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La Politique dans son vrai sens:

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RÉFLEXION D'UNE INTERNAUTE


La POLITIQUE dans son vrai sens




Dans cette section, on ne parlera pas de politicaillerie mais de politique comme nous devrions la concevoir. Dans cette page vous y trouverez un texte sur la définition qu'on en donne et comment il faut la concevoir. 

Alors vos commentaires seront les bienvenues!!!

Ce texte a été réalisé dans le cadre d'un cours universitaire et j'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire. J'espère que vous en aurez autant à le lire!

Votre opinion à la fin du texte!



Qu'est-ce que la politique?

« Qu'est-ce que la politique » est une question qui paraît simple à répondre à prime abord mais qui exige une certaine réflexion. J'ai posé cette question dans mon entourage pour savoir ce qu'on en pensait. Les réponses recueillies résument bien la perception de la politique et des politiciens, qu'ont les gens ordinaires : « bons parleurs, petits faiseurs »; des profiteurs malhonnêtes; les lois et les contraintes. On a aussi fait une analogie avec deux boxeurs, dans un arène, qui se battent pour l'obtention du pouvoir. La politique n'est pas bien perçue et ne semble surtout pas se rapprocher des définitions de certains auteurs.

Selon Tenzer (1991 : 3), « La politique est évidemment pouvoir mais elle est, en même temps, principe d'organisation d'un ordre social ». Pour Freund (1965a : 177), la politique est « l'activité sociale qui se propose d'assurer par la force, généralement fondée sur le droit, la sécurité extérieure et la concorde intérieure d'une unité politique particulière en garantissant l'ordre au milieu des luttes qui naissent de la diversité et de la divergence des opinions et des intérêts ». Duverger (1964  : 20) l'envisage comme « un effort pour faire régner l'ordre et la justice, le pouvoir assurant l'intérêt général et le bien commun contre la pression des revendications particulières ». Il va jusqu'à comparer la politique au dieu romain à deux visages, Janus. Chacun des visages représente la réalité politique, par une co-existence entre deux classes. Le pouvoir devient un instrument de domination d'une classe sur l'autre afin de tenter d'assurer un ordre social pour le bien de la communauté.

Ces trois définitions ainsi que celles mentionnées par les gens ordinaires démontrent à quel point la conception de la politique peut être différente d'une personne à une autre. Par contre, dans chacune d'elles, on retrouve des éléments de la définition de ce qu'est la politique. On comprend, ainsi, à quel point la réflexion sur un sujet aussi englobant est importante.

Bien que la politique soit difficile à définir, on peut la concevoir comme une représentation de pouvoir visant à protéger les intérêts d'une société tout en leur garantissant, par des règles acceptées, un ordre au sein de la communauté.

Tenter de répondre à une telle question nécessite des éclaircissements supplémentaires pour vraiment cerner tout ce qui touche l'activité politique en tant que telle. En explorant toute l'implication connexe à ce sujet, on sera en mesure d'expliquer convenablement ce qu'est la politique.  Elle repose sur des fondements, qui confirmeront sa raison d'être, sa dynamique, ses principaux acteurs, son rôle et son rapport avec les autres dimensions sociales. Cela aura pour effet de nous faire comprendre l'ampleur de la force réelle de la politique dans la vie quotidienne. Après lui avoir collé l'étiquette de la délinquance pendant si longtemps, il est essentiel de lui redonner la place qui lui revient en examinant, sous différents angles, ses principales caractéristiques.

La politique, pour bien la comprendre, se reflète nécessairement sur des intérêts. Il est assez rare que quelqu'un se lance dans des projets politiques dans le seul but d'altruisme. L'être humain est ainsi fait qu'en posant un geste, il satisfait un besoin. Ce geste doit lui permettre d'obtenir quelque chose en retour afin de combler un vide. « La politique est animée par des acteurs qui, porteurs d'intérêts, délibèrent avec eux-mêmes et avec les autres sur les meilleures façons de satisfaire, promouvoir ou défendre ces intérêts et de les concilier avec ceux d'autres acteurs chez qui on s'attend de retrouver des intentions pareillement inspirées » (Hudon 1994 : 47). La politique est rattaché aux intérêts des gouvernés et aux intérêts des gouvernants. Chabot (1991 : 27) explique les motivations du titulaire du pouvoir en trois classes :

1) le désir de domination;

2) le désir de faire le bien d'autrui;

3) l'incorporation à la sacralité de tout pouvoir.

