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Les rubriques du Père Roger Larose


LISTE DES OISEAUX DANS CETTE PAGE
Garrot, Petit
Goéland argenté
Goéland à bec cerclé
Goéland marin
Guifette noire
Guillemot à miroir
Grue du Canada
Martin-pêcheur d'Amérique
Mouette de Bonaparte
Mouette rieuse
Mouette tridactyle
Sterne pierregarin

LE GOÉLAND ARGENTÉ

Vous pouvez me faire avaler n'importe quoi!Goéland argenté

Quand on fait mention du goéland dans les régions qui vont de Montréal à Québec, il nous vient tout de suite à l'esprit les colonies monstrueuses des Goélands à bec cerclé. Dans le bas du fleuve et en Gaspésie, les goélands par excellence, ce sont les Goélands argentés. Compagnons des pêcheurs, ils escortent les bateaux. Ou encore, sentinelles sur les toits, ils guettent et accueillent à grands cris le retour de la pêche. S'ils venaient à disparaître, la vie serait terne et morose pour nos pêcheurs. Le Goéland argenté a un vol gracieux, souple, aisé et qui devient puissant par grand vent. Quel contrôle sur ces longues ailes qui font quatre pieds et demi (135 cm) d'une pointe à l'autre.

Ne pensez pas cependant que nos pêcheurs ont le monopole de la présence du Goéland argenté. Comparé à nos autres goélands (à bec cerclé et marin), c'est lui qui occupe le plus de territoire. Il peut nicher partout au Québec. En plus du Saint-Laurent, il fréquente les lacs, les rivières et tous les rivages marins. Partout aussi à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Dans l'Ouest, il préfère le nord des provinces et les Territoires du Nord-Ouest. Ce n'est pas tout: il faut aussi mentionner sa présence dans le nord-est des États-Unis, en Alaska, au Groenland, en Islande et au nord de l'Europe.

En hiver, un grand nombre de nos Goélands argentés ont le courage d'affronter les grands froids et trouvent leur subsistance dans l'est et le golfe du Saint-Laurent. Les autres, les frileux, ou ceux qui pensent mériter mieux, ont vite fait, en passant par les Grands Lacs, de rejoindre le chaud soleil du Sud: Floride, Mexique, Antilles... N'ayez crainte, au printemps tous seront là, au rendez-vous des nids, dans le paysage inoubliable qu'ils ont vu en sortant de la coquille. La plupart des nids sont installés par terre, au bord de la plage, dans l'herbe ou sur un rocher. Parfois on choisit une place dans un conifère. Deux ou trois oeufs, c'est de règle pour la ponte. La femelle assure principalement l'incubation qui dure quatre semaines. Se sentant trop exposés, les petits laissent le nid pour trouver une certaine sécurité aux alentours.

Seul le bon Dieu sait tout ce qu'un Goéland argenté peut manger: poissons, mollusques, crustacés, petits mammifères et que sais-je encore, que ce soit mort, vivant ou même avarié. Il trouve rapidement les vidanges qui traînent. Il ira même jusqu'à gober des poussins de canards, d'autres oiseaux, y compris ceux de son espèce. Assez! Gardons plutôt l'image de ces oiseaux magnifiques et robustes qui partagent notre environnement dans un monde où tout être vivant est un don précieux de la nature.

Article paru en avril 1996

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LE GOÉLAND À BEC CERCLÉ

Les fourmis volantes, on adore ça!

La famille des goélands, des mouettes et des sternes dépasse les 80 espèces dans le monde. En Amérique du Nord, au nord du Mexique, on peut compter 16 espèces de goélands et mouettes. Le Goéland à bec cerclé est le plus petit de ceux qui nichent le long du St-Laurent. Plus petits que ces goélands, on les nomme mouettes.

Un cercle noir vers le bout du bec donne son nom au Goéland à bec cerclé. Vous le verrez souvent en compagnie du Goéland argenté et du Goéland à manteau noir. Ces derniers sont visiblement de plus grande taille. En effet, le Goéland à bec cerclé a une envergure de 120 cm (49 po), alors que celle du Goéland argenté est de 147 cm (55 po) et celle du Goéland à manteau noir atteint 165 cm (65 po). Mâles et femelles ont le même plumage, mais les jeunes goélands sont bruns en grande partie et attendent trois ans avant de se parer de la livrée adulte.

