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Les rubriques du Père Roger Larose


LISTE DES OISEAUX DANS CETTE PAGE
Bihoreau gris
Butor d'Amérique
Colin de Virginie
Cormoran à aigrettes
Cormoran, Grand
Foulque d'Amérique
Gélinotte huppée
Gallinule poule-d'eau
Héron, Grand
Héron vert
Marouette de Caroline
Râle de Virginie

LA FOULQUE D'AMÉRIQUE

"Moi, un avion?… presque."Foulque d'Amérique

La Foulque d'Amérique est un oiseau de couleur grisâtre tournant au noir foncé pour le cou et la tête. Le bout des ailes est blanc et peu apparent sauf en vol. Le bec est blanc avec deux taches foncées presque au bout. Les pattes ne sont pas garnies de membranes entre les doigts comme celles des canards. Elles sont munies de festons ronds le long des doigts. Le bec de la Foulque n'est pas aplati et ressemble à celui d'une poule.

Un canard peut sauter directement de la surface de l'eau pour s'envoler. Une Foulque, à cause de ses ailes étroites, doit d'abord comme un petit avion atteindre une certaine vitesse et elle court sur l'eau pour s'envoler. Afin d'éviter les dangers inattendus venant des prédateurs, elle évoluera près des grandes herbes, joncs ou quenouilles où elle peut se cacher. Elle est à l'aise aussi en se tenant en eau dégagée, loin des rivages pour prévenir à temps la menace d'un prédateur, en s'envolant. Vous remarquerez l'habitude qu'elle a de balancer la tête à chaque coup de patte qu'elle donne en nageant. Surprenant: elle peut plonger et descendre à plus de 8 mètres (25 pieds) de la surface de l'eau en quête de nourriture. Elle n'est pas difficile pour son menu et porte bien son appellation d'omnivore. Elle mange de tout: des insectes, des colimaçons, des petits poissons, des vers, et aussi des feuilles, des racines et des graines de plantes.

Le couple fait son nid au sol parmi les plantes de marécages. La femelle pond de 8 à 12 œufs. Les deux parents s'occupent de l'incubation qui dure 3 à 4 semaines et commence dès la ponte du premier œuf qui va aussi éclore le premier. Les autres suivront à au moins un jour d'intervalle. À mesure que les petits sont éclos, la femelle les prend en charge pour les conduire loin du nid. J'ai lu dans le volume la mention des rôles inversés des parents pour la couvaison et le soin des jeunes. Les deux manières de faire existent peut-être dans la nature.

Les Foulques d'Amérique nichent dans le sud du Québec et un peu plus au nord dans le reste du Canada. Elles nichent aussi partout aux États-Unis et un peu plus au sud jusqu'en Amérique Centrale.

Les renseignements au sujet de cet oiseau proviennent de mes observations personnelles et du volume "Les oiseaux nicheurs du Québec".

Article paru en juin 2003

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LE BIHOREAU GRIS

(Le Bihoreau à couronne noire)

"Il est bien rare qu'une proie m'échappe".Bihoreau gris

En passant au vol, un Bihoreau à couronne noire s'annonce par un puissant "couac". Ce qui depuis longtemps lui est resté comme surnom chez nos gens. On disait: "Tiens, un couac". Puisqu'il est de la famille des hérons, on s'attendrait pour lui à une taille élancée. Il offre plutôt une silhouette ramassée: pas de très longues pattes, un cou et une tête robustes. Il garde de la famille l'habitude de se percher et de nicher sur les arbres, en colonie. Vous devriez entendre dans le groupe les interpellations et les conversations proférées dans un jargon on ne peut plus guttural. En tout temps de l'année un bihoreau ne peut se passer de la vie commune. Par ailleurs chez eux pas de discrimination: même costume pour les deux sexes.

Nos anciens livres d'oiseaux ne l'appelaient pas bihoreau mais héron de nuit. Ce qui fait référence à son penchant pour les activités nocturnes. On peut le voir quand même assez souvent actif durant le jour, surtout quand l'élevage des jeunes le commande. Le couple construit son nid à la fin du printemps ou au début de l'été. La ponte est de quatre ou cinq oeufs et l'incubation dure trois semaines et demie, partagée par les deux parents. Pour nourrir les petits il faut du poisson. Les adultes ajoutent pour eux-mêmes des grenouilles, des écrevisses et d'autres bestioles aquatiques. Même à l'occasion, un mulot ça ne se refuse pas.

