| LES OISEAUX DE MARAIS | |||
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Aigrette, Grande Bihoreau gris |
Butor d'Amérique Gallinule poule-d'eau |
Grèbe à bec bigarré Héron, Grand |
Phalarope de Wilson Râle de Virginie |
Voici une autre belle observation réalisée dans les champs inondés de St-Blaise au printemps. C'est en effet la période de l'année où il est possible de voir des limicoles en migration. Le Phalarope de Wilson est le phalarope le plus fréquemment observé dans notre région. Chez les phalaropes, ce sont les femelles qui ont le plus beau plumage.
Pour se nourrir, cette espèce exécute un drôle de manège. Elle tournoie comme une toupie exécutant de petits cercles puis, d'un mouvement rapide, plonge son bec pour saisir des insectes ou des larves ainsi dérangés.
Photographié le 10 mai 2004 à St-Blaise.
Les grèbes peuvent plonger de la surface de l'eau ou se laisser couler. Le Grèbe à bec bigarré arrive très tôt au printemps et repart tard en automne. En été, le bec de l'adulte est blanchâtre avec un anneau noir. En hiver, cet anneau est absent.
Les déplacements des canetons et des juvéniles demeurent un spectacle divertissant.
Juvénile photographié le 11 août 2004 au marais de St-Timothée.
Cet oiseau de marais d'eau douce nage, plonge ou marche sur les plantes aquatiques pour se nourrir. Cette espèce est nidifuge et peut avoir 2 à 3 couvées par année. La Gallinule poule-d'eau manifeste souvent sa présence en émettant des kek, kek, kek retentissants.
La Foulque d'Amérique lui ressemble, mais cette dernière est un peu plus grosse et a le bec blanc. Le bec de la Gallinule poule-d'eau est rouge et ressemble à celui de la poule domestique. Nous avons été impressionnées par la couleur verte de ses pattes.
Dans notre région, nous observons généralement les gallinules et les foulques au marais de St-Étienne-de-Beauharnois, au marais de St-Timothée et quelquefois à l'île St-Bernard.
Photographiée le 23 mai 2004 à Baie-du-Febvre.
Cet oiseau habite les marécages. Il se nourrit en sondant la boue avec son long bec pour saisir des larves d'insectes, des limaces, des vers, etc. Émettant son cri surtout à l'aube et au crépuscule, il est plutôt discret et se faufile à travers le fouillis végétal des marais. À quelques reprises, nous avons entendu la Marouette de Caroline dans le même environnement que le Râle de Virginie.
Photographié le 23 juin 2000 à Sabrevois
Pouvant vivre jusqu'à 17 ans, c'est le plus répandu et le plus "grand héron" à nidifier sur le territoire du Québec. À grands coups d'ailes lents, il vole le cou replié et les pattes traînantes. Imposant et majestueux, il fréquente les bords des lacs, des rivières ainsi que des marais.
Pour capturer ses proies, le Grand Héron est infiniment patient. Il se tient immobile et seuls sa tête et ses yeux bougent. Quand un poisson ou une grenouille s'aventure près de lui, il capture sa proie d'un geste précis et rapide. Il pêche habituellement des poisssons de 65 mm environ mais, plusieurs fois nous avons observé un Grand Héron capturant des poissons un peu plus gros. Loin de le rebuter, il laisse alors tomber son butin à l'eau et lui donne un énergique coup de bec pour l'étourdir. Il peut répéter cette manœuvre jusqu'à ce que sa proie puisse être avalée facilement.
Le Grand Héron arrive au Québec au début d'avril et repart vers le sud en octobre. Lorsqu'il atteint l'âge adulte, il a très peu d'ennemis naturels; il en est autrement pour les jeunes héronneaux. Ceux-ci sont la proie des corneilles, des corbeaux, des goélands, des rapaces et des ratons laveurs. De plus, les pluies fortes et le froid au moment de l'éclosion sont également dévastateurs.
Nos meilleures observations concernant cette espèce ont été faites pendant l'été 2000. Une trentaine de Grandes Aigrettes se tenaient pendant la journée aux marais de St-Étienne-de-Beauharnois et à la brunante, elles se sont dirigées vers celui de St-Timothée pour y passer la nuit. À cet endroit, il y a une héronnière. Voir les Grandes Aigrettes et les Grands Hérons se percher dans les arbres morts pour y passer la nuit est un spectacle saisissant.
D'une blancheur immaculée et d'une allure très gracieuse, la Grande Aigrette a un bec jaune. Ses pattes et ses pieds sont noirs. Au temps de la nidification apparaissent chez les deux sexes de superbes longues aigrettes blanches.
Concernant ces attrayantes plumes blanches, voici une petite note historique. Au début des années 1900, cet oiseau était chassé pour ses longues aigrettes qui étaient utilisées en chapellerie. Déclinant de façon drastique, cette espèce fut parrainée par le mouvement de conservation des oiseaux "Audubon". Grâce à cette intervention, les Grandes Aigrettes ont certainement échappé à une extermination. Depuis, l'espèce est devenue l'emblème de la société nationale Audubon.
Discret et solitaire, le butor est un oiseau qui devient actif entre le crépuscule et l'aube. Le Butor d'Amérique se perche rarement dans les arbres. Cet oiseau trapu fréquente généralement les marais et les endroits humides. Il se tient immobile, figé, étirant le cou en pointant le bec en l'air. C'est un vrai champion dans l'art du camouflage car il se confond dans la végétation. De plus, il se laisse bercer doucement et ondule en suivant le rythme des hautes herbes balayées par le vent.
Cet oiseau spécial possède un chant très particulier. Il émet un "oong-ka choonk" lent et grave qui fait penser au bruit d'une vieille pompe. Un autre signe distinctif de cette espèce est le trait noir partant de la base du bec et longeant le cou.
L'éclosion de cette espèce est asynchrone. On trouve donc dans le nid, œufs non éclos et oisillons nouveaux-nés. Nous avons photographié ce butor dans un champ inondé de St-Blaise, le 13 mai 2000. Il se tenait immobile avec le cou étiré et le bec pointé vers le ciel. C'est une attitude qu'il utilise à l'approche d'un danger, qu'il soit à couvert ou à découvert.
Cet oiseau trapu possède des pattes jaunâtres et courtes ainsi qu'un bec épais. À la pariade, il porte deux longues plumes blanches sur la tête. Le juvénile se distingue de l'adulte par son plumage brun tacheté et rayé de blanc ou de chamois. Le bihoreau garde ce plumage pendant deux ans. Il est actif surtout au crépuscule et durant la nuit. Le jour, il se repose juché dans les arbres.
Dans la région montréalaise, les Grands Hérons et les Bihoreaux gris cohabitent sur l'île aux Hérons depuis plusieurs années. Le Grand Héron choisit les embranchements plus dégagés et en périphérie. Le Bihoreau gris vit à couvert et choisit les embranchements situés à l'intérieur de la couronne des arbres.
Photographié aux Rapides-de-Lachine le 10 juin 2000, ce bihoreau semblait prendre plaisir à venir se poser près de la cascade. Les promeneurs étaient nombreux à s'arrêter pour observer ce bel oiseau de la famille des Ardéidés.