Pour le jeune Goéland à bec cerclé, le bout du bec est tout noir, sans anneau distinct. Les goélands sont beaux à voir évoluer: leurs grandes ailes permettent un vol sûr, aisé et gracieux. Depuis plusieurs années on assiste à un phénomène de surmultiplication des Goélands à bec cerclé. En quête de nourriture, il sont devenus parasites des humains. Ils connaissent les dépotoirs, les sacs de vidanges, les restaurants avec tables à l'extérieur et dans la ville ils se souviennent de l'adresse des gens qui ont commencé à les nourrir. Si un fermier se met à labourer ses champs, il est aussitôt suivi d'un nuage de ces goélands prêts à se disputer les vers, les larves, les insectes et même les souris: tout ce qui est délogé par la charrue. Bien sûr, ils gardent aussi leur rôle ancestral de nettoyeurs des rivages des fleuves, des rivières et des lacs. En raison de leur nombre et de leurs habitudes ils constituent un vrai problème de pollution. C'est pourquoi, on recommande de ne pas les nourrir.

Les Goélands à bec cerclé aiment à nicher en groupes souvent considérables. L'été dernier, j'ai visité une île du St-Laurent en face de Repentigny, où il y a une colonie de plus de 20 000 nids. On peut voir de ces colonies près des grandes villes comme Québec, Montréal et Toronto. La ponte des Goélands à bec cerclé est de trois oeufs qui sont couvés par les parents pendant près de quatre semaines. Les petits s'envolent cinq à six semaines après l'éclosion. Ils peuvent vivre jusqu'à 15 ans. Certains jours du mois d'août, des groupes de Goélands à bec cerclé semblent s'amuser à donner des spectacles de folles acrobaties aériennes. Tout simplement, c'est qu'il y a ces jours-là des vols de fourmis volantes et nos goélands ne veulent rien manquer d'un tel régal.

Article paru en mai 1992

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LE GOÉLAND MARIN

(Le Goéland à manteau noir)

Je bouffe à peu près n'importe quoi.

Nous voici bel et bien devant sa majesté le roi des goélands. Quelle puissance dans cet oiseau! Ses ailes étendues font cinq pieds et demi (165 cm). Dans la famille, son plus proche rival, dans nos parages, est le Goéland argenté, qui n'a pas l'air trop jaloux, avec ces dix pouces d'envergure en moins. Le Goéland à manteau noir évoque la mer: ses vagues qui se déroulent paisiblement, ses oiseaux et les sursauts de ses tempêtes.

Son domaine comprend les côtes baignées par l'eau salée, à partir de la Baie d'Ungava jusqu'à la Baie des Chaleurs. Il faut ajouter, en y accordant moins d'importance, les eaux douces du fleuve St-Laurent jusqu'aux Grands Lacs. Bien sûr, Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l'île du Prince-Édouard sont les hôtes de ce goéland. Il fréquente aussi les côtes du nord-est des États-Unis et celles de l'Europe du Nord.

Comme on peut s'y attendre, le Goéland à manteau noir aime nicher autant que possible à proximité de l'eau. Il fait son nid par terre, avec une préférence marquée pour un site d'où rien n'échappe à sa vue. Serait-ce pour une raison de sécurité? Nullement, car qui oserait l'attaquer? Mais un prédateur tel que lui s'en voudrait de manquer un bon repas pour ainsi dire à la portée de la main.

La femelle pond habituellement trois oeufs et partage avec le mâle l'incubation qui dure quatre semaines. D'un appétit vorace le Goéland à manteau noir survole le bord de la mer et bouffe tout ce qui peut être bouffé, vivant ou mort, en incluant même ce qui est plus ou moins avarié. Les vidanges ne le rebutent pas non plus et il ose même pousser une pointe jusque sur les terrains où on les enfouit.

