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La
Politique dans son vrai sens:
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RÉFLEXION
D'UNE INTERNAUTE
La POLITIQUE dans son vrai sens
Dans cette section, on ne
parlera pas de politicaillerie mais de politique comme nous devrions la
concevoir. Dans cette page vous y trouverez un texte sur la
définition
qu'on en donne et comment il faut la concevoir.
Alors vos commentaires seront
les bienvenues!!!
Ce texte a été réalisé dans
le cadre d'un cours universitaire et j'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire.
J'espère que vous en aurez autant à le lire!
Votre
opinion à la fin du texte!
Qu'est-ce que la
politique?
« Qu'est-ce
que la politique » est une question qui paraît simple à répondre à
prime abord mais qui exige une certaine réflexion. J'ai posé cette question
dans mon entourage pour savoir ce qu'on en pensait. Les réponses recueillies résument
bien la perception de la politique et des politiciens, qu'ont les gens
ordinaires : « bons parleurs, petits faiseurs »; des profiteurs
malhonnêtes; les lois et les contraintes. On a aussi fait une analogie avec
deux boxeurs, dans un arène, qui se battent pour l'obtention du pouvoir. La
politique n'est pas bien perçue et ne semble surtout pas se rapprocher des définitions
de certains auteurs.
Selon Tenzer
(1991 : 3), « La politique est évidemment pouvoir mais elle
est, en même temps, principe d'organisation d'un ordre social ». Pour
Freund (1965a : 177), la politique est « l'activité sociale qui
se propose d'assurer par la force, généralement fondée sur le droit, la sécurité
extérieure et la concorde intérieure d'une unité politique particulière en
garantissant l'ordre au milieu des luttes qui naissent de la diversité et de la
divergence des opinions et des intérêts ». Duverger (1964 : 20)
l'envisage comme « un effort pour faire régner l'ordre et la justice, le
pouvoir assurant l'intérêt général et le bien commun contre la pression des
revendications particulières ». Il va jusqu'à comparer la politique au
dieu romain à deux visages, Janus. Chacun des visages représente la réalité
politique, par une co-existence entre deux classes. Le pouvoir devient un
instrument de domination d'une classe sur l'autre afin de tenter d'assurer un
ordre social pour le bien de la communauté.
Ces trois définitions
ainsi que celles mentionnées par les gens ordinaires démontrent à quel point
la conception de la politique peut être différente d'une personne à une
autre. Par contre, dans chacune d'elles, on retrouve des éléments de la définition
de ce qu'est la politique. On comprend, ainsi, à quel point la réflexion sur
un sujet aussi englobant est importante.
Bien que la
politique soit difficile à définir, on peut la concevoir comme une représentation
de pouvoir visant à protéger les intérêts d'une société tout en leur
garantissant, par des règles acceptées, un ordre au sein de la communauté.
Tenter de répondre
à une telle question nécessite des éclaircissements supplémentaires pour
vraiment cerner tout ce qui touche l'activité politique en tant que telle. En
explorant toute l'implication connexe à ce sujet, on sera en mesure d'expliquer
convenablement ce qu'est la politique. Elle repose sur des fondements, qui
confirmeront sa raison d'être, sa dynamique, ses principaux acteurs, son rôle
et son rapport avec les autres dimensions sociales. Cela aura pour effet de nous
faire comprendre l'ampleur de la force réelle de la politique dans la vie
quotidienne. Après lui avoir collé l'étiquette de la délinquance pendant si
longtemps, il est essentiel de lui redonner la place qui lui revient en
examinant, sous différents angles, ses principales caractéristiques.
La politique,
pour bien la comprendre, se reflète nécessairement sur des intérêts. Il
est assez rare que quelqu'un se lance dans des projets politiques dans le seul
but d'altruisme. L'être humain est ainsi fait qu'en posant un geste, il
satisfait un besoin. Ce geste doit lui permettre d'obtenir quelque chose en
retour afin de combler un vide. « La politique est animée par des acteurs
qui, porteurs d'intérêts, délibèrent avec eux-mêmes et avec les autres sur
les meilleures façons de satisfaire, promouvoir ou défendre ces intérêts et
de les concilier avec ceux d'autres acteurs chez qui on s'attend de retrouver
des intentions pareillement inspirées » (Hudon 1994 : 47). La
politique est rattaché aux intérêts des gouvernés et aux intérêts des
gouvernants. Chabot (1991 : 27) explique les motivations du titulaire
du pouvoir en trois classes :
1) le désir de
domination;
2) le désir de
faire le bien d'autrui;
3)
l'incorporation à la sacralité de tout pouvoir.
