Protocole de Kyoto

Le protocole de Kyoto est un accord international déclarant officiellement la guerre à l’émission massive des gaz à effet de serre (GES), dioxyde de carbone (CO2), méthane, oxyde nitreux ainsi que trois halocarbures, dont les hydrofluorocarbones (HFC).

Historique:

- Le début des années 1970 marque l’émergence d’une conscience écologique.
- En juin 1972, une première conférence des Nations Unis sur l’environnement s’est tenue à Stockolm.
- En 1985, la découverte d’un trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique confirme l’effet néfaste de certaines substances telles que le chlorofluorocarbone (CFC).
- En 1992, première conférence mondiale à Rio de Janerio sur l’environnement et le développement depuis celle de Stockolm.
- En 1997, 162 pays ont signé le protocole contre seulement 24 en 1987.
- En août 2002, le sommet de Johannesburg en Afrique du Sud pour le développement durable dans le but de faire le bilan du Sommet de terre de Rio.
- Le 16 décembre 2002, le premier ministre Jean Chrétien a signé le protocole de Kyoto, le Canada est devenu le 99e pays à s’engager formellement à réduire les gaz à effet de serre.

 

L’implication du Canada au Protocole de Kyoto

En ratifiant le protocole de Kyoto, le Canada s’engage à réduire sa production de gaz à effet de serre au cours des années 2008 à 2012, soit de 6 % de moins qu’en 1990.

Cependant, si le Canada avait refusé de s’engager, l’écart entre les niveaux d’émissions prévues et l’objectif de Kyoto serait approximativement 26% de plus.

Le Canada est le plus grand consommateur d’énergie par habitant. Pour réussir à atteindre son but, il doit diminuer la combustion de pétrole et de gaz naturel en mettant à contribution les « énergivores » qui visent principalement les industries.

Au Québec, on a l’avantage que l’énergie provient principalement de l’hydroélectricité et ne génère que très peu de GES. En 2000, chaque Québécois a produit environ 12.4 tonnes de ces gaz, beaucoup moins que la moyenne canadienne, qui se situe à 22,1 tonnes annuellement et par habitant. Pour eux, en apportant quelques modifications mineures à leurs styles de vie, les objectifs de Kyoto seront plus facilement réalisables.

Tableau sur les émissions de gaz à effet de serre :

Actuelles Canada Québec
Par habitant 22,1 tonnes 12,4 tonnes
Au total 660 millions de tonnes 86 millions de tonnes

 

Visées en 2012 Canada Québec
Par habitant 20,3 tonnes 11,5 tonnes
Au total 562 millions de tonnes 81 millions de tonnes

Les émissions de GES par habitant sont considérablement élevées au Canada. En 1996, le Canada occupait la 4e place parmi les pays industrialisés.

Facteurs expliquant la production de GES du Canada :

1. L’augmentation de la population entraîne une plus grande utilisation de biens et de services, tels que la consommation d’énergie.

2. Le Canada est un immense pays et nécessite des transports de longues distance, qu’il s’agisse de biens ou de personnes.

3. Beaucoup d’exportations, ce qui se traduit par une grande demande d’énergie.


Le secteur des transports est la plus grande source d’émission de GES au Canada. Dû à la grande superficie de son territoire à parcourir, il est responsable d’un tiers des émissions de dioxyde de carbone et d’oxyde nitreux. Les industries, la seconde car ils sont de grands consommateurs de gaz et de pétrole. Avec les années, ces émissions tendront à progresser dans ses secteurs si aucun effort n’est fourni.


Solutions : Des sources d’énergie pour les transports pourraient être remplacées par du propane, éthanol ou électricité qui possèdent un taux d’émissions plus faible ou sans émission.



Les émissions varient considérablement d’une province à un autre, ce qui témoigne de la diversité des régions Canadiennes en ce qui a attrait à la densité de la population, aux activités de fabrication ainsi qu’aux réserves et à la production d’énergie.
Cependant, certaines provinces s’opposent au protocole de Kyoto dont l’Alberta, car elle possède une importante industrie pétrolière et gazière qui est responsable en grande partie du taux élevé des émissions de GES et entraînera une perte économique importante dans cette province.

L’Ontario est la deuxième province du Canada dans la production d’émissions de GES. Une région où le secteur de l’industrie et le recours au moyen de transport sont très développés, est caractérisée par une demande d’énergie élevée.

Selon les statistiques, le Canada occupait le 8e rang mondial en 1997, sur la production d’émissions CO2 liées à la consommation d’énergie et les États-Unis étaient au premier rang.



Le changement climatique

Le changement climatique pourrait nuire à la santé et au bien-être des Canadiens et Canadiennes. Plusieurs villes pourraient connaître une forte augmentation du nombre de jours très chauds. Les problèmes de pollution atmosphérique pourraient se multiplier, ce qui entraînerait de graves effets sur la santé des enfants, des aînés et des personnes souffrants de problèmes respiratoires.

Selon les études du GIEC, le 21e siècle pourrait connaître une augmentation des températures moyennes de 0,2 à 0,5 degré Celsius par décennie.

Ce réchauffement climatique planétaire aura des effets marqués sur l’environnement tels que :

La santé :
- Des vagues de chaleur plus fréquentes causant le stress aux habitants
- La dégradation de la qualité de l’air, l’augmentation du smog entraînant des problèmes de santé
- L’augmentation des problèmes d’allergies et d’asthme causés par la prolifération des pollens, poussières et autres particules
- Une augmentation du nombre d’insectes porteurs de maladies
L’économie :

- Une augmentation du coût des dégâts imputables aux changements climatiques
- Une diminution de la productivité dans les domaines agricoles, de la foresterie et des pêches ainsi que la réduction des apports d’eau.
- Les gouvernements devront investir des sommes plus grandes dans la protection du littoral, la protection des inondations et les soins de santé.
- Secteur des assurances; des pertes annuelles imputables à des catastrophes naturelles sont passées d’environ 1 milliard de dollars par an en cours des années 1960 à plus de 40 milliards par an au cours des années 1990.

L’environnement :

- Davantage de calamités d’origine météorologique comme les sécheresses, les inondations, les tempêtes hivernales et les tornades.
- Inondations et érosions dans les régions côtières
- Forêts et fermes davantage exposées aux ravageurs, aux maladies et aux incendies.
- Impact sur nos eaux, nos milieux humides et notre biodiversité.

Depuis la fin des années 1960, on dénote déjà une diminution de 10% de neige dans le monde, certains glaciers ont perdu jusqu’à 10 mètres d’épaisseur et le niveau des océans s’est élevé de 10 à 20 cm au cours des 100 dernières années.


Quelques solutions envisagées par le gouvernement :

- Développer de nouvelles technologies à haute performance énergétique pour freiner les changements climatiques.
- Recourir à de l’énergie renouvelable.
- Utiliser le moins souvent la voiture en favorisant le transport en commun.
- Les industries devront réduire jusqu’à 23 % leurs émissions de GES.

 

Vers la voie du progrès

En diminuant les émissions polluantes, des économistes estiment à huit milliards de dollars sur 20 ans les économies en soins de santé qui résulteraient d’une amélioration de la qualité de l’air.

Chaque année que nous laissons passer sans agir rend le défi encore plus difficile à relever. Nous devons agir sans tarder. Ainsi, nous amoindrirons peut-être certains coûts environnementaux, économiques et sociaux du changement climatique.

Tous les Canadiens ont donc un rôle à jouer dans la détermination d’une vaste gamme de solutions nécessaires pour réduire les émissions de GES et améliorer notre croissance économique et notre compétitivité.