Le Goéland à manteau noir niche souvent en colonie avec les siens, avec d'autres espèces de goélands et avec des canards. Il ne peut résister à la tentation de dévorer un oeuf ou un jeune dans un nid voisin. Pas de respect même pour un nid d'un autre Goéland à manteau noir. À l'Île-aux-Basques, en face de Trois-Pistoles, j'ai vu quelquefois sur la mer un caneton de canard eider être gobé et avalé tout rond, malgré la vigilance de la gardienne d'un groupe de jeunes. C'est plutôt triste à voir. La nature peut se montrer cruelle!

Article paru en septembre 1997

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LA MOUETTE DE BONAPARTE

"Un petit poisson, peut-être?"

Les savants ont groupé ensemble les dix espèces de nos mouettes et les deux espèces de nos goélands dans une seule famille, cette des larinés. Les mouettes sont plus petites que les goélands. Par exemple les dimensions du Goéland à manteau noir sont près de trois fois celles de la Mouette de Bonaparte.

Parmi les mouettes, seule la Mouette de Bonaparte a la tête et le bec noirs. Elle a aussi une ligne noire autour des ailes, tandis que le reste est blanc. En hiver le bec demeure noir et le reste de la tête devient blanc, sauf une tache noire en arrière de l'œil. Vous ne verrez pas les Mouettes de Bonaparte rasant dans leur vol les vagues des grandes mers.

Au temps des nids, ne les cherchez pas non plus au-dessus du fleuve et de nos terres cultivées. Prenez la direction de la forêt boréale. Dans les tourbières parsemées de lacs, il y pousse des conifères isolés ou par groupes. C'est sur ces arbres que les Mouettes de Bonaparte font leur nid et non par terre, comme les autres mouettes et goélands.

De plus, cet oiseau se nourrit d'insectes et de petites bestioles, comme nos petits oiseaux des bois et des champs. Cependant, il lui revient parfois un goût marin. Une Mouette de Bonaparte n'hésitera pas à plonger dans un lac pour se payer un petit poisson et s'en régaler.

Les Mouettes de Bonaparte nichent dans le sud-est du Québec où leur présence est plutôt disséminée. Elles occupent presque tout le reste du Canada, sauf le grand Nord. La femelle pond habituellement trois œufs dont l'incubation dure trois semaines environ. Il y a une seule couvée par année.

Pour l'hiver, les Mouettes de Bonaparte se dispersent le long des côtes du Pacifique et de l'Atlantique et au sud, jusqu'à Cuba et Haïti. Il en reste aussi près des Grands Lacs.

Je vous souhaite un jour d'avoir l'occasion de les observer.

Les renseignements au sujet de cet oiseau proviennent de mes observations personnelles et du volume Les oiseaux nicheurs du Québec.

Article paru en octobre 2003

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LA MOUETTE RIEUSE

"Jolie et drôle en plus!"

La Mouette rieuse doit son nom à une série de cris qui font penser aux rires que peut émettre un être humain. Des séries en trois ou quatre notes descendantes qui peuvent s'écrire: Hah hah, Hah, ou aussi haah, haah, haah.

Pour se nourrir la Mouette rieuse a, parmi d'autres, une stratégie qui consiste à se mettre au guet. Arrive un pélican qui porte dans le sac de son grand bec une quantité de petits poissons dont la queue ou la tête dépasse au dehors. La Mouette rieuse se perche sur la tête de ce pêcheur et lui vole quelques petits poissons dont la tête ou la queue dépasse hors du bec. Il semble que le pélican ne se préoccupe pas trop, alors que les ricanements du voleur se font entendre.

La Mouette rieuse se nourrit aussi en se déplaçant près de la surface de l'eau. Rarement elle plongera pour capturer une proie. Il faut dire qu'elle n'est pas difficile en matière de nourriture. Après une pluie elle va dans les champs où les vers de terre amenés à la surface sont faciles à prendre. Un poisson mort échoué sur la plage fera aussi son affaire. Si nécessaire elle trouvera dans un dépotoir tout ce qu'il lui faut. Au temps des nids le couple s'installe en colonie avec d'autres couples plus ou moins loin de la mer, que ce soit sur une île sablonneuse ou un marais herbeux. Le nid se construit par terre. La ponte est de trois œufs couvés par les deux parents pendant environ trois semaines.

