Impressionnants et étourdissants Sud-Africains

 

Impressionnants et étourdissants ces artificiers sud-africains. Pour sa première participation à L’International des feux Loto-Québec l’équipe de Fireworks for Africa nous en a mis plein la vue et plein leurs oreilles avec leur puissance de feu.

Dans l’ensemble ce pyromusical de classe imposant, bien synchronisé a su allier avec brio une bande sonore bien équilibrée  qui donnait du relief au thème Terres d’Afrique, tout en y apportant une note inédite. Sous une  telle panoplie de pièces dont un nombre effarant de bombes, de nautiques et de marrons d’air. Une profusion de bombes qui se répétaient. On anticipait davantage de diversités.

Un lever de rideau bien amené en douceur avec des bengalais rouges et des flashes clignotants orangés, laissait présager un spectacle parfaitement orchestré. Spectacle qui atteignait sa vitesse de croisière au moyen de fusées pétaradantes,  de chandelles,  de bombes de gros calibre, de farfales et soucoupes. Subitement, avant le passage vers Born Free, qui s’ouvrait sur un ensemble de  moulins, un trou noir d’une quinzaine de secondes!  Les amateurs étonnés s’inquiètent : encore un autre arrêt. La soirée menaçait-elle d’affronter de nouveaux retards?

Heureusement, le spectacle a fini par prendre son envol de façon surprenante sur une variété de pièces bien choisies, fabriquées par la firme espagnole Ricardo Caballer: bombes multi-bris, anneaux, chandelles  moulins, geysers, croix et soucoupes volantes  plutôt timides qui semblaient manquer d’énergie dans leur ascension. Certaines séquences auraient cependant mérité davantage de contrastes  notamment celle  Wo Wants to Live for Ever qui avait pourtant bien commencé avec une pluie de saules pleureurs noyant le ciel.  Une pluie qui semblait interminable. La variété est survenue tardivement avec les saxons fusant sur le bord du lac des Dauphins et bien sûr une impressionnante volée de grosses bombes.

Même si les puissants nautiques appuyés de serpentins éclairaient brillamment ce passage, on tombait immanquablement  dans la redondance. Par ailleurs, le rouge des bombes multicolores de gros calibre a rarement approché la rutilance propre à cette couleur. 

L’incursion à au moins trois reprises de puissantes bombes nautiques dans le scénario (Lea  Halalela, African Medley et Star Trek-Ost), surprenait le public toujours friand de ces claquantes démonstrations. Bien qu’elles n’enrichissaient en rien l’art pyrotechnique.

Pour une deuxième fois en une semaine, le public a du s’armer de beaucoup de patience. Déjà samedi dernier, le feu argentin avait été retardé de 15 minutes à cause d’un vent particulièrement capricieux. Voilà qu’hier soir c’était au tour des Sud africains de s’inquiéter : une panne de courant sur La Ronde  retardait le spectacle de 30 minutes.  La panne avait entraîné  l’arrêt et l’évacuation des occupants des manèges. Question de sécurité les pompiers en interdisaient le début  avant l’évacuation complète de tous les passagers  Mesures élémentaires mais pas nécessairement prisées par le public.

Le concepteur  n’avait surtout pas lésiné sur la puissance de son arsenal et sur une bande sonore attrayante qui reflétait  idéalement les dix séquences  en grande partie de type africain : Born Free, This Land, Lea Halalela, African Medley et African Dream. Une bande sonore à certains moments inaudible entérrée par les bombes et les fusées pétaradantes. 

 Pour un bouquet final, c’en était tout un. Sur un arrangement de O Fortuna (Carmina Burana) on assisté à une finale retentissante pour baisser le rideau. Les Sud-Africains eux ne se sont pas contentés de bombes et de fusées crépitantes, de bombes à double-anneaux sur ce dernier morceau, ils y avaient ajouté 540 marrons d’air tonitruants voire agressants qui durant une vingtaine de secondes donnaient l’impression de recréer  le Big-Bang originel  Un final à vous percer les tympans. Des tombes éclataient encore une fois  la musique terminée. .Une finale qui concurrençait ces apothéoses typiques américaines et espagnoles. Les amateurs débordaient d’enthousiasme et applaudissaient à tout rompre

Détentrice du trophée Zeus aux Grands feux du Casino du Lac Leamy à Hull , la firme  Fireworks for Africa devra d’ailleurs y  défendre son titre cette année. Pour une première fois dans les annales des feux de Montréal une firme  se voyait octroyer exceptionnellement  la possibilité  de ne pas se soumettre à l’exclusivité d’une participation à l’International des feux Loto-Québec (Montréal).

Les prochains concurrents, la firme familiale portugaise Macedo’s Pirotecnia, fondée en 1934 fera ses premières armes à Montréal en nous faisant vivre dans Le Rock en feu.