Si les Argentins de la firme Cienfuegos ont fait vibrer intensément
les spectateurs sur leur trame musicale typique, ils n’ont toutefois pas réussi
à atteindre dans leur démonstration ce côté
magique que les amateurs attendaient d’eux.
A leur deuxième participation à L’International des feux Loto-Québec
les concepteurs Luis Oscar Borca et Griselda Montero à certains moments nous ont plutôt laissé perplexes
durant leur prestation pyrotechnique confuse. Leur faiblesse est apparue
évidente dans la densité des couleurs On
ne retrouvait pas dans la quantité de bombes chinoises cette métamorphoses des
couleurs que les alchimistes des
feux nous ont présentée au fil des ans.
Cette
métamorphose qui force tellement notre admiration.
Dommage qu’ils n’aient pas su
exploiter avec plus de brio le thème de leur trame musicale Evita et le Che qui pourtant
représentait une belle image de l’Argentine et de l’Amérique du Sud, notamment
avec l’incursion à trois reprises de la musique et la chanson en français et en
anglais de Evita. Qui s’y prêtait
remarquablement.
Toutefois les spectateurs ont
assisté à de superbes séquences notamment sur la version chantée d’Evita
avec l’emploi de nautiques qui s’étalaient parfaitement sur les eaux du
lac des Dauphins. Cependant on aurait
aimé davantage de variété dans le choix de pièces sur cette séquence trop axée
sur une profusion de bombes et de gâteaux en trame de fond. Des pièces plus
légères auraient apporté plus de
contrastes sur cette séquence qui s’annonçait pourtant pleine de promesses.
La séquence Hella Pampa s’est révélée particulièrement réussie sous les gerbes
de feux qui s’ouvraient parfaitement en cadence sur les notes de piano et de
flûte. Les stroboscopes avaient ouvert le bal entraînant les fusées crépitantes
et les mono-coups dans leur sillage pour
se terminer par une pluie de saules pleureurs. C’est pourtant le bouquet final
qui marqua le temps fort de cette démonstration, emmené par Gatica el Mono (tango). Un final typique et inédit avec cette rare
particularité qui est venue chercher les spectateurs enflammés. Avec ces
nautiques explosant au ras de l’eau dans une immense gerbe de feu et qui
rejoignaient presque les spectateurs des gradins. Séquence se terminant
sur une multitude de saules pleureurs -
leur spécialité – de fusées crépitantes,
de jets siffleurs, de volcans et de girandoles, sans oublier les continuelles
bombes chinoises et kamuro inondant le ciel.
Dans leur thème évoquant la vie tumultueuse de
ces deux personnages légendaires et leur répertoire musical qui vagabondait
tantôt joyeusement tantôt tristement, de rythme en rythme, on se serait attendu
à une meilleure prestation de leur part. La chorégraphie du spectacle donnait
parfois l’impression que la pyrotechnie
n’avait pas suivi le pas de la trame sonore.
Durant certains moments leurs
tableaux manquaient d’intensité et d’équilibre et ne faisaient pas ressortir toute la finesse de
ce spectacle s’orientant davantage sur une répétition de figures identiques. Certains
passages ont même sauté des enchaînements (Curios
Electric-Vangelis) et Tangera). La
lacune s’est manifestée de ce côté : une profusion de bombes, de gâteaux
et de craquelins que les concepteurs auraient eu avantage à mieux doser et
aussi à un choix de couleur plus
recherchées.
Les liens entre les morceaux étaient
plutôt flous empêchant naturellement la synchronisation de se faire. On a
assisté à une profusion de bombes chinoises qui n’était pas compensée par
l’apport de pièces plus lentes voire moins puissantes.
Malheureusement leur prestation a
été perturbée par des rafales de vent
imprévisibles à tel point qu’il a
fallu retarder le spectacle à deux reprises : une première de dix minutes
et une seconde de cinq minutes. Exceptionnellement quelques minutes avant le
décompte on envisageait même de tout
annuler. Situation qui rappelait celle du feu de la firme anglaise Kimbolton en 2003, interrompu pendant 30
minutes à cause de la pluie et des bourrasques de vent. C’est d’ailleurs le
chef inspecteur Ronald Dubeau, du Service des incendies de Montréal,
responsable des feux d’artifice à
Il faut toutefois admettre que les
Argentins tout autant que les artificiers de
Une prestation qui a surtout
démontré l’influence hispanique de ces Argentins fiers de leur appartenance et
de leurs héros (Evita Peron et Che Guevara
Un spectacle d’envergure digne de
cette compétition internationale et qui a su aller chercher les émotions du
public qui en redemandait.
Rappelons que la firme Cienfuegos
produit soixante pour cent de ses pièces pyrotechniques dans ses usines
brésiliennes et argentines, notamment ses tortas brésiliens (gâteaux), le reste
des produits provenant de petits fabricants chinois, comme les nautiques qu’ils
améliorent chez eux. Comme le notait Luis Oscar Borca, une majorité du matériel
a été fabriqué expressément pour le feu de Montréal.
Samedi prochain les artificiers
d’Afrique du Sud, gagnants de prix à Hull et à Québec nous emmènent sur leurs Terres d’Afrique.