Des
Australiens plutôt timides
Malgré le N’était-ce pas merveilleux? du
narrateur la démonstration australienne volait plutôt bas. Ce merveilleux ne
s’est guère matérialisé; il est demeuré dans sa bulle de l’imaginaire. Les
artificiers de la firme Howard & Sons Pyrotechnics sont entrés à pas feutrés dans feu
d’inauguration de la 21e saison de L’International des feux
Loto-Québec, se limitant à produire un feu moyen, tout au
plus.
Pourtant¸on aurait pu s’attendre pour la première visite à
Montréal de ces représentants de la lignée Howard à davantage d’originalité et
d’unité dans leur scénario et leur synchronisation et surtout à un dosage de
pièces qui ne tombait pas continuellement dans le répétitif, comme ce fut le
cas.
Dès le départ, les spectateurs ont sombré dans le doute. Au décompte habituel, zéro… rien ! On glisse alors dans une sorte d’inquiétude. Soudain le narrateur(Guy Albert Casanova), comme sorti d’une boîte à surprises, nous souhaite le bonjour, se faisant le porte-parole francophone des Australiens. Autre lourd silence de quelques minutes pour enfin déboucher sur un air de musique langoureuse sans appui de pièces pyrotechniques. Décidément la soirée s’annonçait longue. Quelques minutes s’étaient déjà écoulées dans une pénombre totale. On retenait son souffle. Enfin on pouvait commencer. Quelques timides stroboscopes et jets de flammes et feux de Bengale entraient dans la danse. Pas de quoi impressionner les mordus.
Un spectacle qui n’a pas soulevé l’enthousiasme
habituel des amateurs. Sans doute le temps plutôt frisquet ne se prêtait-il
guère à de grandes démonstrations de joie et d’exubérance? Un public tout de
même ravi de renouer avec le faste et l’atmosphère électrisante des feux
d’artifice.
Quelques séquences ont toutefois apporté une certaine
diversité dans cette démonstration. Diversité qu’on attendait impatiemment.
Notamment en mi-programme sur Jazzfest
où le lac des Dauphins s’est illuminé grâce à des bombes nautiques et des
geysers dorés, suivis de jets craquants et siffleurs couronnés par une pluie de
glycines. Hélas ! le passage vers la séquence suivante a manqué de souffle
et de transition.
Belle incursion aussi de ces mortiers crachant
d’impressionnants jets de flammes tantôt vertes, tantôt rouges, tantôt jaunes.
Et ces faisceaux de jets de fusées se déployant en éventail comme un paon..
Tentative également de torsades sur la rive du lac des Dauphins qui ont
néanmoins manqué d’unité. Par ailleurs,
durant The best goes On les bombardos se sont déployés en jets de feu
pour se terminer par un mini-bouquet final. En fin de démonstration sur Cantaloop,
on a apprécié ce déploiement continuel de fusées en cascades, des geysers et de
superbes bombes japonaises aux couleurs étincelantes dans un étonnant bouquet
multicolore.
Malheureusement un spectacle qui a manqué
de synchronisation et de variété dans le choix des pièces. Des pièces
répétitives comme ces jets siffleurs, ces fusées en série, glycines et ces
fusées tirées en série ininterrompue. Les Australiens n’ont guère innové côté pyromusical avec un scénario sans consistance sur leur
thème Fusion Groove Dynamique animé
par un répertoire musical inspiré du festival de jazz de Montréal.
Contrairement aux autres concepteurs, ils se sont concentrés sur des tableaux
par groupe de musique, nuisant trop souvent aux enchaînements entre les
séquences.
En entrée de jeu le
haut-commissaire australien au Canada, M. William Norman Fisher s’est associé
aux Montréalais pour souligner avec délicatesse et dans un excellent français le caractère festif de cet événement :
Je sais que Montréal sait faire la fête, a-t-il précisé, l‘Australie aussi.
Contrairement aux nombreuses firmes qui investissent des centaines de milliers de dollars dans leur participation, la firme australienne s’est concentrée sur le budget alloué à chaque firme pour leur participation. A défaut de budget imposant, il faut alors jouer d’originalité et de nouveauté, ce qui a manqué aux Australiens. Laissons-leur le bénéfice du doute en espérant qu’ils auront appris qu’à Montréal on ne fait rien à moitié, surtout en matière de pyromusical.
Difficile alors d’envisager cette année leur montée sur le podium des Jupiters.
Samedi prochain les Français du Groupe F
promettent de faire vivre aux spectateurs les Passions au cours desquelles ils seront transportés
de surprise en surprise.