Les Mouettes rieuses nichent sur les côtes de l'Atlantique à partir de la Nouvelle-Écosse jusqu'au Venezuela. Pour hiverner, elles iront au Pérou et au Brésil.

Les renseignements à la source de cet article sont tirés du livre intitulé Les oiseaux du Canada, dont l'auteur est W.E. Godfrey, et du livre Water Perey and Game Birds of North America, de National Geographic Society.

Article paru en septembre 2003

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LA MOUETTE TRIDACTYLE

Ha, la mer! C'est comme une autre mère !

Cet oiseau pourra évoquer pour vous un souvenir de vacances, si vous êtes déjà allés en Gaspésie, sur la Côte-Nord ou dans les îles du golfe St-Laurent. La Mouette tridactyle se classe parmi les petits dans la famille des goélands. Son envergure est de 93 cm (36 pouces), alors que le Goéland à bec cerclé atteint 120 cm (49 pouces) et le Goéland à manteau noir 165 cm (65 pouces).

La mouette a les pattes noires et le bout des ailes complètement noir. Les adultes des deux sexes ont un plumage semblable et les jeunes ont de plus, du noir à la queue, aux épaules et sur le cou. Comparé aux autres goélands, c'est un oiseau qui semble plus doux. Le bec est moins fort, des yeux foncés plutôt que jaunes et les cris sont agréables à entendre. Ce sont d'ailleurs ces cris qui ont valu à cette mouette le nom anglais de "Kittiwake". On peut toujours présumer que ce nom essaie d'imiter son cri. Les Mouettes tridactyles nichent dans le nord de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique du Nord. Elles occupent plusieurs îles polaires, Terre-Neuve, et les côtes aussi bien que les îles du golfe St-Laurent.

Elles aiment nicher en colonies qui peuvent compter un très grand nombre d'individus. Si on veut un exemple: à l'extrémité de l'île d'Anticosti, on a dénombré plus de 250 000 nids. Les nids sont placés dans les falaises, au bord de la mer. Comme on veut être entouré de voisines, la moindre corniche est occupée. Le vertige? Connais pas!

La ponte est de deux oeufs qui sont couvés par les deux parents. L'incubation dure, au gré des observateurs, de 21 à 23 jours ou de 25 à 30 jours, apparemment à votre choix. Quand les jeunes ont quitté le nid, vite, on déménage en pleine mer, loin des terres, où on reviendra seulement pour y nicher l'été prochain. C'est la belle vie: un horizon de vagues sans fin, des petits poissons en abondance et le soir on s'endort, la tête sous l'aile, pour se laisser bercer toute la nuit par la vague. Il est vrai que l'eau est trop salée pour y boire. Qu'à cela ne tienne! Les mouettes sont dotées d'un petit laboratoire organique portatif qui extrait le surplus de sel de l'eau pour le rejeter à la mer. Plus habiles que les autres goélands, les Mouettes tridactyles ont appris à plonger et à nager sous l'eau à la poursuite des petits poissons.

Sympathique, ce petit goéland! Pas vrai?

Article paru en septembre 1995

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LA STERNE PIERREGARIN

(La Sterne commune)

"Petits poissons, fuyez la surface!"

Les sternes font partie d'une famille d'oiseaux qui comprend aussi les goélands et les mouettes. En général, ce sont des oiseaux plus petits que ces derniers, avec la queue fourchue et le bec mince et pointu. Il y a au Québec, 4 espèces de sternes et 7 au Canada.

Le nom latin de notre oiseau: "Sterna hirundo" (Sterne hirondelle), est bien plus significatif que le nom français traditionnel "Sterne commune" ou encore que le nom français "Sterne pierregarin" de la liste d'Ottawa. Le nom populaire "hirondelle de mer" leur va très bien. Posé ou en vol, c'est un oiseau des plus élégants et des plus gracieux. Ses grandes ailes pointues d'une envergure dans les 78 cm (31 pouces) lui permettent un vol aisé et infatigable. Avec son bec rouge à bout noir pointant vers l'eau, la sterne est toujours prête à plonger. Malheur aux petits poissons insouciants qui s'amusent à la surface de l'eau.