Les Bihoreaux à couronne noire fréquentent les lieux humides: les eaux peu profondes et tranquilles des lacs, des cours d'eau et les bords de la mer. Vous les verrez aussi dans les marécages et les tourbières. Ils sont assez hardis pour aller aux abords des colonies d'oiseaux marins voler un poussin de goéland ou de sterne. Ils sont quand même spécialistes de la pêche. Figés comme une statue, ils attendent qu'un poisson insouciant passe à leur portée; la frappe soudaine est sans merci. Un bihoreau peut aussi imiter un Martin-pêcheur: le vol sur place puis la plongée.

Les bonnes places peuvent se trouver loin de la colonie. Plusieurs dizaines de kilomètres, c'est une simple routine. Chez nos bihoreaux, quand les jeunes sont bien développés et robustes, pas question de faire une deuxième couvée la même saison. On part à l'aventure en attendant le grand déménagement pour l'hiver. Il y a peut-être à des centaines de kilomètres de bons endroits de pêche ou d'autres sites à coloniser. "Allons voir". Ce goût de l'aventure a permis aux Bihoreaux à couronne noire de s'établir un peu partout à partir du sud du Canada jusqu'à la pointe sud de l'Amérique du Sud. On les retrouve aussi en maints endroits en Europe et encore plus dans toute l'Asie.

Article paru en mai 1998

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LE BUTOR D'AMÉRIQUE

"Si on me repère, je fige carrément!"Butor d'Amérique

Le Butor d'Amérique possède une taille respectable. Ses ailes ouvertes mesurent près de 130 cm (un peu plus de 4 pieds). Les butors habitent les marécages. C'est là qu'ils se nourrissent, qu'ils nichent et élèvent leurs petits. Ils se nourrissent de petits poissons, de grenouilles, d'écrevisses et d'autres petites bêtes aquatiques. Parfois ils feront une excursion dans les champs, question de varier leur menu en y ajoutant des sauterelles et à l'occasion des mulots.

Le Butor d'Amérique émet une série de bruits sourds qui porte au loin. On peut les entendre souvent le soir et à l'aube et même en plein jour, au temps des nids. Ces cris font penser aux bruits que faisaient les anciennes pompes à l'eau de la campagne, quand on actionnait le levier pour les amorcer. Il a des enregistrements de chants d'oiseaux qui peuvent vous en donner une idée.

La femelle fait son nid par terre dans les marécages, un nid bien dissimulé dans la végétation. La ponte est de un à six œufs et l'incubation dure 24 jours. Quand le butor se met en quête de nourriture, il se déplace lentement et avec précaution. Lui arrive-t-il d'être surpris, il pointe alors son bec vers le ciel et se fige dans cette position. Sa silhouette et les rayures de son plumage se marient avec l'environnement: il disparaît, tout comme s'il faisait partie du décor. Les Butors d'Amérique nichent dans la moitié sud du Québec et dans les autres provinces du Canada.

Article paru en mars 2003

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LE GRAND HÉRON

"J'ai un régime très sévère"Grand Héron

Vous trouverez le Grand Héron dans les endroits tranquilles où il y a peu d'eau profonde: fond de baies d'un lac, rivières, étangs, marécages, bord de fleuve et de mer. Une de ses qualités est la patience. Parfaitement immobile sur ses grandes pattes immergées, il peut attendre longtemps le poisson qui viendra à sa portée.

Méthodique et sûr de lui, vous le verrez aussi s'avancer dans l'eau lentement, d'un pas calculé, l'œil aux aguets. Sûr de lui, dis-je, il peut l'être, car si on connaît l'adage: "Vif comme un poisson", il faudra dire du Grand Héron: "plus vif qu'un poisson". Le pauvre poisson qui se fait happer par le grand bec le réalise trop tard.

En vol, le Grand Héron est magnifique, majestueux: il glisse dans l'air à grands coups d'ailes lents, aisés et réguliers. Les ailes, longues et larges, font une envergure de près de six pieds. Le cou replié en "S" et les longues pattes à l'horizontal diminuent la résistance de l'air. Le Grand Héron se nourrit surtout dans l'eau: poissons, grenouilles, écrevisses, mollusques, etc. Il complète son menu par terre avec des sauterelles, des couleuvres et des rongeurs.

