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Les rubriques du Père Roger Larose


LISTE DES OISEAUX DANS CETTE PAGE
Hirondelle noire
Hirondelle de rivage
Hirondelle rustique
Hirondelle bicolore
Paruline à croupion jaune
Paruline à flancs marron
Paruline à gorge noire
Paruline à joues grises
Paruline à tête cendrée
Paruline du Canada
Paruline flamboyante
 
Paruline jaune
Paruline masquée
Paruline triste
 

L'HIRONDELLE NOIRE

(L'Hirondelle pourprée)

"Construisez-nous un condo, s.v.p."Hirondelle noire

Les hirondelles ont toujours été parmi les oiseaux favoris chez nos gens. Elles sont gracieuses et bien profilées pour un vol rapide, souple et aisé. Elles sont familières et la plupart des espèces se plaisent dans le voisinage des humains. Elles n'iront jamais piller nos récoltes. Au contraire, pour se nourrir elles nous débarrassent d'une grande quantité d'insectes nuisibles et désagréables. Les hirondelles capturent au vol des mouches, des guêpes, des maringouins, des libellules, des coléoptères, etc.

Les Hirondelles pourprées dépassent en envergure toutes nos autres hirondelles. En saison d'été, elles sont installées un peu partout à partir du sud du Canada jusqu'en Amérique Centrale. Au Québec, elles nichent au sud-ouest, surtout le long du Saint-Laurent, et seulement quelques colonies sont présentes à l'est du Québec. Pour tout amateur d'oiseaux, les Hirondelles pourprées sont d'un attrait spécial, du fait qu'elles nichent en colonies. On peut les attirer en fabriquant pour elles des "condominiums" à multiples logements. Leur présence est très appréciée près de nos maisons à la campagne, dans nos villages et jusque dans les parcs de nos villes.

C'est plein de vie une colonie d'Hirondelles pourprées: babillages ou petites chicanes entre voisines, accueil de celles qui arrivent d'excursion, etc. Il y a parfois un énervement général à tout signal d'alarme… et on ne sait pas pourquoi. Peu à peu tout rentre dans l'ordre et c'est la vie courante. On fait des nids; les femelles pondent leurs œufs (4 ou 5) et les couvent pendant deux semaines et demie. Bien sûr, il faut faire un envol pour se nourrir et, après l'éclosion, nourrir aussi les petits. Il faudra trois semaines pour que les jeunes grandissent, se couvrent de plumes, se renforcent et puissent s'envoler. Il y a bien des années, j'ai installé dans le jardin de notre résidence à Ottawa un nichoir de 44 logements qui, presque tous furent occupés ensuite pendant des années. Après l'envol des jeunes, chaque soir, selon leur coutume, les familles revenaient coucher chez elles, dans leur maison et cela jusqu'à la fin de l'été.

Chaque famille compte en moyenne 6 à 7 individus. Une quarantaine de familles totalisent 250 à 280 oiseaux. Imaginez le spectacle! Un nuage d'hirondelles qui tourbillonnent en piaillant autour du nichoir pour s'entasser peu à peu dans les logements. Quand l'automne s'annonce, on s'en va hiverner en Amérique du Sud. Aucun problème pour un tel voyage quand on est hirondelle. Depuis quelques années nos Hirondelles pourprées ont beaucoup diminué en nombre. Peut-être à cause de maladies transmises dans la colonie. Autre danger: plusieurs jours de froid qui se produisent surtout avec neige, après le retour au printemps. Pas d'insectes qui volent, pas de nourriture. Il y a quelques années, dans l'est des États-Unis, plusieurs colonies ont été presque anéanties par des températures de ce genre.

Rien n'est parfait en ce monde: ni pour elles, ni pour nous.

Article paru en juillet 2000

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L'HIRONDELLE DE RIVAGE

(L'Hirondelle des sables)

"Comment je fais mon nid ? Regardez-moi bien aller!"Hirondelle de rivage

Les Hirondelles des sables nichent dans toutes les provinces canadiennes. Au nord, elles atteignent l'Alaska, ainsi que la baie James et la baie d'Hudson. Seules les bicolores se risquent un peu plus au nord. L'Hirondelle des sables habite presque tous les États-Unis et aussi l'Europe et l'Asie. Les nôtres et celles des États-Unis vont passer l'hiver en Amérique du Sud.