Au temps des amours, c'est tout un spectacle. Le mâle, un petit poisson dans le bec, atterrit doucement et se promène autour de la femelle qui, à la manière d'une jeune, quête sa nourriture, les ailes à demi-ouvertes et frémissantes. Ils peuvent se passer le poisson de l'un à l'autre avant que la femelle décide de l'avaler. Un stratagème semblable peut s'opérer en plein vol avec toutes espèces d'acrobaties.

La Sterne commune se nourrit surtout de poissons mais elle ne dédaigne pas des insectes à l'occasion. Avec aisance, elle évolue au-dessus de l'eau, guettant ses proies. Elle peut se trouver à la mer, en eau salée et aussi en eau douce, sur les rivières et les lacs à l'intérieur des terres.

Les terrains situés près de l'eau, garnis de sable et de gravier et portant peu de végétation sont choisis pour nicher. Un petit creux dans le sol suffira pour retenir les oeufs. Pas besoin de plus. Une fois les oeufs éclos, les jeunes s'aventurent très tôt hors du nid. La portée habituelle est de 3 oeufs couvés par les deux parents durant 25 jours.

Les sternes aiment nicher en colonie. Si vous passez en Gaspésie, ne manquez pas de visiter la colonie d'autres espèces, par exemple des goélands. Les goélands savent alors qu'il vaut mieux éviter d'aller trop près des nids de sternes sinon ils subiront les attaques furieuses de ces voisines au bec pointu.

On dit que lorsque des groupes de sternes s'affairent à plonger en un endroit, les pêcheurs savent qu'il y a de gros poissons en eau profonde qui chassent les plus petits vers la surface.

Merveilleuses à observer ces hirondelles de mer!

Article paru en septembre 1993

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LA GUIFETTE NOIRE

(La Sterne noire)

"Attention à mes coups de bec!"

Noire? Faut le dire vite! C'est assez vrai pour la tête de l'oiseau, selon le sexe, l'âge ou la saison. Pour le reste du corps ça va du ardoise foncé au gris et jusqu'au blanc. Un oiseau gracieux au profil et au vol d'une grande hirondelle d'une envergure de plus de deux pieds. On peut voir régulièrement cinq espèces de sternes au Québec. On en compte plus d'une vingtaine dans le monde. Il y a même une espèce dont le nom scientifique est Sterna hirundo (Sterne hirondelle).

La Sterne noire niche dans le sud du Canada, le nord des États-Unis et l'est de l'Europe. Au Québec elle niche à l'ouest du Québec rarement plus à l'est que Trois-Rivières.

Son nid est toujours près de l'eau: lacs, marais et cours d'eau. Ce milieu lui fournit sa nourriture: libellules, sauterelles, mouches et autres insectes qu'elle attrape au vol, à la manière d'une hirondelle. Elle prend, à l'occasion, à la surface de l'eau, un petit poisson pour elle et ses oisillons. Les autres espèces de sternes se nourrissent surtout de petits poissons.

Pour son nid, rien de compliqué: un petit creux sur la végétation aquatique dans un marais ou sur la rive d'un cours d'eau ou d'un lac. Les trois œufs sont couvés par les deux parents pendant trois semaines et les jeunes peuvent voler un mois après l'éclosion.

Les Sternes noires aiment nicher en colonies, mais pas trop près les une des autres. Si vous approchez, toutes vont vous attaquer en criant, en plongeant sur vous et peuvent même vous donner des coups de bec. À l'automne elles descendent en Amérique Centrale et le long du bord de la mer jusqu'au milieu de l'Amérique du Sud. Ce sont les petits poissons marins qui serviront de nourriture jusqu'à leur retour chez nous au printemps suivant.

Article paru en mai 2001

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LE GUILLEMOT À MIROIR

(Le Guillemot noir)

Je ne voyage jamais sans mes miroirs !

En choisissant le Guillemot noir pour le mois de septembre, il m'est venu à l'idée que beaucoup de nos gens ont voyagé, cet été, sur la Côte-Nord, dans le bas du fleuve ou autour de la Gaspésie. Impossible de manquer le Guillemot noir dans ces régions.