Durant l'été, le Grand Héron occupe le sud du Canada, les États-Unis, le Mexique et les Antilles. À la fin de l'été, avant la migration de l'automne, les Grands Hérons partent à l'aventure bien plus au nord de leur aire de nidification. Ils explorent le sud du Yukon, la baie d'Hudson, Terre-Neuve et le nord du Québec jusqu'à la baie d'Ungava. En hiver, ils descendent aux États-Unis et vers le sud jusqu'au nord de l'Amérique du Sud, dans la Colombie et le Vénézuéla.

C'est en forêt, sur les grands arbres et en colonies, qu'on nomme héronnières, que les Grands Hérons aiment à nicher. Un gros nid fait de branches servira au même couple d'une année à l'autre. La ponte est de quatre œufs et la couvaison, partagée par les deux parents, dure 28 jours. Les parents nourrissent les jeunes par régurgitation. Le territoire de pêche est situé souvent à grande distance du nid. Un Grand Héron peut vivre 15 ans.

À un camp d'été, j'ai vu un Grand Héron apprivoisé. Pour le faire venir, il suffisait de frapper sur la chaudière où on lui offrait "ménés".

Article paru en mai 1991

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LE HÉRON VERT

"Mon bec plonge à la vitesse de l'éclair!"Héron vert

Vous marchez avec précaution dans les grandes herbes vertes près d'un étang, quand soudain un cri aigu vous écorche les oreilles. Vous avez surpris et dérangé un Héron vert. Peur et agressivité lui font dresser les plumes de la tête. Vite, il s'envole. C'est un bel oiseau: la tête et le dos sont vert foncé, le cou est marron et les pattes sont jaunes. Mâles et femelles ont le même plumage. Le Héron vert se contente d'être le plus petit de nos hérons.

Les savants l'ont classé dans la famille des "ardéidés". Pas compliqué: le nom latin "ardea" se traduit en français par héron. Cette famille comprend en outre les butors, les bihoreaux et les aigrettes. Donc des oiseaux hauts sur pattes et munis d'un long cou. Les longues pattes, c'est pour marcher dans l'eau et les lieux humides, le cou long et mince permet la rapidité de frappe. Un poisson, par exemple, c'est reconnu pour être vif, mais plus rapide encore est le bec d'un héron.

La vie d'un héron se passe au bord de l'eau; parfois dans des endroits ouverts et peu fréquentés, mais surtout dans les lieux où il y a protection par des buissons et des branchages enchevêtrés. Tout peut convenir: une flaque d'eau dans un marécage, le bord d'un fossé, d'un étang, d'un lac, d'une rivière et même d'un fleuve. Pour se nourrir, un Héron vert peut marcher lentement dans l'eau et glaner ce qui se présente. Il peut aussi rester à l'affût, parfaitement immobile, comme un ressort tendu qui attend le déclic. Tout est bon: petits poissons, grenouilles, limaces, écrevisses, insectes, etc.

Quand arrive la saison, le couple choisit un arbre pour y bâtir son nid. La hauteur peut varier entre 10 et 20 pieds ( 3 à 6 mètres). Il faut une surveillance constante pour défendre les œufs et les petits contre les corneilles, les ratons laveurs et autres ennemis. La ponte est de quatre à six œufs et les parents se partagent l'incubation, qui dure trois semaines.

Partout où il peut se trouver dans le monde, le Héron vert se tient loin du Nord. Au Canada, sa présence se limite au sud des provinces suivantes: Colombie-Britannique, Ontario, Québec et les Maritimes. Vers le Sud, il descend jusqu'en Amérique Centrale. Il est inconnu en Europe. Il niche au centre de l'Afrique, au sud de l'Asie et en Australie.

Article paru en mars 2000

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LE RÂLE DE VIRGINIE

"Si vous ne me voyez pas, vous allez m'entendre!"Râle de Virginie

La famille des Rallidés, qui comprend les râles, les gallinules et les foulques, est représentée dans le monde par 132 espèces. Au Québec, nous avons le Râle de Virginie, le Râle de Caroline et le Râle jaune. Drôle d'oiseau, ce Râle de Virginie: le cou assez long, les pattes fixées plutôt à l'arrière du corps qui se termine abruptement et est orné d'une queue très courte. Les pattes sont fortes et munies de grands doigts. Il est à l'aise pour marcher dans les marécages et il peut aussi nager et plonger.