Toutes les autres hirondelles de chez nous peuvent se pavaner en faisant miroiter les reflets métalliques de leur plumage. L'Hirondelle des sables, elle, la plus petite. doit se contenter d'un costume sobre, terne, gris et blanc. Vous savez... quand on est venu au monde dans un terrier... Même son cri est peu musical. Triste ou malheureuse? Mais non! Débordante d'activité et vaillante comme pas une. Elle n'attend pas que les humains lui construisent des petites maisons. Elle ne cherche pas des petites tablettes autour des granges ou à l'intérieur pour y poser son nid. Il y a des falaises au bord des rivières, des lacs ou des sablières et cela lui suffit amplement.

Allons-y, on creuse. Il faut choisir là où le sol est friable, mais pas trop, car le corridor s'écroulerait. Imaginez un peu: à coups de bec et de griffes, il s'agit de déloger le matériel et de rejeter le tout dehors à force de soubresauts du corps et de coups d'ailes. On creusera jusqu'à un mètre (40 pouces) de l'entrée pour y aménager une petite chambre avec un nid garni de brins d'herbe et de plumes. La femelle y pond quatre à six oeufs, que les deux parents couvent pendant deux semaines.

Si vous aimez l'action, allez voir une colonie d'Hirondelles des sables, surtout au temps où on nourrit les petits qui ont grandi. C'est une sarabande continuelle, étourdissante: évolutions en tout sens et cris des adultes. Les jeunes se massent les uns sur les autres, bloquant l'entrée des terriers et quêtant à grands becs ouverts les insectes capturés au vol par les parents.

Les Hirondelles des sables ne sont pas à l'abri de tout danger. Un éboulis soudain et c'est la catastrophe. Les pillards de nids, ratons laveurs ou mouffettes peuvent atteindre les nids qui sont bas et les dévaliser. Mais pourquoi les hirondelles se feraient-elles du souci à imaginer des hypothèses qui les dépassent?

Article paru en mai 1994

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L'HIRONDELLE RUSTIQUE

(L'Hirondelle des granges)

Je ne mange qu'en vol: c'est plus excitant!Hirondelle rustique

On peut voir dans le monde 75 espèces d'hirondelles. Huit espèces nichent au Canada dont six habitent l'est du pays. Gracieuses et belles, les hirondelles sont parmi les oiseaux les plus admirés et les plus appréciés. Sans mépriser les autres, on peut dire que chez nous, au Québec, l'Hirondelle des granges se classe bonne première. Voyez ses couleurs vives et harmonieuses, son profil effilé et sa longue queue fourchue dont elle a seule le privilège.

Elle est faite pour voler; elle se grise de vitesse et d'acrobaties: plongées fulgurantes suivies de brusques redressements. Sûre d'elle-même, elle défie et frôle les obstacles au ras des herbes des champs aussi bien que les vagues imprévisibles de la surface des eaux. Tout cela avec des gazouillements continuels. De cette merveille de petit oiseau jaillit un débordement de joie de vivre.

Tout en s'amusant, elle se nourrit des insectes volants. Jamais elle ne ramassera un ver ou une chenille par terre. Il y a des Hirondelles des granges dans tout le Canada tempéré, dans tous les États-Unis et dans la moitié nord du Mexique. Ces hirondelles vont hiverner en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. La plupart des oiseaux migrateurs voyagent la nuit, mais non les Hirondelles des granges qui, elles, aiment mieux voler de jour en migration. Des hirondelles de cette même espèce se retrouvent en Europe et en Asie.

Comme le nom l'indique, les Hirondelles des granges s'observent autour des bâtiments de ferme qui leur servent de nichoir et dans les grands champs des alentours où elles se nourrissent et prennent leurs ébats. Elles aiment aussi les étendues d'eau des lacs. Les camps de pêcheurs ainsi que les chalets, les hangars et les remises à bateaux des riverains leur offrent des abris pour nicher.

Le nid de cette hirondelle est en forme de coupe, construit avec des fibres végétales et de la boue séchée. Les œufs sont au nombre de quatre à six et sont couvés surtout par la femelle, pendant deux semaines. En général, lorsque le couple reprend le nid de la saison précédente, il peut faire une seconde couvée dans ce même nid durant la saison.

Les Hirondelles de granges nichent souvent en petite colonie et le groupe reste sur place pour attendre que les petits de la dernière couvée aient quitté le nid. Toutes ensemble elles rejoindront les grands rassemblements de la migration à la fin de l'été.

Article paru en mai 1993

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L'HIRONDELLE BICOLORE

Hirondelle bicolore

Au printemps, c'est surtout l'arrivée des hirondelles que nous saluons avec plaisir. Une fois les sucres terminés, quelques-unes ne tardent guère à faire leur apparition. En effet, par un beau matin ensoleillé, même un peu frisquet, elles se posent, frileuses, sur leurs nichoirs. Après quelques envolées dans les alentours, elles disparaissent parfois pour quelques jours.

