LA
VIERGE DE NOTRE-DAME-DU-PORTAGEPhoto : Edmée Dubé En ce beau jour du cinq juillet 1999, une foule de trois à quatre cents personnes s’est massée sur le quai de l’endroit pour accueillir la Vierge de Notre-Dame-du-Portage. L’été précédent, une jeune fille de 15 ans, Geneviève Dick, entre dans l’église et dessine la Vierge qui trône au-dessus de l’autel central et place à ses pieds le « Portageur » ; (image du monument sis sur la route du Fleuve) et dans son cœur, le Christ qui porte sa croix. Voyant cette belle relation de portage, impossible de laisser tomber cette idée, nous avons confié le dessin à un artiste de Saint-Jean-Port-Joli, en l’occurrence monsieur Clermont Gagnon, sculpteur sur bois, qui a réalisé une œuvre d’art. Et voici comment se traduit l’accueil fait à la Vierge. Il avait plu la nuit ; le matin, un petit Nordet semblait nous annoncer encore de la pluie, mais avec ce « Ne crains pas, crois seulement. » pour chasser les doutes des organisateurs, la Vierge s’est laissée fléchir ; au sortir de l’église, après la messe, un soleil radieux nous a comblés jusqu’à la fin du jour. Le curé, en costume d’époque (soutane, surplis, barrette) accompagné d’une douzaine d’enfants de chœur, précédés par la bannière rejoignaient la foule captivée par l’arrivée de la Vierge dans une barque de pêcheur. Un voilier, de petites embarcations, toutes de rouge, de bleu, de vert et de jaune peinturées, entouraient la barque. Et tout ce cortège glissait lentement sur cette mer devenue calme et argentée vers le débarcadère, c’était un spectacle magnifique. Et les Marguilliers anciens et nouveaux, conscients de leur habileté, hissèrent la Vierge sur un beau chariot et la chorale se mit à chanter : Salut Marie comblée
de joie,
La procession se mit en marche vers l’église, récitation d’une partie du chapelet ; les cloches se mirent à sonner pour exprimer leur joie, un peu comme un enfant heureux de revoir sa mère. Le « Portageur », faisant partie de la procession, dépose son canot au pied de la Vierge. La chorale et la foule entonnèrent un vieux cantique à la Vierge, que les élèves chantaient à la rentrée de septembre dans les collèges classiques (du moins à Ste-Anne-de-La-Pocatière). À tes genoux, ô
Vierge aimable,
Bénédiction de la statue. Récitation d’une prière à Notre-Dame-du-Portage, composée par l’auteure du dessin. Images données à tous les assistants. Et, pour terminer, un dernier chant composé et interprété par un estivant à la voix d’or, (ex-disciple de Massenet). Notre-Dame-du-Portage,
Mère des vivants
Tout cet événement se déroulait sous le signe du respect. L’assistance était silencieuse, consciente qu’elle vivait un moment historique et religieux. (Notre-Dame-du-Portage était bien identifiée). Il faudrait dire qu’au moment de l’érection canonique de la Paroisse, l’évêque du temps, Mgr Baillargeon lui donnait le nom de Notre-Dame-du-Portage, pour signifier le point de départ des canotiers vers l’Acadie et vers le Maine. Sans doute que l’élément curiosité portait aussi cette foule mais elle donnait aussi, sans peut-être s’en rendre compte, un beau témoignage de foi.
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