Un prestigieux concert pyromusical
C’était Wunderbar!Les artificiers de Weco Feuerwerk derniers concurrents de cette Coupe du monde SAQ ont émerveillé par leur originalité. Avec ces astucieux allemands on dépassait dorénavant les frontières du traditionnel, du classique pyromusical.
Une démonstration de prestige illustrée par un choix judicieux de pièces pyrotechniques emportées par une musique classique interprétée par un orchestre sur place en direct. Un feu vivant , entraînant , qui a aussi su jouer de finesse par l’apport de pièces particulières comme ces fleurs tournant sur le lac des Dauphins en changeant du blanc au vert et au doré, ces soucoupes à double ascension, ces moulins virevoltant impeccablement.
A l’occasion de ce 20e anniversaire, Georg Alef, audacieux concepteur du feu allemand voulait surtout relever un défi personnel, y mettant les bouchées doubles pour nous éblouir.
Pour une première fois depuis 1985, un concepteur prenait le risque d’amener un véritable orchestre de 40 musiciens. Ne se contentant pas de scénariser un pyromusical sur une trame musicale construite à partir d’un disque compact ,comme tous les autres concepteurs. Il s’était allié à la Junge Sinfonie Köln (Orchestre symphonique des jeunes de Cologne), en s’inspirant du spectacle Lumières de Cologne produit le 12 juillet. dans cette ville. Mais cette fois à Montréal avec une orchestration nouvelle, entre autres: une ouverture spéciale pour Montréal(Ouverture canadienne). L’orchestre dirigé par le maestro Günter Hassy, aussi compositeur et producteur, s’est essentiellement servi de musiques classiques et d’un arrangement pour l’Ouverture canadienne. Dans le dernier tableau, un poème symphonique qui pavait la voie à toutes les possibilités. Une ouverture où l’on pouvait entendre des accords de : Alouette , Gens du pays, et du O Canada à la toute fin. Une symphonie aux variations très subtiles où les instruments(percussion et harpe) permettaient d’accentuer le ton sur toutes les variations, les combinaisons de pièces possibles, alternant tantôt sur des crescendo tantôt sur des lentos
Une soirée fort réussie d’autant que le temps s’y prêtait bien. Mais également un grand privilège pour les Montréalais qu’une telle prestation avec un orchestre en direct. Une première à Montréal qui a permis au public d’admirer les avantages d’une parfaite harmonie musique et pyrotechnie. Ce fut certes une véritable révélation pour lui.
Dommage que quatre creux, imputables à des incidents techniques, soient venus gâcher quelque peu ce prestigieux concert pyromusical. Brefs temps morts qui n’ont que guère nui à l’ensemble du feu.
Dès le départ sur Fanfare pour un feu d’artifice on annonçait les couleurs. Sur la rive du lac trois mots, trois teintes (bleu, blanc et rouge) levaient le rideau : Eau de Cologne, thème du feu allemand, comme pour une annonce publicitaire de parfum. Une surprise à la hauteur des espérances du public. La soirée promettait.
Le signal était donné à l’orchestre pour cette envolée musicale par l’ajout de comètes batterie de gâteaux, de volcans et de bombes aux couleurs pastel.
Sans préambule le présentateur Johannes Zimmermann , dans un texte de 30 secondes nous initiait à l’histoire de la ville de Cologne et sa célèbre cathédrale gothique pendant que clignotait un rideau de feux de Bengale rouges, accompagnés d’une musique douce en arrière-fond.
Le programme en quatre tableaux comportait, comme en 2000, quelques courts textes de présentation qui rappelaient le passé et le présent de la ville de Cologne et sa similitude avec Montréal. Histoire d’établir le pont entre deux grandes villes Cologne et Montréal. Textes dans un très bon français avec une petite pointe d’accent allemand qui y apportait tout le charme
On reprenait de plus belle au rythme soutenu de SchlaraffischeFestouverture,( Fanfare des feux d’artifice) composée en 1998 pour le cinquantenaire de la firme Weco Feuerwerk, Les soucoupes à double ascension entraient en action. Suivaient comètes mono-coups, serpentins, bombes abeilles et une profusion de gâteaux en éventail se croisant dans un mouvement de va-et-vient.
Sur l’Ouverture Galleon , mélodies inspirées de musiques entraînantes irlandaises, le tempo jouait avec ravissement, offrant toutes les possibilités de variations sur les pièces pyrotechniques . Musique qui procurait d’ailleurs toute l’inspiration voulue au concepteur pour agencer : couronnes, gâteaux, volcans en série, comètes mono-coups s’entrecroisant dans un mouvement de retour, bombes rouges 300 mm, volcans et pluie d’étoiles.
Pour cette firme allemande intégrer un orchestre de 40 musiciens à un spectacle pyromusical tenait de l’exploit d’autant qu’il fallait lui faire traverser l’océan. D’où un coût fort onéreux. Aussi la veille du feu, Georg Alef me confiait-il que son spectacle serait le dernier d’envergure qu’il présenterait . Ce qu’il désirait surtout faire , c’était d’innover pour ce 20e anniversaire.
Sur le dernier tableau ,d’une durée de 10 minutes, au son de l’Ouverture canadienne composée par le maestro Günter Hassy, uniquement pour le feu de Montréal, flashes verts et rouges et bombes nautiques partaient en cadence. Le temps d’une autre narration et déjà apparaissaient sur l’eau de magnifiques fleurs tourbillonnant ,propulsées par des volcans changeant du blanc ou vert. Passage superbe par sa diversion.
Dommage que sur le passage prometteur de Gens du pays on se soit buté soudainement à un creux d’une dizaine de secondes. Ô technique quand tu nous tiens!
Heureusement, le rythme a pu reprendre au son doux de la harpe » Les geysers ont jailli sur la rive du lac des Dauphins, accentués par des propulsions de fusées et de bombes se déployant en un immense panache doré. Accompagnées de soucoupes très cadencées, .Les serpentins se sont joints, aux craquelins, aux bombes rouges de 300 mm.
Un autre temps mort perturbait tout à coup le rythme du dernier droit.
C’est certainement l’approche du bouquet final que s’est manifesté le clou du dernier tableau. Annoncé par une pluie de jets siffleurs jaillissant de gauche à droite.
Au centre le la rampe deux une immense structure pourpre
reproduisait la silhouette de la cathédrale de Cologne avec deux grands yeux et
une bouche. Un immense rideau d’un blanc immaculé sans faille aucune et
s’étirant sur plusieurs dizaines de mètres, surplombait cette cathédrale. Une
chute qu’ils avaient déjà employée dans leur spectacle de 2000 ,Visite dans
une école de danse, et qui leur
avait permis de remporter le Jupiter d’or.
Sur le bouquet final emporté d’abord très doucement par une pluie d’étoiles scintillantes, des saules pleureurs, s’est conclu par des bombes-abeilles et kamuro , des crépitantes, des anneaux doubles multicolores et de marrons. Tout ce qu’il y avait de très classique. Le spectacle était terminé que quelques bombes rouges erraient encore dans le ciel de La Ronde.
Le spectacle terminé artificiers et musiciens s’étaient retrouvés au salon des artificiers où ils ont fêté en entonnant un chant d’allégresse. Enfin, ils pouvaient souffler.
Mercredi prochain on dévoilera le nom du gagnant du Jupiter
platine. Les Allemands peuvent-il espérer le conquérir? La saison se terminera
sur le spectacle habituel de clôture présenté par la firme Panzera avec une Ronde
autour du monde.