Comme elles se nourrissent uniquement d'insectes saisis au vol, une certaine chaleur est nécessaire pour qu'elles puissent rester pour de bon et avoir de quoi subsister. Se nourrir uniquement de cette façon peut constituer pour une hirondelle un handicap tragique. De fait, j'ai trouvé quelquefois des nichées d'Hirondelles bicolores mortes, faute de nourriture, car la température trop fraîche engourdit les insectes, les empêchant ainsi de voler. On comprend aussi qu'il soit impossible à une hirondelle de passer l'hiver ici.

C'est un plaisir que d'avoir près de chez soi un couple d'Hirondelles bicolores établi dans un nichoir. Elles sont tellement joyeuses, gracieuses et familières. Ajoutons qu'elles éliminent une quantité phénoménale d'insectes. C'est à leur poursuite qu'elles exécutent cabrioles et autres figures acrobatiques ou encore des vols en rase-mottes au-dessus du sol et de l'eau.

Bien des gens aiment installer des maisonnettes pour les loger. C'est justice de compenser pour les nichoirs naturels que l'activité humaine a fait disparaître en grande partie: surtout les cavités creusées dans les arbres morts par les pics, et ensuite abandonnées. Les marécages parsemés d'arbres morts, voilà l'habitat préféré des Hirondelles bicolores car, en outre, elles y trouvent à foison des insectes pour elles et leurs petits. Elles ont l'habitude de défendre leur territoire, surtout contre un couple qui niche trop près. Inutile de leur offrir des nichoirs à deux compartiments ou plus: un seul sera occupé et l'accès aux autres sera empêché.

Pour l'entrée d'une niche, il faut assurer une ouverture de 3,8 centimètres de diamètre, sinon, c'est trop petit. En été l'hirondelle se retrouve dans tout le Canada et l'Alaska, tant qu'il y a des arbres, et aux États-Unis bien sûr. Elles passent l'hiver à partir du sud des États-Unis, au Mexique et jusqu'au Nicaragua, au Honduras et à Cuba.

Tout le monde connaît aussi les Hirondelles des granges, les Hirondelles à front blanc et les Hirondelles pourprées, que je ne fais que mentionner en fin de piste.

Article paru en mai 1989

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LA PARULINE MASQUÉE

(La Fauvette masquée)

Ma gorge fait tourner des têtes. Qu'y puis-je ?Paruline masquée

On a déjà présenté dans cette revue, en mai 1990, une des 24 fauvettes de chez nous: la Fauvette jaune. Voici maintenant la Fauvette masquée, sa voisine. Elles sont réellement voisines, puisqu'elles fréquentent le même habitat, c'est-à-dire les mêmes terrains. Elles aiment les sols humides où poussent les aulnes, les petits saules et toutes sortes de buissons près des cours d'eau, des lacs et des tourbières. Les sols secs garnis d'arbustes et de broussailles font aussi leur affaire. Cependant la Fauvette masquée se tient à distance des habitations, alors que parfois la Fauvette jaune s'en approche même pour nicher.

Impossible de ne pas reconnaître la Fauvette masquée: aucune autre ne porte un tel masque et n'exhibe une pareille gorge jaune. En français, le nom vient, bien sûr, du masque, mais en anglais on a préféré "yellow throat" ou gorge jaune. Chez les espèces de fauvettes les femelles présentent des couleurs aux teintes moins vives que celles des mâles et sont par le fait même plus difficiles à identifier. Les mâles, à l'automne, deviennent plus ternes et le resteront jusqu'au printemps suivant. Notre fauvette ne s'est pas masquée pour faire un mauvais coup, ou déguisée en vue d'un bal masqué. Elle est comme ça: vive et spontanée, pleine d'énergie, peu craintive et curieuse. Elle s'énerve pourtant si on approche de son nid et plonge dans un buisson et sort ailleurs un instant, inquiète, la queue retroussée, et disparaît encore.

Bien sûr qu'elle chante: chant rapide, décidé, répété trois fois, que les américains ont caractérisé par "nitcheri, nitcheri, nitcheri". Mieux adaptés, il me semble, les mots "ouistiti, ouistiti, ouistiti". Il faut dire qu'il y a des variations dans le chant selon les individus qui chantent. On entend souvent des notes plus discrètes comme "fructutu, fructutu, fructutu". Et je suis d'accord avec notre ornithologue E.E. Dionne qui mentionne aussi: "sitsuhuit, sitsuhuit, sitsuhuit". Tous ces mots ne remplacent pas l'expérience auditive mais sont des aides qui favorisent la mémorisation.

