Du cinéma sous la bourrasque et la pluie

 

 Soirée déconcertante pour les artificiers anglais, derniers concurrents de la cuvée 2003 du Mondial SAQ. qui ont réussi malgré tout à nous offrir une soirée de cinéma sous la bourrasque et la pluie .

Pour la première fois en ses 19 ans d’existence le concours d’art pyrotechnique de Montréal a dû être retardé de 30 minutes. Le vent -pire ennemi des artificiers - tournoyant à plus de 35 km à l’heure avait contraint les organisateurs du Mondial et les pompiers de Montréal à attendre une accalmie. La sécurité du public primant. Deux minutes avant le coup d’envoi, les bourrasques insistantes, l’annonceur Michel Lacroix annonçait un décalage de 10 minutes, puis d’un autre 15 minutes. A 22 h 25 l’heure prévue pour le départ : nouveau silence complet. Avec une musique de fond. Dans les gradins, les spectateurs impatients murmuraient et applaudissaient pour anticiper le grand départ. Enfin 22 h 30, prise deux! 

A peine le feu démarrait-il que la pluie venait mettre y son grain de sel. On sort vaillamment les imperméables, les parapluies, les cirés, les plastiques. Les vendeurs de pop-corn et de barbe à papa, eux, profitant de ce répit font des affaires d’or.

 Décidément ce n’était pas la soirée des Anglais. Déjà jeudi ils avaient du composer avec la pluie et le tonnerre durant leur installation  Et voila que ça reprenait quelques minutes avant le spectacle. Bien sûr, capricieuse Dame nature venait de freiner leur élan. De leur côté, les artificiers canadiens en appui, eux, ont dû  piocher pour compléter à temps l’installation du feu anglais. Qu’importe, cela n’a pas empêché les artificiers de Kimbolton Fireworks Ltd , pour leur quatrième participation à Montréal(1993,1996 et 1999) de présenter un spectacle d’envergure qui a su malgré tout réchauffer tardivement l’enthousiasme des amateurs C’est d’ailleurs  au cours d’embrasements totaux de la Ronde que des ah ! et oh ! d’admiration  parvenaient à dérider cette foule patiente et détrempée.

Un feu qui a également connu ses aléas avec des postes qui ne se déclenchaient pas, des moulins qui manquaient sur des tableaux., des temps morts dans certains enchaînements et des creux dans certains tableaux. Sans compter des moulins qui ne s’allumaient  pas. Etait-ce attribuables aux conditions atmosphériques?

Mark Lancaster a cependant su faire contre mauvaise fortune bon cœur. Le fils du fondateur de cette firme en 1964 et installée près de Cambridge, trouvait le moyen de tirer profiter malgré tout de cette soirée on ne peut plus déprimante. Dans les circonstances, confiait-il après sa prestation, je suis très heureux du résultat.

L’élan du spectacle s’est manifesté sur les premières notes de la trame sonore Fanfare,  le générique de 20 th Century Fox. Suivie immédiatement de la musique de Stars Vars qui a fait se déployer chandelles et bombes à triples anneaux et à quatre bris  ainsi que ces étonnants colimaçons. De magnifiques bombes qui se sont élevées bien haut dans le ciel pour le plus grand plaisir des amateurs.

Puis sur E.T.les gâteaux  ont jailli en pétarades accompagnées en relève par une nuée de

chandelles. Des chandelles de toutes les couleurs, il y en avait autant sinon plus que  pour le feu des Canadiens Royal Pyrotechnie.

Pendant  Titanic on a assisté à un passage vraiment calme et langoureux où les chandelles  bleues et les bombes, déployant leurs longs cheveux d’ange dorés et orangés emplissaient le ciel. Sur la rive du lac des volcans crachaient leurs puissantes gerbes jouant tantôt sur le vert, tantôt sur le bleu, tantôt sur le rouge.

Durant Le bon le méchant et le truand  le lac est demeuré un bref moment figé sans aucun mouvement de pièces pyrotechniques ; le temps d’une salve de fusées crépitantes et de clignotants et le feu reprenait  sa vitesse de croisière sur de magnifiques bombes chatoyantes chinoises à doubles anneaux et des multi bris déployant des serpentins blancs. Belle tentative pendant Your Song où les bombes nautiques éclaboussaient le la des Dauphins dans un superbe panache multicolore, embrasant l’eau miroitante..

.Avec Time to say goodbye (Brightman-Bocelli) sur certains passages de cette pièce on notait parfois un manque de force dans le choix des pièces tandis qu’on aurait apprécié des passages plus doux sur ces pluies d'or crachées par ces bombes très hautes dans le ciel.

 

Evidemment, la musique de films nécessite un parfait contrôle du déroulement de la trame musicale. Dans le cas de Kimbolton Fireworks Ltd, on ne peut pas dire que le fil conducteur de cette trame a toujours suivi le programme comprenant 18 séquences.

C‘est vraiment sur le bouquet final William Tell que les artificiers anglais se sont surpassés  Evitant de s’enliser dans le sempiternel bombardement tonitruant cher à tous les concepteurs.. Ils se sont appliqués avec une constance à suivre avec une superbe progression la cadence de la musique et des pièces. Bombes à doubles anneaux, gerbes en éventail, chandelles, fusées crépitantes et volcans rouges se relayaient dans une sorte de ballet aérien parfaitement bien dosé. Mais qui avait aussi sa part de grand retentissement. Un final que l’on n’a pas souvent  vu ainsi travaillé. A lui seul, il compensait  en partie pour les creux et les autres problèmes qui avaient jailli durant ces 30 minutes pluvieuses.

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