Le premier cas
parle de la puissance à l'égard d'autrui. Ce désir de domination fait référence
au caractère égoïste du détenteur du pouvoir. Chabot décrit ce phénomène
par excès d'autorité et par la volonté de s'accaparer de tout, y compris des
gouvernés, etc.
Dans le deuxième
cas, il y voit la possibilité d'« altruisme » dans la volonté de
faire plaisir aux gouvernés.
Le troisième
cas est la participation à la sacralité du pouvoir. Pour lui, « il y a
une mysticité du pouvoir qui est un phénomène universellement constatable »
(Chabot 1991 : 27).
La politique se
fonde sur le respect des normes et des règles établies et sur la
reconnaissance des mœurs, des coutumes et des institutions déjà en place. Il
ne faut pas remonter très loin dans l'histoire pour remarquer à quel point les
valeurs d'un peuple sont importantes en politique. On a qu'à se référer aux
conflits incessants des peuples arabes avec leurs revendications souvent basées
sur des valeurs religieuses ou à l'Afrique du Sud qui a dû se rallier aux
demandes de sa population noire qui, eux aussi, revendiquaient des droits bien légitimes.
La politique se doit de respecter des normes spécifiques si elle veut garder
toute la cohérence à laquelle elle tient sa propre définition. Elle est placée
au milieu de revendications toutes aussi légitimes les unes que les autres et
doit composer de manière à respecter le plus grand nombre possible.
La volonté
pour certaines personnes de faire de la politique va dans le sens des intérêts
individuels ou collectifs. On ne peut faire de la politique sans penser à
toutes les implications sociales et humaines et à tous les gestes que l'on doit
poser à travers cette activité. Elle implique aussi des obligations
incontournables. Celui qui prend le pouvoir se doit de se conformer aux besoins
du peuple ou du moins, satisfaire les intérêts du plus grand nombre en autant
que cela respecte la volonté de la collectivité. Celle-ci aliène une partie
de son autonomie à un pouvoir représentatif afin de mettre en concordance des
règles qui leur permettent de mieux vivre ensemble au sein de cette société.
Le gouvernant sait qu'il a des responsabilités exigeantes qui font en sorte
qu'il n'aura pas le choix de régir des normes, des règles et des lois
afin de mieux répondre à des besoins.
D'autres feront
de la politique pour réaliser des buts personnels qui ne pourraient être réalisés
autrement qu'avec un soutien majeur. Que ce soit pour un intérêt personnelle
ou collectif, personne ne peut les réaliser s'il est tout seul. On a besoin des
autres. Selon Biarez (1976), la réalisation de certains buts, à travers
l'engagement politique, passe à travers l'institution politique. La politique
lui apporte justement cette opportunité d'aller au-delà de ses ambitions.
Certains auront
comme but d'y faire régner l'ordre alors qu'il y a présence de désordre.
Raymond Hudon parle de l'ordre de la société comme étant « l'ordre dans
l'inégalité ». Celui qui se place à la tête d'un État sait que le
pouvoir et l'autorité à laquelle il s'attend passe par le maintien de l'ordre,
des limites et des conventions entre les individus qui forment cette société.
Pour d'autres,
faire de la politique, c'est aussi imposer des contraintes pour le bien de la
collectivité. Freund (1965a : 131) parle de contrainte politique
comme l'une des « caractéristiques de la pression sociale et l'un des
aspects typiques de la coercition directe, parce qu'elle s'appuie sur des
institutions et des règlements définis et qu'elle jouit de l'autorité de la légalité ».
C'est évident qu'on ne peut faire partie de la communauté politique sans y
subir des contraintes. Il est impossible de contenter tout le monde sinon on
risquerait de tomber dans l'anarchie. La politique ne peut donc se faire sans
compromis, sans règles ni contraintes.