La Fauvette masquée cache son nid dans les broussailles et les buissons. Le nid est construit au sol ou un peu au-dessus. La femelle y dépose trois à cinq œufs qu'elle couve pendant 12 jours. Les ornithologues américains mentionnent que la Fauvette masquée, contrairement aux autres fauvettes, niche deux fois par été. Ici, au Canada, aucune mention de deux nichées en saison. L'aire de nidification s'étend à partir de Terre-Neuve et du Labrador jusqu'au sud de l'Alaska, mais n'atteint pas au nord la limite des forêts. Au sud, elle descend jusque dans tout le Mexique et la Floride.

La Fauvette masquée nous quitte en automne: question de nourriture, puisqu'elle est surtout insectivore, et elle s'en va hiverner au sud des États-Unis, au Mexique, en Amérique Centrale et aux Antilles. C'est un au revoir.

Article paru en juin 1993

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LA PARULINE À TÊTE CENDRÉE

(La Fauvette à tête cendrée)

Donnez-nous des insectes!Paruline à tête cendrée

Un bijou de petit oiseau orné de jaune, de noir, de blanc et de gris pâle cendré. Une fauvette remarquable parmi les 26 espèces qu'on peut voir au Québec. Son territoire de nidification part du sud et peut se limiter au nord par une ligne partant de la baie James et se terminant au Labrador, en incluant la Côte-Nord. Cette fauvette peut se rencontrer partout au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve et dans une grande partie des provinces de l'Ouest et des États-Unis.

Pour nicher, la Fauvette à tête cendrée choisit le bord des forêts mixtes ou le milieu des forêts peu denses. Elle aime aussi les jeunes forêts de conifères. L'emplacement du nid n'est jamais bien haut: presque à partir du sol jusqu'à une dizaine de pieds.

En général, chez nos fauvettes, c'est la femelle qui s'occupe de fabriquer le nid et de couver les œufs. Le mâle voit à la défense du territoire, de l'espace vital qui fournit la nourriture. Il aidera la femelle à élever les petits, quand ils seront éclos. Donc, notre femelle Fauvette à tête cendrée pond ses quatre ou cinq oeufs et les couve pendant près de deux semaines.

Imaginez un de ces petits qui vient d'éclore un dimanche matin. Il est tout nu, il a les yeux fermés et peut seulement ouvrir son bec. Eh bien, le lundi ou mardi de la semaine suivante, il sera prêt à s'envoler. Tout sera fonctionnel: les os, les muscles, tout le système interne et les plumes.

Il faut des insectes en grande quantité: vite, ça presse! Les parents ne lambinent pas du matin au soir. Pensez qu'ils ont affaire à quatre ou cinq affamés insatiables. Enfin, c'est fait: les petits s'envolent. Ils sont presque aussi gros que leurs parents. D'ici l'automne, ils vont grossir encore, raffermir leurs muscles et expérimenter ce qu'est la vie d'un oiseau et précisément d'une Fauvette à tête cendrée.

Le grand voyage d'automne est pour bientôt. Ils seront prêts. On partira passer l'hiver au sud du Mexique ou en Amérique Centrale.

Au printemps prochain! Les jeunes, étant donné que tout est inscrit dans leur petite tête, sauront comment revenir et élever leurs petits, ainsi que cela s'est toujours fait depuis qu'il y a des Fauvettes à tête cendrée. Vous guetterez leur retour. Leur chant, toujours le même, dira: "ouitaouitaouitzé".

Article paru en mai 2000

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LA PARULINE À CROUPION JAUNE

(La Fauvette à croupion jaune)

"Il est impossible que vous ne m'ayez pas vue!"Paruline à croupion jaune

Une de nos plus jolies fauvettes parmi les 29 qui nichent au Canada, dont 24 au Québec. Le croupion jaune, bien voyant, attire tout de suite l'attention, justifiant ainsi son nom. À la mue de l'automne, quand les ornements jaunes de la poitrine et de la couronne sont très atténués, le jaune du croupion ressort encore plus en contraste avec le reste du plumage.

Pour ce qui est de la femelle, elle porte les mêmes couleurs que le mâle, mais en teintes moins vives. La nature a voulu qu'elle soit moins visible, surtout quand elle reste sur le nid. Les fauvettes n'ont pas les talents musicaux des merles, des grives ou des pinsons. Des phrases courtes, plus ou moins vives, répétées par intervalles, peuvent toutefois se révéler plaisantes à l'oreille. Le chant de la Fauvette à croupion jaune, comparé aux autres, est plus doux, ce qui favorise son identification.

