Danse triomphale allemande

 

GEORGES LAMON

Superbe prestation des Allemands de Weco Pyrotechnische Fabrik, dimanche soir. Certes, le meilleur spectacle produit cette année.Georg Alef espérait que cette année soit celle de Weco, son vœu devrait être exaucé.

Une démonstration de choix qui a su exploiter harmonieusement toutes les facettes d’un bon pyromusical : scénario peaufiné, trame musicale variée, avec deux musiques typiques, synchronisation au poil et narration étudiée minutieusement comme un message de pub Chaque mot comptait, le fond musical ainsi que le moment précis de l’éclatement des bombes. Tout y était, l’humour, l’originalité et l’accent allemand en prime. Une présentation de Joannes Zimmerman avec son léger accent qui cadrait bien dans ce décor allemand.

On aurait pu penser qu’avec leur narration , les Allemands  nous auraient fait bâiller d’ennui , au contraire. Pour une fois, elle s’est parfaitement intégrée au programme. Le clou de cette présentation fut certes le moment de la pause. On nous a alors présenté le chef d’orchestre « Monsieur pot à feu ». Une pause bien placée  qui a permis un changement de rythme.

Cette Visite dans une école de danse  a même réussi à faire bouger les 32 000 amateurs entassés sur La Ronde. « Levez les bras! Même vous derrière! », invitait le maître de cérémonie. De quoi inciter les plus mordus à s’emballer. Il fallait voir ma fidèle consoeur Francine Grimaldi se dandiner, elle qui court non-stop les festivals,  pour comprendre cet engouement  qui s’était emparé des pyrophiles débordant d’enthousiasme.  Comme promis le présentateur les a fait entrer dans une danse où les pièces virevoltaient dans  tous les sens comme dans un soirée de carnaval..

 Sur Riverdance les chandelles grimpaient au rythme cadencé du pas irlandais.Des pièces  pyrotechniques épousant la silhouette élancée des danseurs fusaient dans un ballet féerique. Au son du Mambo 5, deux trompettes rouges et jaunes ont jailli du site , impeccables et étonnantes avec leurs jets de feu qui ajoutaient au comique du décor.

Sur la musique de disco, on avait l’impression de se trémousser dans une immense discothèque : des clignotants rappelaient justement la musique  typique et que venaient  compléter :fusées crépitantes, gâteaux rouges et marrons.

Mais quand s’est  pointée la polka allemande tout s’est déchaîné. Tapant du pied et des mains,  les spectateurs ont suivi le rythme fou et cadencé de cette musique folklorique entraînante, qui s’est achevée sur des sifflets et des bombes nautiques blanches sur le lac.

Puis, le boum allemand passé, retour au moment de calme. Un bouquet final doux et majestueux en guise d’aurevoir. Un beau contraste entre ces deux morceaux. Après la pétarade de gâteaux chinois, le ciel de La Ronde s’est inondé de pluies d’or et de cheveux d’ange déployant une immense auréole.  Pas le déferlement habituel! Finalement une chute placée à 50 m du sol est venue s’étaler sur presque toute la largeur du site, dégageant  par surcroît une épaisse fumée. Ceux qui avaient suivi et admiré la démonstration depuis les sièges réservés étaient visés directement par la fumée. C’était là le prix à payer pour pouvoir bénéficier des premières loges!

Avec un art consommé, les Allemands nous ont fait assister à un spectacle digne des plus grands maîtres de la chorégraphie pyromusicale