Son domaine: les lieux humides à grandes battures à haute végétation. C'est là que ses sentiers s'entrecoupent en tous sens et il les connaît par cœur. S'il est surpris, il aime mieux courir que s'envoler. Il faut dire que, s'il a des pattes robustes, il a aussi des ailes courtes et rondes pas très puissantes. Il est mal à l'aise dans les endroits découverts: il court un peu, s'arrête, marche quelques pas et disparaît vite dans la végétation. C'est un oiseau qu'on ne voit pas facilement, mais, pour l'entendre, c'est tout autre chose. On ne peut imaginer qu'une voix si puissante vienne d'un oiseau à peine plus gros qu'un merle. Et quel vocabulaire! Du caquetage, des lamentations, des cris perçants et des grognements dignes d'un gros cochon. C'est le seul moyen à sa disposition pour manifester sa présence et communiquer avec ses congénères dans un monde inextricable de végétation.

Au temps des amours, c'est la cacophonie dans les marais, surtout au crépuscule: au coucher du soleil et à la levée du jour et même pendant la nuit. Quand arrive le temps, les matériaux ne manquent pas pour assembler et accrocher le nid aux tiges des hautes herbes, juste hors d'atteinte de l'eau ou de la vase. La ponte: une demi-douzaine et même jusqu'à une douzaine d'œufs. Les parents couvent à tour de rôle pendant près de trois semaines. Dans la famille des Rallidés les poussins sont tout noirs ou presque. Dès l'éclosion, ils peuvent courir, nager et plonger. On aurait pu nommer le Râle de Virginie le Râle d'Amérique. Il niche dans le sud du Canada et dans les deux Amériques jusqu'à la pointe sud de l'Amérique du Sud. Sa présence est cependant clairsemée par endroits dans toute cette étendue. Pour l'hiver, nos Râles de Virginie descendent au sud des Étas-Unis.

Un souvenir de jeunesse que je n'oublierai pas: quand j'étais p'tit gars, je me suis tenu immobile dans un marais, pieds nus dans l'eau et la vase malgré la crainte des sangsues, et j'ai vu passer en flèche dans leurs sentiers ces oiseaux que j'entendais souvent sans les voir.

Article paru en juin 1995

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LA MAROUETTE DE CAROLINE

(Le Râle de Caroline)

"Je marche presque sur les eaux!"Marouette de Caroline

Un drôle d'oiseau avec un gros bec jaune, un corps trapu vers l'avant et raccourci vers l'arrière, et presque sans queue. Ce râle n'est pas un gros oiseau; il est à peu près du même poids qu'un Merle d'Amérique, qu'on voit partout sur nos gazons. Ses pattes sont fortes et munies de longs doigts étirés vers l'avant pour tenir l'équilibre et porter l'oiseau sur les plantes flottantes et le sol boueux. Le domaine du Râle de Caroline, ce sont les marais garnis de quenouilles et d'autres plantes aquatiques. Il connaît par cœur tous les sentiers et les recoins de son environnement. Il y trouve sa nourriture: insectes, et larves aquatiques, vers et petits mollusques.

En sécurité à l'abri des regards, il pourra vous faire entendre une série de notes sifflées descendantes. Le nid, fabriqué par la femelle, est un assemblage de fibres végétales accrochées aux tiges des grandes plantes: quenouilles ou autres. Il est toujours peu élevé au-dessus de l'eau pour y accéder sans voler. Vous serez surpris du nombre d'œufs pondus par la femelle. La couvée peut compter jusqu'à une douzaine d'œufs. Une couvée de dix-huit œufs: ça c'est déjà vu!

Les deux parents s'occupent de l'incubation, qui dure deux à trois semaines. Ils n'attendent pas la fin de la ponte pour commencer à couver. Le premier poussin peut éclore deux semaines avant le dernier. Un râle ne vient pas au monde comme un petit moineau ou un petit merle, aveugle et tout nu. Un petit râle a de bons yeux, il est habillé de duvet comme un vrai poussin et il peut courir et même nager pour se nourrir.

Comparez la grosseur d'un œuf de poule à celle d'un œuf de Râle de Caroline (l'équivalent d'un œuf de merle) et pensez combien il doit être petit et mignon le poussin du Râle de Caroline. Imaginez le spectacle: une douzaine de minuscules poussins autour de leurs parents.