En été, cette fauvette vit dans les bois de conifères ou mélangés de feuillus. Elle évite par contre les forêts trop denses. Elle habite les régions forestières de tout le Canada, jusqu'à la limite des arbres au nord. On la retrouve aussi en Alaska et dans l'ouest des États-Unis. La famille bâtit son nid de préférence sur un conifère. Elle pond quatre à cinq oeufs et la couvée dure près de deux semaines. Avec les autres fauvettes de nos forêts, les Fauvettes à croupion jaune protègent les arbres en dévorant des quantités phénoménales d'insectes ravageurs. On croit que les Fauvettes à croupion jaune sont les plus abondantes. Il y a des chances qu'elles soient premières sur les listes d'observation des ornithologues novices, d'autant plus qu'elles sont faciles à repérer.

En migration, tôt le printemps, elles se présentent un peu partout, même près des maisons: dans les vergers, les jardins, le long des routes et des clôtures, dans les buissons et les boisés. Vous les verrez souvent au sol chassant les insectes encore un peu engourdis par la fraicheur. Arrivées les premières au printemps, elles s'attardent le plus à l'automne. Toutes ne s'en vont pas jusqu'en Amérique Centrale et aux Antilles. Bon nombre d'entre elles se contentent, pour hiverner, du nord des États-Unis. Quelques braves affrontent l'hiver au sud de la Nouvelle-Écosse. Sans insectes au menu, elles se rabattront sur les petits fruits et les graines. Merci aux bonnes gens qui leur offrent des mangeoires garnies de suif et de beurre d'arachides.

Il y a quelques années, à Loretteville, à ma grande surprise j'ai vu par grand froid une mignonne Fauvette à croupion jaune près d'un poste d'alimentation. Je la vois encore, les plumes gonflées, se chauffant au soleil, à l'abri du vent, sur le seuil de la porte de son bienfaiteur. A-t-elle survécu à l'hiver... un petit oiseau si délicat? Je n'ose pas trop y penser.

Article paru en avril 1995

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LA PARULINE TRISTE

(La Fauvette triste)

"Je ne tiens pas à ce qu'on me voie à tout prix."Paruline triste

Tête grise, poitrine et gorge noires, les dessous jaunes, les dessus vert olive: vous ne pouvez vous tromper. Aucune autre fauvette au Québec ne porte une livrée semblable. Écoutez de plus son chant court, assez fort et bien roulé. La femelle, pour se protéger, elle et sa famille, accepte d'être moins voyante. D'ailleurs, le mâle aussi a compris que pour l'automne et l'hiver il vaut mieux passer inaperçu et qu'un costume sobre est de mise. Rien de spécial à cela, c'est la coutume chez toutes les fauvettes. À quoi bon rester en habits pimpants? On ne courtise pas en hiver.

Les Fauvettes tristes nichent à partir de l'Alberta jusqu'à Terre-Neuve, mais pas trop au nord. Elles se retrouvent aussi au nord-est des États-Unis. Affronter l'hiver dans nos régions, c'est une question de nourriture. Pour les fauvettes, en général la liste au menu n'est pas longue: des insectes. Alors, à l'automne, pour survivre, on déménage dans le sud comme la plupart de nos oiseaux nicheurs. Destination Amérique Centrale et la partie nord de l'Amérique du Sud pour nos Fauvettes tristes. Et c'est la belle vie des touristes: pas de nid à construire, ni de jeunes à élever et finie aussi la guerre des territoires. Ajoutez à cela que la table d'hôte est toujours bien garnie.

Malgré tout ce luxe, ce sera au printemps l'appel irrésistible du retour vers le nord. D'un tempérament réservé, un peu timide, la Fauvette triste n'aime pas s'exhiber en public. Ne la recherchez pas cependant au cœur des grandes forêts. Il lui faut des buissons ensoleillés et en même temps enchevêtrés et serrés, où elle peut se faufiler, chanter sans être vue, se nourrir et nicher en paix. De tels endroits, il y en a un peu partout: bord des bois, des clairières, des tourbières, le long des routes tranquilles et des lignes de transmission d'électricité. Exclus sont les voisinages des habitations.

Le nid, cela va de soi, est difficile à trouver. Il est sur le sol ou, par exception, peu élevé. La ponte est de trois à quatre œufs dont la femelle se réserve l'incubation qui dure une douzaine de jours. En terminant, une question se pose. Pourquoi avoir qualifié de triste ce gentil petit oiseau? Ce n'est pas brillant! Il y a aussi la Tourterelle triste. La nomenclature anglophone, ayant précédé la nôtre, l'a aussi inspirée. En anglais, le mot "mourning" peut vouloir dire: porter le deuil et aussi: se plaindre, se lamenter. On aurait pu traduire "mourning warbler" par "Fauvette en deuil", ou l'équivalent, à cause du noir de la poitrine qui justifie le nom anglais. "Mourning dove" se traduirait très bien par "Tourterelle plaintive". Pour le reste, j'utilise encore nos noms d'usage traditionnels français qui sont en harmonie avec les noms anglais du continent. J'attends que nos fabricants de nomenclatures planétaires françaises s'entendent et cessent de faire des changements continuels.

