Les averses de pluie qui tombaient hier après-midi n’ont guère influé
sur le moral des artificiers anglais de Kimbolton. Le directeur artistique du
feu de ce soir, Darryl Fleming reste assuré tout de même que le patron et père
spirituel de la firme, le révérend Ron Lancaster ,
grâce à une prière , ramènerait le beau
temps tel qu’on le prévoit pour ce soir.
Après une absence de trois ans, les Anglais nous reviennent plus déterminés que jamais.
à offrir pour ce 15e
« International Benson & Hedges »
un prestation digne de leur réputation . Eux qui en 1993 avaient affronté la
pluie et en 1996 un ciel bas qui captait toute le
fumée, espèrent que cette année rien ne
leur arrivera. Mais la pyrotechnie reste
la pyrotechnie…
Les premiers concurrents de ce soir sont des gens efficaces, organisés
dotés de pièces pyrotechniques préparées à affronter toutes les épreuves. Comme
le notait, Jean Bissonnette, consultant expert en
pyrotechnie de
Gagnants du jupiter spécial en 1993 , les Anglais convient le public montréalais à un
« Rendez-vous avec les étoiles » sur une bande sonore à la fois classique et
populaire. Un programme alliant un
arsenal assez consistant composé à 85
pour cent de pièces de leur fabrication, comportant une majorité de bombes – de
« Ce sera différent des autres feux, promet Darryl
Fleming, nous avons voulu cette fois être plus artistique dans le choix de la
musique, des pièces et des couleurs plus brillantes(bleu, doré, turquoise,
lilas) tout en accordant un soin
particulier à la synchronisation. Ce sera un véritable mariage de la
pyrotechnie et de la musique dans le ciel. »
Un feu au style similaire aux deux autres années,
mais toujours très «
british » , servi avec une touche japonaise cette fois, comportant des effets
pyrotechniques en forme de dragons. « Car, note Ron
Lancaster, directeur technique de la firme, depuis trois ans déjà Kimbolto s’est
adjoint les services d’un chimiste japonais et chrétien par surcroît. Ca
fait un drôle de mélange. »
Le programme orchestré en sept tableaux s’ouvrira avec Queen, tout en bleu,
sur un côté dramatique voire d’un
musique très moderne et saccadée qui
d’emblée devrait inciter à entrer dans la danse du feu « Nous avons voulu
un gros impact dès le début » insiste Fleming. Puis avec War of the Worlds le ciel s’illuminera entre autres d’anneaux
rouges pour rappeler les planètes. Suivra « Le plus long jour » une
marche comportant des temps forts. Sur Bitter Sweet
Symphony, une pièce plus romantique comprenant différents tempos, s’envoleront
les chandelles typiquement anglaises
appuyées par des flashes..
Sur The
HornPipes, un classique déjà emprunté en 1993, on
entrera tantôt dans des temps lents tantôt plus
forts sur des teintes argentées.
En avant-dernière, en compagnie de Bach(Toccata), agencé à la moderne,
on s’orientera tranquillement en rouge,
doré ou en jaune-citron vers le final sur une pièce de Glinka (Russlan
and Ludmilla Ouverture). Un final aux
pièces multicolores sur des accents
lents et forts. Un programme que Fleming veut
particulièrement exclusif pour les amateurs de Montréal
Pour tirer son feu de ce soir Darryl Fleming a
choisi la méthode traditionnelle, même si de plus en plus la tendance s’oriente
vers les système de mise à feu par ordinateur(pyrodigital). « La technologie est là, admet-il, mais
je ne crois pas qu’elle soit encore à 100 pour cent..
On peut connaître des problèmes avec le temps. A mon avis, la pyrotechnie c’est
de l’art, pas uniquement de la technique. Il faut pouvoir se rattraper dans une
mise à feu. »
Rappelons que samedi dernier
plus de 30 000 amateurs s’étaient rassemblés sur la seule Ronde, Une foule
record pour ouvrir la saison.
Photo BERNARD BRAULT,
Mark Lancaster fils du créateur de la firme Kimbolton
et le directeur artistique de la firme et du feu de ce soir, Darryl
Fleming consultent le scénario d’installation sur la
rampe près du fleuve où la majorité des grosses pièces sont installées. En
arrière les artificiers, dont la femme de Lancaster, Katie,
s’affairent à recouvrir les pièces contre la pluie. - 26 juin 1999.