaire que qui peut bien faire dans un rôle comique peut bien faire dans n’importe quel type de rôle, et de ce que j’ai vu de Seann, je suis porté à le croire.

 

Raconteur exceptionnel.

Pour terminer cette introduction, il faut également noter que Seann est un compteur exceptionnel, comme en fait foi ses quelques entrevues télévisées, où son franc parler direct et candide ajoute à l; intérêt des histoires déjà pimentées qu'il sait bien apporter.

 

 

 

 

 

Désolé pour Voltaire, mais tout le monde le sait, c’est de sa faute … Quelques arpents de neige, non mais !

 

 

 

Filmographie (films)

 

         American Pie (1999) (1999.07.09)

         Final Destination (2000) (2000.03.16)

         Road Trip (2000) (2000.05.11)

         Dude, Where's My Car? (2000) (2000.12.10)

         Evolution (2001) (2001.06.08)

         American Pie 2 (2001) (2001.08.06)

         Jay and Silent Bob Strike Back (2001) (2001.08.24) [1]

         Stark Raving Mad (2002) (2002.08.23) [2]

         Old School (2003) (2003.02.13) [3]

         Bulletproof Monk (2003) (2003.04.16)

         American Wedding (2003) (2003.07.24)

         The Rundown (2003) (2003.09.22)

         The Dukes of Hazzard (2005) (2005.06.24)

         Ice Age: The Meltdown (2006) (2006.03.01) [4]

         Train wreck: My Life as an Idiot (2007) (2007.06.14) 

         Mr. Woodcock (2007)  (2007.09.14)

         Southland Tales (2006)  (2007.11.09)

         The Promotion (2007)  (2008.06.06)

 

 

 

PS : La raison de ce texte, en français ? Parce que je n’ai pas trouvé grand-chose en français, sur Dieudonné Guillaume-L’Écossais. Il y en avait en anglais, en allemand, en japonais et en russe même, mais pas en français. Pourquoi ce texte ? Parce que j’espère qu’il peut être édifiant, à un point ou à un autre. Merci de votre attention. Prière de noter que bon nombre de détails fournis ne sont, en fait, que des rumeurs, non vérifiées.


 

[1] Brève apparition dans une seule scène en tant que joueur de guitare.

[2] Film qui n’a pas été distribué en salle, sorti directement sur DVD.

[3] Brève apparition en tant que responsable d’animaux.

[4] Voix de Crash.