Article paru en mai 1996

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LA PARULINE À GORGE NOIRE

(La Fauvette verte à gorge noire)

Plus visible que moi, tu meurs!Paruline à gorge noire

Le dos teinté de vert et la pointe noire qui part du bec pour s'étaler jusqu'à la poitrine justifient son nom. Remarquez en plus sa face d'un beau jaune et vous ne pouvez pas vous tromper. Comme elle chante souvent, son gazouillement vous deviendra vite familier. On le traduit par: "zi, zi, zi, zi, zou, zi".

C'est un petit oiseau des bois. Ne cherchez pas ailleurs. Il aime les forêts bien établies avec de grands arbres étalés qui cachent le ciel. Il affectionne surtout les conifères et, s'il s'installe dans une forêt de feuillues, il lui faut quelques conifères disséminés à travers. C'est dans les hauteurs des ramures qu'il préfère habiter, c'est en haut qu'il niche et se nourrit.

Le nid est tressé sur une branche. La femelle y dépose quatre ou cinq oeufs qu'elle couvera pendant une douzaine de jours. La Fauvette verte à gorge noire n'a pas de rivale parmi ses cousines en fait d'agilité et d'acrobatie, quand il s'agit de se nourrir. Elle va fureter sous des branches et des feuilles pour y dénicher, en voyant sur place, les insectes bien dissimulés qui se croient en sécurité. Plus que d'autres, elle a du caractère, notre fauvette. Elle ne tolère pas qu'on vienne près de son nid ou piger dans son garde-manger. Les intrus apprennent vite qu'ils ne sont pas les bienvenus.

Le domaine des Fauvettes vertes à gorge noire s'étend à l'est du Canada, à partir des provinces centrales et se termine au nord avec la limite des forêts. On les retrouve aux États-Unis, à l'est des Grands Lacs et jusque vers le sud, près de la Floride. Quand s'en vient l'automne, alors que les jeunes sont robustes et bien engraissés, il faut penser à déménager pour l'hiver. On ira au sud des États-Unis ou en Amérique centrale.

Pour les mâles, le temps est passé des exploits acrobatiques à l'intention des femelles. Passé aussi le temps de la chasse aux intrus. Les dangers sont là qui guettent tout le long du voyage et pendant le séjour dans le sud. La discrétion est de mise et peut éviter un sort fatal. Le mâle laisse donc son habit de noces pour des teintes plus ternes. Quant à la femelle, elle est toujours sobrement vêtue: protection de la nature pour le rôle de mère. Et au printemps prochain tout le monde!

Article paru en juin 1997

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LA PARULINE FLAMBOYANTE

(La Fauvette flamboyante)

Les insectes, je les prends au vol!Paruline flamboyante

Vraiment beau le mâle, surtout quand il ouvre ses ailes et étale sa queue. Noir, orange et blanc: un assemblage de couleurs qui en font un bijou d'oiseau et méritent à l'espèce le titre de flamboyante. La femelle également ne manque pas de charmes avec ses teintes de noir, de jaune et de blanc. Cette paruline est nerveuse et très active. Avec toutes sortes d'acrobaties elle capture au vol les insectes dont elle se nourrit. Cette manière de se nourrir n'est pas commune chez les parulines et la met en compétition avec les moucherolles, les spécialistes de la chasse aux insectes en vol. C'est dire qu'elle attire l'attention par ses mouvements et que vous pouvez l'observer facilement, surtout qu'elle est une des plus nombreuses représentantes parmi les parulines.

Comme c'est le cas pour plusieurs de nos petits oiseaux, le mâle d'un an qui revient du sud pour nicher à son premier printemps n'a pas encore son plumage coloré définitif; il porte le costume assez terne qu'il avait à l'automne, lors de sa première migration vers les pays chauds. Il reviendra tout pimpant au deuxième printemps.

La Paruline flamboyante se retrouve dans les bois feuillus, mais elle n'aime pas les conifères. La limite de son territoire de nidification au Québec et dans tout le Canada s'arrête au bord des grandes forêts du nord. Les grands arbres avec leur feuillage tout en haut ne l'attirent pas non plus. Elle est chez elle dans les feuilles de jeunes arbres aux branches basses et fournies: bord des forêts, des clôtures, même des vergers et près des habitations. La femelle fait son nid dans la fourche verticale d'un petit arbre et pas plus haut que trois à cinq pieds.