Comme on vient
de le voir, tous ont des intérêts à faire valoir. Chaque groupe, organisme,
institution, corporation professionnelle ou simple citoyen ont un rôle influent
à divers degrés. Le pouvoir politique ne peut échapper à cette influence,
puisqu'il doit continuellement se réajuster aux nouvelles réalités
quotidiennes. Tous ces acteurs alimentent le jeu politique. « Les acteurs,
au sens strict, de la vie politique sont ceux qui en poursuivent les enjeux,
c'est-à-dire visent à conquérir ou influencer le pouvoir d'État pour faire
triompher des intérêts collectifs déterminés » (Braud 1985 : 91).
Philippe Braud les identifie comme des individus ayant un rôle d'acteur
culturellement défini. Il en distingue trois strates qu'il appelle ainsi : « les
militants, les représentants et dirigeants, enfin ceux à qui l'histoire
accorde une place à part : les « grands hommes »
(Braud : 106).
Les dirigeants
sont facilement identifiables à cause de leur nombre restreint et surtout du rôle
qu'ils ont à jouer sur le comportement d'une société. En faisant pression
auprès des dirigeants afin de faire reconnaître les droits et les intérêts
d'un groupe cible, les organismes demandent des changements favorable pour leurs
membres (les consommateurs, les personnes âgées, les travailleurs syndiqués,
etc.). Ces organismes, officiellement reconnus par l'État, représentent une
force considérable auprès des dirigeants, qui se doivent de tenir compte de façon
parfois très contraignantes, dans certains cas, de leurs revendications s'ils
veulent continuer de recevoir leur appui lors de nouvelles élections.
Les militants
sont une « infanterie nombreuse et précieuse des partis de masse »
(Braud 1985 : 106). Il ne faut pas négliger ce groupe qui constitue
une part importante de l'électorat et qui regarde, d'un oeil encore plus
critique, ce qu'il se passe sur la scène politique dont il fait partie. Qu'ils
soient actifs ou passifs, ou simple sympathisant, leur « prépondérance
numérique n'est pas cependant une facteur qui doit être surestimé »
(Braud 1985 : 107) à cause du rôle éphémère de certains militants
au sein des organisations politiques.
Que l'on soit
seul ou un regroupement reconnu, tous les citoyens d'une communauté politique
s'incarnent en acteurs politiques. Les besoins de chacun se font sentir sous
divers angles, à des degrés plus ou moins importants. Chacun, à leur manière,
influenceront le jeu politique qui devra s'orienter vers les besoins plus urgent
d'un groupe par rapport à un autre. Ils utiliseront des « moyens d'action tels
que signer une pétition, faire grève, manifester, occuper des locaux
professionnels ou administratifs, bloquer la circulation, etc. » (Mayer et
Perrineau 1992 : 112).
Les acteurs
politiques ont tous des intérêts particuliers et chacun voudrait les voir se réaliser.
Peu importe à quel niveau hiérarchique ces acteurs sont placés, tout ce qui
les entoure est sujet à influencer leurs comportements. Il est téméraire
d'agir sans tenir compte des évènements extérieurs. Le poste de commande ne
donne pas l'exclusivité de décision; c'est un travail de coopération malgré
les ambitions individuelles. « Certains détiennent les leviers de
commande et cherchent à les conserver pour eux-mêmes ou leurs successeurs;
d'autres au contraire aspirent de toutes leurs forces y accéder; telle est la
loi fondamentale de la vie politique ». (Braud 1985 : 9) Voilà
la réalité politique à laquelle chaque peuple doit faire face : un
combat éternel entre différents groupes luttant pour le pouvoir ou encore pour
la reconnaissance de leurs droits au sein de la communauté. Cette dynamique
politique fait partie intégrante de toute société qui s'organise. On aspire
tous à la réalisation de ses objectifs. Le problème est que la réalisation
des objectifs n'est possible qu'avec des compromis dans l'intérêt de tous.
Qui dit
« intérêt » veut parfois dire enjeux sociaux si l'on tient compte
de l'importance réel du problème. Lorsqu'on doit prendre une décision, il
faut reconnaître l'importance de l'enjeu pour évaluer vers quoi on se dirige
et mettre au dernier plan ses propres intérêts dans le but de réaliser celui
de la société politique. Que l'on soit chef d'un pays, dirigeant d'entreprise,
ou simple citoyen, tous se font une compétition pour faire respecter leurs intérêts
afin de montrer que le leur est plus important que celui des autres.