Le premier cas parle de la puissance à l'égard d'autrui. Ce désir de domination fait référence au caractère égoïste du détenteur du pouvoir. Chabot décrit ce phénomène par excès d'autorité et par la volonté de s'accaparer de tout, y compris des gouvernés, etc.

Dans le deuxième cas, il y voit la possibilité d'« altruisme » dans la volonté de faire plaisir aux gouvernés.

Le troisième cas est la participation à la sacralité du pouvoir. Pour lui, « il y a une mysticité du pouvoir qui est un phénomène universellement constatable » (Chabot 1991 : 27).

La politique se fonde sur le respect des normes et des règles établies et sur la reconnaissance des mœurs, des coutumes et des institutions déjà en place. Il ne faut pas remonter très loin dans l'histoire pour remarquer à quel point les valeurs d'un peuple sont importantes en politique. On a qu'à se référer aux conflits incessants des peuples arabes avec leurs revendications souvent basées sur des valeurs religieuses ou à l'Afrique du Sud qui a dû se rallier aux demandes de sa population noire qui, eux aussi, revendiquaient des droits bien légitimes. La politique se doit de respecter des normes spécifiques si elle veut garder toute la cohérence à laquelle elle tient sa propre définition. Elle est placée au milieu de revendications toutes aussi légitimes les unes que les autres et doit composer de manière à respecter le plus grand nombre possible.

La volonté pour certaines personnes de faire de la politique va dans le sens des intérêts individuels ou collectifs. On ne peut faire de la politique sans penser à toutes les implications sociales et humaines et à tous les gestes que l'on doit poser à travers cette activité. Elle implique aussi des obligations incontournables. Celui qui prend le pouvoir se doit de se conformer aux besoins du peuple ou du moins, satisfaire les intérêts du plus grand nombre en autant que cela respecte la volonté de la collectivité. Celle-ci aliène une partie de son autonomie à un pouvoir représentatif afin de mettre en concordance des règles qui leur permettent de mieux vivre ensemble au sein de cette société. Le gouvernant sait qu'il a des responsabilités exigeantes qui font en sorte qu'il n'aura pas le choix de régir des normes, des règles et des lois afin de mieux répondre à des besoins.

D'autres feront de la politique pour réaliser des buts personnels qui ne pourraient être réalisés autrement qu'avec un soutien majeur. Que ce soit pour un intérêt personnelle ou collectif, personne ne peut les réaliser s'il est tout seul. On a besoin des autres. Selon Biarez (1976), la réalisation de certains buts, à travers l'engagement politique, passe à travers l'institution politique. La politique lui apporte justement cette opportunité d'aller au-delà de ses ambitions.

Certains auront comme but d'y faire régner l'ordre alors qu'il y a présence de désordre. Raymond Hudon parle de l'ordre de la société comme étant « l'ordre dans l'inégalité ». Celui qui se place à la tête d'un État sait que le pouvoir et l'autorité à laquelle il s'attend passe par le maintien de l'ordre, des limites et des conventions entre les individus qui forment cette société.

Pour d'autres, faire de la politique, c'est aussi imposer des contraintes pour le bien de la collectivité. Freund (1965a : 131) parle de contrainte politique comme l'une des « caractéristiques de la pression sociale et l'un des aspects typiques de la coercition directe, parce qu'elle s'appuie sur des institutions et des règlements définis et qu'elle jouit de l'autorité de la légalité ». C'est évident qu'on ne peut faire partie de la communauté politique sans y subir des contraintes. Il est impossible de contenter tout le monde sinon on risquerait de tomber dans l'anarchie. La politique ne peut donc se faire sans compromis, sans règles ni contraintes.

