Une
exhibition pyromusicale australienne d’une super puissance. Les artificiers de Foti International Fireworks ont surtout
exploité habilement la profondeur, l équilibre et tous les niveaux. De l’emplacement. Aucun espace perdu dans le ciel.
Ceux qui ne
savaient pas à quelle soirée ils assisteraient, hier soir, ont vite été situés.
Les actes du Théâtre de feu les ont
plongés dans une véritable poudrière.
Les spectateurs devaient rester assis en
tout temps et regarder vers le ciel, comme l’annonçait leur présentateur.
Il fallait aussi se boucher les tympans
pour suivre les péripéties de cette pièce de théâtre en plein air. Guère le temps de s’ennuyer et de regarder
ailleurs, les actes se succédaient. On nous entraînait continuellement dans un
jeu répétitif de chandelles aux couleurs pastel, de gâteaux, de volcans et
d’étonnantes bombes multicolores. On aurait souhaité un peu plus de
diversité.et moins de surabondance de bombes sur ce thème qui se prêtait à tout
Toutefois,
les jeux croisés de chandelles éclatantes, de volcans et les moulins rouges et
blancs clignotants et des comètes aux couleurs de l’arc en ciel rehaussaient
certains tableaux, entre autres sur Somewhere over de Rainbow (Le Magicien d’Oz) , Le
Fantôme de l’opéra , Imposible Dream. et Belle, la plus longue séquence de la
trame musicale, qui en contenait dix-huit.
Par
ailleurs, la tentative de quatorze tableaux de petites comètes irisées se
déployant sur Somewhere over the Rainbow sur l’onde du lac des Dauphins, à mon
avis, n’a pas abouti à un résultat escompté. Elles se perdaient dans ce vaste
décor. Comme ce passage à vide de quelques secondes d’une conversation en
français qui n’était supporté par aucune pièce.
Quant à l’Impossible Dream (
À plusieurs
reprises des temps morts sont survenus notamment avant le passage sur Le Fantôme de l'opéra durant lequel les
paroles tombaient court dans
l’obscurité durant une quinzaine de secondes. Était-ce voulu?
Un fantôme de l’opéra au rythme très cadencé sur des volées de gâteaux, de
bombes et de chandelles multicolores pour revenir avec des bombes de gros calibre
ainsi que des chandeliers de plusieurs mètres de largeur.
Cette brève
introduction en français en début de feu et à mi-feu, à la fin de Time Warp et avant l’apothéose rien de
très original à cette prestation, si ce
n’est de marquer un pause dans son suivi.
Les
Australiens de Foti International
fireworks avaient déployé leur plus
puissant sinon l’un des plus puissants arsenaux jamais produits à
D’ailleurs
pour une des rares fois dans ma visite sur les rampes depuis 1985, la veille,
perplexe j’avais pu remarquer la qualité incroyable de bombes de gros calibre
et d’autres produits moins puissants dont une profusion de gâteaux fabriqués à
leur chinoise ICON, installés sur les rampes de lancement. Une quantité qui
laissait présager un feu d’une puissance inouïe.
A cause du
refus de la compagnie maritime australienne de laisser partir leur
container renfermant des matières dangereuses d’une certaine classe, Foti avait dû faire appel aux Américains Rozzi pour les dépanner, à
défaut de quoi il aurait été dans l’impossibilité de produire son spectacle à
Montréal. Avec pour résultat le feu puissant que les amateurs ont pu admirer et
manifester leur exaltation. Comme en 2001, c’est leur firme qui termine le
défilé des concurrents de cette 22e saison.
Sur le
bouquet final O Fortuna le concepteur Celestino Foti nous a réservé
quelques surprises dont la probabilité d’une défaillance technique à deux
reprises. Alors qu’on croyait le bouquet terminé, voilà qu’un crissement
d’aiguille d’ancien phonographe qui s’épuise
s’introduit dans la séquence.
Immédiatement la cadence reprend en force avec des volcans, des bombes, des
chandelles et des marrons d’air. Nouveau crissement semant le doute! Cette fois
c’est l’embrasement tonitruant habituel du ciel avec le reste de l’arsenal. A
mon avis, le spectacle australien n’avait vraiment pas besoin d’un tel arsenal pour apporter à ce concours une note de nouveauté et d’originalité.
Les
descendants de Foti font partie de la septième génération de
cette famille calabraise dont le premier
représentant, Salvatore Foti, a ouvert la voie de la pyrotechnie dès 1793. Les petits-fils
Celestino et Sam l'ont perpétué la famille pyrotechnique en Australie à
partir de 1969. L’entreprise a été incorporée en 1989; en 1992 elle ouvrait une
usine en Chine (ICON). Foti a
remporté le Jupiter d’argent en 2001 avec son spectacle Tour de feu.
Maintenant
que le dernier concurrent s’est manifesté, il faudra attendre le verdict du
jury, samedi. Ce sera également le moment d’admirer le spectacle produit comme
à chaque fin de saison par la firme Panzera qui nous fera voguer d’îles en îles
vers l’Ile Mystérieuse.