Au Canada le Râle de Caroline vient nicher du Nouveau-Brunswick aux montagnes Rocheuses. Au Québec il ne va pas très au nord. Il est présent dans la plus grande partie des États-Unis, surtout au nord.

À l'automne tous les Râles de Caroline, jeunes et adultes, s'envolent vers les pays chauds du sud, et ils peuvent même descendre jusqu'en Amérique du Sud.

Article paru en septembre 2001

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LE CORMORAN À AIGRETTES

Aucune parenté avec la famille Cormoran*Cormoran à aigrettes

Beaucoup de gens penseront que les Cormorans à aigrettes se trouvent seulement en eau salée: dans le golfe St-Laurent et au bord de l'océan. Pourtant, ils nichent aussi à l'intérieur des terres, en eau douce, à partir de l'est des Rocheuses jusqu'à Terre-Neuve. Ils occupent pareillement les États-Unis et le Mexique. Les cinq autres espèces de cormorans de l'Amérique du Nord ne s'éloignent pas de l'océan. À l'automne, nos Cormorans à aigrettes descendent plus au sud, où l'eau ne gèle pas durant l'hiver.

Si vous voyez voler au ras de l'eau un oiseau noir au cou allongé et à la queue carrée, ne le prenez pas pour un canard: c'est un Cormoran à aigrettes. En l'observant de plus près, vous remarquerez son bec étroit terminé en pointe crochue, ainsi que la couleur orange à la base du bec. Les aigrettes sont minuscules, excepté au temps des nids. À la nage, il peut s'immerger en partie, laissant seulement le cou et la tête hors de l'eau. Le bec est passablement relevé vers le haut. Perché sur un rocher ou sur un arbre, il garde le corps à la verticale avec le cou en forme de "S". La pose qui lui est unique, c'est de garder longtemps les ailes étendues. On dirait qu'il est en prière. Mais, plus simplement, c'est pour ce faire sécher après les plongées. Contrairement au canard, il lui manque de l'huile pour imperméabiliser ses plumes.

Le Cormoran à aigrettes se nourrit de poissons appartenant en général à des espèces de valeur commerciale négligeable. En temps ordinaire, c'est un oiseau muet, sauf à la nidification, où il profère un mélange de cris gutturaux et de quelques cris perçants. Il niche en colonie sur un rocher, une falaise ou sur des arbres et toujours près de l'eau. Un vieux nid retapé fera l'affaire; au mieux, il en construit un neuf. Le matériel consiste en branches et en plantes aquatiques. La portée est de trois à quatre œufs, dont l'incubation est partagée par le couple pendant 28 jours. Après l'éclosion, il faudra dix semaines avant que les jeunes puissent voler, plonger, se nourrir et être indépendants des parents.

Depuis quelques années, on constate qu'en maints endroits les Cormorans à aigrettes se sont multipliés énormément. S'ils adoptent une île pour y nicher, leurs excréments font mourir tous les arbres. Deviendront-ils un fléau comparable à celui des Goélands à bec cerclé? Pour le moment, la menace n'a rien d'alarmant.

Vous savez peut-être, que, depuis des siècles, les cormorans ont été domestiqués en Asie! On les utilise pour la pêche: attachés à une longue corde, ils plongent pour capturer et rapporter des poissons. Un anneau au cou les empêche d'avaler leurs proies.

Note des webmestres:
* téléroman québécois : Cormoran (1990-1993)

Article paru en octobre 1991

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LA GALLINULE POULE-D'EAU

(La Poule d'eau)

"Ma tête suit le rythme de mes pattes"Gallinule poule-d'eau

Au Canada, on peut voir la poule d'eau seulement au sud de l'Ontario et du Québec. Elle est présente surtout le long du fleuve Saint-Laurent jusqu'au lac Saint-Pierre. Plus au nord et plus à l'est, sa présence est sporadique. Par contre, elle occupe de grands espaces sur notre planète. Elle se trouve dans les deux Amériques, en Europe, en Afrique et en Asie, mais nulle part très au nord. Une exception dans le monde: aucune Poule d'eau en Australie.