On les a surnommés "Pigeons des mers" à cause de leur silhouette semblable à celle de nos pigeons. Cependant là s'arrête la ressemblance. Les guillemots, à la manière des marmottes et des petits pingouins, aiment aussi se tenir dressés, découvrant leurs pattes bien rouges. Leur plumage tranché noir et blanc, leur taille, leur forme de pigeons les identifient avec certitude. C'est précisément la grande tache blanche ou miroir sur chacune de leurs ailes qui les a fait surnommer également Guillemots à miroir. En descendant le fleuve vous pouvez les voir sur l'eau et sur les rochers à partir de Kamouraska.

Comme ce sont des oiseaux marins, il leur faut toujours le voisinage de l'eau salée pour se nourrir. Aussi, pour nicher, les falaises et les grands éboulis leur fournissent la sécurité des nids contre les renards et autres quadrupèdes. Les anfractuosités étroites dans les rochers et les trous dans les éboulis les protègent des goélands. Quand on fait une seule couvée par année et qu'elle compte deux œufs ou même un seul, inutile d'ajouter que c'est précieux.

Les deux parents assurent l'incubation qui dure quatre semaines. C'est passablement long, si l'on compare à nos pigeons qui se contentent de couver seulement trois semaines. Les petits guillemots viennent au monde habillés de duvet noir. Nourris aux petits poissons pendant cinq semaines, ils grandissent, prennent des forces, se revêtent de plumes dont ils munissent aussi leurs ailes et prennent enfin leur envol. Leur plumage de jeunesse est gris tacheté. Les guillemots ne forment jamais de grandes colonies. Ils nichent en petits groupes éparpillés et ont l'habitude de revenir chaque année au même endroit. La liaison du couple est stable et peut durer toute la vie.

Les guillemots se retrouvent dans les îles polaires, sur les côtes du Labrador et le bord des eaux salées du St-Laurent et de la Gaspésie. Ils sont aussi chez eux dans les provinces maritimes et à Terre-Neuve. Ils descendent même jusqu'au Maine. Bon nombre de Guillemots noirs passent l'hiver dans l'estuaire du St-Laurent, bravant le froid, les glaces et l'eau glacée, se nourrissant de poissons et d'autres petits animaux marins. Un Guillemot noir peut plonger jusqu'à une profondeur de 130 pieds (40 mètres). Bravo!

Article paru en septembre 1998

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LE MARTIN-PÊCHEUR D'AMÉRIQUE

"Petits poissons, je vous ai à l'oeil"

C'est un oiseau court et trapu; queue courte, grosse tête, huppe hirsute et mal peignée, bec fort, droit et pointu. Ses couleurs sont agréables: gris-bleu et blanc avec en plus une coquetterie pour la femelle: une bande rousse sur le ventre se prolongeant sur les flancs.

Solitaire et agressif, le martin-pêcheur ne tolère pas ses semblables. Il défend jalousement ses droits de pêche sur son territoire. Il le patrouille régulièrement et claironne sa présence par son cri apparenté au bruit d'un gros moulinet de pêcheur. Patiemment il peut guetter longtemps, perché sur une branche d'arbre ou sur un fil électrique tendu au-dessus de l'eau. Malheur au petit poisson qui s'amuse près de la surface. Souvent, passant au vol, le martin-pêcheur s'arrête pour faire du "sur place" avant de plonger sur sa proie. Son menu se compose de petits poissons et parfois de grenouilles ou de sauterelles.

Naturellement, on peut l'observer non loin de l'eau, près des rivages et des îles, en eau douce et en eau salée, au bord des étangs, des lacs et des cours d'eau. Au temps de la nidification, le martin-pêcheur interrompt sa vie solitaire. Le couple s'affaire à creuser un terrier près du haut d'un escarpement, d'une berge ou d'une sablière et même loin du territoire de pêche, si c'est nécessaire. Ce terrier, long d'un à trois mètres, se termine par une petite chambre où la femelle pond cinq à huit oeufs tout blancs.

L'incubation dure 23 ou 24 jours et c'est surtout la femelle que s'en charge. Cinq semaines après l'éclosion, les petits peuvent voler. L'initiation à la pêche prend une semaine. Après cela: "finie la famille; chacun pour soi et n'empiétez pas sur mon territoire de pêche".

