La petite histoire de la famille Toupin dit Dussault

L'histoire de la Nouvelle-France nous apprend les grandes lignes du destin de nos ancêtres. Mais, pour connaître leur petite histoire - savoir qui ils étaient, ce qu'ils faisaient, voir leur cadre de vie - il faut surtout feuilleter avec patience les contrats notariés, ces vieux papiers assez difficiles de lecture, parfois effacés, presque toujours tachés d'encre. Tous les grands moments de leur vie y sont inscrits. C'est ainsi que, peu à peu, on les fait revivre...

Première génération

L'origine de l'ancêtre  (retour à la famille)

Comme le contrat de mariage de Toussaint Toupin et Marguerite Boucher, de même que l'acte du mariage lui-même, qui tous deux devaient mentionner l'origine de l'ancêtre, n'ont pu être retrouvés, il semblait presque impossible d'avoir une idée de son lieu de naissance. Mais voici que monsieur Eugène-F. Dussault, dans son livre sur les Toupin Du Sault, mentionne l'acte de donation d'Élisabeth-Ursule, fille de Toussaint Toupin et de Marie Bourdon, au moment de son entrée chez les religieuses Hospitalières, où elle déclare que «ses père et mère sont originaires de la Normandie». Cet acte, je l'ai retrouvé dans les insinuations de la Prévôté de Québec, en date du 12 mars 1695, notaire François Genaple. Et c'est vrai pour sa mère qui est née en Normandie! On peut donc présumer, sans crainte de se tromper, que son père était bel et bien normand lui aussi.

Son arrivée en Nouvelle-France
À suivre...

Son mariage
À suivre...

Trente-six métiers, trente-six malheurs ou trente-six bonheurs?
À suivre...

Le premier mystère des deux Jean aurait-il une explication?
À suivre...

Ses terres
À suivre...

La Seigneurie de Bélair ou des Écureuils
À suivre...

Deuxième génération

Le seigneur Jean (retour à la famille)
À suivre...

Le viol de Marie Gloria
À suivre...

Un Jean-Baptiste, plus un Jean-Baptiste, font deux Jean-Baptiste! (retour à la famille)
À suivre...

Troisième génération

Le seigneur Jean-Baptiste (retour à la famille)
À suivre...

Les malheurs de tante Madeleine (voir la famille de Madeleine)

