|
L'Hippocampe
Description: L'hippocampe fait partie de la famille des syngnathidés. Ce sont des animaux marins à nageoire réduite avec une bouche comme une pipette. Sa tête qui ressemble à celle d'un cheval (hippo-) est posée sur un corps campé (-campa). A la différence de la plupart des poissons qui ont de simples écailles, l'Hippocampe possède des écailles osseuses, et il en a bien besoin sachant que sa taille adulte avoisine les 15 cm et ne pèse que 10 à 25 grammes ! Ses teintes sont variées. Certains chevaux marins sont d'un brun terne, d'autres d'un jaune doré; certains encore d'un vert vif, d'autres d'un orangé intense. En fait, la couleur de l'hippocampe dépend du milieu environnant. S'il vit au sein d'une végétation d'un vert brillant, il sera lui aussi d'un vert vif et sa teinte empruntera toujours celle de la végétation qui l'entoure, qu'elle soit jaune, brune ou grise; ou celle des coteaux ou des éponges si les uns ou les autres forment son environnement. De ce point de vue, le cheval marin fait penser au caméléon : comme celui-ci, il peut changer de couleur, sans doute pour se confondre avec le milieu ambiant. Ce " camoufle " et l'armure dont il est enveloppé sont la protection de l'hippocampe, lequel rappelle encore une fois le caméléon par son aptitude à mouvoir chaque oeil indépendamment de l'autre. Et il n'est par rare de le voir, un oeil regardant devant soi, tandis que l'autre tourne pour regarder en arrière. Affirmons-le tout de go, les hippocampes ne font rien comme tout le monde. Ce sont bien des poissons, capables de nager par de rapides vibrations de leurs nageoires dorsale et pectorales, mais ils préfèrent nettement se prélasser sur le fond ou s'agripper à une algue par une bien peu orthodoxe queue préhensile. S'ils respirent certes comme tout poisson par des branchies (grâce à des battements des opercules délectables à l'arrière de la tête), leur activité est tellement réduite que le rythme respiratoire confine parfois à l'apnée.
C'est un animal que l'on trouve depuis longtemps puisqu'il apparaît dans
les gisements de fossiles depuis l'Éocène, il y a 70 millions d'années.
Variétée: Dans l'Atlantique occidental, particulièrement le long des côtes de Floride, du Gulf-Stream et des Caraïbes, vit une variété de plus petite taille, mesurant en moyenne une dizaine de centimètres, mais pouvant parfois atteindre le double de cette longueur. Les hippocampes nains de Floride arrivent à mesurer seulement deux centimètres et demi, et n'en dépassent jamais cinq. Alimentation: L'alimentation est le point le plus important et le plus difficile à maîtriser. Les hippocampes ne mangent en principe que des proies vivantes et adaptées en taille et qualité à leur bouche et système digestif délicat. Ce sont de gros mangeurs qui passent une bonne partie de la journée à chasser. Malgré son air débonnaire, l'hippocampe est un redoutable chasseur à l'affût. Soit la victime passe à sa portée, soit il se déplace vers elle (à choisir, il préfère qu'elle passe à portée). Il approche sa bouche jusqu'à 1,5-2 cm en la plaçant légèrement en dessous. L'hippocampe provoque une dépression dans sa cavité buccale en déplaçant un os du palais (os hyoide), avant d'ouvrir brusquement sa bouche. L'attaque est alors foudroyante, l'eau s'engouffre en faisant un claquement et la proie est entraînée avec. Reproduction:
Les hippocampes
ont un mode de reproduction très spécial : les responsabilités de la
femelle sont ici transférées au mâle. Les nouveau-nés:
Les nouveau-nés
mesurent une dizaine de millimètres et ont déjà la forme adulte, bien que
leur corps soit transparent. Ils sont doués d'une grande agilité et d'un
appétit vorace. Au début de leur vie, les jeunes hippocampes nagent
horizontalement. Mais très vite, ils se tiennent verticalement, leur peau
se couvre de pigments et les plaques osseuses commencent à se dessiner.
Ils restent cependant fragiles et le taux de mortalité à ce moment de leur
vie est particulièrement élevé. Pour les survivants, la croissance est
assez rapide puisque leur maturité sexuelle est atteinte après six ou huit
mois. Le cycle biologique peut recommencer. Prédateurs: L'hippocampe connaît un prédateur naturel, la raie, mais surtout et c'est le plus grave l'être humain ! En effet la chair de l'hippocampe est réputée en extrême orient pour avoir des vertues médicinales et aphrodisiaques. Ceci est une pure hérésie, l'hippocampe a pour seule vertue d'être un merveilleux petit poisson pacifique !
Les menaces qui pèsent sur les hippocampes sont dues à la dégradation de
leur habitat certes, mais surtout à la surexploitation de cet animal à des
fins commerciales. Plus de 20 millions d’hippocampes sont pêchés chaque
année par une cinquantaine de pays, pour le commerce des animaux
d’aquarium ainsi que pour les médecines traditionnelles. En Chine, à Hong
Kong notamment, l’hippocampe représente l’essentiel du revenu de petits
pêcheurs qui capturent ce singulier poisson à l’épuisette maniée ou au
filet pour répondre à une demande, sans cesse croissante. Pourtant les
populations d’hippocampes connaissent un fort déclin que ce soit en
Indonésie, aux Philippines, en ThaÏlande, au Vietnam, en Inde, au Mexique,
au Brésil… Dans certains pays, notamment aux Philippines, des mesures de
conservation sont maintenant prises pour préserver l’espèce autochtone en
protégeant les mâles gravides…Mais ces animaux restent vulnérables en
raison, notamment, de leur faible taux de reproduction, de leur manque de
mobilité et des nombreux prédateurs dont ils sont la proie. Conclusion: Tel est cet animal extraordinaire une tête rassemblant à celle d'un cheval, une queue préhensile comme celle d'un singe, un squelette extérieur semblable à celui d'un insecte, deux yeux exorbités qui roulent indépendamment l'un de l'autre comme ceux d'un caméléon, et comme celui-ci changeant de couleur selon l'environnement, enfin une poche pour sa progéniture, comme le kangourou ! Il serait difficile de trouver un autre animal avec un assortiment de caractéristiques aussi hétéroclite. Et pour couronner le tout, voilà que c'est le mâle, non la femelle, qui donne naissance aux petits !
|