Notre Poule d'eau porte un costume plutôt sombre tranché d'une ligne blanche le long des flancs. Une tache blanche orne le dessous de la queue. Ce qui surprend, c'est cette plaque rouge vif qui descend jusqu'au bec et se termine en pointe jaune bien visible. Par son nom même, la Poule d'eau se présente comme un oiseau aquatique. Elle a aussi la même allure qu'une poule domestique lorsqu'elle se promène et se nourrit. En nageant, elle accompagne de la tête le rythme de ses coups de pattes dans l'eau. Elle est chez elle dans les marais où poussent les quenouilles, les joncs, les nénuphars, etc.

Munie de ses longs doigts aux pattes, elle peut marcher aisément sur les plantes flottantes. Elle est très à l'aise dans son habitat; elle est aussi très bonne nageuse et sait plonger. Elle aime donc avoir des coins d'eau libre d'une profondeur de deux à trois pieds. En même temps, c'est une protection contre les intrus qui ne peuvent circuler dans ces parages.

Notre Poule d'eau a appris à connaître tous les recoins de son domaine où elle peut disparaître en cas d'alerte. Pas trop nerveuse, elle préfère nager et marcher plutôt que s'envoler. Parfois, au lieu d'un habitat plus sécuritaire, la Poule d'eau peut se contenter, à ses risques, d'une talle de quenouilles au bord d'un étang ou d'un cours d'eau. Quand arrive le temps des nids, fait surprenant pour des oiseaux, c'est la femelle Poule d'eau qui choisit son mâle. On trouve un territoire pour nicher et on le défend vigoureusement, s'il le faut.

Des feuilles de quenouilles sèches et d'autres herbages servent à faire le nid dans un endroit discret. Quelques plates-formes qu'on bâtit aux alentours serviront de repos au sec pour la famille. La femelle pond ses cinq à neuf œufs et partage avec le mâle la couvaison qui dure trois semaines. À peine éclos, les poussins, habillés de duvet noir, quittent le nid et accompagnent les parents qui s'occupent de les nourrir. On leur sert des insectes, des graines et des morceaux de plantes. Dans un mois et demi, les jeunes pourront voler. Bientôt arrive le temps pour nos Poules d'eau d'aller passer l'hiver au sud des États-Unis. Elles vont rejoindre leurs congénères qui y résident toute l'année.

Article paru en juillet 1999

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LA GÉLINOTTE HUPPÉE

"Souvent pour me voir, il faut m'entendre!"Gélinotte huppée

C'est la perdrix, comme l'ont appelée nos ancêtres et dont le nom s'est transmis jusqu'à nous. Bien connue, elle se retrouve presque partout au Canada, là où il y a des arbres, des bosquets ou des forêts. Autrefois absente de Terre-Neuve, elle y a été introduite. L'été, la Gélinotte huppée fréquente les bois de feuillus ou les bois mixtes. L'hiver, elle aime s'abriter dans les groupements de conifères.

Bien adaptée, l'espèce n'est pas en danger. Une idée du nombre de perdrix? Chaque année dans le nord des États-Unis les chasseurs en abattent de trois à quatre millions et les couvées les remplacent. En marchant dans les bois vous verrez la perdrix rarement de loin: immobile au sol, camouflée dans son plumage, elle pourra attendre que vous soyez à deux pas et subitement, dans un envol explosif, elle vous lèvera dans la face. Vous sursauterez à chaque fois.

La Gélinotte huppée se choisit un territoire et le défend. Le mâle annonce sa présence par un tambourinage de coups d'ailes qui fait penser au bruit d'un moteur de tondeuse à gazon qui fait "poup, poup, poup" et s'éteint dans un roulement. Ce message est un avertissement aux intrus. Au temps de l'accouplement c'est un appel pour les femelles. Après l'accouplement, on se sépare, le mâle ne s'occupe plus de rien, il reprend la garde de son territoire.

À la fin mai début juin, la femelle fait son nid au sol et pond de neuf à douze œufs. L'incubation dure de vingt-trois à vingt-six jours. De juin à septembre, c'est la vie de famille pour la mère et ses jeunes; après quoi c'est la vie solitaire et le chacun-pour-soi.

Les perdrix se nourrissent de graines, de fruits, de baies, et en hiver, surtout de bourgeons des bouleaux jaunes, des trembles, des frênes, des érables et autres arbres en font les frais. À ce moment, vous pouvez les attirer, dans un bois tranquille, à une mangeoire posée au sol sous un conifère et garnie de tournesol ou de grain.