Le représentant
du pouvoir doit donc veiller à écouter scrupuleusement les attentes de tous
les groupes afin de mieux juger les revendications les plus importantes afin d'éviter
d'interminables querelles. Les conflits entre divers groupes ethniques, par
exemple, démontrent à quel point il est urgent pour le pouvoir politique de légiférer
pour ramener la concorde au sein de la communauté. La pression sociale joue
parfois un rôle très influent. Elle vise à démontrer, au pouvoir politique,
que leurs revendications sont toutes aussi légitimes voire même capitales. Le
pouvoir politique a donc le délicat devoir de tout mettre en oeuvre pour
satisfaire les besoins d'un groupe au détriment, parfois, d'un autre.
Mais, il ne
faut pas oublier que le pouvoir politique a, tout de même, une grande marge de
manœuvre qu'il ne faut pas sous-estimer. Il est à la merci de groupes
influents qui l'obligent parfois à se raviser, mais c'est lui qui a le dernier
mot. Le pouvoir constitutif a ce rapport de force, à cause de l'existence hiérarchique
que lui confère cette attribut « à savoir le rapport commandement-obéissance
: des hommes orientent la vie des autres au point que leurs prescriptions soient
suivies par le plus grand nombre » (Chabot 1991 : 26).
Ce même type
de hiérarchie prend forme à différents niveaux. Qui que nous soyons, nous
avons à répondre à un supérieur. Celui qui nous intéresse pour cette
analyse est ce que Chabot (1991) appelle la « suprématie institutionnelle ».
C'est celle sur qui la communauté doit le plus se référer. La suprématie
institutionnelle délimite son territoire et y accorde le statut légal
d'appartenance sous un gouvernement auquel elle a consentie.
À partir du
moment où le gouvernement donne son accord pour la réalisation d'un intérêt
collectif, il doit mettre en marche le processus de légitimation de cet accord.
Pour être légitimé, celui-ci doit être officialisé par des actes reconnus
par l'ensemble de la collectivité. Le pouvoir politique a donc besoin d'un
autre instrument, qu'on appelle le droit, pour concrétiser ces ententes.
Le droit
solidifie ce que la politique ne peut qu'édifier. Comme tout pouvoir politique
doit se doter d'une constitution identifiant ses positions en ce qui concerne le
type de gouvernement, ses droits, ses coutumes, etc. , on peut donc
difficilement se passer du droit. « C'est parce que le droit est politique
qu'il peut évoluer. C'est parce que la société évolue juridiquement que les
révolutions peuvent souvent être évitées » (Tenzer 1991 : 100).
Toute activité
politique se confond dans des règles juridiques. Les conventions sont
habituellement assujetties au droit, qui confirme les ententes d'une société
donnée. Si l'on remonte un peu plus loin dans l'histoire, plusieurs auteurs
abandonnent l'aspect juridique d'une telle convention entre les membres de la
communauté. En parlant de Hobbes ou de Rousseau, « on constate qu'ils
n'ont jamais affirmé que les hommes se sont liés historiquement ou
empiriquement par un contrat » (Freund 1965b : 55). Pour Hobbes,
les contrats (conventions) ne doivent se faire qu'entre particuliers et non
entre les citoyens et l'État. Pour Freund, « les théories de la
convention servent [...] à fonder un régime politique et à déterminer une
certaine pratique politique » (Freund 1965b : 61).
En outre, la
société politique, par ses conventions, a pour fonction de « se délimiter,
s'organiser à l'intérieur de ses frontières en établissant la paix, l'ordre
et la détente [...] se défendre contre d'autres collectivités, c'est-à-dire
affaiblir l'adversaire, le bloquer, le borner » (Freund 1965b : 40).
Comme Freund
l'a bien identifié, les conventions entre la communauté politique et l'État
s'avèrent nécessaires tant de l'intérieur de l'institutionnalisation
collective que de l'extérieur dans la délimitation de son territoire pour
mieux la protéger. Sans légitimation, il peut être difficile de se faire
respecter. C'est pourquoi la présence du droit prend toutes son importance : « la
volonté politique permettra au droit d'évoluer, mais les modifications
sociales apparemment les plus radicales prendront place dans un complexe de règles
juridiques aptes à les recevoir immédiatement » (Tenzer 1991 : 91).
