Chevauchée
fantastique australienne
GEORGES LAMON
Trépidante chevauchée
fantastique que celle des Australiens de la firme Syd Howard, dimanche soir.
Pendant 30 minutes à bride abattue sur leurs destriers de feu ils nous ont entraînés à travers leurs grands déserts.
Dans cette course folle, peu de place à la fantaisie ni à la romance.
Un exercice sur une
cadence effrenée et emporté par un arsenal des plus puissants. Car ces
magiciens du bout du monde n’ont pas lésiné sur le choix, la quantité et le calibre
de leur matériel.
Enfin! ils ont bénéficié d’un temps complice pour leur
démonstration : absence de pluie et de vent. Presque une soirée idéale.
Dommage qu’on ait encore dû endurer une envolée prématurée : le décompte
encore inachevé que déjà tout partait.
Le concept bien
orchestré sur une musique techno du groupe anglais Frankie
goes to Hollywood se prêtait sans doute au genre de spectacle choisi par Robert
McDermott. Une trame musicale inninterrompue qui ouvrait néanmoins la porte à
bien des interrogations. Son rythme répétitif et cadencé finissait par agacer
les tympans. Je ne suis pas sûr que le fait de choisir un groupe musical unique
soit la bonne solution. Ni qu’il ait apporté de l’originalité à ce feu et ait
été apprécié par la majorité des spectateurs. On aurait souhaité un peu plus de
moments reposants sur ce rock continuel endiablé et même agressant.
Reste que les artificiers de Syd Howard ont eu le mérite d’innover dans le choix de leurs pièces: bombes japonaises et chinoises, gâteaux chinois de fort calibre et cœurs rouges à profusion. En particulier de belles chandelles Lacroix-Ruggieri qui s’élevaient très haut – une première du genre à Montréal - et s’entrecroisaient avec les bombes dans le ciel, formant d’étonnants tableaux. A vous décrocher la tête.
Les Australiens ont mis judicieusement à profit tous les niveaux: lac, mi-hauteur et hauteur. Un choix également réussi de deux couleurs dans certains tableaux en fin de parcours : bombes et chandelles vertes. Pas de méli-mélo dans les teintes, à l’exception du bouquet final où toute la meute a été lâchée.Un bouquet final qu’ils ont répété volontairement. Un premier par un déferlement de bombes, un deuxième plus accentué et bien plus démonstratif encore. Deux finales plus ou moins échevelées.
On a remarqué un
flottement vers la fin du feu sur le flanc droit, causé par une défectuosité de
lignes. Le temps de réagir ils ont su pallier ce genre d’inconvénients en
éliminant des postes sans que le spectacle ait eu à en souffrir vraiment.
Dans l’ensemble, un spectacle bien synchronisé et bien amené, mais trop axé dans une seule direction côté musical. Un feu doit aller chercher les émotions des spectateurs et surtout ne pas les tenir sur la corde raide, sur le qui-vive pendant 30 minutes. Il importe donc d’apporter des variations, question de leur permettre de reprendre leur souffle. Mais était-ce vraiment ce que les 11 500 amateurs désiraient?