Les jeunes ont besoin de protéines pour grandir. Dès l'éclosion ils quittent ensemble le nid et courent les insectes dont ils se nourrissent eux-mêmes sans aide. La mère surveille constamment et, au moindre danger, c'est le cri d'alarme: tous "figés" se camouflent dans le décor. La mère pourra faire face à l'intrus, que ce soit un humain, un renard ou un oiseau rapace. Une tactique souvent employée est de feindre l'oiseau blessé et d'attirer plus loin la personne ou l'animal dangereux. Dangers et maladies éliminent plus de la moitié des perdreaux avant septembre.

Voici maintenant l'hiver, et les perdrix chaussent leurs "raquettes". Les doigts des pattes s'élargissent par des palettes en forme de peignes, augmentant la surface de contact sur la neige. La neige? Elle peut devenir une chaude couverture lorsque la Gélinotte huppée s'y enfonce pour passer la nuit, par gros froid ou tempête. Par un matin ensoleillé, j'en ai vu une jaillir de la surface toute blanche, comme un feu d'artifice avec un fracas de bruit d'ailes.

Article paru en novembre 1990

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LE GRAND CORMORAN

"Donnez-moi des petits poissons!"Grand Cormoran

Le Grand Cormoran porte bien son nom, comparé surtout au Cormoran à aigrettes qui est le plus nombreux chez nous. Le Grand Cormoran a une envergure de 150 cm (60 pouces), alors que l'envergure du Cormoran à aigrettes est de 125 cm (50 pouces). Les cormorans, qu'ils soient perchés ou sur le sol, présentent une posture verticale. Leur bec est long, étroit, et la mandibule supérieure se termine par une pointe crochue.

La présence du Grand Cormoran est très répandue dans le monde. Elle comprend l'Europe, l'Asie, l'Afrique, le sud du Groenland et une petite partie de la côte atlantique du Canada. Ils nichent dans l'île d'Anticosti, sur la côte sud de Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse, aux Îles-de-la-Madeleine, au Nouveau-Brunswick et surtout dans l'Île-du-Cap-Breton. Au printemps les Grands Cormorans ornent leurs flancs d'une tache blanche qui est le signe de la venue du temps des nids. Ils nichent en colonies et se mêlent souvent aux Cormorans à aigrettes. Ils choisissent les meilleures places au plus haut des falaises côtières de la mer. Occasionnellement un couple fera son nid dans un arbre.

La ponte est de trois à quatre œufs de couleur bleue. Le mâle et la femelle se partagent la couvaison qui dure environ un mois. La femelle commence à couver dès la ponte du premier œuf dont l'éclosion, après 28 jours, précédera celles des autres. Les deux parents nourrissent les jeunes avec des petits poissons qu'ils capturent à la surface de l'eau ou en plongeant.

Les renseignements au sujet de cet oiseau proviennent de mes observations personnelles et du volume Les oiseaux du Canada par W.Earl Godfrey.

Article paru en juin 2004

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LE COLIN DE VIRGINIE

"Nous voyageons rarement seuls."Colin de Virginie

Le Colin de Virginie fait partie de la famille de la Gélinotte huppée : notre perdrix. Cependant, notre perdrix est à peu près deux fois plus grande que le Colin de Virginie.

Au Canada, pour observer les Colins de Virginie, il faut aller en Ontario dans la région des Grands Lacs. Dans l'est des États-Unis, ils sont présents un peu partout. On les voit souvent dans les champs de céréales ou de maïs. Ils sont aussi chez eux dans les fermes abandonnées, parmi les mauvaises herbes. La ponte est au moins d'une douzaine d'œufs et peut en compter jusqu'à dix-huit. Les deux parents couvent les œufs pendant plus de trois semaines. Imaginez le travail des parents par la suite pour nourrir une couvée de 18 poussins.

Aux États-Unis, on les considère comme de grands destructeurs d'insectes. Pas surprenant : il en faut des insectes pour élever 18 petits. Les chasseurs américains en profitent aussi. Les Colins de Virginie sont nombreux et dans des endroits faciles d'accès. Pauvres petits! Ils sont tellement mignons!

Les renseignements publiés dans cet article proviennent de mes observations personnelles et du volume Les oiseaux du Canada par W.Earl Godfrey.

Article paru en septembre 2004

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