Comme on le
constate, la politique ne peut difficilement se dissocier du droit parce qu'il
soude des accords pour mieux faire respecter les normes et les règles. La légitimité
du pouvoir politique lui confère la tâche de rendre légal les décisions
prises. Cela appuie, avec plus de force encore, les demandes des citoyens ou
celles du pouvoir lui-même. Avec la combinaison du droit et de la politique, l'État
montre aux communautés politiques extérieures sa complète compétence face à
son pouvoir.
Le rapport de légitimité
du pouvoir politique comme tout organisation, institution et autres ont leur
raison d'être. Toutefois, on doit porter attention, avant de s'arrêter sur une
cause particulière, de ne pas faire de cette cause un enjeu social qui
brimerait l'ensemble de la collectivité. Souvent, en pensant que la collectivité
adhèrera à un projet, on tombe dans le piège du cas particulier lorsqu'on
veut le réaliser.
On sait que la
politique a toujours fait partie intégrante de toutes les dimensions de
l'humanité. Elle intervient presque partout à chaque cas particulier dans le
but de trouver des solutions visant une meilleure intégration sociale. Tous les
citoyens, en tant qu'acteurs politiques, cherchent à se faire entendre, que ce
soit par la voix d'organisme ou autre, afin de faire reconnaître leurs droits.
Cependant, la politique peut difficilement imposer des intérêts particuliers
à l'ensemble de la collectivité si ceux-ci risquent de nuire à la majorité.
Il ne faut pas non plus ignorer chaque cas particulier puisqu'ils forment une
partie tout aussi importante dans une société démocratique. Le compromis
comme déjà mentionné auparavant demeure la meilleure ouverture pour régler
les conflits.
Les notions
d'unité et d'homogénéité populaires de Platon et la monarchie de droit divin
plus fort que tout activité politique de Saint Thomas D'Aquin sont, à mon
avis, des exemples d'intérêts particuliers imposés au peuple. D'une part, la
recherche de l'idéal n'est pas un remède aux maux d'une société. Au
contraire, elle détruit la beauté de la différence. D'autre part, il ne faut
pas mélanger la politique et la religion. Elles ont toutes deux des convictions
différentes. La religion répond à spiritualité de l'homme tandis que la
politique touche la société organisée. De nos jours, il se vit encore des
situations où la volonté du particulier tente d'imposer ses points de vue sur
la majorité.
« Toute
activité humaine, qu'elle soit religieuse, économique, technique ou autre,
tend à déborder les limites de ses fonctions spécifiques et, suivant les époques,
tantôt l'une tantôt l'autre de ces activités acquiert la prépondérance
culturelle et jouit du prestige d'une idée-force » (Freund 1965a : 18).
Le problème principal réside justement dans cette maxime de Freund qui
explique bien l'ampleur que peuvent prendre certains évènements dans une société.
Des querelles entre différentes factions tournent souvent autour de croyances
religieuses ou autres, dans le but de donner plus de force à leurs
revendications.
Chaque membre
d'une société à une place à prendre. Il y en a qui mérite davantage qu'on
les sortes de l'exclusion politique, à cause des pressions de plus en plus
pressantes. La femme, par exemple, est passée d'un état passif à un état
actif, en bouleversant, par le fait même, toutes les traditions historiques
dans lesquelles on l'avait condamnée. Toujours portée garante des valeurs
sociologiques tels l'avortement, l'orientation sexuelle, le droit à la vie ou
à la mort, etc., la religion était en partie responsable de cet isolement.
Elle remettait en cause les valeurs de ceux qui ne respectait pas les dogmes de
l'Église. Comme Freund le décrit ci-haut, l'Église a cette tendance de déborder
de ses fonctions en prenant sous son aile tout ce qui touche la vie politique,
sociale ou autre et condamne tout ce qui va à l'encontre de sa vision morale.
Il n'est pas nécessaire
d'inclure dans le jeu politique tout ce qui à trait à la morale ou à
la religion. Pour citer un autre exemple, l'éducation dans les écoles
catholiques témoigne encore de la présence de la religion dans certains débats
politiques concernant le déconfessionnalisation. Le problème est qu'il y a des
coûts rattachés à ça, tant du point de vue juridiques qu'éducationnels. «En
somme, l'inhibition que provoque les structures confessionnelles envers la
participation populaire, et l'existence de ces soupapes que sont les écoles
protestantes privées et subventionnées, ont alimenté un cercle vicieux qui crée
des problèmes pour les écoles catholiques françaises et les prives des
ressources pour leur faire face» (Milner : 390). On sent deux poids deux
mesures à savoir que l'une est plus avantagé que l'autre et que la politique
semble incapable de résoudre le problème à cause des convictions de l'une et
de l'autre. De plus, les immigrants ont de la difficulté, à se retrouver dans
un système d'éducation confessionnalisé, qui provoque un certain à
l'isolement. Le système d'éducation ne devrait pas reposer sur la religion si
l'on veut intégrer tout les jeunes à une éducation équitable et sans
discrimination.