Marie-Magdelaine, fille aînée d'un seigneur et soeur aînée d'un autre, elle-même co-seigneur, me touche particulièrement à cause des malheurs qu'elle a endurés lors de la défaite de 1759 et sous l'occupation anglaise. Son histoire est celle de presque tous les habitants de la ville de Québec à la même époque. Suivons donc ma lointaine grand-tante dans les coulisses de sa vie.
Mariée en 1724 à Louis-Joseph De L'Isle, menuisier, ils vécurent quelques temps aux Écureuils, puis, fin 1729, ils s'installent à Québec. Au recensement de 1744, ils habitent la rue du Sault-au-Matelot, entre la côte de la Canoterie et la rue de la Montagne. Bien que pas très riche, Magdelaine avait quand même hérité du sixième de la seigneurie et du moulin banal au décès de son père. Et Louis-Joseph, comme maître menuisier, possédait sa propre boutique et devait bien gagner sa vie; à Québec, sa maison de deux étages était en pierre. Les enfants étaient nombreux chez les De L'Isle, mais, enfin, on vivait assez bien.
Vint la guerre. Le 16 juillet 1759, ce fut le premier bombardement de la ville de Québec. En quelques semaines, tout fut rasé ou à peu près. Même dans les villages environnants, les récoltes étaient brûlées sur pied. Peut-être les De L'Isle se sont-ils réfugiés aux Écureuils? Les habitants de Québec ont dû trouver asile un peu partout dans les campagnes, souvent chez la parenté. Puis, ce fut la capitulation; et deux de ses enfants décidèrent de ne pas subir l'occupation anglaise et d'aller vivre à Paris, soit François-Marie et Marguerite; pour sa part, Charles, navigateur, partit pour les Antilles. De retour à Québec, où presque tous leurs biens sont détruits, ils engagent leur gendre Gilbert qu'ils ont déjà employé en 1762 et 1764, pour exécuter d'autres travaux en 1766.
C'est en cette même année 1766 que Louis-Joseph décède. En mars 1771, Madeleine habite sa maison du quartier la Canoterie à Québec, voisine de celle de son frère Joseph Toupin. Le 30 juillet 1773 (notaire Jean-Claude Panet), elle dut vendre par adjudication un emplacement à la haute-ville, proche des remparts, de 50 pieds de front sur 50 pieds de profond, borné devant par la rue Sainte-Famille, plus une maison «en l'état qu'elle est actuellement», soit le peu que la guerre lui a laissé. Enfin, comble de malheur, lors du blocus de 1775 où les américains commandés par le général Arnold attaquèrent Québec, sa maison de la Canoterie fut brûlée; c'est alors que Magdelaine décida d'aller vivre chez sa petite dernière, Marie-Louise, à Bécancour.
Après sa mort, lors d'une enchère le 30 juillet 1784 (notaire Panet), on décrit ainsi son emplacement de la Canoterie à Québec, «contenant 45 pieds de front sur la grève sur 35 pieds de large, avec droit de passage commun de 4 pieds, où était construite une maison de pierre de deux étages, incendiée pendant le blocus en 1775 et où fut construite en 1776, à côté des masures, un petit bâtiment d'une chambre et cuisine».
Le 23 novembre 1784 (notaire Jean-Antoine Panet), son fils Louis-Joseph décide de renoncer aux successions de ses père et mère «vu que les meubles de feux ses père et mère ont été détruits par la guerre, et que la maison de la Canotterie a été détruite en 1775, qu'il reste sept enfants sans le compter ni deux autres qui ont renoncé» (Étienne et Marie-Louise).
Pour ajouter à ses épreuves, Magdelaine a beaucoup de dettes et est de plus en plus dans la misère. Dans ce même contrat de 1784, il est fait mention qu'elle devait «à Étienne Delisle, son fils, 2 billets à ordre pour la somme de 150 livres». En outre, deux autres billets à son fils Étienne sont libellés de sa main et se lisent ainsi: «je reconai devoire à Étien quiense piastre quil ma pretés dan mon besoin ce douse de jaenvier 1768 (signé) marie magdelaine dusault veuve delisle», et «je doy à Étien 8 piastre quil ma pretés dan mon besoin le vin et un davril 1769 (signé) marie madeliene du Sault veuve delisle» et en ajout, au bas du deuxième «de plus 2 piastre». Et un autre billet: «je certifi que gileber (son gendre Jean Gilbert) a livré les ouvrage si desus mansionés et quil na pas étés peyés (signé) marie madelinne dusault veuve delisle»; somme due: 129 livres et 10 sols pour les ouvrages faits en 1762, 1764 et 1766. Pour les rentes et cens dus au Séminaire, elle n'avait effectué aucun paiement pendant onze ans, faisant une somme de 4 livres et 17 sols avec les arrérages.
Après avoir connu une relative aisance, c'est donc dans un grand dénuement découlant de la guerre et du blocus, dans «son besoin» comme elle le dit spontanément elle-même, que tante Madeleine s'est éteinte en 1777.

Quatrième génération

Le seigneur Jean-Baptiste (retour à la famille)
À suivre...

Encore une fois deux Jean-Baptiste sont nés! (retour à la famille)
À suivre...

Cinquième génération

Le dernier seigneur Jean-Baptiste (retour à la famille)
À suivre...

L'autre Jean-Baptiste qui aurait bien aimé être le seigneur (retour à la famille)
À suivre...

Alexis-Thomas, co-seigneur (retour à la famille)
À suivre...

Sixième génération

La seigneurie, c'est bien fini: Pierre (retour à la famille)
À suivre...

Septième génération

Tous les métiers sont bons: Prosper (retour à la famille)
À suivre...

Huitième génération

Olivier, l'histoire de mon arrière-grand-père(retour à la famille)
À suivre...

Court intermède dans la tradition des Jean-Baptiste
À suivre...

Neuvième génération paternelle

Edgar, mon grand-père adoptif (retour à la famille)
À suivre...

Neuvième génération maternelle

Joseph, mon grand-père (retour à la famille)
À suivre...

Les terres de Saint-Prime
À suivre...

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