À la suite de ma nomination comme curé de Notre-Dame-du-Portage, j’ai entendu bien des réflexions et des commentaires, et j’ai le goût de vous en faire part. Plusieurs disaient : ¨C’est extraordinaire… l’endroit est exceptionnel… tout près du fleuve… Tu pourras contempler les plus beaux couchers de soleil au monde. ¨ Un confrère prêtre me posait la question suivante : ¨Qu’est-ce que tu as fait pour obtenir ce poste-là?¨ Enfin, un louperivois me disait : ¨Tu t’en vas demeurer dans le Westmount de Rivière-du-Loup, j’espère que tu vas continuer à nous regarder.
Je peux vous dire que c’est vrai que j’aime le fleuve et ses couchers de soleil. Et mon admiration pour la beauté de Notre-Dame-du-Portage remonte aussi loin qu’à ma plus tendre enfance, alors que je passais ici avec mes parents pour me rendre à St-Arsène, chez mes grand’parents maternels.
Mais je dois vous avouer, même si c’est un aspect qui est loin
d’être négligeable, que ce n’est pas d’abord cela qui m’habite
en venant ici. Ce qui m’habite, ce sont les personnes. Les jeunes et les
moins jeunes… les personnes âgées… les malades…ceux et celles
qui portent des souffrances, des inquiétudes…les pauvres…les jeunes
couples, les familles, ceux et celles qui ne participent plus aux sacrements
et sont absents de l’assemblée eucharistique du dimanche. J’ai le
goût d’être au milieu de vous comme le Bon Pasteur qui connaît
ses brebis, qui les appelle par leur nom, qui désire les conduire
vers de bons pâturages. Je veux être un pasteur à la
manière de Jésus. Et l’image qu’il projète dans l’Évangile
de la messe d’aujourd’hui est fort inspirante. Alors qu’on lui présente
un handicapé, il n’hésite pas à prendre contact physiquement
avec lui. Il lui met les doigts dans les oreilles, lui touche la langue
avec sa salive. Des gestes qu’on ne pose plus de nos jours. Ils apparaissent
même un peu répugnants. Alors oublions cet aspect, pour retenir
le désir de Jésus de ne pas aider les gens de loin seulement.
Il sait se faire proche, établir un lien direct et personnel avec
qui vient vers lui. Il ne craint pas de se mêler à la douleur
humaine, de la toucher. Et voilà que son attitude et ses gestes
suscitent la ire, redonnent confiance, remettent les gens debout.
Je veux à la suite de Jésus, être au milieu de
vous le signe d’un Dieu proche, d’un Dieu qui marche avec nous, d’un Dieu
qui nous aime. C’est la Bonne Nouvelle que Jésus est venu proclamer.
C’est la conviction profonde qui m’a amené à devenir
prêtre, dont j’ai voulu témoigner au cours de mes 37 années
de vie sacerdotale, et dont je veux continuer à témoigner
au milieu de vous.
Voilà! C’est mon programme. Je n’en ai pas d’autre.
Mais vous comprendrez que je ne ferai pas cela tout seul. Mon évêque
me nomme pasteur d’une communauté déjà en marche,
une communauté qui célèbre cette année 150
ans de vie chrétienne. Je sais qu’il y a ici d’excellents collaborateurs
et collaboratrices. J’ai été à même de le vérifier
au cours des derniers jours. Je me réjouis aussi de la présence
et de l’implication des Sœurs de l’Enfant Jésus pour qui j’ai un
attachement particulier depuis plusieurs années. Et je veux souligner
d’une façon spéciale la contribution de Sr Lucille Dugal
qui se donne ici sans compter.
Vous savez, on ne peut pas être pasteur tout seul. Jésus
qui s’est dit le Bon Pasteur a voulu s’entourer d’apôtres à
qui il a confié de grandes responsabilités. Saint Paul qui
a été peut-être le plus grand missionnaire a su s’entourer
lui aussi de collaborateur… il a délégué…distribué
des charges. Si nous voulons que notre communauté chrétienne
soit vivante, il faut absolument qu’un bon nombre de fidèles acceptent
de prendre des responsabilités dans l’organisation pastorale. Il
faut également que tous comprennent que je dois partager mon temps
avec l’équipe pastorale de Rivière-du-Loup. C’est très
clair dans ma lettre de nomination. Mgr Fecteau écrit ceci : ¨Je
vous nomme curé pour la paroisse Notre-Dame-du-Portage à
raison de trois jours semaine et collaborateur à Rivière-du-Loup
trois jours semaine.¨
C’est un peu à l’exemple de la Vierge Marie que j’ai accepté
cette mission que mon évêque me confie. Comme elle, connaissant
mes limites et l’ampleur de la tâche, je me dis : ¨Comment cela
va-t-il se faire?¨
Je me recommande à elle, puisqu’elle est la patronne de cette
paroisse. Je demande aussi le soutien de votre prière, de votre
collaboration et de votre amitié.
Alain Lévesque, curé