La religion a
toujours eu une place privilégiée au sein de toutes communautés. L'obéissance
à une suprématie spirituelle a toujours été plus forte que l'obéissance à
une autorité politique. Cela s'explique par « la dépendance physique et
naturelle à l'égard du père, la quête du bonheur et d'une juste
transcendante [qui] confèrent aux parents comme aux chefs religieux une
assurance plus grande d'être suivis dans leurs préceptes par ceux qui dépendent
d'eux. Le détenteur du pouvoir politique ne bénéficie pas de ce même soutien
« naturel » initial » (Chabot 1991 : 23). Voilà
pourquoi dans le passé et encore de nos jours la religion prend toujours une
aussi grande place. Les grands hommes de l'histoire se sont servi beaucoup de la
religion pour faire reconnaître leur légitimité politique auprès de leur
communauté en sachant très bien qu'ils n'auraient aucune difficulté à
obtenir le respect par la suite.
De nos jours,
la société évolue, mais il semble difficile de briser le cordon qui lie la
religion à la politique. Les États occidentaux n'on pas encore réussi à
dissocier certaines causes du fait religieux. « La religion n'a-t-elle pas
pour objet d'embrasser toutes les activités des hommes à travers la morale?
Cependant, la globalité du pouvoir politique ne relève pas d'une pénétration
universelle mais d'une coordination des autres sociétés humaines, d'une
organisation des rapports sociaux à partir d'un centre géographique et d'un
principe directeur unique ; la constitution d'une unité à partir de la
diversité et de la particularité des sociétés premières » (Chabot
1991 : 31).
La politique,
vis-à-vis l'activité économique, artistique, morale et autres, « est en
constante relation et interaction avec elles » (Freund 1965a : 178).
Il y a nécessité de dissocier la politique des divers champs d'activités
sociales, mais la problématique réside dans le fait qu'il y aura toujours une
force au nom d'une moralité purement religieuse qui bloquera le processus de déconfessionnalisation.
Néanmoins, il
reste des secteurs qui, à mon avis, ne doivent pas être touchés. Tout ce qui
à trait à l'avortement, l'orientation sexuelle, l'euthanasie, etc. devraient
faire appel à la conscience personnelle et non collective qui se réfère à
des rapports de croyances religieuses. La politique oriente la vie de tous; elle
doit s'en tenir à un rôle purement social sans juger ni condamner ceux qui ne
pensent pas nécessairement de la même façon. Pour ce qui est d'autres sphères
dont l'économie et le développement technologique, ils font partie du déroulement
normale d'un État à condition, bien entendu, que cela n'aille pas à
l'encontre des besoins réels de la communauté politique.
Après avoir
expliqué longuement les caractéristiques de la politique, il est remarquable
de découvrir tous les aspects qu'elle peut toucher. La politique doit tenir
compte des intérêts des différents groupes si elle veut bien fonctionner. Les
normes et les règles qu'une communauté doit respecter montre toute la
discipline exigée du pouvoir politique pour y faire régner l'ordre. Enfin, son
rôle de protecteur sur un territoire défini la place indubitablement dans une
position dominatrice face à son peuple et à l'extérieur.
La politique régie
nos vies de façon impressionnante et avance vers un but pas toujours
perceptible. Le problème est que son but peut être, parfois, différent de
celui de sa communauté. Malheureusement, il est remarquable de constater
l'indifférence ou la méfiance du citoyen ordinaire devant le jeu politique.
Pour plusieurs, son ampleur est mal perçu ou pris à la légère. Les individus
ne devraient pas pousser la politique du revers de la main sans avoir pris de
temps de la comprendre, puisque c'est elle qui régit leurs vies. C'est pourquoi
les acteurs politiques de tous les niveaux se doivent de participer au jeu
politique afin de se diriger vers un but commun : une vision
politique pour le bien et le respect de tous. Voilà à quoi sert la politique.
Marin, D. ©
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