Elle pond ses quatre œufs et les couve pendant près de deux semaines. Après l'éclosion le couple s'affaire du matin au soir, pendant deux autres semaines, à nourrir les becs grands ouverts. Des insectes sans nombre vont s'y engouffrer. Arrivera bientôt l'automne où toute la famille s'envolera vers le sud. Pour hiverner on choisira le sud des États-Unis ou le Mexique, ou l'Amérique centrale ou même le nord de l'Amérique du Sud… pendant que nous marcherons dans la neige…

Article paru en septembre 2002

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LA PARULINE À FLANCS MARRON

(La Fauvette à flancs marron)

Je suis un bijou de petit oiseau!Paruline à flancs marron

C'est une fauvette facile à identifier, surtout à cause de la bande couleur marron bien visible qui descend du côté du cou jusque sur les flancs. Ajoutez-y les autres couleurs de son plumage et vous aurez un bijou de petit oiseau. La femelle porte un costume aux couleurs semblables à celles du mâle mais dans des teintes plus discrètes, en vue de la protection de la famille.

Le couple a son chez-soi là où poussent des petits arbres mêlés aux talles de mûriers et de framboisiers et d'autres broussailles. Il semble cependant que les conifères l'attirent moins. Les endroits à son goût ne manquent pas: milieux en repousse sur des terres abandonnées, bord des bois, clairières, tourbières et le long des routes. C'est la femelle qui se charge de construire le nid à une hauteur du sol ne dépassant pas trois pieds (un mètre). Elle seule couve ces quatre œufs pendant une douzaine de jours. En moins de deux semaines après l'éclosion les jeunes peuvent s'envoler.

Imaginez! Ce petit qui vient d'éclore, aveugle, tout nu, capable seulement d'ouvrir son bec… pourra s'envoler avant la fin de la semaine prochaine. On comprend l'activité fébrile des parents pour les quatre becs qui n'en ont jamais assez.

Dans les premières années de 1900, chanceux l'ornithologue qui pouvait observer une Fauvette à flancs marron. Avec le recul des forêts et le défrichement, les habitats qui leur conviennent ont favorisé grandement leur expansion. Elles nichent au Canada, à partir du centre de la Saskatchewan jusque dans les provinces maritimes. Aux États-Unis, c'est aussi dans l'est qu'on les retrouve. Toutes vont passer l'hiver en Amérique Centrale. À la belle saison prochaine, elles reviendront. Ouvrez les yeux: elles sont nombreuses et peu farouches.

Article paru en avril 2001

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LA PARULINE JAUNE

(La Fauvette jaune)

Je ne pèse qu'une demi-once, mais je suis là!Paruline jaune

Mois de mai: la surabondance de la vie dans la nature! Les oiseaux chantent comme jamais et s'activent à faire leurs nids. Les fauvettes, petits oiseaux aux couleurs voyantes (sauf quelques exceptions), sont débordantes d'énergie. Vives, nerveuses, en mouvement perpétuel, elles poursuivent les insectes dans le feuillage des buissons ou des arbres, sans oublier leurs notes joyeuses, discrètes ou énergiques. Vingt-quatre espèces de fauvettes nichent au Québec et pourtant elles sont très peu connues du public non initié.

Les mâles chez les fauvettes peuvent être très colorés et faciles à identifier au printemps; à l'automne, ils prennent une livrée plus sombre. Les femelles et les jeunes sont toujours plus ternes. Ajoutons que les fauvettes ne fréquentent pas les lieux ouverts, mais plutôt les bois, les taillis et les buissons. La Fauvette jaune fait exception. Quand j'étais enfant, je me souviens de ce petit oiseau jaune, dont j'ignorais le nom, qui faisait son nid dans une talle de lilas, tout près, au bout de ma maison, à la limite du jardin. C'est la seule fauvette qui s'approche assez régulièrement des habitations pour nicher dans les buissons ou les arbustes d'ornement.

Cependant, vous les verrez surtout en terrain un peu humide où poussent les aulnes et les petits saules, près des cours d'eau, des lacs et des tourbières; jamais dans les grands bois. Dans ces habitats, elle tient compagnie à la Fauvette masquée.