Comme on vient de le voir, tous ont des intérêts à faire valoir. Chaque groupe, organisme, institution, corporation professionnelle ou simple citoyen ont un rôle influent à divers degrés. Le pouvoir politique ne peut échapper à cette influence, puisqu'il doit continuellement se réajuster aux nouvelles réalités quotidiennes. Tous ces acteurs alimentent le jeu politique. « Les acteurs, au sens strict, de la vie politique sont ceux qui en poursuivent les enjeux, c'est-à-dire visent à conquérir ou influencer le pouvoir d'État pour faire triompher des intérêts collectifs déterminés » (Braud 1985 : 91). Philippe Braud les identifie comme des individus ayant un rôle d'acteur culturellement défini. Il en distingue trois strates qu'il appelle ainsi :  «  les militants, les représentants et dirigeants, enfin ceux à qui l'histoire accorde une place à part :  les « grands hommes » (Braud : 106).

Les dirigeants sont facilement identifiables à cause de leur nombre restreint et surtout du rôle qu'ils ont à jouer sur le comportement d'une société. En faisant pression auprès des dirigeants afin de faire reconnaître les droits et les intérêts d'un groupe cible, les organismes demandent des changements favorable pour leurs membres (les consommateurs, les personnes âgées, les travailleurs syndiqués, etc.). Ces organismes, officiellement reconnus par l'État, représentent une force considérable auprès des dirigeants, qui se doivent de tenir compte de façon parfois très contraignantes, dans certains cas, de leurs revendications s'ils veulent continuer de recevoir leur appui lors de nouvelles élections.

Les militants sont une « infanterie nombreuse et précieuse des partis de masse » (Braud 1985 : 106). Il ne faut pas négliger ce groupe qui constitue une part importante de l'électorat et qui regarde, d'un oeil encore plus critique, ce qu'il se passe sur la scène politique dont il fait partie. Qu'ils soient actifs ou passifs, ou simple sympathisant, leur « prépondérance numérique n'est pas cependant une facteur qui doit être surestimé » (Braud 1985 : 107) à cause du rôle éphémère de certains militants au sein des organisations politiques.

Que l'on soit seul ou un regroupement reconnu, tous les citoyens d'une communauté politique s'incarnent en acteurs politiques. Les besoins de chacun se font sentir sous divers angles, à des degrés plus ou moins importants. Chacun, à leur manière, influenceront le jeu politique qui devra s'orienter vers les besoins plus urgent d'un groupe par rapport à un autre. Ils utiliseront des « moyens d'action tels que signer une pétition, faire grève, manifester, occuper des locaux professionnels ou administratifs, bloquer la circulation, etc. » (Mayer et Perrineau 1992 : 112).

Les acteurs politiques ont tous des intérêts particuliers et chacun voudrait les voir se réaliser. Peu importe à quel niveau hiérarchique ces acteurs sont placés, tout ce qui les entoure est sujet à influencer leurs comportements. Il est téméraire d'agir sans tenir compte des évènements extérieurs. Le poste de commande ne donne pas l'exclusivité de décision; c'est un travail de coopération malgré les ambitions individuelles. « Certains détiennent les leviers de commande et cherchent à les conserver pour eux-mêmes ou leurs successeurs; d'autres au contraire aspirent de toutes leurs forces y accéder; telle est la loi fondamentale de la vie politique ». (Braud 1985 : 9) Voilà la réalité politique à laquelle chaque peuple doit faire face :  un combat éternel entre différents groupes luttant pour le pouvoir ou encore pour la reconnaissance de leurs droits au sein de la communauté. Cette dynamique politique fait partie intégrante de toute société qui s'organise. On aspire tous à la réalisation de ses objectifs. Le problème est que la réalisation des objectifs n'est possible qu'avec des compromis dans l'intérêt de tous.

Qui dit « intérêt » veut parfois dire enjeux sociaux si l'on tient compte de l'importance réel du problème. Lorsqu'on doit prendre une décision, il faut reconnaître l'importance de l'enjeu pour évaluer vers quoi on se dirige et mettre au dernier plan ses propres intérêts dans le but de réaliser celui de la société politique. Que l'on soit chef d'un pays, dirigeant d'entreprise, ou simple citoyen, tous se font une compétition pour faire respecter leurs intérêts afin de montrer que le leur est plus important que celui des autres.