Le Martin-pêcheur d'Amérique est notre seul martin-pêcheur, alors que dans le monde on en dénombre 87 espèces, dont une grande partie en Australie. Le nôtre niche dans presque toute l'Amérique du Nord, jusqu'à la limite des forêts, au nord.

Pour l'hiver, il traverse la frontière canado-américaine et descend assez loin au sud, où les eaux ne gèlent pas et jusqu'en Amérique Centrale. Il manquerait quelque chose à nos lacs et à nos rivières, si ne revenait au printemps le solitaire bourru, avec son cri de crécelle.

Article paru en juillet 1990

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LA GRUE DU CANADA

" Qui veut danser avec moi? "Grue du Canada

C'est un oiseau dont les dimensions sont comparables à celles du Grand Héron, qu'on nommait jadis grand héron bleu. Envergure : 183 à 213 cm (environ 6 pieds dans nos anciennes mesures). Pour ce qui est de distinguer la Grue du Canada de nos Grands Hérons, aucun problème : en vol le Grand Héron a le cou lié en forme de S. la Grue du Canada a le cou étiré bien droit en avant. De plus, la Grue du Canada a du rouge sur la tête, mais pas le héron. La Grue du Canada est grise, sauf la tête, alors que le Grand Héron présente des teintes de bleu mêlé de gris.

Malgré leur nom, les Grues du Canada ne nichent pas partout au pays. Il n'y a que des mentions pour le Québec, à la baie James. Rien pour le reste du Québec et les autres provinces vers l'est. Elles nichent surtout vers l'ouest et les Territoires-du-Nord-Ouest ainsi qu'aux îles polaires.

Au temps des nids, les Grues du Canada aiment donner des spectacles de danse, faisant des sauts de plus de deux mètres accompagnés de cris retentissants. Le couple construit son nid sur le sol avec des plantes aquatiques. La ponte est de deux œufs et les deux parents se partagent l'incubation qui dure un mois.

Les Grues du Canada se nourrissent d'insectes, de petits fruits, de grenouilles, de petits poissons, etc.

Les Grues du Canada se retrouvent au Canada (bien sûr!), aux États-Unis, à Cuba et en Sibérie.

Les renseignements au sujet de cet oiseau proviennent de mes observations personnelles et du volume Les oiseaux nicheurs du Québec.

Article paru en mars 2004

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LE PETIT GARROT

" Mes œufs sont tout petits! "Petit Garrot

Quand on voit le qualificatif petit précédant le nom d'un oiseau, il nous vient à l'esprit qu'il y a une ou plusieurs autres espèces d'oiseaux qui lui ressemblent. Il y a par exemple le "Petit Duc", le "Moyen Duc" et le "Grand Duc". Le Petit Garrot est petit par excellence. Il n'y a pas de Moyen Garrot ni de Grand Garrot.

Il existe cependant au Canada deux autres garrots : le Garrot à œil d'or, qu'on peut observer dans toutes les provinces et le Garrot de Barrow* tout à fait à l'ouest du pays. Le Petit Garrot fait son nid dans le creux d'un arbre, utilisant par exemple un ancien trou creusé par un Grand Pic. Il acceptera aussi un nichoir fabriqué pour lui. Il peut entrer dans une ouverture mesurant un diamètre de sept centimètres et demi (3 pouces). C'est la même mesure du diamètre des trous creusés chaque année par les Pics dorés** pour y nicher. Par la suite, les femelles Petit Garrot peuvent les utiliser indéfiniment aux saisons suivantes pour y nicher. La couvée compte habituellement sept à dix œufs et peut se chiffrer entre cinq et seize œufs. Imaginez la petite dimension des œufs et celle des petits qui vont éclore!

Le Petit Garrot niche au Canada, à partir de l'Ontario, vers l'ouest du pays, sauf dans le Grand Nord. En migration, vous pouvez l'observer assez facilement dans le sud-ouest du Québec.

Les renseignements publiés dans cet article proviennent de mes observations personnelles et du volume Les oiseaux nicheurs du Québec.

Note des webmestres:
* Garrot d'Islande
** Pics flamboyants

Article paru en novembre 2004

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