La Fauvette jaune construit son nid dans la fourche d'un buisson ou d'un arbuste. Assez volumineux ce nid est bourré de duvet végétal. La ponte est de 4 à 5 œufs qui éclosent après 11 jours de couvaison. Il arrive souvent que la femelle du Vacher à tête brune, notre seul oiseau parasite, ponde dans le nid de la Fauvette jaune. Peu de petits oiseaux échappent à cette pratique dudit vacher. Contrairement aux autres, la Fauvette jaune n'accepte pas facilement l'œuf étranger: elle décide assez souvent de faire un nouveau plancher par-dessus et de remonter le rebord de son nid pour recommencer la ponte. On a trouvé des nids avec 5 ou 6 planchers superposés couvrant chacun un œuf de vacher.

En fait de nourriture, la Fauvette jaune se limite presqu'uniquement aux insectes; d'où sa grande utilité pour la protection des arbres surtout. Elle mange des petits fruits et des graines. Du début de mai à la fin d'août la Fauvette jaune est chez nous. Elle va hiverner en Amérique Centrale et jusqu'au Pérou et au Brésil. Comptez sur elle pour mai de l'an prochain. Merveille d'endurance et d'orientation que la fauvette qui pèse un peu moins d'une demi-once. La migration des oiseaux pose encore beaucoup de questions aux savants.

Article paru en mai 1990

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LA PARULINE À JOUES GRISES

"J'arrive tôt le printemps!" Paruline à joues grises

La Paruline à joues grises niche dans la moitié sud du Québec et de l'Ontario, ainsi qu'au Nouveau-Brunswick. Elle est moins présente dans l'ouest du pays. Elle se plaît dans les tourbières humides, tapissées de mousse épaisse et parsemées d'épinettes, de sapins, de bouleaux, de trembles et d'autres arbres. Le terrain peut être parfois plus desséché.

Pour nicher, le couple fait un petit creux dans la mousse et fabrique son nid avec de l'herbe et de la mousse qui est abondante. Le nid est bien caché et abrité par un petit buisson ou une talle de fougères. L'abondance de ces terrains favorables situés surtout au nord a permis à ces parulines de se multiplier et de se classer parmi les variétés les plus nombreuses au pays.

Quand le nid est terminé, la femelle pond ses quatre ou cinq œufs et les couve pendant 11 à 12 jours. Après l'éclosion, les deux parents nourrissent les jeunes sans arrêt pendant une dizaine de jours. Il faut des insectes de toutes sortes en quantité et surtout des chenilles (leur mets favori) pour rendre les jeunes capables de s'envoler.

Les Parulines à joues grises sont parmi les premières à agrémenter notre printemps et aussi les dernières à s'attarder chez nous à l'automne. Elles vont hiverner au nord du Mexique et dans le sud du Texas, ainsi qu'au Honduras et au Salvador. Au printemps prochain, elles reviendront!

Article paru en mai 2004

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LA PARULINE DU CANADA

"Je chante en cherchant à nicher!"Paruline du Canada

Il est surprenant qu'elle porte ce nom. C'est une des parulines dont la présence est la moins répandue au Canada et au Québec. Elle niche à Terre-Neuve. Au Québec, la limite de sa présence va du sud de la Baie-James vers la Côte-Nord, du Saint-Laurent jusqu'à Baie-Comeau. Elle niche en Gaspésie et dans les autres provinces de l'Est ainsi que dans l'île d'Anticosti et aux Îles-de-la-Madeleine. Dans les autres provinces vers l'ouest, sa présence n'occupe pas la moitié des territoires. Les couples de Parulines du Canada arrivent tard pour nicher et partent aussitôt que possible, soit vers la fin août. Leur migration est longue vers les lieux d'hivernage situés à partir de la Colombie et du Venezuela jusqu'au centre du Pérou, en Amérique du Sud. C'est tout un voyage!

Au printemps, les mâles arrivent ici avant les femelles et choisissent leur territoire pour nicher. Ils annoncent leur présence et leur choix par des chants continuels. La femelle construit par terre un nid caché dans les mousses et les herbages. Elle pond ses quatre oeufs et les couve pendant 12 jours environ. Les parents nourrissent les jeunes qui seront prêts à s'envoler dans 8 à 10 jours. Tout un long voyage les attend! Environ un nid sur cinq est parasité par les Vachers à tête brune et ils ne sont pas les seuls à le faire. La femelle Vacher à tête brune pond son œuf parmi les autres et s'en va.

Le jeune vacher, plus gros, jette tout le reste hors du nid pour se faire élever tout seul. Le nom de "vacher" vient du fait que ces oiseaux ont l'habitude de se nourrir par terre dans les champs près des animaux de ferme qui attirent les insectes. Ils ne font pas de nid et font élever leurs petits par d'autres oiseaux. La nature a des chemins imprévisibles!

Les renseignements publiés dans cet article proviennent de mes observations personnelles et du volume Les oiseaux du Canada par W.Earl Godfrey.

Article paru en avril 2004

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