Le représentant du pouvoir doit donc veiller à écouter scrupuleusement les attentes de tous les groupes afin de mieux juger les revendications les plus importantes afin d'éviter d'interminables querelles. Les conflits entre divers groupes ethniques, par exemple, démontrent à quel point il est urgent pour le pouvoir politique de légiférer pour ramener la concorde au sein de la communauté. La pression sociale joue parfois un rôle très influent. Elle vise à démontrer, au pouvoir politique, que leurs revendications sont toutes aussi légitimes voire même capitales. Le pouvoir politique a donc le délicat devoir de tout mettre en oeuvre pour satisfaire les besoins d'un groupe au détriment, parfois, d'un autre.

Mais, il ne faut pas oublier que le pouvoir politique a, tout de même, une grande marge de manœuvre qu'il ne faut pas sous-estimer. Il est à la merci de groupes influents qui l'obligent parfois à se raviser, mais c'est lui qui a le dernier mot. Le pouvoir constitutif a ce rapport de force, à cause de l'existence hiérarchique que lui confère cette attribut « à savoir le rapport commandement-obéissance : des hommes orientent la vie des autres au point que leurs prescriptions soient suivies par le plus grand nombre » (Chabot 1991 :  26).

Ce même type de hiérarchie prend forme à différents niveaux. Qui que nous soyons, nous avons à répondre à un supérieur. Celui qui nous intéresse pour cette analyse est ce que Chabot (1991) appelle la « suprématie institutionnelle ». C'est celle sur qui la communauté doit le plus se référer. La suprématie institutionnelle délimite son territoire et y accorde le statut légal d'appartenance sous un gouvernement auquel elle a consentie.

À partir du moment où le gouvernement donne son accord pour la réalisation d'un intérêt collectif, il doit mettre en marche le processus de légitimation de cet accord. Pour être légitimé, celui-ci doit être officialisé par des actes reconnus par l'ensemble de la collectivité. Le pouvoir politique a donc besoin d'un autre instrument, qu'on appelle le droit, pour concrétiser ces ententes.

Le droit solidifie ce que la politique ne peut qu'édifier. Comme tout pouvoir politique doit se doter d'une constitution identifiant ses positions en ce qui concerne le type de gouvernement, ses droits, ses coutumes, etc. , on peut donc difficilement se passer du droit. « C'est parce que le droit est politique qu'il peut évoluer. C'est parce que la société évolue juridiquement que les révolutions peuvent souvent être évitées » (Tenzer 1991 : 100).

Toute activité politique se confond dans des règles juridiques. Les conventions sont habituellement assujetties au droit, qui confirme les ententes d'une société donnée. Si l'on remonte un peu plus loin dans l'histoire, plusieurs auteurs abandonnent l'aspect juridique d'une telle convention entre les membres de la communauté. En parlant de Hobbes ou de Rousseau, « on constate qu'ils n'ont jamais affirmé que les hommes se sont liés historiquement ou empiriquement par un contrat » (Freund 1965b : 55). Pour Hobbes, les contrats (conventions) ne doivent se faire qu'entre particuliers et non entre les citoyens et l'État. Pour Freund, « les théories de la convention servent [...] à fonder un régime politique et à déterminer une certaine pratique politique » (Freund 1965b : 61).

En outre, la société politique, par ses conventions, a pour fonction de « se délimiter, s'organiser à l'intérieur de ses frontières en établissant la paix, l'ordre et la détente [...] se défendre contre d'autres collectivités, c'est-à-dire affaiblir l'adversaire, le bloquer, le borner » (Freund 1965b : 40).

Comme Freund l'a bien identifié, les conventions entre la communauté politique et l'État s'avèrent nécessaires tant de l'intérieur de l'institutionnalisation collective que de l'extérieur dans la délimitation de son territoire pour mieux la protéger. Sans légitimation, il peut être difficile de se faire respecter. C'est pourquoi la présence du droit prend toutes son importance :  « la volonté politique permettra au droit d'évoluer, mais les modifications sociales apparemment les plus radicales prendront place dans un complexe de règles juridiques aptes à les recevoir immédiatement » (Tenzer 1991 : 91).

