La tradition Lunig se perpétue
Impressionnant le duo Matthias Lunig-Joachim
Berner! Fidèle à lui-même, il nous a
servi un spectacle très classique dans la plus pure tradition allemande: un feu
trèes précis, structuré et parfaitement synchronisé ,
mais sans véritable scénario!
Leur thème L’émotion inoubliable d’un feu d artifice hors de l’ordinaire se
jouait principalement sur des musiques
classiques et quelques musiques de
films. Un genre de trame sonore que Matthias Lunig affectionne particulièrement.
Pour lui, hors de la musique classique, voire de films, point de salut pour un
spectacle pyromusical. De véritable thème il n’y en avait guère et encore moins
d'émotion.Un spectacle d’une grande froideur. On s’est limité à agencer bout à
bout des extraits musicaux classiques très imposants en y intégrant une
panoplie de pièces pyrotechniques (gâteaux chinois, bombes et monocoups à
profusion). Pour l’originalité il faudra
repasser.Rappelons que la firme Nico-Lunig a déjà remporté trois jupiters
(1985, 88 et 89) avec des présentations du même style.
Le départ s’est fait sur les grandes orgues de Toccata et Fuge de Bach, une pièce
magistrale qui commençait par une série de stroboscopes rouges sur la rive du
lac des Dauphins. Suivis de mono coups en série, bombes et
panaches de fils dorés. Une entrée en matière plus recherchée que
l’éternel déferlement de pièces du
bouquet final.
Un feu bien équilibré qui a su jouer adroitement sur tous les niveaux par une variation qui permettait
toutes les astuces. Trop souvent
il s’est cantonné dans l’imposant volume d’étonnantes bombes multi bris
aux couleurs étincelantes et constamment dorées. La plupart des
séquences doivent-elles se terminer absolument
par un bouquet final puissant?
A maintes reprises le duo s'est servi d’une
salve de bombes grimpant très haut dans le ciel
et qui se concluait sur le déploiement de saules pleureurs invariablement dorés.
Le remarquable passage ( Harry
Potter) a ravi par un élégant
éventail de puissants nautiques éclatant en miroitant sur l’onde. Au même
moment des soucoupes dorées grimpaient
en virevoltant dans un ballet enchanteur,
Au cours de la séquence de True Romance le
concepteur a joué habilement mais
inlassablement avec des petites pièces intérieures sur les sons du xylophone.
Le rythme répétitif devenait lassant : on espérait pourtant que la magie
opère et que le lapin sorte enfin du chapeau…
Une série de treize moulins a attaqué la séquence Orpheus
In der Underwelt illuminant le
lac et variant le rythme du spectacle.
Sur Roméo
et Juliette des girandoles
s’éparpillaient dans le ciel appuyées de superbes farfales italiens, de salves de fusées crépitantes et de jets
siffleurs A l’approche du final sur Pulsar une envolée dejets de petits
mono coups rouges en arc de cercle égayait particulièrement ce passage.
La musique étourdissante du film Matrix était noyée dans le déferlement
de bombes multi bris aux couleurs
italiennes (Ipon) de marrons d'air, de jets siffleurs, de farfales de
craquelins et de saules pleureurs dorés que venait évidemment masquer un écran de fumée. Durant le bruit
des tambours on a même aperçu un léger flottement.
Une deuxième soirée estivale ou
des milliers d’amateurs fourmillaient
sur
Derniers
compétiteurs de la saison pour ce 208e feu depuis 1985 ,les
Allemands de Innovative Pyrotechnik,
nouvelle firme créée en 1996 par Matthias Lunig et Joachim Berner ont
apporté expérience et discipline. Le duo
s’est campé dans son cadre bien précis et n’aura pas encore eu l’audace de s'en
évader cette année. Voir la critique du 27 juin 2001. Dans la pure tradition Lunig.
Reste
maintenant au jury à déterminer les gagnants de Jupiters pour cette 23e saison de l'International des feux Loto-Québec.
La firme
Panzera offrira comme toujours le
spectacle de clôture sur un retour en
1967 à