Comme on le constate, la politique ne peut difficilement se dissocier du droit parce qu'il soude des accords pour mieux faire respecter les normes et les règles. La légitimité du pouvoir politique lui confère la tâche de rendre légal les décisions prises. Cela appuie, avec plus de force encore, les demandes des citoyens ou celles du pouvoir lui-même. Avec la combinaison du droit et de la politique, l'État montre aux communautés politiques extérieures sa complète compétence face à son pouvoir.

Le rapport de légitimité du pouvoir politique comme tout organisation, institution et autres ont leur raison d'être. Toutefois, on doit porter attention, avant de s'arrêter sur une cause particulière, de ne pas faire de cette cause un enjeu social qui brimerait l'ensemble de la collectivité. Souvent, en pensant que la collectivité adhèrera à un projet, on tombe dans le piège du cas particulier lorsqu'on veut le réaliser.

On sait que la politique a toujours fait partie intégrante de toutes les dimensions de l'humanité. Elle intervient presque partout à chaque cas particulier dans le but de trouver des solutions visant une meilleure intégration sociale. Tous les citoyens, en tant qu'acteurs politiques, cherchent à se faire entendre, que ce soit par la voix d'organisme ou autre, afin de faire reconnaître leurs droits. Cependant, la politique peut difficilement imposer des intérêts particuliers à l'ensemble de la collectivité si ceux-ci risquent de nuire à la majorité. Il ne faut pas non plus ignorer chaque cas particulier puisqu'ils forment une partie tout aussi importante dans une société démocratique. Le compromis comme déjà mentionné auparavant demeure la meilleure ouverture pour régler les conflits.

Les notions d'unité et d'homogénéité populaires de Platon et la monarchie de droit divin plus fort que tout activité politique de Saint Thomas D'Aquin sont, à mon avis, des exemples d'intérêts particuliers imposés au peuple. D'une part, la recherche de l'idéal n'est pas un remède aux maux d'une société. Au contraire, elle détruit la beauté de la différence. D'autre part, il ne faut pas mélanger la politique et la religion. Elles ont toutes deux des convictions différentes. La religion répond à spiritualité de l'homme tandis que la politique touche la société organisée. De nos jours, il se vit encore des situations où la volonté du particulier tente d'imposer ses points de vue sur la majorité.

« Toute activité humaine, qu'elle soit religieuse, économique, technique ou autre, tend à déborder les limites de ses fonctions spécifiques et, suivant les époques, tantôt l'une tantôt l'autre de ces activités acquiert la prépondérance culturelle et jouit du prestige d'une idée-force » (Freund 1965a : 18). Le problème principal réside justement dans cette maxime de Freund qui explique bien l'ampleur que peuvent prendre certains évènements dans une société. Des querelles entre différentes factions tournent souvent autour de croyances religieuses ou autres, dans le but de donner plus de force à leurs revendications.

Chaque membre d'une société à une place à prendre. Il y en a qui mérite davantage qu'on les sortes de l'exclusion politique, à cause des pressions de plus en plus pressantes. La femme, par exemple, est passée d'un état passif à un état actif, en bouleversant, par le fait même, toutes les traditions historiques dans lesquelles on l'avait condamnée. Toujours portée garante des valeurs sociologiques tels l'avortement, l'orientation sexuelle, le droit à la vie ou à la mort, etc., la religion était en partie responsable de cet isolement. Elle remettait en cause les valeurs de ceux qui ne respectait pas les dogmes de l'Église. Comme Freund le décrit ci-haut, l'Église a cette tendance de déborder de ses fonctions en prenant sous son aile tout ce qui touche la vie politique, sociale ou autre et condamne tout ce qui va à l'encontre de sa vision morale.

Il n'est pas nécessaire d'inclure dans le jeu politique tout ce qui à trait à la morale ou à la religion. Pour citer un autre exemple, l'éducation dans les écoles catholiques témoigne encore de la présence de la religion dans certains débats politiques concernant le déconfessionnalisation. Le problème est qu'il y a des coûts rattachés à ça, tant du point de vue juridiques qu'éducationnels. «En somme, l'inhibition que provoque les structures confessionnelles envers la participation populaire, et l'existence de ces soupapes que sont les écoles protestantes privées et subventionnées, ont alimenté un cercle vicieux qui crée des problèmes pour les écoles catholiques françaises et les prives des ressources pour leur faire face» (Milner : 390). On sent deux poids deux mesures à savoir que l'une est plus avantagé que l'autre et que la politique semble incapable de résoudre le problème à cause des convictions de l'une et de l'autre. De plus, les immigrants ont de la difficulté, à se retrouver dans un système d'éducation confessionnalisé, qui provoque un certain à l'isolement. Le système d'éducation ne devrait pas reposer sur la religion si l'on veut intégrer tout les jeunes à une éducation équitable et sans discrimination.

La religion a toujours eu une place privilégiée au sein de toutes communautés. L'obéissance à une suprématie spirituelle a toujours été plus forte que l'obéissance à une autorité politique. Cela s'explique par « la dépendance physique et naturelle à l'égard du père, la quête du bonheur et d'une juste transcendante [qui] confèrent aux parents comme aux chefs religieux une assurance plus grande d'être suivis dans leurs préceptes par ceux qui dépendent d'eux. Le détenteur du pouvoir politique ne bénéficie pas de ce même soutien « naturel » initial » (Chabot 1991 : 23). Voilà pourquoi dans le passé et encore de nos jours la religion prend toujours une aussi grande place. Les grands hommes de l'histoire se sont servi beaucoup de la religion pour faire reconnaître leur légitimité politique auprès de leur communauté en sachant très bien qu'ils n'auraient aucune difficulté à obtenir le respect par la suite.

De nos jours, la société évolue, mais il semble difficile de briser le cordon qui lie la religion à la politique. Les États occidentaux n'on pas encore réussi à dissocier certaines causes du fait religieux. « La religion n'a-t-elle pas pour objet d'embrasser toutes les activités des hommes à travers la morale? Cependant, la globalité du pouvoir politique ne relève pas d'une pénétration universelle mais d'une coordination des autres sociétés humaines, d'une organisation des rapports sociaux à partir d'un centre géographique et d'un principe directeur unique ; la constitution d'une unité à partir de la diversité et de la particularité des sociétés premières » (Chabot 1991 : 31).

La politique, vis-à-vis l'activité économique, artistique, morale et autres, « est en constante relation et interaction avec elles » (Freund 1965a : 178). Il y a nécessité de dissocier la politique des divers champs d'activités sociales, mais la problématique réside dans le fait qu'il y aura toujours une force au nom d'une moralité purement religieuse qui bloquera le processus de déconfessionnalisation.

Néanmoins, il reste des secteurs qui, à mon avis, ne doivent pas être touchés. Tout ce qui à trait à l'avortement, l'orientation sexuelle, l'euthanasie, etc. devraient faire appel à la conscience personnelle et non collective qui se réfère à des rapports de croyances religieuses. La politique oriente la vie de tous; elle doit s'en tenir à un rôle purement social sans juger ni condamner ceux qui ne pensent pas nécessairement de la même façon. Pour ce qui est d'autres sphères dont l'économie et le développement technologique, ils font partie du déroulement normale d'un État à condition, bien entendu, que cela n'aille pas à l'encontre des besoins réels de la communauté politique.

Après avoir expliqué longuement les caractéristiques de la politique, il est remarquable de découvrir tous les aspects qu'elle peut toucher. La politique doit tenir compte des intérêts des différents groupes si elle veut bien fonctionner. Les normes et les règles qu'une communauté doit respecter montre toute la discipline exigée du pouvoir politique pour y faire régner l'ordre. Enfin, son rôle de protecteur sur un territoire défini la place indubitablement dans une position dominatrice face à son peuple et à l'extérieur.

La politique régie nos vies de façon impressionnante et avance vers un but pas toujours perceptible. Le problème est que son but peut être, parfois, différent de celui de sa communauté. Malheureusement, il est remarquable de constater l'indifférence ou la méfiance du citoyen ordinaire devant le jeu politique. Pour plusieurs, son ampleur est mal perçu ou pris à la légère. Les individus ne devraient pas pousser la politique du revers de la main sans avoir pris de temps de la comprendre, puisque c'est elle qui régit leurs vies. C'est pourquoi les acteurs politiques de tous les niveaux se doivent de participer au jeu politique afin de se diriger vers un but commun :  une vision politique pour le bien et le respect de tous. Voilà à quoi sert la politique. 

Marin, D. ©

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